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CHAPITRE III

L'architecture extérieure : Salomon Debrosse, les Androuet Ducerceau, les Métezeau, etc.

Nous avons esquissé précédemment, le système évolutif de l'architecture sous Louis XIII, depuis la Renaissance. Nous avons vu, dès Henri IV, une architecture moins égoïste, c'est-à-dire moins exclusivement offerte aux caprices de l'habitant. Les palais royaux aussi bien que les demeures privées, serviront maintenant l'ensemble de l'esthétique, au lieu de

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s'isoler dans une grandeur hautaine ; c'est en somme, répétons-le, un acheminement vers l'unité artistique des villes.

Sous Henri IV (car il faut remonter à la genèse du style Louis XIII qui se dégagea à travers les divers efforts des artistes en rupture de Renaissance), nous savons que le palais du Louvre fut réuni à celui des Tuileries. Les noms de Dupérac et de Baptiste Ducerceau, qui s'illustrèrent aussi pendant la secondemoilié du xvie siècle, demeurent attachés à ce chef-d'œuvre d'harmonie et de fermeté. Ducerceau, qui avait succédé à Pierre Lescot comme architecte du Louvre en 1578, devenu après la mort de Dupérac, en 1611, architecte particulier de Henri IV, construisit aussi le château de Monceaux pour Gabrielle d'Estrées, celui de la duchesse de Beaufort et terminale château de Verneuil que le roi offrit à Mlle d'Entragues.

C'est sur les plans de Ducerceau également, que Guillaume Marchand et Pierre Chambiges édifièrent le Pont-Neuf, à Paris. Le Pont-Neuf sur lequel se dresse la statue du Vert-Galant par Lemot(1818), et dont les mascarons {fig. 43) — tous différents — qui ornent la corniche, sont dus aussi à l'inspiration de Ducerceau.

Quant à Dupérac, on lui doit d'importants travaux au château de Fontainebleau, et le nom de Baptiste Ducerceau semble encore devoir être attaché au château neuf de Saint-Germain-en-Laye.

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Fig. 32. — Composition pour un vase (xvne siècle).

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Du moins, ce château que Louis XIII et Louis XIV laissèrent inachevé, aurait-il été l'objet d'adjonctions importantes dues au célèbre architecte de Henri IV. Citons ensuite, parmi les constructions les plus importantes de cette époque, l'hôtel de ville, les places Royale (dont les Irente-sept pavillons symétriques furent dessinés par Claude de Châtillon) et Dauphine qui témoignent, en leur agglomération de maisons, de cette formation esthétique des villes dont nous saluâmes précédemment l'originalité. Paris, d'ailleurs, va commencer à savourer les bienfaits de ^ette cohésion. De nombreux édifices religieux et civils (hôpitaux et couvents) vont servir de noyau à d'autres groupements d'hôtels et de maisons, tandis que l'enceinte de la ville sera restaurée, élargie, ainsi que ses portes. Et des quais borderont la Seine, des fontaines, des aqueducs débiteront l'eau potable — les palais du Louvre et des Tuileries eurent, sur le Pont-Neuf, une pompe dite de la Samaritaine, pour les alimenter.

A vrai dire, si Ton doit reconnaître, à ce moment, quelque décadence architecturale, on ne peut que s'incliner, en revanche, devant les principes d'une sobriété ornementale inédite. Dès Henri IV, les architectes connurent davantage la mesure ; ils commencèrent à s'assimiler une formule constructive pratique, mieux adaptée à la vie commune. Ils n'ont point rompu, en un mot, la chaîne de beauté qui relie

l'architecture extérieure

la Renaissance au Louis XIII proprement dit et au Louis XIV. Leur grand mérite, au surplus, réside en leur manifestation nationale, indiquée précisément par cette sobriété décorative, en réaction de la profusion ornementale italienne précédente. De cette sobriété naquit cette expression noble des grandes

Fig. 33.

Entrées de serrures.

lignes dans un grand ensemble qui, malgré qu'elle ait débuté sous Henri IV, fit surtout le jeu du style architectural de Louis XIII.

