MÉDICAMENTS EN NATURE
camenteuse. Vous recourrez, comme tant d’autres, au salicylate de soude. Ce médicament, à la vérité, est communément bien toléré ; mais il n’en est pas toujours ainsi; il y a des sujets à estomac sensible, qui ne le supportent pas. Vous pouvez vous trouver aussi en présence de malades atteints de gastropathie antécédente. C’est dans ces conditions que vous pourrez être amenés à donner la préférence au salol sur le salicylate de soude, le salol se comportant, vis-à-vis de l’estomac, comme une poudre inerte, étant mieux toléré que le salicylate de soude.
Dans de telles conditions, d’ailleurs, vous n’auriez pour ainsi dire que l’embarras du choix, car vous pourriez aussi recourir à la voie cutanée pour l’administration de la médication salicvlée, c’est-à-dire employer en application sur la peau le salicylate d'amyle ou de méthyle (1).
Je suppose que vous ayez affaire à un phtisique ; la situation serait exactement la même. Vous pourriez recourir à la créosote , mais celle-ci, sans être aussi irritante et aussi caustique que l’acide salicvlique, est cependant douée de qualités irritantes et caustiques assez puissantes, qu’elle emprunte aux crésylols qu’elle contient. Vous pourriez aussi employer le gaïacol , qui est presque complètement dépourvu de qualités irritantes et caustiques, et qu’on peut, en la circonstance, comparer au salicylate de soude. Mais, si l’estomac de votre sujet est particulièrement sensible, ou même si déjà il est altéré, vous pourrez très judicieusement donner la préférence au phosphate de gaïacol, qui se comporte dans l’estomac comme le salol et qui, seulement dans l’intestin, sous l’action du suc pancréatique, se dédouble en ses deux composants, l’acide phosphorique et le gaïacol.
(1) Voir p. 208.