CHAPITRE XII
Causerie sur nos gravures
Les planches de un (entête du chapitre i) à treize, y compris le cul-de-lampe du même chapitre, nous montrent un ensemble de motifs décoratifs empruntés au style qui nous occupe. La figure 1 représente un mascaron typique dont la palmette Louis XIV couronne la tête, tandis que de larges feuilles d'acanthe ornent le col. Dans le cul-de-lampe du chapitre ix, nous voyons la même palmette servir de collerette au mascaron, tandis qu'une feuille d'acanthe, large et grasse, comme il sied à cette plante, sous Louis XIV, surmonte son chef. A l'époque du Roi Soleil, la palmette est à lobes nettement découpés, aux extrémités
à baldaquin, ou enroulées. Les rainures" ou les cannelures qui renrichissent, sont tantôt ajourées, tantôt garnies de perles, de fleurons et autres motifs. A noter, à côté de la palmetle et de l'acanthe, la coquille, qui est celle du pèlerin, et les cornes de bélier. Il est à remarquer que le soleil, particulièrement répandu à l'époque, dans Tornementation, à cause de son auguste personnification, semble aussi, souvent, dénaturer la palmette de Louis XIV, en rayons (exemple le mascaron du haut de la figure 3) ; toutefois il s'agit ici de rayons stylisés, alors que nous applaudirons fréquemment à l'expression plus libre de cet astre, notamment dans l'ornement qui domine le candélabre-applique de la figure 159. Aussi bien, lorsque la corne de bélier n'est pas franchement représentée, elle se lit, du moins, stylisée, ainsi que l'on peut s'en rendre compte en examinant les motifs courbes des figures 3 et 11 et, même, le souvenir des cornes de bélier est hallucinant dans certaines de ces courbes (voir, entre autres, le cabochon du bas de la figure 2). A noter encore, parmi les signes distinctifs : la boucle feuillée qui termine deux entrées de serrures de la figure 7 ; les grosses perles qui marquent la poignée du bas de la figure 8, les losanges ponctués de fleurettes (ou de perles) qui servent de fond à l'entrée de serrure de la figure 9 (en haut) ou au cartouche du culde-lampe du chapitre vi. On remarquera que, sous
Louis XIV, la rocaille est mesurée et symétrique. Mais poursuivons l'énumération des caractéristiques ornementales : voici les petits ovales sur des moulures (à la base du sujet de Ten-tête du chapitre ii); voici les moulures, ornées de ce motif typique visible, notamment sur le cadre de Tentête du chapitre iv, et nous retrouvons singulièrement, dans l'enlacement de la barbe du mascaron ou cul-de-lampe du chapitre vu et de la chute de la figure 13, certain mouvement en boucle, signalé dans les entrées de serrures de la figure 7 et dans tant d'autres fantaisies soulignées à la figure 69. Le motif lambrequin, la dépouille de lion, les termes et gaines, viennent compléter enfin notre énumération décorative avec les incrustations d'arabesques chères à Boulle.
FiG. 14, 19, 21 et 23. — Compositions décoratives (style Lepaultre). Le style de Lepaultre est lourd, il s'inspire de la massive grandiloquence de Le Brun, aux reliefs vigoureux, aux détails étoffés et touffus. Le style de Bérain, au contraire (flg. 17, 22 et 24), est léger avec ses arabesques, ses grotesques, ses lambrequins, toute sa fantaisie spirituelle enfin, qui réédite celle de la Renaissance. Le décor de la célèbre faïence de Moustiers est, dans une de sa bonne période, emprunté au Bérain.
FiG. 18. — Ecritoire. On remarquera son décor de
lambrequins, renlacement spécial du molif ornemental qui flanque, alternant avec des médaillons, les pans coupés de Tencrier et de son pendant. Quant au vase de la figure 20, son aspect décoratif est typique. On voit un grand nombre de vases décoratifs en marbre, dans les jardins du xvii^siècle etdans l'architecture, en général.
FiG. 20. — Bétail ornemental d'une armoire. Nous avons isolé ce détail, très particulier au style qui nous occupe et dont nous parlons à la page 100.
FiG. 28. — Console et bandeau (voir la description de la figure 69).
FiG. 33. — Porte à deux vantaux (palais de T Institut). On admirera la belle carrure des panneaux richement décorés dans un axe régulier. Comparer cette porte avec celle de la figure 34, pour se rendre compte d'une harmonie semblable, malgré le changement ornemental. Des consoles renversées flanquent la fenêtre placée au-dessus de cette porte. Balcon aux ferrures inspirées, dans le motif central, de la palmette; trophées dans l'imposte fixe de la porte; clef de voûte représentant Minerve coifl'ée d'un casque.
FiG. 35. — Palais de V Institut. Ce fut sur les dessins de Le Vau, que son élève et gendre François Dorbay construisit le collège des Quatre-Nations,
aujourd'hui palais de l'Institut de France. La chapelle du collège fut, au xix* siècle, transformée, par Tarchitecte Vaudoyer, en salle des séances. Fronton à la grecque, dôme à l'italienne, mais aussi, le développement en hémicycle des pavillons placés à droite et à gauche du corps principal, concèdent curieusement à la majesté de l'heure. Cette disposition suppose une terrasse, un piédestal, un splendide isolement, enfin, dont la réalité s'accommode mal.
