CHAPITRE XI
Mon enfant — île Tristan et d'Isoldeje sais une douloureuse histoire.
(Les Maîtres Chanteurs de Nûrenberg, acte III, scène îv.)
La légende de Tristan et d'Iseult, au fond mythique, nous est connue par un très grand nombre de poèmes et de romans. Ces récits peuvent être classés en deux groupes, caractérisés, l'un, par la version française dite Poème de Thomas, l'autre, par la version également française dite Poème de Béroul ou Bérol (i).
(\) Cette classification, indiquée dans la plupart des travaux relatifs aux poèmes et récits sur Tristan et Iseult, est présentée avec une aetteté particulière dans la thèse de M. Fritz Vetter : la Légende de Tristan, d'après le poème de Thomas et les versions principales qui s'y rattachent ; Marburg, 1882, in-8.
Elle n'est pas cependant aussi absolue qu'on pourrait le croire, et, en tout cas, l'unité de chacun des deux groupes est plus apparente que réelle. Ainsi, M. Ernest Muret, dans son élude sur Eilhari d'Oberg et sa source française (Romania, t. XVI. 1887, pp. 288-H63), croit plus juste de dénommer version arthurienne celle qui caractérise le deuxième groupe, en y distinguant trois formée essentielles, la version de Béroul, le poème inconnu où Eilhari aurait puisé, et la version principale îles romans en pi suppose qu'une compilation antérieure a précédé ces trois versions voisines, et qu'elle-même dérive des anciens lais bretons, anglais et français coordonnés par les conteurs. M. Wolfgang Goltheï (Die Sage von Tristan und Isolde ; Munich, Kaiser. Is87, in-8), émet des opinions analogues. Il nomme la version générale du deuxième groupe version du jongleur [S pielmanns Version), et
Dans le premier groupe, on range, outre le poème attribué à Thomas (1), un poème quelquefois intitulé la Folie Tristan (2), l'adaptation allemande de Gottfried de Strasbourg (Tristan und holde), de laquelle nous parlerons plus loin avec quelque détail, la traduction anglaise (Sir Tristrem) publiée pour la première fois par Walter Scott et dont la source fut attribuée par lui à ft Thomas of Erceldouue », et la traduction islandaise, Ti-istrams Saga ok lsondar (3). Au second groupe, avec la version de Béroul(4), se trouvent un autre poème sur Tristan déguisé en fou (o), l'adaptation allemande d'Eilhart von Oberg(6), et les continuations ajoutées au poème de Gottfried par Ulrich von Tùrheim et Heinrich von Vriberg (Freiberg ou Friedberg ?). A ce dernier groupe se rattachent aussi les romans français en prose, si souvent réimprimés (7).
celle de Thomas versicn courtoise (hôpsche). Il semble que cette version du jongleur, ou arthurienne, ou commune, soit la plus ancienne des deux, et l'on s'accorde à croire que le poème perdu de Chrestien de Troyes sur Tristan devait aussi s'y rattacher.
il) Les fragments connus de ce poème ont été publiés par francisque Michel : Tristan, recueil 'le ce qui reste des poèmes relatifs à ses aventures (Londres, Pickering, 1835-1838, 3 vol. petit in-8). Ils figurent au tome II (manuscrit Douce) et au tome III (manuscrit Sneyd). Un autre fragment (fragment de Cambridge) a élé trouvé par M. de la Yillemarqué et publié dans les Archives des Missions scientifiques (t. V, p. 97).
(±) Ce poème est également compris dans le recueil de Michel, au tome II (manuscrit Douce).
|3) Cette version a été publiée par M. Eugen Kôlbing : Tristrams Saga ok lsondar: Heilbronn, 187.S. M. Kolbing a aussi publié le poème Sir Tristrem (Heilbronn, 1883).
(i) Les fragments de Béroul sont dans le recueil de Fr. Michel, au tome I (manuscrit de Paris et manuscrit de Berne).
(5) Fragment également publié par Michel dans son recueil sur Sristan (manuscritde Berne) et par M. Morfdansle tome XV delà Hoiitaniu (1886). Au même volume de la Romania on trouvera une intéressante étude de M. Lutoslawski sur les Folies de Tristan.
