‹ L'art de prescrireChapitre 27 sur 90 · CHOIX! DE LA FORME PHARMACEUTIQUE · texte numérisé non relu

CHOIX! DE LA FORME PHARMACEUTIQUE

qué, les médicaments peuvent être ingérés sous vingt et une formespharmaceutiques liquides et sous quatorze formes solides, soit sous trente-cinq formes différentes.

De la multiplicité de ces formes pourrait résulter pour vous un certain embarras au moment de la prescription, et c’est pourquoi je n’ai pas jugé inutile de résumer en quelques mots les raisons qui vous feront opter plutôt pour telle forme pharmaceutique que pour telle autre.

CHOIX DE DA FORME PHARMACEUTIQUE. — Les

raisons déterminantes du choix sont très nombreuses. Les unes sont inhérentes au médecin lui-même : il n’est pas douteux que certains médecins ont une prédilection pour certaines formes pharmaceutiques plutôt que pour telles autres, qui, au contraire, ont la prédilection d’autres médecins. Il est bien certain aussi que le temps et les lieux peuvent influer sur le choix de la forme pharmaceutique à prescrire, et c’est ainsi qua la campagne, par exemple, on n’a pas un choix aussi varié qua la ville ; c’est ainsi qu’en temps de guerre on fait ce qu’on peut.

En laissant de côté ces raisons en quelque sorte accessoires, on peut dire que les raisons déterminantes .du choix sont de deux ordres principaux : les unes sont inhérentes au malade, et les autres inhérentes au médicament à administrer, à la substance médicamenteuse à prescrire. Étudions successivement ces deux ordres de raisons :

1° Raisons inhérentes au malade ;

2° Raisons inhérentes à la substance médicamenteuse à administrer.

Raisons du choix inhérentes au malade. — Les

raisons inhérentes au malade sont multiples. Elles sont en rapport avec l’âge du sujet, avec ses idiosyncrasies possibles, avec sa position de fortune, enfin avec la maladie dont il est atteint. Envisageons successivement ces divers ordres de conditions.

Age. — En principe, chez l’adulte, on peut administrer toutes les formes pharmaceutiques que vous connaissez maintenant.

Mais il n’en va pas de même dans l’enfance. Tout à l’heure encore, je vous rappelais que, sauf exception, les enfants sont inaptes à ingérer les formes pharmaceutiques solides des médicaments (1), ou, tout au moins, celles de ces formes qui se déglutissent, telles que les pilules, les granules, les bols', les capsules, les perles et les cachets. Les enfants, au contraire, sont capables de prendre les autres formes pharmaceutiques solides, c’est-à-dire les poudres et les granulés, qui se dissolvent ou se délayent dans un liquide, les tablettes, les pastilles, les pâtes, les chocolats et les biscuits, qui se sucent, se croquent ou se mangent.

Idiosyncrasie. — Il n’est pas douteux que l’impossibilité qui existe dans l’enfance, relativement à l’ingestion des formes pharmaceutiques solides des médicaments, peut s’observer également chez l’adulte : il vous arrivera, en particulier, assez souvent, de rencontrer des femmes qui vous déclareront être totalement inaptes à avaler des pilules. Par ce fait même, vous serez conduits au choix d’une autre modalité pharmaceutique. L’idiosyncrasie vis-à-vis des pilules peut d'ailleurs se manifester vis-à-vis d’autres formes pharmaceutiques.

Il y a, par conséquent, dans l’idiosyncrasie, dans la disposition particulière qu’ont certains sujets à ne pas pouvoir avaler certaines formes pharmaceutiques des médicaments, une raison déterminante de votre choix.

Position de fortune. — Il y a des formes pharmaceutiques coûteuses : il en est ainsi des potions, des loochs, des vins, des élixirs. Il y a d’autre part des formes pharmaceutiques qui sont d’un prix peu élevé : je vous ai déjà signalé précédemment les solutés; je puis vous mentionner encore les poudres et même les cachets. Aux riches vous pourrez donner les formes pharmaceutiques dispendieuses des médicaments ; aux pauvres, Vous prescrirez de préférence les formes économiques.

Maladie. — Reste la maladie, à laquelle il faut, incontestablement, attribuer le rôle le plus important.

(1) Voir p. 149.

Page 1