SOLUTÉ DE CHLORHYDRATE DE MORPHINE
pour injections hypodermiques.
| Chlorhydrate de morphine .... vingt centigrammes.
I Eau distillée de laurier-cerise.. 20 grammes.
Stériliser.
Un centimètre cube de cette solution contient 1 centigramme de chlorhydrate de morphine.
Toutefois la nature de l’excipient est réglée parla nature même de la base du soluté. Si celle-ci est insoluble dans l’eau mais soluble dans l’huile, c’estàlVmxVequ’on aura recours comme excipient. On peut employer de même Y éther et la glycérine. On a ainsi affaire à des solutés huileux , éthérés ou glycérinés.
SOLUTÉ HUILEUX DE DIGITALINE CRISTALLISÉE (Rosenthal)
pour injections hypodermiques.
1 Digitaline cristallisée un milligramme un quart.
I Huile d’amande stérilisée. . 10 centimètres cubes.
Un centimètre cube de ce soluté renferme un huitième de milligramme de digitaline.
Injecter 1 centimètre cube chaque jour pendant quatre jours, ou matin et soir pendant deux jours.
Il est un excipient auquel il convient de ne pas recourir comme étant peu favorable à l’absorption, à la façon de la vaseline : je veux parler de Y huile de vaseline (1). Il en est un autre qu’il faut écarter comme étant douloureux, même à faible dose, je veux parler de Y alcool.
Dans certains cas, l’eau se présente comme le plus favorable des excipients, en ce sens que, parmi ceux qui peuvent être employés, c’est elle qui offre vis-à-vis de la base choisie l’aptitude dissolvante la plus accusée. Et cependant la solubilité de la base dans l’eau est insuffisante, étant donnée la posologie de cette base.
C’est dans des cas de cet ordre que l’on est conduit à introduire dans la formule des solutés pour injections hypodermiques un troisième élément, jouant, vis-à-vis de la base et
(1) L’huile de vaseline, en outre, est susceptible délaisser, dans le tissu cellulaire, des nodosités que l’on a vues parfois se transformer en épithélioma.
PRESCRIPTION DES SOLUTÉS.
de l'excipient, le rôle d’intermède, mais d’un intermède particulier, bien différent dans son office de celui que nous avons vu figurer dans la formule des potions (1) et auquel on pourrait donner l’appellation d 'intermède solvant.
Les formules ci-dessus relatées de solutés de caféine offrent dans le benzoate et dans le salicylate de sodium qu’elles contiennent de beaux exemples d’intermède solvant. Il est inutile de vous en citer d’autres.
Enfin, dans certains cas, les formules des solutés appropriés aux injections hypodermiques contiennent encore un autre élément, de telle sorte que, comme vous le voyez, si, à l’ordinaire, elles n’en renferment que deux, le nombre de ceux-ci, cependant, peut s’élever à quatre.
L’élément dont je parle est dirigé contre la douleur et, par suite, on n’y a recours que lorsque le soluté est douloureux.
Deux procédés généraux, qui d’ailleurs ne s’excluent aucunement, peuvent être utilisés dans de semblables conditions, je veux dire pour pallier la douleur, lorsque l’injection hypodermique l’occasionne. On peut rendre la solution employée isotonique par l’addition, par exemple, d z chlorure de sodium ; ou bien on peut introduire dans sa composition un anesthésique, tel que, par exemple, le chlorydrate de cocaïne (2).
Les injections hypodermiques d’arsenic inorganique sont, vous le savez, douloureuses. Eh bien voici une formule due à Bouchard, qui, grâce à l’intervéntion du chlorure de sodium et de l’isotonie qui en découle, permet la préparation d’un soluté très supportable :
SOLUTÉ ARSENICAL (Bouchard) pour injections hypodermiques ou mieux intramusculaires.
Arséniate de potasse vingt centigrammes.
Chlorure de sodium 0 gram. 17
Eau distillée Q. S. pour 20 cent, cubes.
Stériliser.
Ce soluté est titré à 1 milligramme d’arséniate de potasse pour
(1) Voir p. 92.
(2) Si, dans une certaine mesure, on peut rapprocher le troisième élément possible des solutés pour injections hypodermiques d zX intermède des potions, on pourrait de meme, dans une certaine mesure, rapprocher le quatrième élément dont nous parlons du correctif des potions.
Il gouttes ou deux divisions de la seringue de Pravaz. On en injecte de II à X gouttes par jour et, dans certains cas, jusqu’à XV et XX gouttes.
Les injections hypodermiques de sublimé sont également douloureuses. De là les deux formules suivantes : la première où le chlorure de sodium seul est associé au sublimé; la seconde où les deux procédés d’atténuation de la douleur sont simultanément usités.
SOLUTÉS DE SUBLIMÉ
pour injections hypodermiques ou mieux intramusculaires .
Sublimé. un gramme.
Chlorure de sodium 0 gram . 75
I Eau distillée... 100 gram.
Cette solution contient 1 centigramme de sublimé par centimètre cube. Injection quotidienne de 1 centimètre cube.
N° 2 (Balzer).
Sublimé
Chlorure de sodium
Eau distillée
Chlorhydrate de cocaïne
un gramme.