(6) Le poème d'Eilhart a été intégralement publié par M. Franz Lichtenstein (Strasbourg, 1S77, in-8).
(7) Au sujet des versions en prose, M. Gaston l'an- li>>tit>itua, t. XV, pp. 596-602) montre le peu de certitude des attributions longtemps admises (Luce du Gast) et déclare tout à fait fantaisistes les hypothèses relatives à Elie de Boron. M. J. Bédier (Romania, t. XV, pp. 481-510) a étudié avec soin le dénouement des
Selon M. Gaston Paris, la primitive légende serait absolument celtique d'origine (1). Cette opinion n'est point partagée par MM. Golther et W. Forster, malgré les sérieuses présomptions qui militent en sa laveur. Quant aux idées mythiques incluses en cette légende, elles sont communes à beaucoup de traditions aryennes, et les fables helléniques en contiennent plusieurs témoignages (2).
Le travail d'interprétation et de création accompli par Wagner pour la composition de Tristan est plus intéressant que ses recherches critiques, dont il nous faut néanmoins indiquer sommairement la nature. Parmi les sources où il a puisée la première en importance, la première sans doute aussi comme date d'utilisation, est le poème Tristanund holde de Gottfried de Strasbourg. Les poèmes français viennent ensuite, et il leur emprunta beaucoup : à plusieurs reprises, il s'écarta délibérément de la version de Gottfried pour lui en préférer d'autres.
C'est d'ailleurs du poème de Thomas, plus ou moins altéré, que dérive, comme il a été dit précédemment, l'adaptation de Gottfried (3). Mais Gottfried a en propre un
romans en prose, imprimés, pour la plupart, d'après un manuscrit français du xv* siècle (Bibliothèque Nationale, loi) et les concordances de ce manuscrit avec le poème d'Eilhart. M. I';. Lôseth a analysé le Tristan en prose, d'après une minutieuse collation des manuscrits de la Bibliothèque Nationale [le Roman de Tristan, le roman île Palamède c! la compilation de Rusttcien de Pise; Paris, Bouillon, 18!)], in-S).
(1) Romania, t. XV, pp. 596-iii)i.
(2) Au sujet du mythe primitif et de sa parenté avec d'autres mythes, l'on fera sagement, si l'on veut demeurer sur le terrain de la discussion critique, de l'histoire littéraire et de la philologie, de consulter particulièrement les auteurs cités dans les notes précédentes et les autorités qu'ils invoquent. A un point de vue moins scientifique, mais qui doit trouver sa place ici. puisqu'il s'agit de l'œuvre d'un artiste, et que la vérité subjective de sa conception importe non moins que 9a valeur objective, ou pourra consulter aussi les travaux suivants : Mone : Die Tristanssarje... Heidelberg, 18:22; —H. -S. Chamberlain : Notes sur Tristan, Revue wagnérienne, 3" année, X-XI, nov.-déc. 1887), et les nombreuses publications de M Hans de Wolzogen,
(3) Gottfried a eu SOUS les yeux un modèle français en écrivant
sentiment très délicat et très élevé, une grâce d'expression particulièrement émue, et sa tournure d'esprit le porte à méditer sur les événements qu'il raconte, à en pénétrer le sens intime. Ce caractère frappe le lecteur en mainte page du récit, et tout d'abord dès le préambule où Gottfried parle du inonde intérieur, le monde de souffrance et de joie, où notre âme vit réellement. Les amours de Blanche/leur et de Riwalin, la mort de Blanchefleur, l'aventure de la grotte, d'autres épisodes encore en témoignent. Par malheur, le poème s'arrête, inachevé, avant les grands faits humains qui forment l'admirable couronnement de la légende, c'est-à-dire le désespoir de Tristan blessé, le retour d'Isolde, la mort de l'amant et la mort de l'amante.
Wagner a conservé à ses héros les noms qu'ils portent dans le poème de Gottfried. Mais il a modifié leurs caractères, et transformé très profondément l'ensemble et la portée du récit, par élimination des faits accessoires, par création aussi de faits nouveaux. Tout ce qui est relatif à Riwalin, à Blanchetleur, à Morgain, au fidèle Ruai li Foitenant, est exclu du drame; par voie d'al-
son poème. Fréquemment, il indique des jeux de mots, ou plutôt des doubles sens, que la signification des mots français conservés par lui dans son texte permet seule d'expliquer. Par exemple, il nomme la fille du «lue Jovelin « Isolde-aux-blanches-mains «,il insiste sur l'idée de tristesse contenue dans le nom de Tristan, il équivoque d'heureuse façon sur des mots de sonorités analogues, comme « la mer, l'amer, l'amour* (vers 11949 etsuiv.), et il cite des vers français tout entiers.
