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VOIE MUSCULAIRE

Pille de la voie hypodermique, la voie musculaire est d’invention relativement récente. Tout d’abord, employée exclusivement pour l’introduction dans l’économie des formes insolubles du mercure, elle est préférée, maintenant, à la voie hypodermique pour les formes solubles elles-mêmes, si bien que, si ces dernières peuvent être injectées et sous la peau et dans les muscles, on ne les emploie plus guère actuellement que par cette dernière voie.

D’une façon générale, d’ailleurs, on tend à abandonner la voie de l’hypoderme pour les médicaments qui, caustiques, irritants, suscitent des douleurs ou amènent des nodosités. Comme les modalités insolubles du mercure, puis comme ses modalités solubles, on les administre par la voie musculaire, plus tolérante et par suite préférable.

formes pharmaceutiques des médicaments. — Leur prescription. — Dans les muscles, les médicaments sont injectés sous deux formes pharmaceutiques differentes, sous celle de soluté et sous celle de suspension ; cette dernière forme se différenciant de la première par l’état non dissous, mais divisé et suspendu, où se trouve la base dans l’excipient.

La prescription de ces formes pharmaceutiques ne peut comporter au maximum que deux parties : inscription et souscription. Il n’y a pas place, en effet, ici, pour une instruction, l’injection devant être nécessairement pratiquée par une main médicale.

La souscription, d’ailleurs, ne se différenciant en rien de celle des médicaments hypodermiques, il n’y a lieu d’envisager ici que l’inscription.

Considérons successivement celle des solutés et celle des suspensions.

Pour ce qui est des solutés , je pourrais vous réitérer a leur propos ce que je vous ai dit de la même forme pharmaceutique destinée aux injections hypodermiques. D’ailleurs, nombreux sont les solutés qu’on peut injecter indifféremment par l’une et par l’autre voie, ou plutôt qui, injectés naguère dans l’hypoderme, le sont maintenant dans les muscles.

Comme s’injectent spécialement dans le tissu musculaire les solutés douloureux, les quelques considérations que je vous ai présentées sur l’introduction possible dans la formule des solutés d’un élément destiné à en corriger le caractère douloureux, ces considérations, dis-je, pourraient trouver ici utilement leur place. Je vous renvoie à cet égard à quelques pages plus avant (1).

Restent les suspensions.

Sont employés sous cette forme pharmaceutique : le mercure métallique , le calomel, ainsi que divers métaux à Vélat colloïdal.

(1) Voir p. 217.

A. Gilbert. — L'Art de Prescrire.

Pour le mercure métallique, on a eu recours à divers excipients, axonge, lanoline , huile de vaseline . Quel que soit l’excipient employé, la préparation obtenue est telle d’aspect qu’elle justifie bien son appellation d'huile grise.

Il faut que vous sachiez que, depuis sa dernière édition, le Codex renferme une formule d’huile grise ; la voici :

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