FiG. 36 et 38. — La Sorhonne. Le Val-de-Gràce. On notera les contreforts en éperon, sorte de consoles renversées qui appuient le fronton du deuxième étage de la Sorhonne; ces mêmes contreforts, au Val-de- Grâce, sont remplacés par des consoles.
FiG. 39. — Hôtel des Invalides, parj. H.-Mansard. Lanternon couronnant un dôme décoré de trophées, superposition des trois ordres d'architecture. A la base de la coupole, une ornementation de consoles, typique, balustrade, grands vases.
Cette façade, due au génie de J. H.-Mansard, compléta l'œuvre de Libéral Bruant. C'est sous la coupole de cette église que reposent, dans une crypte circulaire, les cendres de Napoléon P'. Visconli donna les plans de cette crypte ainsi que celui du sarcophage en porphyre de l'empereur. Autoar de la crypte, on voit douze statues de la Victoire encadrées
de trophées glorieux, et le sarcophage porte sur un pavé de mosaïque en forme d'étoile où sont inscrits les noms des grandes victoires du « petit Caporal ».
FiG. 42. — Grille du palais de Versailles (détail). Le motif choisi se répète sur toute l'étendue de cette ferronnerie somptueuse. Les fers de lance, les fleurs de lis, le soleil symbolique (qui domine une sorte de lyre), les cordes de la lyre, ainsi que les chutes des fleurs de chaque côté de la lyre, sont dorés. — Nota bene : le motif ornemental qui surmonte la grille de l'entrée principale (figure 41) est singulièrement marqué au style de Louis-Philippe.
FiG. 44. — Palaisde Versailles (façadesurles jardins). Le développement de cette façade apparaît excessif, bien qu'elle ne soit pas monotone avec l'agrément de ses colonnes, son couronnement de trophées d'armes et de groupes sculptés. En avant du monument, le parterre d'eau, orné de statues représentant des fleuves et des rivières. La statue de rivière, visible sur notre gravure, est signée Le Hongre, et celle de l'en-téte du chapitre vu, également placée en bordure du parterre d'eau, est due au ciseau de A. Coysevox. Ces statues sont en bronze.
FiG. 45. — Grille de balcon (palais de Verseilles). Elle est somptueuse cette grille en fer forgé dont les
dorures apparaissent plus en clair sur la gravure. A remarquer le motif lyre et les initiales du roi. L'ordre et la symétrie de ces dessins sont d'une beauté frappante. Seuls, des feuillages dorés sur des rinceaux offrent celte beauté sans manières, faite de grâce nerveuse et de calme.
FiG. 46. — Vue d'une partie des Jardins du palais de Versailles. On remarquera la rectitude de ces jardins aux dessins symétriques, ponctués d'arbres taillés, de fleurs plantées en arabesques ; toute cette froideur solennelle et géométrique se déroulant à plat, d'où l'on découvre l'horizon à travers une succession de plans savamment ménagés.
FiG. 47. — Terme. Les jardins de Versailles sont semés de vases en marbre blanc, de termes en pierres. La note gaie que ces ornements jettent dans les verdures, est séduisante. Comme toujours, dans l'art du XVII® siècle, la forme est opulente, les draperies lourdes, mais essentiellement décoratives. Les termes représentent, à Tenvi, les divinités mythologiques, des nymphes, des satyres, et Bacchus, Flore, Cérès, etc.
FiG. 49. — Bassin de Latone (etc.). Ce grand bassin se trouve dans la partie centrale, au pied de l'escalier, devant le parterre d'eau. Il est à gradins de marbre rouge; au centre, un groupe représente Latone et ses
enfants : Apollon et Diane, par B.Marsy ; des tortues, des grenouilles et des lézards dorés crachent harmouieusement de l'eau sur ce motif principal. Le bassin d'Apollon, qui fait suite en passant par le tapis vert, à celui de Latone, est couronné d'un dieu du soleil traîné par quatre chevaux entourés de tritons et de dauphins. Près de ce dernier bassin s'étend, en forme de croix, le grand canal long de 1.350 mètres et large de 62.
FiG. 50. — Fontaine. Le temps a revêtu d'une belle paline verte cette fontaine en bronze, au inascaron typique avec la grasse feuille d'acanthe qui le coiffe. Elle semble plutôt une modeste console au crachement d'eau imprévu. Cette fonlaine, d'ailleurs, joue un rôle très effacé dans le coin où nous l'avons rencontrée, et sa beauté prouve la qualité d'art qui présidait, sous Louis XIV, à la moindre création utilitaire.
FiG. 54. — Escalier de la Reine ou escalier de marbre. (palais de Versailles). Cet escalier date de 1684. Les émeutiers le gravirent en 1789 pour s'introduire dans le palais. Au sommet de cet escaher, on aperçoit, dans une niche, le motif ornemental décrit à la ligure 55. A remarquer le solennel développement de cette rampe dont les décrochements sont prétextes à plusieurs paliers. Balustres carrés, lambris
de marbre (blanc et vert) aux ornements carrés; allure générale froide et grandiose.