La place Royale, aujourd'hui place des Vosges, si caractéristique, fut commencée sous Henri IV et terminée sous Louis XIII. Or, la place des Vosges se range sans hésitation de la part des auteurs, parmi le style LouisXIII.il est vrai que le Pont-Neuf

pourrait tout aussi bien communier, tant il est sobre et trapu, avec le style propre du fils de Henri IV, et nous nous rallierons, à ce propos, sinon à une fusion des deui époques, du moins à une similitude d'esprit dont bénéficia certain style LouisXIII, plus au point, plus dégagé de l'élégance raffinée de la Renaissance, sans qu'il atteigne encore à la froide solennité qui suivra.

Examinons d'abord le mode d'architecture typique, propre à la fois au temps de Henri IVetde Louis XIII. L'architecture, à cette époque, se résume en deux systèmes, l'un coloriste, si Ton peut dire, à cause de la couleur des matériaux employés, l'autre revenu uniquement à la pierre, mais taillée en bossages. Ce dernier genre de décoration concernerait plutôt l'époque de Louis XIII, si l'on veut toutefois demeurer fidèle à l'harmonie stricte d'un art en rapport avec une époque sans gaîté. Et cependant, le pavillon de chasse de Louis XIII, qui servit d'amorce au superbe palais de Versailles de Louis XIV, se réclame nettement du système coloriste. D'où nous conclurons décidément que le style de Henri IV est de la même famille que celui de Louis XIII, dont il précéda, néanmoins, l'originalité.

Sous le nom de système coloriste, nous désignons celui où les pierres et les briques sont associées [témoin les maisons ou mieux, les hôtels de la place d-es

L ARCHITECTURE EXTERIEURE

Vosges (fig. 40 et 41) et de la place Dauphine (fig. 42), le château de Louis XIII, à Versailles (fig. 39), le

Fig. 34. — Motif décoratif (fronton).

palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés (fig. 58)]. C'est là aussi la période essentiellement nationale, tandis que la seconde (exemple le palais du Luxembourg, fig. 52 et 53) a subi l'influence italienne. Or, la

période nationale conserve en quelque sorte le souvenir de la pureté et de la grâce de la Renaissance: c'est la transition entre la Renaissance et le style monumental du xvne siècle, représentée, notamment, par le château de Beaumesnil, construit de 1633 à 1640.

A propos du premier mode d'architecture, Sauvai écrit : « La rougeur de la brique, la blancheur de la pierre et la noirceur de l'ardoise (car l'ardoise est particulièrement adoptée alors) faisaient une nuance de couleur si agréable qu'on s'en servait, en ce tempslà, dans tous les grands palais ; et l'on ne s'est avisé que cette variété les rendait semblables à des châteaux de cartes que depuis que les maisons bourgeoises ont été bâties de cette manière. »

A Fontainebleau, à Saint-Germain-en-Laye et à Versailles, cet accord des matériaux réussit à faire sourire l'architecture maintenant dépouillée de ses ornements et réduite à la simplicité des lignes. C'est ainsi que les grands palais sympathisent décorativement avec les maisons et les hôtels. Cependant, dans le second système : emploi du bossage, nous retournons à une froideur si proche de celle du style Louis XIV, moins la solennité, que nous rattachons son expression plus particulièrement à la manière du grand siècle.

Avant d'aborder l'architecture en bossages, si caractéristique, d'autre part, il nous faut opposer au

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château de Louis XIII, à Versailles, celui de Louis XIV. Il suffit de regarder le « chétif château, dont, au dire de Bassompierre, un simple gentilhomme ne voudrait prendre vanité », pour mesurer toute la différence d'un état d'esprit et d'un règne, malgré que le « chétif » château de Louis XIII tienne

Fig. 35. — Entrées de serrures.

