TEMPS FÉODAUX
VERRERIES MENTIONNÉES DANS LES nOC CIMENTS
A mesure que nous nous rapprochons des temps modernes, les documents écrits se multiplient, et leur nombre dépasse de beaucoup celui des verres, qui leur sont contemporains, venus jusqu'à nous, du moins pour ce qui concerne les siècles antérieurs au xv*.
(I) D* Bouquet, t. VI, p. 550
(S) La Voirie Je liossay était sortie des mams des n-tigieui de Saint-Mesniin avant 1301 ; mais ut»c enquête du 25 juin de celte auuée coustate que la tradition disait qu’elle avait fait jadis partie de leurs domaines . (ArcA- du château (U la Rovuelitr* de Fr mut y.)
Afin de mettre le plus de clarté possible dans ce travail , je crois utile de donner le texte ou l'analyse de ces documents, avant de décrire les produits des verreries qu’ils mentionnent.
1. Maillerais. — Un verrier, du nom de Robert (Bobertus, ritrearius ), est mentionné parmi les témoins du don fait, en 1088, à l’abbaye de Maillerais, du domaine de Sauvéré, par Engilbert de Lusignan. (.Vss. de D. Fonteneau, t. xxv, f® 25. — Hist. de Maillczais, par M. l'abbé Lacune, p. 228.)
2. Id. — Le même ouvrier, cité dans une autre charte relative à la même abbaye. (D. Fonteneau , t. xxv, f® 159.)
Le texte de ccs chartes semble indiquer que Robert était de Maillerais ou de ses environs.
3. — La charte suivante ne concerne point le Poitou: mais j'ai cru néanmoins devoir la transcrire ici, en raison des détails qu’elle fournit sur un peintre verrier d’une province voisine de la nôtre :
« De Fulcone pic tort.
» Quidam homo, nomine Fuleo, pictoris arte imbutus, venit in capitulum sancti Albini, ante Girardum abbatem et totuin conventum , et i bi fecit talem rontetttionem. Pinget totum monasterium illorum et quiequid ei preeeperint, et yitreas pen entras fl) faeiet. Et ibi f rater eorum derenit, et insuper homo abbatis liber factus est; et abbas et monaehi unum arpennum r inet dederunl ci in feuum, et unam domum, tali pacto ut in cita sua habeat et post mariera ejus ad sanctum reddeant, nisi talem habnerit filium gui sui patrie artem sciât, et inde sancto Albitto serriat. Huic facto interfuerunt istilaici : Ilaginaldus Grandis, Warinus cellarius, Calrinuf, frater floberti, ITarmttr rillanus, Gualterius Ans, Bainerius Gaudin. »
Cette charte est de la fin du xr siècle ou du commencement du xii*. — (E xt. du cartulaire du prieuré de Gouis, dépendance de Saint-Aubin-d’Àngers, conservé à la section des mss. de la Bibliothèque nationale.) Elle a été publiée par P. Marchegay, dans le Bulletin de la Société industrielle d* Angers, année 1846 , p. 218.
4. La Roche. — Willelmus Giraud et Simon lo Joui , terrarii de Rocha, furent témoins, le jeudi après la Pentecôte (1207), de la fondation, par Ilené de Beaulieu et Maence,sa femme, d’un anniversaire à la chapelle Saint-Pierre de Mareuil. (Copie vidimée du 11 avril 1353 ; ma collection.)
La Roche où était la verrerie mentionnée ici est ou la Roche-sur-Yon ou la Roche- Corbon, voisine de Mareuil.
5. Lia MoutieM. — « L’nirersis Christi fidelibus présentes Ixtteras t nspectnris, J. dccanus Berchonensis, salutem in Domino. Unirersitati restre nutum facimus quod
(I) Il doit s'agir id de verrières peintes, dont l'usage est fort ancien, puisqu'il en e-st question dans TlttscripUoo de l'église «levée àLjon par saint Paüens.qui non* a été conservée par Sidoine Apollinaire, \ Kpbt.it, x.)
Guillelmus Gaudin, vitrerius vitrerie Monastcriorum , in presentia nostra, dédit Deo et ecelesic et conventui Béate Marie de Absia, in purarn et perpétuant eleemosgnam, pro salute anime sue et patrie rjus parentum que suorum, par/em s nam de Prato Gaudin i, silo in parrochia Capellc . Et ut dicta donatio /irma et stabihs in posterum persevcret, nos, de pétitions et mendato dicti Guillelmi Gaudin , présents * litteras concessimus sigi llatas sigillo nostro et sigillo contentas Béate Marie de Absia in testimonium reritatis. Actum est hoc anno gracie M° CC° XL° IX*, tncnse octobris. (M ss. de J. Besly, dans ceux de Duchesnc.)