FiG. 55. — Motif ornemental au chiffre du roi. Il est en bronze et figure dans une niche de marbre, au sommet de l'escalier dit de la Reine [fig. 54). On remarquera sa richesse, l'allure mâle des Amours qui portent, d'ailleurs, des carquois plutôt guerriers, tandis qu'à leurs pieds gisent des énormes casques grecs. Seules les colombes — malgré qu'elles ne se becquètent pas — sur des torches enflammées, jettent une note légère.
FiG. 56. — Antichambre dite de « VŒil-de-bœuf j>. Cette pièce, où les courtisans attendaient le lever du roi, doit son nom à la fenêtre ovale qui s'y trouve. On voit dans cette antichambre, un tableau représentant Louis XIV et la famille royale, avec les attributs de divinités païennes de l'Olympe, ainsi que le buste du monarque (sur la cheminée, fig. 91) par Coysevox.
FiG. 57. — Panneau de porte (palais de Versailles). Ces sculptures sur bois sont dorées sur fond blanc. Le caprice de leur dessin est souple et fin. Chambranle feuille et godronné, à l'antique. Sur la droite, on aperçoit l'amorce d'une colonne plate et engagée. Dans les cannelures de cette colonne, sont des « asperges » ou petits motifs découpés et libres, à
rextrémité de la partie pleine qui garnit ces cannelures depuis la base. Cette vue a été prise dans la chambre du roi [fig. 58).
FiG. 58. — Chambre à coucher de Louis X/F (palais de Versailles). Le roi, qui avait pris possession de cette chambre en 1701, y mourut. En vérité, la reconstitution de cette chambre est, en partie, de style Louis XIV exécuté sous Louis-Philippe. Témoin notamment, les boiseries du ciel et delà tête du lit ainsi que les étoffes qui servent de tapisserie au mur; sans oublier les hideux fauteuils placés à droite et à gauche du lit. Mais, en revanche, on remarquera, dans cette chambre, les deux beaux meubles de Boulle inexistants dans notre gravure dont le lit a été le principal objectif, mais que l'on verra aux figures 108 et 122. Pour ajouter à l'aspect hétéroclite de cette chambre, les cheminées qui s'y trouvent datent du règne de Louis XV, les tableaux qui l'ornent se réclament de l'école italienne, et il n'y a guère à retenir, en somme, dans cette pseudo-reconstitution, que l'ensemble du décor et son atmosphère. On remarquera, à gauche de la couche royale, un portrait en cire de Louis XIV à l'âge desoixante-sixans, par Antoine Benoist. La perruque qui ajoute à sa curiosité, aurait appartenu à l'auguste modèle. Voir à la figure 60 le détail de la balustrade destinée à séparer la couche royale du
restant de la pièce et, à la figure 59, on aura un autre aspect de ladite chambre.
FiG. 59. — Chambre de Louis XTV (aspect de droite). Les lambris, les frises, toute la décoration en général de cette belle pièce, nous frappent ici davantage dans leur riche variété. A remarquer, au-dessus des frises, les petites consoles et le dôme, pour ainsi dire, qui encadre le baldaquin du lit, ce dôme fait de losanges perlés, obsédants. C'est de la croisée donnant sur la cour de marbre, qu'après la mort du monarque, le premier gentilhomme cria : « Le roi estmort... vive le roi ! » Les sculptures en marbre qui ornent cette chambre sont de Nicolas Coustou.
FiG. 60. — Dëtail de la balustrade de la chambre de Louis Z/F (palais de Versailles). Elle est en bois sculpté et doré. On remarquera la grâce fuselée des balustres luxueusement ornés de feuilles d'acanthe perlées et de losanges ornés de fleurettes, au centre. De chaque côté des balustres, retenir l'esprit de cette torsade que nous vîmes si fréquemment ; torsade alternant des volutes courbes ou rigides que des fleurons, que des fleurs de lis parent au milieu. Des cannelures, des godrons, des postes, des faisceaux enrubannés, concourent à la richesse de cette décoration régie par un chapiteau ionique au aom de l'antique.
FiG. 63. — Salon de la Guérite (palais de Versailles). La voussure représente Bello7ie en fureur, par Le Brun, les trois autres voussures (que l'on ne voit pas sur notre gravure), du même maître, s'intitulent : la Hollande, VEspagne et V Allemagne. Au plafond, Le Brun, encore, a peint la France environnée des. victoires de Louis XIV. Le grand bas-relief ovale, en stuc, est dû au ciseau de Coysevox, auteur également de la plupart des beaux trophées en cuivre doré qui garnissent ce salon (voir le détail de l'un de ces trophées à la ligure 65). La richesse de cette pièce, où le marbre rare se marie au bronze et au cuivre finement dorés et ciselés, lanoblesse de ces peintures, de ces sculptures somptueusement encadrées, offrent un aspect impressionnant.