>mgulièrement sa place parmi le développement solennel des maçonneries voisines. « Il est, auprès d'elles, écrit H. Fortoul (les Fastes de Versailles), petit, modeste et réduit; mais il a un caractère sérieux qui attire le regard bienplus sûrement que leurs hautes murailles blanches ne peuvent faire; il brille, parmi elles, comme un petit diamant de prix enchâssé dans un métal qu'on a pu prodiguer. » Et

l'auteur en arrive à définir d'une heureuse façon cette architecture du tempsde Louis XIII : « ...Elle respire un parfum de vieille gentilhommerie qui ne lui a guère survécu. Après Louis XIII, la royauté a imposé à toutes choses sa livrée solennelle et uniforme; mais, dans les monuments de briques de la première moitié du xviie siècle, on voit briller encore l'aristocratie des anciens jours, une aristocratie de bonaloi, sans faste au dehors, quoique de belle apparence, légèrement campagnarde, sentant un peu le manoir des champs qu'elle vient à peine de quitter, déjà pleine, cependant, d'urbanité et d'élégance, et par-dessus tout ayant une mine franche et décidée. » Nous glanons encore, dans le livre de Fortoul, ces lignes qui corroborent les précédentes : «... On aimait, en ces temps-là, les horizons fermés et les petites proportions, et ce goût n'est pas à dédaigner. C'était aussi le goût de l'antiquité, qui ne mettait pas la grandeur dans une ambitieuse étendue des lignes et du regard. La pensée avait alors une juste mesure; elle allait à son but avec moins de faste, et elle imprimait à tous les monuments cette honnête réserve qui convient aux œuvres des hommes sérieux. »

fiG. 36. — Motif décoratif pour une gâche.

i/architecture extérieure

Et l'auteur des Fastes de Versailles juge ensuite sévèrement l'époque qui va suivie, dont l'architecture orgueilleuse était surtout préoccupée de régner sur une brillante façade.

Mais nous voici revenu à l'architecture en bossages, qui, répétons-le, tient le milieu entre le mode coloriste

Fig. 37. — Entrées de serrures.

« légèrement campagnard » et le monument solennel du grand siècle.

Ce mode de décor en bossages, utilisé notamment par Debrosse, avait-il été innové par le maître architecte? Non certes, Philibert Delorme l'avait précédemment employé aux Tuileries. Mais Debrosse sut mettre son art en harmonie avec les monuments élevés sous Henri IV, grâce ace pittoresque renouvelé

des bossages, grâce aussi à l'unité qu'il dégagea d'une répartition heureuse des masses, d'une monotonie de décor si Ton peut dire, attrayante.

Dans la pensée de Debrosse, les bossages devaient embellir la pierre, à défaut de l'ornementation réprimée, et Ton applaudit à leur richesse non tapageuse.

Notons maintenant les autres caractéristiques de l'architecture, à l'extérieur, carnous ne l'examinerons, à l'intérieur, qu'au chapitre du meuble. On remarque des chaînes de pierre à l'entourdes baies des croisées débarrassées maintenant de leurs meneaux et superposées d'étage en étage. Les' chaînes de pierre se détachent en relief et en clair sur un fond de briques (système coloriste). Des immenses combles aigus parés d'ardoises, couvrent des pavillons symétriques et, non moins symétriques sont les arcades ménagées au rez-de-chaussée pour la circulation publique. Comme pour égayer ces combles dont l'importance diminuera au fur et à mesure que l'on touchera au siècle suivant, ou pour brusquer la monotonie de leur jet sombre, des lucarnes les trouent, coiffées d'arcs couronnéspar un motif simple. On trouve, à l'entresol, la répétition de cet arc, plus évasé alors, qui rompt agréablement avec l'aspect carré des croisées, sur la façade. Des épis de plomb, souvent aussi, surmontent les combles. Quant aux moulures et aux détails ornementaux, ils sont des plus mesurés malgré encore que

l'architecture extérieure

'des agréments en plomb doré enrichissent fréquemment les toits.

On aperçoit, au sommet des croisées, l'indication sommaire dufronton bas si fréquent dans l'architecture de Louis XIII revenue à l'exemple italien.

Alors que, dans le système coloriste, la chaîne seule des pierres esquissera ce fronton typique (triangulaire ou circulaire, à moins qu'il ne soit arrondi et relevé sur ses bords), aous verrons au Louvre, à l'hôtel Sul\y [fig. 50), à Fontainebleau, à l'hôtel Mazarin, de lourds frontons ornés, qui

répondront d'ailleurs à d'autres sculptures non moins pesantes et, à la place des Vosges, nous admirerons l'harmonie de ces frontons alternativement triangulaires et curvilignes.

