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MÉDICAMENTS TOPIQUES

Sommaire. — Trois catégories de médicaments topiques : les topiques cutanés ; les topiques muqueux; les topiques interstitiels.

Topiques cutanés. — Formes pharmaceutiques et prescription : pommades, pâtes, crèmes, cérats, glvcérés.

Collodions, vernis, colles, taffetas.

Emplâtres.

Baumes, liniments, huiles médicinales, alcoolats, alcoolés.

Solutés.

Bains, lotions.

Cataplasmes.

Sinapismes.

Crayons médicamenteux.

Topiques muqueux. — Topiques du tube digestif : topiques de la bouche et de la gorge ; de l’estomac ; de l’intestin grêle ; du gros intestin et du rectum.

Topiques des organes génito-urinaires : topiques de l’urètre, de la vessie, du vagin, de l’utérus.

Topiques de l’appareil respiratoire : topiques du nez, du larynx, de la trachée, des bronches et des poumons.

Topiques de la conjonctive.

Topiques interstitiels. — Topiques du tissu cellulaire, des articulations, des grandes séreuses, des nerfs, des ganglions, des viscères et parenchymes, des artères anévrysmatiques.

J'ai divisé les médicaments, — vous vous en souvenez, — au point de vue de Fart de les prescrire, en médicaments destinés à V absorption et médicaments locaux ou topiques. L’étude des premiers étant épuisée, il ne me reste plus, pour achever mon programme, qu’à vous entretenir des derniers.

Pour la clarté de l’exposition, je distinguerai ceux-ci en trois catégories, à savoir: 1° les topiques cutanés ; 2° les topiques muqueux ; 3° les topiques interstitiels.

TOPIQUES CUTANÉS

FORMES PHARMACEUTIQUES ET PRESCRIP- TION. — Sur le tégument externe, les médicaments peuvent être appliqués en vue d’une action locale, sous un grand nombre de formes pharmaceutiques différentes, à savoir celles de pommades, de crèmes , cérats , glycérés, collodions , vernis , colles , taffetas , emplâtres , baumes , liniments , huiles médicinales, alcoolats , alcoolés, solutés , médicinaux , lotions ,

cataplasmes , sinapismes , crayons. Je ne fais que mentionner les formes de poudres , de mns et vinaigres médicinaux qui nous sont déjà connues (1) et qui ne prêtent à aucune considération intéressante.

Pommades, pâtes, crèmes, cérats, glycérés. — Les

pommades ne nous arrêteront pas. En étudiant l’administration des médicaments par la voie cutanée en vue de l’absorption, nous avons rencontré déjà cette forme pharmaceutique et nous avons appris par suite à la prescrire (2).

Laissez-moi vous rappeler cependant que, si les pommades destinées à l’absorption s’appliquent à l’habitude sur la peau en frictions , celles qui visent une action locale s’emploient, sauf exception, en onctions.

Les pâtes se différencient des pommades par leur consistance, qui est plus grande. Elles la doivent à l’incorporation dans la préparation d’une proportion notable de substances pulvérulentes.

Les crèmes, d’autre part, se séparent des pommades par l’adjonction à la préparation d’huiles ou de liquides facilement absorbés par les graisses qui entrent dans leur composition.

Les cérats représentent une très antique et très vénérable forme pharmaceutique. Naguère d’un emploijournalier, ils sont actuellement presque entièrement tombés en désuétude.

Le cérat simple, dit cérat de Galien , est composé d’un mélange de cire , d'huile et d'eau de rose. Comme topique cutané, on l’employait soit en nature, soit en qualité d’excipient.

(1) Voir p. 76, 113, 126 et 148.

(2) Voir p. 193 et 194.

TOPIQUES CUTANÉS

Les glycérés sont définis par le Codex « des médicaments qui ont pour base la glycérine seule, ou un mélange de glycérine, d’eau et d’amidon, que l’on chauffe pour lui donner la consistance d’empois ». J’ai déjà relevé ailleurs (1) l’emploi défectueux fait du mot base par le Codex ; je le relève encore ici : les glycérés ne sbnt pas des médicaments qui ont pour base la glycérine, mais dans lesquels la glycérine est employée comme excipient.

Le plus commun des glycérés est le glycéré ou glycérolé d'amidon , préparation officinale composée de glycérine , à' eau et d'amidon, mélange qui, ainsi que l’indique le Codex , peut lui-même servir d'excipient dans la confection des glycérés.

De même que les pommades, les pâtes, les crèmes et les glycérés, employés comme topiques cutanés, s’appliquent sur le tégument externe en onctions.

Collodions, vernis, colles, taffetas. — Le collodion officinal résulte de la dissolution d’une certaine quantité de fulmicoton dans un mélange d "alcool à 95° et d'éther commercial rectifié.

Additionné d' huile de ricin dans la proportion de 5 p. 100, il se transforme en collodion élastique .

Celui-ci peut être employé tel que, ou modifié à son tour par l’addition de substances médicamenteuses.

Les collodions s’appliquent sur la peau en badigeonnages. Ils y forment une pellicule transparente extrêmement mince, un véritable vernis.

On obtient un résultat analogue avec la traumaticine , dont la* formule est donnée par le Codex :

TRAUMATICINE (C.).

Soluté de gutta-percha.