FiG. 64 et 66. — Grande galerie ou galerie des Glaces, Cette superbe galerie, longue de 73 mètres et large de 6",50, est haute de 13 mètres. Dix-sept grandes croisées donnant sur les jardins Téclairent, et autant d'arcades peintes, ornées de 306 glaces, leur font vis-à-vis. Le Brun a décoré avec un faste extraordinaire cette galerie où Ton admire dix de ses compositions dédiées à la glorification du règne de Louis XIV, de 1661 à 1678. Racine et Boileau sont les auteurs des inscriptions qui soulignent ces tableaux, dans des cartouches. Les trophées comme celui qui se trouve
dans rencoignure, de la salle, derrière le vase, sont de Coysovox ; ils appartiennent à la série signalée précédemment; d'ailleurs, on aperçoit, dans le fond de notre gravure, le salon de la Guerre qui, de même que le salen de la Paix, situé à l'autre extrémité, constitue en quelque sorte, une annexe de la grande galerie, construite par Mansard.
FiG. 65. — Trophée en cuivre doré, par Coysevox. Plusieurs trophées de ce genre figurent, comme nous l'avons dit, dans la grande Galerie ou galerie des Glaces, au palais de Versailles. Casque, faisceau, olifant, boucliers, flèches, etc., mêlés à des fleurs, à des banderoles, sont ingénieusement rassemblés dans ce mode de décor riche, dont la beauté des ciselures s'accuse sur des marbres rares.
FiG. 67. — Chapelle du palais de Versailles. Commencée par Mansard en 1699, Robert de Cotte, élève et beau-frère de Mansard, l'acheva en 1710. On peut la contempler de la tribune royale, au premier étage des appartements du palais. Robert de Cotte, qui, en 1708, avait remplacé son maître dans ses charges de premier architecte du roi et de directeur de la Monnaie des médailles, construisit, d'autre part, la belle colonnade ionique de Trianon, l'hôtel de la Vrillière, aujourd'hui la Banque de France, donna les dessin.*!
de la place Bellecour, à Lyon, etc. Empreinte en ses grandes lignes, de la majesté antique que Mansard cependant avait francisée avec son génie original, cette belle chapelle reflète, dans ses détails, la manière libre et voluptueuse de Robert de Cotte, qui marquera Tesprit de la Régence, l'aurore du xviii* siècle (Voir, pour le détail de la balustrade, le cul-de-lampe du chapitre v).
FiG. 69. — Lcwibriset console (palais de Versailles). Nous avons à dessein, isolé les motifs décoratifs qui ornent ces lambris. On s'imprégnera, visuellement, de celte formule, au lacis si typique, de chute ornementale. Une coquille sert de pivot à des rinceaux où l'on démêle le souvenir des deux fameux L entrelacés (chiffre de Louis XIV) ; puis le motif s'achève par un enchevêtrement léger dont la pointe est un culot feuille. Le dessin de ce décor peut varier (témoin les deux modèles juxtaposés de notre gravure), mais l'esprit de ce décor demeure le même. La console (renversée), que nous donnons ici, encore, n'est pas moins caractéristique. Elle est plutôt longue et plate. Sous la volute en relief plus accentué que celle de la base, qui forme sa tête, on aperçoit la palmette Louis XIV, et, au-dessous, un motif analogue à celui que nous avons décrit précédemment ; puis, une seconde volute enroulée dans le sens contraire de celle de la
tête, une chute de feuillage ajoute à la forme élancée générale. Ces ornements se détachent en or sur fond blanc. Voiries lambris des figures 71 et 74, pour se pénétrer encore davantage de l'esprit ornemental dont nous parlons essentiellement ici. .
FiG. 70. — Vantail d'une 'porte (fragment) (palais de Versailles). On admirera la finesse et Tharmonie décorative de ces sculptures purement Louis XIV, non seulement par l'esprit des ornements qui, dans notre gravure, se voient en haut et en bas de l'ovale médian, mais encore par la présence même, très typique, de cet ovale dont les moulures formant cadre, ainsi que celles de l'ensemble du vantail, portent des dessins caractéristiques. Les perles visibles sur quelques feuillages — ces perles qu'affectionne la palmette du grand roi — ne sont pas moins ici en situation. Tous ces ornements fouillés en plein bois, avec un art merveilleux, sont dorés sur fond blanc; la serrure, dont les ciselures sont précieuses, est en cuivre doré.
FiG. 71. — Panneau [volet) de fenêtre, La forme 'générale de ce motif est typique avec ses décrochements dans un cadre rigide. En haut et en bas, nous reconnaissons un décor très particulier, déjà vu ; sur les moulures principales du cadre, nous retrouvons aussi, des ornements non moins caractéristiques que
ceux de l'ovale où apparaît le chiiTrc de Louis XIV. La régularité de ce panneau est d'une harmonie frappante et, comme toujours, le blanc sert de fond riche à Tor des reliefs.
piQ 72. — Porte à deux vantaux (palais de Versailles). La sculpture remarquable de ces vantaux est attribuée à Gaffieri. On remarquera la légèreté des ornements séparés en quatre panneaux. Au milieu, le soleil et le chilTre royal. Voir également la porte de la figure 68.