0 gram. 75 100 gram.
cinquante cenligr.
Si ces solutés peuvent être injectés dans l'hypoderme, il est préférable d'ailleurs, — et il y a là un point sur lequel j’aurai l’occasion de revenir, — il est préférable, dis-je, de les injecter dans les muscles. Il en va ainsi d’une façon générale des préparations qui, plus ou moins caustiques ou irritantes, déterminent de la douleur ou suscitent le développement de nodosités. Elles sont mieux tolérées par le tissu musculaire que par le tissu cellulaire sous-cutané.
J’en aurai fini avec la question de l’excipient lorsque je vous aurai dit un mot de la quantité à en prescrire. Celle-ci devra être telle que le soluté, au total, présente un volume parfaitement déterminé, qui soit un multiple exact de l’unité. Ces conditions, effectivement, doivent être nécessairement remplies pour que vous sachiez exactement, ce qui est indispensable, la
PRESCRIPTION DES SOLUTÉS. 219
quantité de principe actif que renferme 1 centimètre cube, c’est à-dire une seringue du soluté à injecter.
Lorsque, dans la composition dudit soluté, la base ne figure qu’en proportion quasi infinitésimale, aucune difficulté. Si l’excipient est aqueux, vous pouvez le prescrire ou en volume ou en poids, et le but, par Y une ou par Y autre manière de faire, sera atteint; si l’excipient n'est pas aqueux, mais huileux, c'est-à-dire d’un poids spécifique différent de celui de l'eau, il suffira que vous le prescriviez non en poids, mais en volume, pour que le résultat soit encore obtenu. Ainsi a-t-il été fait dans la formule ci-dessus relative à la digitaline en soluté huileux (p. 216).
Mais, si lesoluté est riche en substances dissoutes, lesquelles, par suite, y occupent une place appréciable, alors il ne vous reste qu’un moyen de réaliser le desideratum spécifié, et ce moyen consiste dans la suppression, à la suite de la désignation de l’excipient, de toute désignation de quantité en volume ou en poids.
L'excipient choisi, vous placerez à la suite de sa désignation les abréviatifs q. s., qui signifient, vous le savez, quantité suffisante , et vous ajouterez ensuite la mention du volume qu'au total doit constituer la préparation (i).
Ainsi a-t-on procédé dans la rédaction des deux formules de soluté de caféine qui ont été introduites au Codex (p. 214). Après avoir inscrit en tête des formules le nom de la base et sa quantité, puis le nom du solvant et sa quantité, parvenu au dernier terme de la préparation, l'excipient, son nom a été inscrit, mais aucune désignation de quantité, en volume ou en poids, ne l’a suivi; a sa place, vous trouvez le q. s. et après lui « pour 10 centimètres cubes».
Grâce à ce petit artifice, ce résultat a été obtenu qu au total le soluté est de 10 centimètres cubes et que, par suite, chaque centimètre cube contient ici 0,25, là 0,40 de principe actif exactement. Eh bien, je vous donne ces formules en modèle, et, je vous le répète, à moins que la quantité de substances dissoutes dans le soluté que vous vous proposez d’injecter
(1) Rapprocher remploi qui peut être fait de l’abréviatif Q. S. dans la préparation des solutés pour injections hypodermiques de l’emploi que l’on en peut faire dans la prescription des potions (Voir p. 94 et 105).
dans fhypoderme ne soit très faible, auquel cas vous pouvez spécifier tantôt ou en volume ou en poids, tantôt en volume seulement la proportion de l’excipient, hormis ce cas, vous vous servirez du q. s. suivi de l’indication en volume du total de la préparation.
Souscription. — Tout soluté destiné à être injecté dans fhypoderme doit être nécessairement aseptique, soit qu’il ait été préparé aseptiquement, soit que, beaucoup plus souvent, il ait été stérilisé secondairement. En souscription, vous ferez au pharmacien, le cas échéant, les recommandations d'usage à cet égard.
Puis vous indiquerez le type de récipient dans lequel vous désirez que lesoluté soitconservé, flacon, ballon, ampoulés, etc.
Autant que possible, vous prescrirez, plutôt que des flacons « à large ouverture », des ampoules, ce dernier type de récipient ne servant qu’une fois et, par suite, exposant moins que l’autre à la contamination des préparations.
Instruction. — Technique des injections hypodermiques. — Quelquefois, ainsi que je vous fai indiqué, les injections hypodermiques sont pratiquées sous la direction du médecin traitant par un aide médical, interne ou même garde-malade, -auquelcasdans laprescription d’un médicament destiné à être introduit dans l’économie par fhypoderme, une instruction écrite ou verbale peut trouver sa place. Elle est alors relative aux jours et aux heures auxquels les piqûres doivent être pratiquées, à la quantité du liquide à injecter, etc. Je n’insiste pas, cette question ne souffrant aucune difficulté.
Dans f immense majorité des cas, non seulement vous prescrirez les injections, mais encore vous les pratiquerez vousmêmes.
A cet effet, vous vous servirez d’une seringue dérivée du modèle initial de Pravaz, seringue entièrement en verre avec piston de verre, ou seringue en verre avec armature métallique et piston en moelle de sureau ou en amiante, peu importe, si l’instrument est entièrement stérilisable.