Fig. 38. — Porte et fronton (château de Selles-sur-Cher).

C'est l'instant de signaler, dans le système architectural qui touche à celui de Louis XIV, tantôt l'adoption d'un seul et même ordre pour la décoration d'une façade, tantôt l'adoption d'un ordre différent à chaque étage, comme au Louvre et au palais du Luxembourg.

Sans quitter la façade des monuments du temps, constatons d'une manière générale, des formes simples, trapues et solides, une ornementation (sur le détail de laquelle nous reviendrons), sévère et lourde en sa fantaisie souvent maniérée ; un ensemble de lignes plutôt horizontales, écrasées de moulures et de profils très accusés. Plates-bandes, cartouches, entablements, frises pareillement touffues et de relief accentué; colonnes robustes, annelées, se détachant sur le bossage, souvent vermiculé, que nous savons. L'accord entre l'architecture et la sculpture prend un sens nouveau. Les frontons, les attiques, les niches, se meublent de statues ; des cariatides varient l'utilité des colonnes. L'architecte, en un mot, réserve à la décoration une place nettement ordonnée. Ce n'est plus de la dentelle comme sous la Renaissance, que les édifices réclament ; ils veulent des volumes, des masses volontaires et mesurées.

Au résumé, le style Louis XIII, qu'il poursuive la manière de Henri IV en accentuant sa pensée, ou bien qu'il s'achemine vers le Louis XIV, conserve un carac-

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1ère propre, une volonté d'aspect, dune mâle beauté, A côté de la gaîté des architectures aux briques el pierres alternées, l'hôtel Sully, œuvre de Jean Ducerceau, ou celui de Mazarin (fig. 56), le Louvre de Lemercier, l'hôtel de ville de Reims [fig. 142) commencé en 1627, et l'hôtel de ville de Lyon (fig. 31) par Maupin, représentent une gravité sans doute plus pénétrante que la précédente, d'aspect plus définitif enfin, dans le concert des styles du passé. •

Voici pourquoi, dans le glorieux xvne siècle, il faut faire une place catégorique au style architectural de Louis XIII, si pénétrant, d'une prestance si dignement réservée, si intime presque, à côté de Texpresèion monumentale, pompeuse et purement extérieure, du roi Soleil.

Mais poursuivons notre examen et abordons l'architecture religieuse. Dès Louis XIII et sous Louis XIV, les églises offriront un aspect nouveau. A partir de la fin du xvie siècle, on imita l'architecture italienne (surtout romaine) et non pas le style baroque, déplorablement à la mode alors en Italie; et maintenant, c'est le « style jésuite » importé en France par Etienne Martellange (1569-1641), frère coadjuteur de la Compagnie de Jésus qui triomphera, avec des changements caractéristiques, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des édifices.

Voici donc qu'en place des arcs-boutants du passé,

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naissent les ailerons ou immenses volutes, sortes de consoles renversées. Les ailerons appuient et relient la superposition d'un second étage sur le premier, directement au dessus de la nef centrale seule surélevée, et ces deux étages sont pourvus d'un fronton sur colonnes, le second étage empruntant ses moulures et ses chapiteaux à un ordre différent du premier.

Derrière ce portail monumental apparaît un dôme soutenu souvent par un troisième ordre. A l'intérieur, maintenant, on supprime le triforium ou galerie régnant au pourtour, et l'aspect des voûtes est aussi modifié.

Bref, nous assistons à un renouveau d'ailleurs regrettable pour notre réputation d'originalité, des corniches, ordres, frontons, entablements, etc. Ce retour à l'antiquité, déjà indiqué parla substitution des ailerons aux arcs-boutants de l'art ogival, précipitera peu à peu nos architectes dans une tradition stérile, et Debrosse marquera tout son mépris, déjà, de notre admirable conception gothique, en n'hésitant pas à donner à l'église de Saint-Gervais, à Paris {fig. 55), bâtie dans la dernière période du style ogival, un portail grec. Aussi bien, répétons le, n'était l'intelligence des détails ornementaux propres à chaque style, moulures et boiseries, ce style jésuite d'importation italienne, genre Renaissance, dont on

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peut voir d'autres exemples à Paris (les églises des

ai

Carmes ' rue de Vaugirard, et Saint-Louis, aujour-

1. I/église des Carmes fut coiffée du premier dôme à l'italienne, imité lui-même des dômes des anciennes basiliques d'Orient du vr siècle. Quant à l'église Saint-Louis, elle est un des exemples

d hui Saint- Paul, cette dernière due aux plans de E. Martellange et de P. Derand) est pour ainsi dire impersonnel dans les époques Louis XIII et Louis XIV où il fut innové.