FiG. 76. — Cheminée et portrait équestre de Z/0M15 X/F (palais de Versailles). L'ensemble est d'une belle tenue décorative. La cheminée avec son mascaron qu'accompagnent des cornes d'abondance, avec ses piliers ou montants plaqués de têtes de lions, offre l'aspect grandiose que le cadre du tableau, très richement ornementé, poursuivra. Cheminée en marbre se détachant en clair sur un stuc coloré, tableau emphatique à la gloire du roi Soleil, les deux pièces encore flattées par des doubles colonnes plates et carrées. Entre la cheminée et le tableau, un trophée de cuivre ciselé.
FiG. 78. — Encoignure d'un salon. La coquetterie de ce décor semble représenter le déclin du grand règne ; l'aube de la Régence pointe.
FiG. 89. — La Vertu, etc., gravure de Gérard Audraii, d'après une des peintures de Le Brun faisant partie de sa célèbre série des Batailles dCAlexanch'e. Le burin de Gérard Audran est souple, brillant et solide.
FiG. 92. — Apollon chez Thëtis, par Girardon. Ce beau groupe se trouve dans une grolte du bosquet dit « des bains d'Apollon » ; ce bosquet fut transformé en jardin anglais d'après les dessins du peintre Hubert Robert, en 1778. Deux groupes de coursiers d'Apollon, dus au ciseau de Guérin et des frères Marsy, sont aussi à signaler dans cette partie du jardin, Tune des plus pittoresques, grâce à son immense roche d'oii découlent des cascades au milieu de la verdure.
FiG. 94. — Alexandre et Biogène , bas-relief par Pierre Puget. Achevé à Marseille, en 1687, ce beau bas-relief, aujourd'hui au Louvre, fut transporté à Paris en 1694.
FiG. 98. — Meuble de Boulle. Il est sculpté d'écaillé brune et d'arabesques de cuivre. Des plaques de cuivre doré rehaussent encore sa précieuse beauté (bas-relief du tablier, moulures, cabochons, etc.). On admirera la simplicité de sa carrure autant que son mode de décor particulier à Boulle. Nous verrons ce
meuble incrusté aussi d'élain, en place de cuivre, et même cesmétauxréunis, fréquemment, dans la matière chaude de l'écaillé rouge ou blonde. Le cabochon (tête de femme), qui surmonte le sujet du tablier (ou devant du meuble, au milieu), est coifTé de la palmetle en éventail, Louis XIV.
FiG. 99. — Bureau (musée du Louvre). Genre Boulle ; mascarons, motifs (à droite et à gauche de la partie incurvée, en façade) en cornes de bélier, pieds de biche.
FiG. 100. — Médaillier sur une console, de Boulle (même musée). Meuble très fréquent à Tépoque. Bois incrusté de métal (voir aussi celui de la ligure 116).
FiG. 101. — Console et buste de Louis XIV (palais de Versailles). Elle est à quatre pieds et sa forme est quadrangulaire. Elle n'est point à jours, mais une cloison ornée d'incrustations lui fait un fond sur lequel se détache une Renommée. Des crosses accentuées, enrichies de mascarons, enflent sa forme dans le haut, et des crosses encore, contrariant les précédentes, aboutissent, après avoir diminué leur galbe, à une base élégante reposant sur des extrémités animales. Les ornements à l'antique, la torsade des cornes de bélier, sont marqués au style de Louis XiV par la palmette que ron sait.
Celle console, enlièrement dorée, se délache sur des boiseries blanc et or qui accusent sa richesse.
FiG. 102. — Commode (collection HopilliarL et Leroy). Sous Louis XIV, les meubles commencent à bomber, à avoir du ventre. On ne se rend point compte, sur notre gravure, prise de face, de celle rondeur; mais, en revanche, on aperçoit sur cette façade, de larges cannelures séparant les tiroirs, ainsi que d'étroites cannelures sur les côtés. Jamais sous Louis XVI il n'y eut de cannelures sur la façade des commodes. La parure métallique de ce meuble, surmonté d'un plateau de marbre, n'est pas moins caractéristique. L'ensemble est lourd et robuste.
FiG. 104. — Grand canapé (musée des Arts décoratifs). Il est orné de tapisserie « au point ». Remarquer son développement magnifique, la solidité de sa guirlande, la carrure de ses consoles opposées, ses extrémités animales, l'opulence générale de son dessin.
FiG. 105. — Fauteuil en tapisserie (collection E.-B.). La tapisserie est du temps. Le bois naturel est sculpté de feuilles d'acanthe, aux deux extrémités des bras qui reposent su»- des balustres « à mollet », et de pattes d'animau?!, à sa base. Sur la traverse qui unit les pieds, par devant, on remarque en fronton, un mascaron.
Le baluslre « à mollet » ne se borna pas à l'ameiiblement, il commença dès le xvii' siècle, à jouer dans rarchitecture un rôle considérable qui, de nos jours, même, est demeuré important. Ce fauteuil a servi de modèle à celui dans lequel le sculpteur H. Allouard a représenté son Molière nwuî'ant (au foyer du théâtre de rOdéon).