Le poème de Gottfried a été publié par Groote en 1821, par von der Hagen (avec les autres œuvres du minnesinger) en 182o; l'édition la plus répandue vers l'époque où Wagner a élaboré son drame est eelle de Massmann, parue en 1843. Il faut encore mentionner, en bon rang, l'édition de Bechstein et eelle qui figure dans la collection de Pfeiffer, Deutsche Classiker des Miltelalters (vol. 7 et 8, Leipzig, 1869, in-8). Aux lecteurs qui ignorent l'allemand, on doit signaler la trèsr arquable étude de M. A. Bossert:
Tristan et Iseult, poème de Gotfrit de Strasbourg, comparé à d'autres poèmes sur le même sujet, (thèse do doctorat es- lettres), Paris, Frank, 18G5, in-8. Enfin 1rs lecteurs qui, connaissant l'allemand moderne, ne sont point familiarisés cependant avec le Mittelhochdeutsch, trouveront des éditions « modernisées » de ce poème, entre milles celle de Kurtz et celle de W. Hertz.
lusion seulement, nous sommes renseignés sur Vorigne de Tristan, sur les deuils qui ont enveloppé sa naissance. D'une manière générale, toutes les aventures sont supprimées qui ne sont pas liées étroitement à l'évolution passionnelle du drame. Les exploits de Tristan, décrits par Gottfried et par les autres conteurs, disparaissent complètement ici ; il ne demeure de cette grande prouesse que le souvenir du duel avec Morold, — qui doit être l'obstacle, infranchissable aux yeux du monde, à tous sentiments d'amour entre le neveu du roi Marke et la princesse d'Irlande, — et cette renommée glorieuse que célèbre Brancane en quelques phrases (et dont parlent aussi le roi Marke et Kunvenal). Wagner ne nous fait assister ni au combat contre Morold, ni au séjour de Tristan à la cour d'Irlande, auxquels Gottfried employait des milliers de vers. En traits brefs, vifs, précis, une dramatique narration résume ce qu'il nous est nécessaire de savoir, et fait revivre des événements de première importance : « Dans soixante vers très courts, dit excellemment M. H. -S. Chamberlain (1), Isolde nous raconte tout ce qui est essentiel et intéressant... Gottfried de Strasbourg en avait exigé un peu plus de onze mille pour arriver à la scène du philtre ! » Grâce à ce travail d'élimination et de concentration, le conflit moral et la passion qui va le résoudre dominent tous les incidents concrets : les âmes sont au premier plan et y demeurent, au point que rien n'existe plus, réellement, que leur émotion et leur désir (2).
(4) Noies sur Tristan et Isolde (Revue wagnérïenne, 3° année. n° double X-XI, nov.-déc. 1887, p. 246).
