IV. — Du temps qu’il convient de garder un lavement
On distingue en thérapeutique des lavements de genres bien différents; les uns sont adoucissants, adjuvants, rafraîchissants surtout; les autres sont purgatifs et plus ou moins irritants; il en est d’autres, enfin, qui sont spécialement médicamenteux : tels sont les lavements qui contiennent du sulfate de quinine, de la valériane et de l’assa fœlida.
Il est évident que les simples lavements délayants, tout adoucissants, tout rafraîchissants qu’ils sont, sont pris pour cire rendus aussi promptement qu’on en éprouve le besoin, et à ce sujet, je crois devoir combattre le préjugé de certaines personnes, qui prient, supplient même les malades de garder un simple lavement d’eau tiède, d’eau de son ou de décoction de guimauve, pendant au moins un quart d’heure, vingt minutes. Le patient a beau représenter que les crispations intestinales lui défendent une si longue attente, qu’il a pris son lavement pour aller à la garderobe et qu’il se sent sollicité par un pressant besoin :
140 ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ
— Attendez, attendez le plus possible, l’effet n en soi a que plus certain et les résultats plus abondants.
Les malheureux attendent en effet quelquefois, mais souvent alors leur besoin se passe, car le liquide projeté dans l’intestin se trouve pompé par les vaisseaux absorbants, il ne peut donc plus servir à délayer les résidus digestifs et à en faciliter l’évacuation; en d’autres termes,
le but du lavement est manqué.
Oh I je suis de l’avis des commères quand il s’agit de lavements purgatifs, et surtout de lavements médicamenteux. Gardez, attendez, retenez un peu!
11 est évident que si vous injectez dans le gros intestin de l’huile de ricin, une décoction de séné ou toute autre chose analogue, c’est comme si vous mettiez un purgatif dans l’estomac. 11 faut que le malade tâche de retenir ces médicaments assez de temps pour qu ils puissent produire la stimulation purgative.
11 est évident que si vous faites prendre par la partie inférieure du tube digestif un antispasmodique comme l'assa fœtida, ou un antipériodique comme le sulfate d a quinine, c’est dans l’espérance que ces médicaments, s.j trouvant absorbés, pourront produire un certain effet sur l’organisation tout entière. Or 1 absorption d un médira ment ne peut se faire en quelques minutes ; il est donc très-important que le malade puisse le garder assez longtemps. ,
Aussi, en pareille circonstance, il ne suffit point de s en rapporter au courage et à la force des gens, il iaut, et c’est là un point important que je recommande à 1 atten lion de toutes les personnes qui soignent les malades, — il faut qu’un lavement destiné à être gardé pendant un certain temps soit précédé d’un lavement d eau simple, que le malade a soin de rendre tout de suite.