FiG. 107. — Fauteuil. On remarquera l'ampleur et la majesté de ce meuble, véritable fauteuil Louis XIV dans l'acception de l'imposante majesté qu'il reflète. Ses pieds en balustre, carrés, l'entrejambe ou croisillon qui relie ses pieds, le large développement de ses bras, la carrure de son dossier, la volonté symétrique des dessins de l'étoffe qui le recouvre, l'aspect général, enfin, concourent à nous faire voir, dans ce fauteuil, le propre siège du Grand Roi. A cette époque encore, il y eut un grand nombre de fauteuils à oreilles, c'est-à-dire pourvus, au dossier, de larges parois latérales, les fauteuils de « commodité » étaient à oreilles, et Molière a assis son Malade imaginaire, sur un de ces sièges confortables. Le bois du meuble de notre gravure est entièrement doré.
FiG. i08. — Chef-d'œuvre de Boulle, ce meuble, incrusté d'argent, orne la chambre du roi, au palais de Versailles.
FiG. 111. — 2'able en bois sculpté et doré. Plusieurs de ces lourdes tables décorent la galerie d'Apollon, au Louvre. Elles sont entièrement dorées et celle que nous donnons, s'écrase sous les détails. Mascarons, mufles et dépouilles de lions, médaillons, etc., le disputent en prodigalité ornementale à la rareté de l'épais marbre de couleur qui surmonte le tout. On remarquera : les huit pieds-consoles aplatis et singu^ lièrement disposés, le large et tumultueux entrejambe de cette table non portative, plutôt théâtrale que pratique.
FiG. 114. — Armoire (musée des Arts décoratifs). Elle est en bois de chêne sculpté.
FiG. 121 et 139. — Chaises cannées. La sobriété de ces chaises, en bois naturel, sculpté de faibles reliefs, est rachetée souvent par la dorure de leur tapisserie de jonc. Ces chaises garnissent fréquemment la salle à manger moderne. Elles sont toutes deux à croisillon (entre-jambe), la coquille les pare généreusement, et l'on remarquera à la figure 139 (collection Hopilliart et Leroy), sur le bandeau du siège, les losanges ornés d'un point au centre, qui sont si typiques à cette heure. La sécheresse de ces sièges, a grand air.
FiG. 122. — Bureau, remarquable, comme sont ceux analogues, signés de BouUc, par Tincurvation de sa
façade, au centre de deux rotondités reposant curieusement sur deux groupes isolés, de quatre pieds chacun, solidarisés par un bâti. On voit un meuble semblable dans le salon de M™^ de Maintenon [pg. 79). Le mouvement de retraite visible au milieu du meuble de la figure 99, correspond à l'incurvation signalée ici.
FiG. 124. — i^aw^ewîY (collection Hopilliart et Leroy). Il y a dans le Louis XIV, surtout vers la fin du règne, une sorte de fauteuil moins majestueux — déjà proche du xviii'^ siècle — moins volumineux. Ce fauteuil est du nombre; déjà sa silhouette est chantournée, déjà ses bras et ses pieds recherchent un galbe que le pur Louis XIV, si Ton peut dire, ignore. Mais néanmoins, notre modèle ainsi que ceux des figures 133 et 135 se range dans le Louis XIV ; son confort, ses dimensions plus pratiques durent alterner avec les autres modèles [fig. 105 et 107) plus officiels, plus princiers; autrement, le décor sculpté de celui-ci est bien du xvii*' siècle et le sujet de la tapisserie (d'harmonie verte, rose et jaune) également.
Fig. 125. — Commode de lioulle. Elle est incrustée d'argent. Sa rotondité, les larges cannelures (entre ies tiroirs) de sa façade, son aspect majestueux et pesant, sont d'un style superbe.
Fig. 128. — Chaise de repos. Pieds à balustres
carrés solidarisés par des consoles carrées juxtaposées. Bois sculpté et doré, garniture de soie vieux rose.
FiG. 129. — Petite table de Boulle. Elle est flanquée de mascaronset, de face, sur le bandeau, on remarque le motif « à lambrequin ». La finesse et le caprice des incrustations de cuivre qui égaient le bois triste de cette table, sont merveilleux. Les pieds, empruntés à des extrémités animales, ont un galbe mesuré à une somme de gravité.
FiG. 146. — Écran. A remarquer, dans Taspect bien carré de ce meuble, la coquille au milieu du fronton et sur la traverse du bas, ainsi que Tornement typique ou culot qu décore le sommet des montants verticaux, sur leur partie plane. Ces mêmes culots, renversés, apparaissent au bas des montants. Le fond sur lequel se détachent les ornements de la boiserie, est à losanges perlés, et, en ce qui concerne Tétoffe de Técran, nous la voyons décorée, au milieu et en haut, d'une tête coiffée delapalmette Louis XIV. Le vase de fleurs placé au centre, est encadré d'une sorte de lacis en baldaquin. L'harmonie de TétofTe est plutôt sombre, tandis que la boiserie sur laquelle elle est tendue, brille sous Tor franc (Voir aussi les écrans des figures 136 et 142).