Gutta-percha. dix grammes. 10

Chloroforme rectifié. quatre-vingt-dix grammes. 90

Tantôt la traumaticine est appliquée sur la peau préalablement enduite d’une substance médicamenteuse, et tantôt, à la

(1) Voir p. 126 et 127.

façon du vernis au collodion, elle sert d’excipient à celle-ci. Ainsi dans le psoriasis, peut-on, soit, opérant en deux temps, recouvrir la peau de traumaticine après qu’elle a été traitée par l’acide chrvsophanique, soit, simplifiant la technique, badigeonner la peau de traumaticine après qu’on y a incorporé cet acide.

Les colles sont à base de gélatine. Déposées tièdes à la surface du corps, elles constituent, en se refroidissant, un enduit élastique et rétractile.

A la façon des vernis, elles peuvent servir de véhicule à des substances médicamenteuses, ou bien, la peau une fois enduite de celles-ci, elles peuvent être appliquées par-dessus, de telle sorte qu’elles les tiennent emprisonnées à son contact. . ^

Des vernis et des colles, l’on peut rapprocher le taffetas , topique, maintenant désuet, qui résulte de l’application d’une solution de colle de poisson sur un tissu de soie d’une extrême finesse.

D’un emploi populaire pour le traitement des petites blessures de la peau, à cause de ses qualités adhésives qui permettaient de rapprocher les lèvres des plaies, ce topique présentait le grave défaut d’occlure complètement, à la façon d’un vernis, la perte de substance cutanée. Il emprisonnait donc les microorganismes dont celle-ci était souillée, favorisait la suppuration locale et même aussi l’infection lymphatique ou sanguine.

Emplâtres. — Les emplâtres sont définis par le Codex « des médicaments destinés à l’usage externe ; ils ont pour base tantôt un savon d’oxyde de plomb, tantôt un mélange de corps gras et de résines ».

Il s’agit là d’un médicament par excellence officinal.

Parmi les divers emplâtres dont le Codex donne la formule, je vous mentionnerai particulièrement Y emplâtre diachylon , Y emplâtre de Vigo cum mercurio , Y emplâtre de ciguë , Y emplâtre delà mère Thècle , enfin Y emplâtre vésicatoire.

Les emplâtres sont généralement appliqués sur la peau pour un long temps, du moins pour plusieurs jours. Ainsi en va-t-il, par exemple, de l’emplâtre de Vigo dans le traitement des

TOPIQUES CUTANÉS

accidents spécifiques cutanés et de l’emplâtre de ciguë dans la thérapeutique pro forma du carcinome gastrique.

Une exception doit être faite pour l’emplâtre vésicatoire, qui, d'ordinaire, chez l’adulte, a terminé son office au bout de huit à dix heures et, chez f enfant, au bout de quatre à cinq.

Vous savez que, sous faction du vésicatoire, se développe dans l’épaisseur de l’épiderme, entre le corps muqueux de Malpighi et la couche cornée, une ampoule de sérosité, et vous savez que, dans le vulgaire, on explique ce phénomène par l’issue au dehors d’une humeur pathologique venue du dedans. Il est probable que cette théorie populaire a joué un grand rôle dans la fortune du vésicatoire et dans la place prépondérante que pendant longtemps il a occupé entre tous les révulsifs. Malgré qu’elle soit fausse et malgré que les manifestations qui se produisent au niveau de la peau et dans le sang consécutivement à l’application de vésicatoires puissent être interprétées logiquement comme des réactions de défense contre le poison cantharidien, il semble cependant que, dans certains cas, l’emplâtre vésicant puisse être employé avec avantage.

Si vous y avez recours, pour en éviter les inconvénients, dont le principal est une action nocive sur les reins découlant d’une résorption trop forte de cantharidine, ne manquez pas, dans la première partie de votre prescription , dans l'inscription, qui s’adresse au pharmacien, de n’ordonner que des vésicatoires camphrés et de petite taille dont le diamètre, habituellement de -5 à 6 centimètres, n’en dépassera pas 7 à 8. Par surcroît de précaution, dans votre instruction , qui s’adresse au malade, vous pourrez encore conseiller, au moment de l'application du topique, finterposition^entre la peau du sujet et l’écusson vésicant d'une mince pellicule de papier huilé.

Baumes, liniments, huiles médicinales, alcoolats, alcoolés. — Strictement, le nom de baumes ne devrait s’appliquer qu’aux substances qui contiennent de l’acide benzoïque ou de l’acide cinnamique, comme le benjoin. Le baume detolu , le baume du Pérou sont de véritables baumes.

Toutefois, la même désignation est également appliquée à un certain nombre d’autres substances, notamment à des

topiques réputés pour être très actifs, tels que, par exemple, le baume opodeldoch , le baume Tranquille , le baume de Fioravanti .

Le baume opodeldoch est un vieux remède dont le nom aurait été forgé par Paracelse aux dépens du mot grec o7roç, suc. Rangé parmi les liniments dans l’avant dernière édition du Codex (1884), vous le trouverez dans la dernière édition (1908) placé par ordre alphabétique entre le basilic et le baume du Pérou. Ses principes actifs sont : le camphre , Y ammoniaque et les essences de thym et de romarin. Il leur doit de légères qualités irritantes et révulsives.

En voici la formule :

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