La verrerie des Moutiers, donl il est question dans celte charte , était située dans la paroisse des Moutiers , canton d'Argenton-Châleau (Deux -Sèvres). Le lieu nommé la Chapelle est la Chapelle-Gaudin . paroisse voisine des Moutiers. Le nom de Gaudin, porté par le verrier en question, ferait supposer qu’il appartenait à la famille des anciens seigneurs de la Chapelle, qui avaient dénommé cette localité.
6. Meuvent. — André Basgc, dit Calot, verrier, demeurant à Aulnay, dans la forêt de de Mervent, fut témoin, dans une enquête faite, en 1331 , pour constater les droits de Jean de Parthenay l’Archevesque sur les habitants de ce village, en sa qualité de seigneur do Voûtent et Mervent. (Pap. de la famille Brunet.)
Le lieu oii était la fabrique se nomme encore le Triage des Verreries. On y voit les restes des fours et des maisons d’habitation. Un peu plus loin, sont les vestiges de la verrerie romaine, dont il a été question à la page 187.
7. Le Parc de Moucuamf. — Mention de la leyrrer te du Parc de Mouchamp (Vendée) se trouve dans une charte de Guillaume l’Archevesque, seigneur de Parthenay cl dudit lieu de Mouchamp, en date d’avril 1292. (Charte de ma collection de doc. hisl. sur le Poitou.)
Voici maintenant des lettres de Charles VI , qui concernent la même verrerie :
« Charles, par la grâce de Dieu, roy de France , au bailli de Touraine et des ressorts et exemptions d’Anjou, du Maine et de Poictou, ou à son lieutenant, salut. Receu avons l'humble supplication de. Philippon Bertrand, mnistre.de la verrerie du Parc de Moulchamp , pour luy et pour les autres terriers dudict lieu, ses alloues, contenant que, combien que tous terriers soient et doient estre, à cause dudict mestier de verrier, de toute ancienneté, tenus et repûtes pour nobles personnes; car, d cause de la noblesse dudict mestier, aucun ne puet et ne doit estre receu d icelui mestier s’il n’est nés et extraict, de par son père, d'autres verriers , et que lediet suppliant et sesdicts alloués, qui sont terriers nés et extraits, de par leurs pères, d’autres verriers, à cause dudict mestier, soient et doient estre tenus et repûtes pour nobles, et parce, doient joir et user de tous les droicts, franchises, libertés et privilèges des quels usent et joyssent et ont accoustusmé de joyr et user les autres nobles du pays, et d cause de ce doient estre francs, quittes et exempts de toutes tailles et fouages, sans ce que auxdictes tailles et fouages aucun les y puisse ne doie de raison mettre ne imposer aeecques les non nobles dudict pais ; mesmement que les autre; terrier;
d'icclui pays, à cause et pour raison d’icelui mestier de terrier, sont tenus et gardes paisiblement et sans contradiction es franchises, libertés, droits et privilèges dessus déchirés. Néanmoins aucuns hayneux et malveillants d'icelui suppliant et de sesdicts alloués verriers, ou autrement contre raison , se sont, depuis certain temps en ca, efforciez et s'efforcent de jour en jour de les mettre et imposer , avec les non nobles dudict pays, aux tailles et fouages ayant cours en icelui pais, gui est contre raison des droicls. privilèges et franchises et libertés dessus dicts, et on grant grief , préjudice et domaige dudict suppliant et de sesdicts alloués, et plus pourrait eslrc, se par nous ne leur estait sur ce pourreu de renie de de justice, si corne dict icelui suppliant, roqueront sur ce notre provision. Pour quoy nous , ces choses considérées, tous «ia«dons et, pour ce que vous estes, si comme l'on dit, noire plus prochain juge des parties et lieux, comédons que, s’il rouy appert des choses dessus dictes , vous ledici suppliant et sesdicts alloués verriers ne seuffrez estre mis ne impose: avecques les «on nobles aux tailles et fouages aiant cours ondict pays, ains les en tenez ou faictes tenir francs, quittes et exempts, en les faisant, seuffrant, laissant joir cl user paisiblement de tontes les franchises, libériez, droiz et privilèges dont usent et jotsseni et ont accoustumé de joir et user les autres verriers d'icelui pays, sans les seuffrir estre molestez ne empesches en aucune manière à ce contraire. Et, en cas d'opposition, faictes aux parties, icelles oyes, bon et brief accomplissement de justice. Car ainsi nous plaist-il estre faict , et au dict suppliant Parons octroyé et octroyons, de grâce especiale, par ces présentes , non obstant quelconques lettres subreptices impetrées ou à impetrer à ce contraires. Vaudous à tous nos justiciers, officiers et subjes que à vous et d vos comis et députés en cette partie, obbeissent et entendent diligemment. Donné fi Paris le ringt-quatrieme jour de janvier l’an de grâce mil trois ccnt quatre-vingt-dix-neuf, et de nostre régné le vingtième. Ainsi signé , par le roy, à nostre relation. Dominique. »
H. — Pierre Musset, voiricr à Fontenay-lc-Comtc (ce notait qu'un simple débitant des produits d’une fabrique du pays), rendit à M w de Richemond, en juin 1435, quatrevingts fioles et douze aiguières, et relit, moyennant dix royaux d’or, les verrières du ch&tcau de Parlhenav. (Comptes de la châtellenie de Fontenay pour l'année 1435. — Mss. de la Bibliothèque nationale; supplément français, n° 1143.)
