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CHOIX DE LA FORME PHARMACEUTIQUE

S’agit-il d’une maladie aiguë? C’est là que convient, par excellence, la forme de potion : vous savez que la potion se consomme communément en un seul jour, par cuillerées à soupe, toutes les deux ou trois heures, et vous savez que, dans les maladies aiguës, l’évolution est incessante, que les symptômes s’y modifient d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre et que, par suite, les indications à l’emploi de telle ou telle substance médicamenteuse sont susceptibles de changer parallèlement. Vous aurez donc recours, ici, à la forme pharmaceutique de potion, dont vous modifierez la formule au fur et à mesure des indications.

S’agit-il d’une maladie chronique? Là, au contraire, la forme de potion doit être écartée. Pour qu’un malade puisse prendre une potion, il faut qu’il soit assez souffrant pour être confiné, sinon au lit, du moins à la chambre. Un malade qui va et vient ne peut pas prendre une potion toutes les deux ou trois heures, et il n’y a, du reste, nul intérêt à lui en prescrire une ; ce serait ruineux pour lui. Là, vous aurez recours aux sirops, aux solutés, aux pilules, aux granules, aux cachets, aux capsules, aux granulés, aux comprimés, c’est-à-dire à des formes pharmaceutiques qui se conservent et peuvent être prises dans les conditions indiquées. Telles sont les raisons inhérentes au malade.

Raisons du choix inhérentes au médicament . — Les

raisons inhérentes au médicament sont, comme les précédentes, multiples : elles sont relatives à la nature même du médicament, c’est-à-dire à son état liquide ou solide, à sa solubilité ou à son insolubilité, à sa saveur et à son odeur, enfin à son action thérapeutique plus ou moins puissante, qui vous obligera à l’administrer à petite ou à forte dose.

Suivant toutes ces conditions, vous serez amené à varier la forme pharmaceutique médicamenteuse à employer.

Je suppose que la substance médicamenteuse à administrer soit liquide : par cela même, vous ne pourrez recourir à la forme de pilules et surtout à la forme de cachets.

Je suppose que le médicament soit insoluble : vous pourrez alors le donner en poudre, en cachets, et vous pourrez aussi le donner en potion, mais, de préférence, avec un mucilage.

Je suppose qu’il soit soluble. Suivant que sa solubilité se

154 Prescription des médicaments parla voie intestinale.

manifestera dans l’eau ou dans l’alcool, ou dans l’éther, ou dans l’huile, vousl’ordonnerez selon une forme pharmaceutique différente. Est-il soluble dans l’eau? Vous l’administrerez en soluté, en sirop, en potion. Est-il soluble dans l’alcool? Vous l’ordonnerez en alcoolé, en élixir, en vin. Est-il soluble dans l’éther? Vous le formulerez en éthérolé ou en perles. Est-il soluble dans les huiles? Vous le prescrirez sous la forme d’huile médicinale ou de capsules huileuses.

Votre médicament a-t-il un goût agréable , ou bien a-t-il un goût indifférent tout au moins? Vous l’administrerez de préférence sous une forme pharmaceutique liquide : potion, soluté, vin, élixir. Est-il pourvu d’une saveur et d’une odeur désagréables? Vous le ferez prendre, au contraire, sous une forme pharmaceutique solide, c’est-à-dire à l’état de pilules ou de capsules.

Enfin, reste la question de quantité. Votre médicament agit-il à faible dose, est-il d’une grande activité thérapeutique? Vous le donnerez sous la forme de pilules,- même sous celle de granules. Est-il, au contraire, d’action faible, peu puissante, et est-il nécessaire que vous l’administriez à forte dose ? II faudra alors que vous recourriez à la forme de bols, de cachets ou de poudre.

Telles sont les raisons qui, instantanément, en quelque sorte d’elles-mêmes, se présenteront à votre esprit et vous conduiront au choix de telle forme pharmaceutique plutôt que de telle autre.

Nous nous sommes arrêtés très longuement sur la voie digestive ordinaire : c’est que cette voie est restée, malgré tout, la plus importante.

Nous arrivons maintenant à la voie intestinale.

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