FiG. 143. — Banquette. Pieds en balustre, carrés;
336 LE STYLlî LOUIS XIV
entre-jambe non plus croisé mais simple. Aspect confortable sans moelleux. Tout est carré dans Tensemble. Le bois doré, sobrement sculpté, correspond à la richesse de la soie aux larges dessins.
FiG. 148. — Torchère. Elle est en bois sculpté et doré. Son corps principal est à balustre, à pans aplatis ou carrés, tout comme les pieds des meubles. Des consoles amples soutiennent la tige qui aboutit à un plateau où reposait le plus souvent un flambeau portant des bougies, ou un candélabre. La torchère, généralement, occupait une place fixe où sa majesté monumentale dominait. Notre torchère est signée d'une palmette Louis XIV. La torchère de la figure 167 ne difl'ère guère de la présente, elle est plus proche néanmoins, avec sa base, du trépied antique. Sa tige est à pans coupés, évasée en volute ou en cornes de bélier. A noter le motif de losanges ponctués au centre, très Louis XIV, qui décore cette tige pentagonale [Voir ci-contre, le détail de cette dernière torchère].
FiG. 149. — Détail de la torchère de la figure précédente. Au centre des volutes en consoles : la palmette Louis XIV et les losanges marqués d'une perle ne nous sont pas moins famil ers.
FiG. 151. — Lustre. Il est robuste mais d'un mou-
vement gracieux avec la découpure curieuse de ses Amours en console autour d'un vase, au-dessus des branches destinées à recevoir les bougies. A remarquer le motif en nattes qui décore ces branches carrées; au surplus le corps principal de ce lustre en cuivre doré et ciselé, est à pans coupés. N'oublions pas que la forme arrondie est moins fréquente que la forme carrée, dans le style en question.
FiG. 154. — Pendule {et socle ou cul-de-lampe) de Boulle. L'aspect de cette pendule est classique. Les bustes de femmes gainés qui forment la tête des pieds, sont caractéristiques. La beauté, la grâce delà ligne ne sont pas mièvres, et l'on aperçoit dans la bordure, au-dessous du sujet de couronnement (Amour), le motif godronné, la palmetteen éventail, les cornes d'abondance, chers à l'époque. On remarquera également, le travail fouillé du cadran sur lequel, en émail, se détachent les heures. Boulle, comme toujours, à incrusté le fond d'écaillé, d'arabesques de cuivre, et son socle, si harmonieusement combiné avec la pendule, orne ses coins de têtes de bélier, fréquentes dans ses compositions. Les petits losanges ornés, du fronton de ce socle, ainsi que les larges cannelures de sa base, ne sont pas moins caractéristiques. Un soupçon de lambrequin est à signaler dans la courbe chantournée qui détache les pieds, au milieu.
FiG. 1 55. — Lutrin. A remarquer à la base de l'aigle, le motif « à lambrequin » que nous retrouvons également dans le dessin de la figure 18 et sur la gaine de la figure 161.
FiG. 156. — Pendule. Elle rentrerait plutôt dans la catégorie des « religieuses », et son style se ressent encore de l'influence du LouisXIII. Forme monumentale, carrée, avec une frise de balustres, un couronnement de vases ou d'épis, des colonnes corinthiennes. Mais, le motif de la base, au milieu, le lambrequin, est purement Louis XIV, ainsi que le mode de décor — métal incrusté — propre à Boulle. A noter encore, le simili-dôme qui pare cette pendule dont l'aspect répétons-le, est celui d'un édifice en miniature. La pendule de la figure 166 change encore de celle de la figure 154 et de celle qui nous occupe. On remarquera sur ses côtés, les figures à gaines sur consoles, les vases sur une balustrade d'où part le développement d'une sorte de dôme comme étranglé par deux volutes. Au milieu de ces volutes, le mascaron typique coifi"é de la palmette Louis XIV; cette palmette encore visible sous les chevaux qui traînent le char de Phébus (le Roi Soleil !'y. Sur le socle, le lambrequin, et une garniture de petites draperies « à lambrequin ». Comme toujours, l'incrustation de Boulle sert de fond à ces motifs en cuivre doré et ciselé.
FiG. 158. — Glace. On admirera la grâce harmonieuse, le détail symétrique de ses volutes, couronnées, dans le haut, par les palmettes du grand règne.
FiG. 159. — Candélabre-applique en cuivre c^ore (collection E.-B.). Le miroir qui Torne est surmonté d'un soleil radieux portant, à sa base, une chute d'un caractère nettement Louis XIV. La bordure rocailleuse du miroir sent déjà la fin du grand siècle. Le mascaron placé sous le miroir porte sur la tête la palmette Louis XIV, et, un ornement analogue à la chute qui tombe sur le miroir, marque la base de ce mascaron. L'ensemble ,est d'une tenue décorative fort séduisante.
