TECHNIQUE DES INJECTIONS VEINEUSES
A ces formules s’ajoute celle du sérum glucose isotonique . lequel s’injecte aussi bien dans les veines que clans l’hvpoderme. Je vous l’ai donnée précédemment et vous y renvoie (l).
Technique des injections veineuses. — Accidents et complications. — Pour la pratique des injections intraveineuses, on se sert d’ordinaire de seringues munies d’aiguilles (2). Toutefois lorsqu’il s’agit d’injecter dans les veines de grandes quantités de liquide, et lorsqu’un récipient d'une capacité notable est nécessaire, on doit recourir à de grosses ampoules munies de tuyaux de caoutchouc assez longs, portant une aiguille à leur extrémité (3).
Ces injections se font communément au niveau des veines du pli du coude et plus spécialement au niveau de la médiane céphalique. Par exception, on peut être amené à les pratiquer dans les veines des membres inférieurs, en particulier dans la saphène interne.
Comme toujours, bien entendu, les précautions antiseptiques les plus minutieuses doivent être prises.
Celles-ci effectuées, une ligature élastique est disposée autour du bras à l’effet d’entraver la circulation en retour et, par suite, de rendre les veines plus apparentes. Le vaisseau choisi pour la ponction est fixé avec le pouce de la main gauche qui l'attire de haut en bas. L’aiguille est introduite dans sa cavité, la pointe étant orientée dans la direction du courant sanguin; l’apparition d’une goutte de sang à l’extrémité de la monture de l’aiguille ou à travers l’ajutage de la seringue, en cas d’injection, seringue montée, indique que l’aiguille est dans la veine. Il ne reste plus qu’à desserrer la ligature et à pousser très lentement le liquide.
(1) Voir p. 215.
(2) Pour les injections intraveineuses de petites quantités de liquide, par exemple pour les injections de cyanure de mercure, on se sert d’aiguilles en platine très fines, beaucoup plus fines que celles qui sont appropriées aux injections hypodermiques.
Pour les injections de grandes quantités de liquide, par exemple pour celles d’arsénobenzol, on emploie des aiguilles plus volumineuses, permettant par suite un débit plus rapide. La plupart des modèles usités portent une paire d’oreilles latérales destinées, à donner à l'opérateur plus de sûreté dans l’introduction de l’instrument.
(3) Si la seringue est dans certains cas remplacée par une ampoule, l’aiguille peut l’étre aussi par une canule.
En cas d’injections massives (sérum de Hayem, sérum physiologique), on aura préalablement porté le liquide, suivant les cas, à la température de 38°, 30° ou 40°.
Bien que Yintroduction de l’air dans les veines n’entraîne nullement les dangers que pendant longtemps on lui a attribués, il est de bonne pratique de purger l’instrument des gaz qu’il peut contenir avant de pousser l’injection.
Si, ah cours de celle-ci, on s’aperçoit de la formation d’un bourrelet au niveau de la piqûre ou que le malade accuse de la douleur (arsénobenzols, etc.), il faut sans hésiter retirer l’aiguille et piquer ailleurs soit la même veine, soit une autre.
L’opération terminée, on retire rapidement l’aiguille et, pendant quelques minutes, on exerce une légère compression ‘ au niveau de la piqûre.
En se conformant à ces prescriptions et en observant une rigoureuse asepsie, on ne donne lieu, dans la pratique des injections endoveineuses, à aucune complication (phlébite, infection générale). Toutefois, je mentionnerai en passant les indurations veineuses que provoquent les injections irritantes ou caustiques (quinine, arsénobenzol en solution alcaline ou acide).