Pareillement, si nous nous occupons de l'architecture civile intérieure, nous voyons que les changements et améliorations survenus, concernent à la fois tout le xvne siècle. Les avantages du progrès, néanmoins, étant acquis au règne de Louis XIV, qui touche, dans sa fin, aux premières années du xvme siècle, où naîtra le confort.

A l'époque de Louis XIII, naturellement, le bénéfice des premières réformes: c'est ainsi que ridée des grandes salles, succédant à l'unique salle des châteaux du moyen âge, appartient en propre au fils de Henri IV, dans l'architecture duquel, en revanche, on retrouve la vieille forteresse du moyen âge sous les dehors de pavillons saillants qui flanquent les angles et les façades : témoin le palais du Luxembourg.

Arrêtons-nous d'ailleurs, un instant, au palais du Luxembourg, primitivement: palais Médicis et palais A' Orléans. Ce palais, incontestablement le plus important et le plus remarquable de Paris, après le Louvre, est, répétons-le, l'œuvre de Debrosse. Salomon

les plus intéressants de ces édifices religieux que les jésuites rêvèrent d'opposer à la magnificence des plus belles églises de Rome.

l'architecture extérieure

Dcbrosse, que nous vîmes également construire le portail de l'église Sainl-Gervais (1016) dont ie type servira à l'ornement des églises pendant près de deux siècles, naquit à Vernetiil, dans l'Oise, on ne sait exactement à quclledate, et ilmourut àParis en 1627. Nous renvoyons le lecteur aux gravures représen-

Fig. 42. — La place Dauphine, a Pans.

tant ce chef-d'œuvre qui, inspiré du palais Pitti, de Florence, demeure néanmoins d'une originalité bien nationale. Commencé en 1615, le palais du Luxembourg fut achevé en 1620.

On remarquera ses bossages, ses pavillons saillants, souvenir de la vieille forteresse du moyen âge, le pavillon du milieu surmonté d'une coupole, et l'on appréciera l'harmonie existant entre cet édifice et les

derniers construits sous Henri IV. Les bossages semblent continuer l'esprit de la chaîne des pierres en relief, sans contredire à l'aspect d'austérité dérivé de l'architecture florentine.

Autres œuvres de Debrosse : le Palais de Justice de Rennes, commencé en 1618, la reconstruction, en 1622, au Palais de Justice de Paris, do l'ancienne salle des Pas-Perdus détruite par un incendie; la Fontaine de Médicis (dans le jardin du Luxembourg, fig. 54) pour laquelle le célèbre artiste, sur l'ordre de Marie de Médicis, édifia le bel aqueduc d'Arcueil achevé en 1624; le château de Monceaux, en Seine-et-Marne, pour Gabrield'Estrées, sans oublier le château de Coulommiers dont il donna les plans, et des ouvrages aujourd'hui disparus comme le temple de Charen ton commencé sous Henri IV en 1606 et détruit après la révocation de l'édit de Nantes (1685).

Salomon Debrosse, dont l'art est d'une haute conception française, a pris légitimement place à côté des Philibert Delorme, Pierre Lescot, Jean Bullant, Dupérac et des Ducerceau.

