‹ L'art de soigner les maladesChapitre 24 sur 124 · GANGRÈNE · texte numérisé non relu

GANGRÈNE

3° Enfin, on ne doit jamais ajouter de vinaigre à la pâte du sinapisme, car le vinaigre ôte à la farine de moutarde son action si instantanément excitante.

On met du vinaigre avec la moutarde que 1 on sert sur nos tables, comme assaisonnement, et c’est grâce à ce vinaigre que l’on en peut avaler. — Il n’en faut pas dans les sinapismes , ou l’on n’a plus qu un dérivatif impuissant.

Xi, Des cataplasmes sînapisés et des cataplasmes

laudaniscs.

Comment rentrer de la question des sinapismes dans la question des cataplasmes? Il y a un moyen tout simple, une transition toute naturelle : nous allons dire quelques mots des cataplasmes mélangés avec les sinapismes, de ce qu’on appelle vulgairement les cataplasmes sinapisés.

Tout d’abord, dans quelles proportions doit-on mélanger la moutarde à la farine de graine de lin? en d’autres termes, comment prépare-t-on un cataplasme sinapisé?

On manœuvre premièrement comme s’il s’agissait d un

cataplasme ordinaire : on fait la pâte, on la verse dans le linge, et Ton forme l’encadrement comme nous l’avons décrit, page 56. Après quoi on prend une petite poignée de farine de moutarde, et l’on saupoudre avec cette farine sèche toute la surfaœ dénudée du cataplasme chaud et humide.

Si l’on veut appliquer A nu, ce qui est souvent nécessaire, on place le cataplasme de manière que la farine de moutarde se trouve du côté de la peau; si l’on veut une application entre deux linges, après avoir saupoudré le cataplasme de moutarde, on étend sur la surface saupoudrée une simple gaze préservatrice.

Le cataplasme sinapisé peut rester en place aussi longtemps que le cataplasme ordinaire, car la vapeur onctueuse, l’humidité adoucissante dégagée par la pâte de farine de lin pallie ce que la farine de moutarde pourrait avoir de trop excitant. — feulement il est bon d’observer que le cataplasme sinapisé i>st qu’un très-faible dérivatif.

Quant aux cataplasme laudanisés, on appelle de la sorte les cataplasmes entre v>*x linges sur lesquels on répand un peu de laudanum avant d’en faire l’application. J’ai souligné le mot un peu, parce que j’ai besoin d’en donner l’explication.

Le laudanum est un poison, un poison terrible, peu de personnes l’ignorent; et quand il s’agit de l’employer, on tremble, on a peur, et bien souvent on ne l’emploie qu’à dose inefficace.

Autre chose est de faire prendre un médicament à l’intérieur, ou de l’appliquer à la surface du corps 1 l’absorption du tube intestinal est extrême, tandis que l’absorption de la peau est fort minime. Pour une potion, pour un lavement, on ne doit user du laudanum que par gouttes : de trois à quatre pour une boisson, de quatre à dix-huit pour un lavement; mais sur un cataplasme il ne faut pas crain-

06 ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ

dre d’en mettre plusieurs grammes. On fait des frictions avec le laudanum tout pur, et c’est souvent le seul moyen soulageant dans les douleurs de foie ou de reins déterminées par la présence de certains calculs: donc il ne faut pas craindre d’en arroser largement les cataplasmes, quand le médecin a ordonné des cataplasmes laudanisés...

La prudence est une bonne chose; mais, pour être excellent garde-malade, il faut se garder de la pusillanimité.

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