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ACCIDENTS DES INJECTIONS HYPODERMIQUES

déterminer des accidents, les uns bénins, les autres sérieux ou même graves, pour la plupart évitables (1).

La douleur est à mentionner tout d’abord; elle peut être le résultat de conditions très diverses : c’est ainsi quelle peut tenir h l’emploi d’aiguilles défectueuses, trop grosses ou épointées ; qu’elle peut découler de la maladresse de l’opérateur, qui, par exemple, introduit l’aiguille trop lentement, pousse le piston trop brusquement, ou injecte le liquide dans les mailles peu extensives du derme; qu’elle peut se rattacher à la méconnaissance des régions d’élection pour la pratique des piqûres; qu’elle peut être la conséquence de la blessure d’un petit filet nerveux ou d’un nerf plus ou moins volumineux; qu’elle peut être l’effet de l’emploi d’un liquide caustique ou irritant ; qu’enfin elle peut dépendre de l’infection des tissus et de leur inflammation.

Hormis la blessure d’un petit filet nerveux innominé, toutes les autres conditions de production de phénomènes douloureux peuvent être évitées.

Peut être évitée notamment et doit l’être soigneusement la blessure d’un nerf important : il en est ainsi surtout en cas d’injection de liquide irritant. J’ai eu autrefois l’occasion de donner des soins à un pauvre malade à qui avait été pratiquée la plus malencontreuse injection d’éther qu’on puisse imaginer. Elle avait été effectuée en effet en plein nerf sciatique. Le malheureux patient avait été pris dès lors d’une névrite suraiguë du sciatique avec non seulement d’effroyables douleurs, mais encore des troubles de la sensibilité cutanée, des troubles moteurs et surtout des troubles trophiques (éruption bulleuse, le long des branches de division du sciatique, atrophie musculaire rapide, etc.), tels qu’en un laps de temps très court l’usage du membre atteint était complètement perdu.

La blessure d’une petite veinule n’est pas plus évitable que celle d’un petit filet nerveux , mais ses conséquences sont négligeables : petite ecchymose sous-cutanée consécutive, perte par l’orifice de la peau de quelques gouttes de sang , tels sont en effet les résultats qu’on en peut attendre.

(1) Il ne sera pas question ici des phénomènes d’ordre anaphylactique (Voir p. 83) et toxique auxquels peuvent donner lieu certains médicaments.

Les accidents inflammatoires , communs autrefois, sont devenus rares de nos jours. On observe surtout le phlegmon , terminé par résolution ou par la formation d’une petite nodosité , mais qui peut se terminer aussi par suppuration. Dans l’immense majorité des cas, les accidents inflammatoires restent circonscrits ; ce n’est que tout à fait exceptionnellement qu’ils diffusent et qu’ils s’accompagnent de septicémie.

Ils sont imputables le plus souvent à l’opérateur et à l’oubli de telle ou telle précaution antiseptique. Il faut bien savoir cependant que, chez les individus de vitalité affaiblie, en état de microbisme latent, les injections hypodermiques, surtout si le liquide employé est doué de propriétés caustiques ou irritantes/ fussent-elles légères, peuvent être l’occasion du développement de phénomènes inflammatoires.

On peut observer encore dans les mêmes conditions du sphacèle , et j’ai eu l’occasion de voir in extremis un vieillard asystolique et en état d’anasarque chez qui de multiples injections hypodermiques de caféine, poussées en plein œdème, s’étaient marquées toutes par des escarres .

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