(2) Dans le poème de Gottfried, Riwalin, frère du roi Marke et seigneur de Parménie, est tué au combat par Moryain. Son épouse Blanchefleur, accablée par cette nouvelle, meurt en mettant au monde un (ils. Le baron Ruai li Foitenant et sa femme donnent le nom de Tristan à l'enfant, ['élèvent et le confient à un homme sage, Kurwenal (le Gouvernail des romans français), Tristan, un jour, entre par curiosité dans un vaisseau DOrwègien; le> mar-
ebands qui montent le vaisseau l'enlèvent, mais une tempête les
assaille pendant la traversée; ils font vœu de le rendre à la liberté et le déposent en Cornouailles. Ruai le retrouve à Tintalol, à la cour de Marke. Armé chevalier, Tristan vaine et tue llorgain. Il
II faut noter des modifications importantes dans les circonstances des événements caractéristiques. Ainsi, Gottfried fait soigner Tristan blessé par la reine d'Irlan-
s'élève avec force contre le tribut annuel de soixante jeunes gens que le Cornouailles et l'Angleterre payent au redoutable Morold. 11 défie Morold au combat, se bat avec lui dans une île. le tue, lui coupe la tête et envoie celte tète en Irlande. Morold, oncle d'Isolde, avait annoncé avant la lutte, pour effrayer Tristan, que ses armes étaient empoisonnées et que sa sœur, la reine d'Irlande, en pouvait seule guérir les blessures. Tristan, blessé dans le duel, se rend en Irlande, où il se fait appeler Tantris. et se donne comme un musicien. La reine le guérit, et le prie d'achever l'instruction de sa propre fille, Isolde. Il retourne en Cornouailles; les courtisans, qui l'envient, décident Marke à rechercher Isolde en mariage. Tristan est envoyé par le roi en Irlande pour demander la princesse. Il y tue un dragon qui ravageait le pays. Apres ce combat, Tristan épuisé demeure couché au bord d'un étang; un échanson du palais rapporte la tète du monstre, prétend être le vainqueur, et réclame la récompense promise, qui est la main d'Isolde. [solde et sa mère vont à la rencontre du héros, et reconnaissent en lui Tantris. Tristan veut combattre réchanson; pendant que le page Paranis nettoie ses armes, Isolde voit une brèche à l'épée, et constate que le morceau de fer retiré jadis de la tête de Morold s'y applique exactement; elle prend l'épée, cherche Tristan, le trouve au bain et veut le tuer. Mais, au moment de frapper, elle hésite; sa mère survient, pujs Brangane, qui obtient une réconciliation. L'échanson renonce au combat; Brangane, Isolde et Tristan partent pour le Cornouailles.
Un breuvage d'amour a été préparé parla reine pour Isolde et pour Marke. L'erreur d'une suivante le fait boire à Tristan et à Isolde. Brangane, arrivée trop tard, jette à la mer la coupe vide. Les amants débarquent enfin en Cornouailles. C'est alors une vie d'inquiétude et de ruses, les rendez-vous épiés, Marke averti par le courtisan Mériadoc d'abord, — qui nourrit une secrète passion pour Isolde, — par le nain Melot ensuite. Les amours de Tristan et d'Isolde, servies par Brangane, sont traversées de périls divers; Tristan s'exile au pays de Galles, puis est rappelé à la cour. Bientôt les amants sont soupçonnés et surpris de nouveau ; Marke ordonne à Tristan de partir, et répudie Isolde. Tous deux s'éloignent et se réfugient dans une grotte, la fossure à la gent amant (Gottfried en fait une description toute symbolique). Marke les y découvre, et les aperçoit, endormis, par une fente du rocher; Isolde lui parait si belle, reposant ainsi, séparée de Tristan par une épée nue, qu'il bouche l'ouverture du roc avec des feuilles, do peur qu'un rayon de soleil ne flétrisse le teint de l'infidèle, et. quJil se retire en pleurant, l'eu après, il lait revenir Isolde et Tristan à sa cour. Mais Tristan le quitte, définitivement cette fois, parcourt la Normandie et l'Allemagne, puis retourne dans son pays natal, va délivrer le duc d'Arundel, Jovelin. d'ennemis qui i'assiègent, se lie avec le fils de Jovelin, Caédin, et séjourne a la
de, qui s'appelle d'ailleurs Isoldc comme sa fille. Wagner, d'accord en cela avec Thomas, avec Eilhart von Oberg et les romans français en prose, veut qu'isolde guérisse elle-même la blessure de Tristan, ce qui est singulièrement préférable au point de vue dramatique. M. Chamberlain, à ce propos, cite un vers de Wagner qui est presque littéralement traduit du poème attribué à Thomas de Bretagne : « Die Wunde die sie heilend schloss — Quand ele jadis guarrai ma plaie (1). » La rencontre parait d'autant moins fortuite qu'elle a lieu en des passages qui se correspondent à peu près exactement, le monologue du Tristan wagnérien (au troisième acte), et le discours de Tristan blessé à son ami Kaherdin dans le poème de Thomas. A cette coïncidence, j'ai pu en ajouter plusieurs autres. Tristan, par exemple, dit à Kaherdin :
Ça nul hume ne me put garir Fors seulement reine Ysolt:
Ele puet ferc, si'l volt La mécine, ele ad poier . . .