Nousassocieronsaussià la gloire dustyleLouisXl II, tour à tour riant sous la brique ou bien austère sous la pierre aux énergiques bossages : Jacques II Ducerceau, frère de Baptiste, qui fut également graveur. Jacques II Ducerceau exerça les fonctions de secrétaire du duc d'Anjou en 1576 ; il porta le titre d'architecte en chef

L ARCHITECTURE EX TERIEURE

des bâtiments du roi, jusqu'en 1594 et mourut en 1614. Jean Ducerceau, fils de Baptiste, ensuite, auteur de l'Hôtel Sully [fig. 50) en 1624, et du nouveau pont au Change (1639), mort après 1649, porta également le titre d'architecte de Louis XIII. Puis voici les noms

Fig. 43. — Mascarons du Pont-Neuf (Paris).

de Fournier, de Coin, de Thibaut Métezeau (1533- 1F86), de Louis Métezeau, fils du précédent, mort en 1615, de Clément Métezeau (1581-1652), et de Dupérac, déjà cité, mort après 1601.

Quant à Lemercier, malgré qu'il ait travaillé pour Richelieu et donné notamment la Sorbonne où se trouve la statue du cardinal, nous l'avons rattaché à

i époque de Louis XIV, d'autant qu'il contribua à cet avènement du dôme* si caractéristique dans les constructions du roi Soleil. D'ailleurs, Lemercier, en succédant à François Mansard, oncle et maître du célèbre intendant des bâtiments de Louis XIV : Jules Hardouin-Mansard, dans la direction des travaux du Val-de-Grâce, semble se réclamer aussi de l'art architectural qui suivra.

Cependant, il ne faut pas oublier que Jacques Lemercier (né àPontoise, probablement en 1585, mort à Paris en 1654) s'est employé au Louvre, encore pour Richelieu, dans un style bien Louis XIII [son escalier en fer à cheval [fig. 48 et 49), à Fontainebleau, n'est pas moins caractéristique de ce style], et qu'après la Sorbonne, il a attaché brillamment son nom à la construction du Palais-Cardinal, autre inspiration du célèbre prélat. Le Palais-Cardinal, construit sur remplacement considérablement augmenté de l'hôtel délaissé par la marquise de Rambouillet, depuis 1606, devint le Palais-Royal qui devait être à peu près réédifié tel que nous le voyons aujourd'hui, par Moreau et Contant d'Ivry, sous Louis XVI, et ensuite par Louis.

Jacques Lemercier, architecte aussi del'église Saint-

1. Le dôme du Val-de-Grâce est, en réalité, l'œuvre de Leduc, sous Louis XIV. Leduc imita des premiers, avec succès, les grands dômes italiens. En revanche, le dôme de l'église de la Sorbonne çgt bien de Remercier.

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Roch à Paris, des portails des églises de Rueil et de Bagnolet, de l'Oratoire, commencé par Clément Métezeau, etc., a fait également œuvre de graveur et de sculpteur. Parmi ses travaux de sculpture, on cite sa statue d'Henri IV, à Saint-Jean-de-Latran, et son sarcophage.

Pour terminer ce chapitre de l'architecture et de la transformation esthétique de Paris, sous l'empire d'une société française transformée, il faut placer, vis-à-vis de l'œuvre de Henri IV, celle que son fils poursuivit, c'est-à-dire cette succession brillante d'hôtels (nous avons vu ceux de la place Royale) dans Pile Saint-Louis (ceux notamment de Lauzun et de Lambert de Thorigny, ce dernier dû à Louis Le Vau), au Marais, dans les plaines du Petit et du Grand Préaux-Clercs, etc. Les carrosses, maintenant, roulent à Taise dans les voies élargies, tandis que les mails naissent en province, ouvrant de fraîches perspectives à la promenade.

D'autre part, les jardins de la Renaissance, sans unité avec les constructions qu'ils agrémentaient, vont s'adapter, au contraire, exactement aujourd'hui, à l'harmonie des édifices, plus riants parmi les terrasses, les pièces d'eau, les parterres qui les environnent.

François Mansard, d'ailleurs, en dessinant les terrasses de la façade occidentale du château de Blois

qu'il avait été chargé de reconstruire par Gaston d'Orléans, précéda la gloire de Le Nôtre.

Après l'organisation des salons ou des ruelles, l'organisation de la circulation en voiture ; c'est tout le luxe qui commence dans la communion du bien-être spirituel avec la satisfaction des commodités.

Fig. 45. — Ulysse remet Chryséis à son père, par Claude Gelée (Musée du Louvre).

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