II. — Application et pansement du séton
C’est le médecin qui a ordonné le séton qui se charge de le placër lui-même. 11 s’agit effectivement de transpercer la peau de part en part, or, sans notions anatomiques, n’ayant aucune habitude chirurgicale, jamais une personne étrangère à la médecine ne voudrait prendre la responsabilité d’une semblable opération.
Les médecins ont des instruments fabriqués tout exprès, des petits sabrés-àiguilleë qui coupent si bien et si
vite qu’on s’aperçoit à peine de leur passage. — Je n’ai jamais subi l’épreuve du séton, mais bon nombre de mes clients, obligés de s’y soumettre, m’ont tout naïvement fait celte déclaration.
Cependant, quand par malheur l’aiguille rencontre quelque filet nerveux, non-seulement son passage devient douloureux, mais il en résulte souvent un séton tellement agaçant, tellement pénible, qu’il est littéralement insupportable. Aussi M. Récamier conseillait- il de ne poser les sétons qu’après avoir pratiqué une cautérisation sur la peau aux deux endroits que doit traverser l’aiguille.
A cette aiguille tient un lambeau de linge, une petite bande barbue des deux côtés, en un mot ce que les chirurgiens appellent une mèche. Celte mèche est plus ou moins longue; elle se remplace et reste propre par les précautions que je dirai tout à l’heure.
Toujours est-il qu'une fois mise en place, elle doit y rester au moins trois jours, temps nécessaire pour que l’inflammation arrive et la suppuration s’établisse. C’est pourquoi une fois que le séton est placé, il n’y faut point loucher avant trois fois vingt-quatre heures. J’en excepte le cas où la douleur, devenant trop intense, nécessiterait l’application d’un cataplasme; le cas où, l’aiguille à séton ayant ouvert quelque vaisseau sanguin, il faudrait tamponner et agir de façon à prévenir une hémorragie.
Le premier pansement d’un séton est toujours plus ou ÆÆrns pénible, car ordinairement la mèche se trouve .ecilée aux deux blessures extérieures. Or, comme le pansement de cet exutoire consiste dans les évolutions succes- £:<vee que l’on fait exécuter par la mèche introduite sous la peau, on conçoit que le premier pansement puisse être Stssez désagréable. Donc on tire la mèche de droite à g sache ou de gauche à droite, suivant la situation qu’oecupeüt las restes encore intacts de ce morceau de linge,
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et quand on a fait sortir de la plaie la portion de mèche qui y a séjourné quelque temps, on la retire en la coupant, puis on lait un nœud pour que le séton reste bien en place.
11 va sans dire que, les deux ouvertures d’un séton constituant dans les premiers jours de simples plaies extérieures, il laut panser ces plaies comme une plaie ordinaire, c est-à-dire garnir de cérat la charpie ou les compresses dont on les recouvre. Comme la suppuration qui s écoule d un séton est d’ordinaire beaucoup plus abondante que la suppuration produite par les exutoires extérieurs, il est sage et prudent de placer sur le séton assez de charpie pour pomper et retenir les liquides sécrétés.
Enfin il faut avoir soin que le bandage placé sur un séton ne soit jamais trop serré, car il pourrait entraver la marche nécessaire de cette plaie artificielle.