‹ L'art de soigner les maladesChapitre 43 sur 124 · V. — Glarc cependant aux exagérations · texte numérisé non relu

V. — Glarc cependant aux exagérations

Oh ! je prévois des objections sérieuses, des récrimina tions presque savantes.

On va me dire :

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— Mais, docteur! vous êtes imbu de toutes les erreurs et préjugés delà vieille médecine, autrefois l’on mettait àla diète tous les malades par habitude, par système. Maintenant une foule de médecins ont pris le sage parti de permettre quelques aliments aux clients les plus compromis. La vogue de la diète est passée comme celle des purgatifs exagérés, comme celle des saignées à outrance.

C’est vrai, l’art de guérir a fait depuis un siècle des progiès incontestables. Je ne prétends pas, malgré ce qu’en a écrit le vénérable M. Flourens, que si nous étions sages nous devrions vivre cent vingt et cent trente ans. Mais°je dis que la thérapeutique est devenue rationnelle, que l’art de guérir s’est fort heureusement débarrassé de toutes ces macédoines pharmaceutiques qui eussent été capables de terrasser et d’appauvrir, à tout jamais, les trop débiles constitutions de la génération actuelle.

Cependant je crois que, si nous avons raison, nos pères dans la science n’avaient pas tort. Autre temps, autres

mœurs, dit le proverbe ; autre époque, autre médication.

Nous sommes généralement si chétifs et si faibles, qu’afin de donnera l’organisation d’un malade le ressort necessaire pour lutter avantageusement contre une maladie, il faut le sustenter, le soutenir. Sur dix malades aujourd hui, il y en a trois, quatre, quelquefois cinq, qui sont incapables de supporter la diète.

Au médecin, au médecin seul, il appartient de juger

la Klf.linlmn J O

ermis aux amis du malade, à ceux qui le soignent le gardent elle connaissent depuis longtemps, défaire remarquer au médecin appelé la faiblesse générale du patienl son impressionnabilité, son tempérament lymphatique’ son besoin continuel d’ingérer quelques aliments; mais,’ que e met ecin, renseigné sur toutes ces particularités,

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demande et prescrit la diète quand même, il est urgent de lui obéir ponctuellement.

Le pouls, sans doute, lui a révélé une inflammation intérieure qui couve encore, mais semble prête à faire explosion; l’examen de la tête, de la poitrine et du ventre, lui a fourni de dangereux symptômes. Au nom de la charité, dans l’intérêt du malade que vous soignez, n’ergotez pas, ne commentez plus, obéissez.

Mon Dieu, de deux choses l’une, ou votre malade est bien compromis, ou il ne se trouve que dangereusement menacé. Dans 1 une et 1 autre des hypothèses, le médecin qui l’a visité aujourd’hui reviendra nécessairement le visiter demain. Or, un jour de diète n a jamais tué pei sonne, tandis qu’une alimentation intempestive, déterminant souvent une indigestion inattendue, peut causer en moins de vingt-quatre heures les plus épouvantables dégâts.

J’écris tout spécialement pour les femmes qui, pai commisération ou par ignorance, tentent souvent de désobéir au médecin.

L’une veut faire avaler un bon bouillon à 1 apparence appétissante, sous prétexte que ce liquide nourricier est

capable de ressusciter un mort. 1

L’autre propose un peu de bon vin auquel on mele tres-

peu d’eau et beaucoup de sucre.

Une troisième vante les merveilleux effets d une petite

bouillie de sa façon.

Et trop souvent on laisse faire, et trop souvent, lielas.

on ne tarde point à s’en repentir.

Que de parents faibles et mal renseignés, que de mores ignorantes, ont causé, par des aliments imprudemment accordés, des maladies cruelles et des catastrophes funèbres parmi les pauvres enfants qu’ils chérissaient de tout

leur coeur.

J’ espèce bien que cette pensée rendra docile aux près-

criptions médicales toutes les personnes qui seraient U tirées de n’y obéir qu’à demi.

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