FiG. 160. — Pendule (palais de Fontainebleau). Elle repose sur une gaine de style Boulle (écaille rouge rehaussée d'incrustations de métal et plaquée de reliefs en cuivre doré et ciselé). On remarquera, sur la pendule, les motifs en corne de bélier. qui flanquent le cadran ainsi que le soleil symbolique, situé immédiatement au-dessous de ce cadran. Ce soleil auréole Phébus conduisant un quadrige. Voir sur la ceinture de la gaine de la figure 161, le motif baldaquin.
FiG. 164. — Grille en fer forgé. L'un des vantaux de la célèbre grille en fer forgé, chef-d'œuvre de la
serrurerie au xvii^ siècle, provenant du château de Maisons-sur-Seine (aujourd'hui Maisons-Laffitte), construit par Mansard.
FiG. IB."). — Candélabre à cristaux (collection Hopilliart et Leroy). Il ornait principalement la table, à chacune de ses extrémités. Le lecteur supprimera par la pensée, les ampoules électriques que le progrès a substituées aux anciennes bougies, et il remarquera les petits soleils symboliques qui gravent plusieurs cristaux, lorsque les cristaux ne sont pas taillés euxmêmes, en petits soleils. A vrai dire, la forme de ces candélabres, pas davantage que celle de ces lustres [fig. 152), n'est très typique. Leur aspect, néanmoins, dépourvu du charme et de la grâce propres au xviii" siècle, a quelque chose de monumental et de pesant.
FiG. i69. — Chenet curieux avec sa base de marsouins. Trépied, flammes que nous voyons aussi sur les grands vases décoratifs, mascarons, lourdes guirlandes (collection Hopilliart et Leroy).
FiG. 171. — Costumes Louis XIV. Notre gravure représente une dame de <« grande qualité ^>, en promenade. Un laquais et un négrillon — ce dernier le plus .souvent inséparable de la noblesse d'alors — sont au service de Sa Grâce. La coiffure de cette
grande dame, « en habit d'hiver », est la « Fontange ». L'entête du chapitre x nous montre, de gauche à droite : un homme de qualité, un abbé, une abbesse, une dame de cour et une bourgeoise accompagnée de son enfant. Sur le cul-de-lampe dumêmechai)itre, nous voyons, toujours de gauche à droite : un cavalier en manteau (l'OO), un bourgeois (1670), deux dames de la cour (1695 et i660), un seigneur de la cour (1695) et un financier (1678). Ces deux derniers personnages portent la « rhingrave ». L'ente le et le cul-de-lampe de ce chapitre x ainsi que la gravure de la figure 171, n'offrent aucun mérite artistique, mais nous les avons choisis à dessein, pour leur précision.
FiG. 173 et 174. — Étoffes d'ameublement. Elles sont à grands ramages, en soie et velours, en velours broché, aux couleurs plutôt éclatantes. La volonté de leur dessin, dans sa forme très écrite, l'importance et l'unité vigoureuse de leur composition, ne sont pas comparables à la légèreté décorative des tissus du xvni^ siècle, aux bouquets menus, aux fleurettes jetées hbremenl sur des fonds gais où volent des rubans. L'étoffe, au xvn® siècle, ignore aussi la fragilité des taffetas; elle est d'une richesse ample et solide; l'or, souvent, l'alourdit encore. Elle est belle, cossue et non riante.
Entête du chapitre v. — Terrasses du palais de
Versailles. Elles ornent la façade du palais, bordant la cour principale, collaborant à cette impression de majesté que Ton reçoit au seuil de la demeure royale. Les terrasses étaient fort à la mode au xvii^ siècle, parce qu'elles répondaient essentiellement au besoin d'effet et de présentation, alors si impératifs. Avec leur cadre de terrasses, les monuments apparaissaient mieux en évidence, et nous avons vu Le Vau (dans son palais de l'Institut) indiquer un hémicycle, pour sacrifier au besoin d'une terrasse, quand même. Presque toutes les demeures princières, sous Louis XIV, étaient ainsi donc, pourvues de terrasses, d'où le prestige de la plastique humaine dominait d'autant. Le dôme et la terrasse marchent de paii» avec la perruque, dans l'acception lyrique qui nous occupe.
CuL-DE-LAMPE DU CHAPITRE V. — BalustveS. Ils COm-
posent la balustrade qui court autour du premier étage de la chapelle {fig. 07), au palais de Versailles. La richesse de ces balustres en cuivre ciselé et doré, change, de ceux de la chfambre du roi, des balustres habituels, aux formes aplaties et rectangulaires. Encastrés dans du marbre, ces balustres couronnés de chapiteaux ioniques (roulés en cornes de bélier) offrent une panse feuillée, remarquable.
CuL-DE-LAMPE DU CHAPITRE vin. — Cabinet. Il est
CAUSEfUE SUR NOS GRAVURES
en mosaïque de bois. On remarquera que son corps principal repose sur deux groupes de pieds, reliés quatre par quatre par des entre-jambes ou croisillons. Ce corps principal, avec son évidement au milieu, constitue le secrétaire si fréquent sous Louis XIV, alors que le cabinet est plutôt un souvenir du style Louis Xin.