‹ L'art de soigner les maladesChapitre 6 sur 124 · IV. — Qu’est-ce qu’une infusion · texte numérisé non relu

IV. — Qu’est-ce qu’une infusion

l'aire une infusion est une petite opération qui consiste à verser un liquide bouillant sur une substance végétale dont on veut extraire les principes adoucissants ou excitants, acidulés ou aromatiques.

Avez-vous jamais vu faire du thé? Oui, n csl-cc pas' Par la mode d’anglomanie où nous avaient jetés les années du règne dernier, l’usage du thé est devenu si commun en France, qu’il n’est pas de personne qui n’en ait vu

préparer. . .

Eli bien, c’est là le prototype de l’infusion. Quand on vous conseillera une infusion, rappelez-vous la théière et la bouilloire d’eau chaude, remettez dans votre souvenir la théière ouverte, le thé jeté par pincées dans le vase béant, et le petit torrent d’eau bouillante s’engouffrant tout tumanl dans la susdite théière, et vous préparerez votre infusion de cette façon-là

L’infusion a lieu pour les substances odorantes, tendres, susceptibles de donner promptement les principes que 1 on veut en extiaue.

V, Qu’cst-ce qu’une décoction?

La décoction se fait sur le feu, dans un liquide qu’on laisse un certain temps gazouiller, écumer, bouillonner.

Dans la préparation des tisanes, la décoction est necessaire quand on emploie les parties les plus dures, privées de principes volatils, c’est-à-dire de principes qu, s évaporent par la cuisson : tels sont les bois, les racines et certaines feuilles coriaces, qui ne fournissent les sucs qu ils recèlent que dans le travail d’une 6biilhl.cn prolongée.

Infusion ! déeoclion! décoction! infusion! Ces deux mots ayant la même consonnance, papillotent aux yeux de l’intelligence, se mêlent et se confondent souvent dans la mémoire. Il est urgent pourtant de les distinguer.

Voulez-vous une image qui puisse, en quelque sorte, définir et rappeler la petite opération pharmaceutique que 1 on appelle décoction? représentez-vous une bouilloire sur des charbons allumés, une eau qui écume et qui bave :

< avec cette image dans la tête, vous ne serez point exposé à faire tout simplement infuser des racines de guimauve, que le médecin a recommandé de faire bouillir, °et l’on né fera pas bouillir, j’en suis sûr, des fleurs qui ne réclament que 1 infusion.

^I. — Qu’cst-ee qu'une macération?

Si vous m’avez bien compris, vous êtes capable, mainenant de faire une excellente infusion de tilleul, d’une

1 et de 1 aulre< de la très-bonne tisane d’orge ou de riz

Mais il reste une difficulté à éclaircir. Je suppose que Je médecin est venu visiter le malade que vous soignez et que vous entourez de votre sollicitude ; le docteur^ orifL

Jeune son ordonnance, il a tâté le pouls, fait tirer la ïanc, e, et il est sorti en conseillant une macération d’ipécaeuanha, je suppose, ou d’un bois fort amer qu’on appelé quassia amara. 1 I Peil°

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- Ne vous troubles pas, ne récriminez point pour si i eu de chose; une macération, c’est une infusion 1 froid-

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lis lieu, s, les poudres ou les petits morceaux de

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bois ordonnés, dans un pot, dans une caralc, dans un récipient quelconque, et de verser tout simplement dessus l’eau froide de la fontaine. C est bien simple, n est-il pas vrai? Une infusion à froid, de l’eau froide; vous retiendrez bien, je l’espère.

VU, — Du temps et des quantités nécessaires pour préparer les différentes espèces de tisanes.

L’infusion est le mode de préparation le plus expédilii. Supposons que vous ayez à votre disposition de 1 eau bouillante; eh bien, le temps de jeter vos fleurs dans un pot, de verser sur ces fleurs l’eau bouillante, cesl fait! Servez chaud ! c’est une tisane à la minute.

Bien souvent, en préparant une infusion, on a 1 habitude de blanchir les fleurs que l’on veut infuser; pour les plantes amères et résineuses, par exemple pour le tussilage, pour les lichens, etc. , cette préparation est nécessaiie.

