‹ L'art de soigner les maladesChapitre 100 sur 124 · III. — Précautions nécessaires · texte numérisé non relu

III. — Précautions nécessaires

Quand un séton ne coule point assez, on peut en activer le travail en graissant d’une pommade excitante la portion de mèche qui doit y séjourner.

Quand cet exutoire sous-cutané produit une suppuration surabondante, il faut avoir bien soin que les deux ouvertures du séton soient assez larges, et mettre sur le parcours du séton un tampon de compresse capable d’empêcher la suppuration d’y séjourner. La suppuration est pour le corps humain ce que la rouille est pour le fer, ci que les corps gras sont pour les étoffes, elle tend toujours à envahir, à corroder, à conquérir toutes les portions qui l’avoisinent. De là il arrive qu'une suppuration surabondante, produite par un séton mal pansé, ne trouvant point d’issue à l’extérieur, non- seulement s’accumule sous la peau et y produit une irritation douloureuse, mais fuse

quelquefois, c’est-à-dire s’étend aux parties voisines et y détermine des petits abcès.

La mèche du séton est tout aussi importante, pour le bien-être de cet exutoire, que le pois pour les cautères, que la pommade excitante pour les vésicatoires fixes. En conséquence, il faut que celte mèche soit faite avec un linge qui ne soit ni trop vieux ni trop neuf. Trop neuve, en effet, la mèche serait par trop irritante; trop vieille, elle pourrait se casser et rendre ainsi le pansement du séton fort embarrassant. De plus, il est urgent de la tenir aussi propre que possible. C’est pour cette raison que les chirurgiens recommandent de ramener extérieurement, nonseulement sur la charpie, mais sur la compresse placée au-dessus du séton, le morceau de mèche dont on doit plus tard faire usage.

Quand la mèche passée dans un séton est usée, a basoin d’être renouvelée, on coud une nouvelle mèche à la première, seulement on a soin de coudre bien à plat, de façon qu’il n’y ait pas trop d’épaisseur au point de jonction, et puis l’on tire cette nouvelle mèche dans la plaie.

Il va sans dire que, quand un séton est par trop enflammé, on peut en apaiser la douleur, en appliquant pardessus son pansement habituel un cataplasme émollient.

Et enfin, je l’ai déjà fait remarquer plusieurs fois, l’entêtement en médecine est un défaut à éviter. Quand un séton est par trop douloureux, quand il occasionne des névralgies, des tortures incessantes ou de funestes insomnies, dût-on le replacer plus tard dans une autre région, il est urgent d’en arrêter le travail, d’en ôter la mèche et de le laisser cicatriser.

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