On retrouve des expressions analogues dans les narrations du premier acte de Tristan, mais surtout au troisième, en cette phrase de Kurwenal: « S'il s'éveillait, ce serait pour mourir, à moins qu'auparavant ne survienne le médecin véritable, Isolde, la seule guérisseuse qui
cour de ce prince, où son talent de musicien et de poète ravit tous les cœurs. Bientôt il se laisse charnier parla beauté de la fille du dm-, « Isolde-aux-blancbes -mains, » comme si une confusion passagère s'établissait dans son esprit entre elle et l'autre Isolde, tant et si longtemps aimée; et cette illusion momentanée, lorsqu'elle se dissipe, lui laisse au cœur une, inexprimable tris- Là s'arrête le poème de Gottfried.
(1) Version du manuscrit Douce (Michel, tome II). Do vers d'un fragment attribué à Béroul exprime d'ailleurs la môme idée eu termes analogues, et je croirais môme volontiers que c'esl de ce vers-là que Wagner s'est inspiré : » Molt me gari soefma plaie.» Cf. Michel, tome I, c fragment [manuscrit du Berne .
nous puisse aider (1). » Plus loin, Tristan, parlant du philtre d'amour, recommande à Kaherdin de rappeler à Isolde les bonheurs et les tristesses d'autrefois : « Dileslui qu'il lui souvienne
Del beivre qu'ensemble beuinies En la mer quen suppris en fuîmes.
El beivre fud la nostre mort Nus n'en aurum jamais confort ; A tel urc doné nus fu A nostre mort l'aurum béu(2).
Ici encore, on pense à certains passages du second acte, lorsque Tristan et Isolde parlent du philtre d'amour, et de la mort qu'ils ont réellement bue en le buvant, et aussi à la malédiction d'amour, le Liebe&fluçh du troisième acte. Le vers « nus n'en aurum jamais confort t> a pu être l'origine de quelques-unes des plaintes que Tristan gémit en ce passage (3). Dans le poème « Tristan déguisé en fou (4) », Tristan fait allusion à la blessure qu'il reçut en combattant Morold :
L'os de la hanche m'entamast E li fors venim eschausfat. . .
Wagner écrit : « Le venin de la blessure était déjà près
(1) Erwachte er.
wir's doch mir
mu Fur immer zu verschei di ",
erschien zuvor
die Aerztin niebt, die einz'ge, dio uns bilft.
(Acte III, scène i.)
(2) Michel (tome II).
(^) Da ward der sehrend'ste
Zauber erlesen, dass oie ich sollte sterben, wic/i ew'ger Quai vererben
Welcher Balsam sollte util- Lind'rung verleihn !
(Acte 111, scène i.) (4) Manuscrit Douce (Michel, tome II, 2* fragment).
de mon cœur (i). » Le Tristan du trouvère continue par le récit de son premier voyage en Irlande :
Li venz levât, turmente g-rant, E chaçat ma nef en Triant. . .
Wagner écrit : « Le vent gonfla la voile, me poussant vers la fille d'Irlande (2). » Enfin, lorsque l'Iseult de Thomas se lamente sur le cadavre de son ami (3), elle tient un touchant discours dont voici les plus importants passages :
Ami Tristan, quant mort vos vei Par raison vivre puis ne dei Mort estes pur l'amour de mei; Par raison vivre puis me die.
Mort estes pur la meire amur Et j'o muer, amis, par tendrur, Que j'o à tens ni poi venir Yos et vostre mal guarir.
Amis ! Amis ! par vostre mort N'aurai jamais pur rien confort, Joie ne hait ne nul déduit.
Icil orages seit destrait Que tant me Jist, amis, en mer, Que n'i poi venir, demnrer!
SI je fuisse à tens venue t
Vis vos oùse, amis, rendue E parlé dulcement à vos Del amor qu'ad esté entre nos ;
Si Je ne poisse vos guarir,
Que ensemble poissam dune murrir
Quant à tens venir n'i poi
Et jo l'aventure n'oi
(I) DerWundeGift
dem Herzen nah'.
Den Segel blâhte der Wind eu Irland's Eund.
(Acte II!
hin m
[II, scène i.) ; i version publiée au tome III de Fr. Michel (minusca Sneyd) contient quelques vera de plus que celle publiée au