On appelle blanchir l’opération qui consiste à jeter sur la plante à infuser une très-petite proportion d eau bouillante. Dès que cette eau bouillante est restée en contact une ou deux minutes, on la verse, on la rejette; elle a pris des plantes les principes trop acerbes, elle a fini son rôle. On jette ensuite une nouvelle eau bouillante sur les plantes ainsi échaudées ou blanchies, et 1 infusion se fait comme pour les fleurs les plus légères, c est-à-dire comme dans les cas où l’opération préparatrice du blanchissage est évidemment inutile.

Quant à la quantité des fleurs nécessaires pour une infusion, on doit procéder par pincée : une bonne pincée pour environ un demi-litre d’eau, deux grosses pincées pour un litre. Je préfère donner ces indications a une évaluation en grammes ou en centigrammes, parce que,

d’une part, on n'a presque jamais une balance sous la main, d’autre part, parce qu’un dosage minutieux est sans aucune importance; un peu plus, un peu moins, peu importe! Il vaut toujours mieux en mettre un peu moins qu’un peu trop, parce qu’on garde la ressource d’ajouter quelques fleurs, si la tisane n’a point assez de goût. C’est absolument comme pour le sel mis au pot-au-feu.

La décoction demande une demi-heure ou deux heures, parfois même davantage. Bien souvent, en effet, le médecin qui la prescrit conseille d’attendre, avant de la retirer du feu, une réduction d’un quart ou d’un tiers du liquide que l’on fait bouillir.

,ja quantité des bois ou racines est presque toujours indiquée dans l’ordonnance. Quand elle ne l’est pas, il est bien inutile de se mettre à l’envers. On fait une décoction oomme on fait la soupe; on juge à peu près de la quantité de racine ou de morceaux de bois nécessaires, comme on sait à première vue la viande et les légumes qu’il faut mettre dans une marmite de telle ou telle capacité.

Enfin, les macérations demandent douze, seize, vinn-tquatre heures, et souvent plusieurs jours entiers. Au reste la dose du médicament à faire macérer, et le temps même necessaire cà cette macération, sont toujours indiqués par le médecin. 1

VISB. — Petites rubriques nécessaires à

connaître.

Chaque métier a ses secrets, ses manières de faire, scs habitudes; chaque opération pharmaceutique ou chirurgicale, si petite qu’elle soit, est entourée d’expressions techniques, de petits moyens inventés par la nécessité et consacres par 1 habitude.

Non-seulement quand, par obligation ou par dévoue-

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ment, on entreprend une besogne, un état, un métier, non-seulement il est bon d’en connaître les petits secrets, mais il est essentiel d’en comprendre le langage. Quand on veut faire le cuisinier, il faut bien savoir ce qu’on appelle un poulet, des rognons ou des pommes de terre sautés.

En conséquence, à l’article tisane je dois mettre mes lecteurs au courant des expressions journellement employées et des moindres détails opératoires.

I£. — Qu’appelle t-on décanter?

Nombre de macérations se préparent avec des morceaux de bois hachés menus, bien souvent même avec des poudres.

Parfois, on recommande d'agiter de temps en temps le vase où s’opère la macération; mais quand la petite opération touche à son terme, quand l'eau froide a extrait tous les principes médicamenteux des plantes mises en macération, on laisse reposer. — Les petits morceaux de bois ou de feuilles, les poudres ou les gommes résineuses sont plus lourdes que l’eau, bien entendu, et tout naturellement ces différentes substances tombent au fond du vase; elles s’y tassent, c’est-à-dire quelles forment à la partie inférieure un plan, une sorte de bâtisse plus ou moins compacte.

Or, décanter, c’est faire couler le plus doucement possible le liquide surnageant sur des plantes déjà macérées.

Certainement, quand on décante en versant avec beaucoup de précaution le liquide contenu dans une carafe où s’est faite une macération, les plantes, les poudres changent de place et quittent le fond du vase pour s étendre et se caser à la partie déclive; mais en agissant avec précau-

lion, celle évolution se fait sans tempête et sans trouble; le point important est de verser avec patience, doucement, doucement, très-doucement enfin.

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