Ce même Pierre Musset est mentionné dans un acte passé à Fontenay, le 12 mai 1431, qui est relatif à rarrenteinent d’une muison sise au Puy-Saint-Martin. (Doc. de ma collection.) Il alla, en 1442, s'établir au Bichat, paroisse d’Arehigné, non loin de Chauvigny, comme on le voit à l’article suivant.
9. Bichat (commune d’Archigné, arrondissement de ChAtolleranlt). — Bail à rente consenti, le 15 juillet 1442. par Floridas Luuart, écuyer, seigneur de Marsigeau, à Colin Bonjeu, Pierre Musset et Catherine Chauvigne, verriers, de la verrerie du Bichat, paroisse d’Archigné.
Autre bail du tiers de la verrerie du Bichat consenti . le 8 janvier 1464. par Perrette des Mo thés, veuve de Floridas I.unart, A Colin Bonjeu , verrier, moyennant un devoir annuel de 66 sous 8 deniers tournois. (Archives de M. le duc Bescars.)
10. La Boilech (commune de Vaux, canton de Couhi, Vienne). — Mention de Colin Ferré, verrier, demeurant à la verrerie de la Bouleur, dans une transaction intervenue, le 12 septembre 1445, entre divers membres de la même famille, au sujet de l’achat d’un terrain. (Archives de la famille Ferré. — Document signalé par M. Beauchet-Filleau.)
11. La Roche-sur-Yon. — ■ René, par la grâce de Dieu, roy de Jherusalcm et de Sicille, duc d'Anjou, per de France , duc de Bar, comte de Prouvence, de F orcalquier et de Piment, à nos ame's et féttulx consei Hiers les gens de nostre Chambre des Comptes d Angicrs, aux cappitaine, seneschal, ad coca t, procureur, receveur et autres nos officiers de nostre tille et ckastellcnie Je la Rochc-sur-Oyon, et « leurs lieutenant et ekascun deulx , si comme à lui appartiendra, présent et avenir, salut et direction. Savoir tout faisons que nos bien âmes Lucas Rillct, Jehan Bertran et Pierre Mai y net, demourans en nostre forest dudit lieu de la Roche-sur-Oyon , nous ont exposé que, combien que de leur temps ils aient tousjours acoustumé prendre boys en nostre dicte forest necessaire pour leur outraiye de verrerie, on lieu le moins dotnmaiyeable , d leur pouvoir, pour nostre dicte forest, sans ce qu'ils en aient esté aprehendes d'aucuns nos officiers, en paiant les drois et devoirs des rentes acoustumées; toutes foix, depuis aucun temps , que pour le bien de nostre dicte forest ils ne osassent plus prendre ne coupper boys en icelle en nulle façon quelconque, pour le fait de la dicte verrerie, laquelle ehose leur est à très grant préjudice et dommaige, et quasi leur totalle destruction, en tant qu'ils ne pourraient plus besoingner ne ouvrer en icelle verrerie, noue requérant humblement leur pourveoir sur ce de remede convenable. Par quoy nous, ers choses considérées , qui ne voulons la destruction des dits verriers, considérant la gentillesse et noblesse qui est en l'ouvrage de verrerie, et que aussi c'est le bien du pays et de la chose publique, pour ces causes et autres à ce noue mourons, avons donné et octroié, donnons et octroions par ces présentes, de grâce espécial, aux dessus dits Lucas Rillet, Jehan Bertran et Pierre Maigret, et à chascun d'eux et à leurs hers et successeurs et aient cause d'eux, conyié et licence qu'ils puissent encore tenir et exercer ladicte verrerie en nostre forest, prendra et coupper boys en icelle, ainsi qu’ils ont fait le temps passé, ou lieu le moins dommaigeable pour nostre dicte forest et ainsi qu’il leur sera monstre par les officiers (Ficelle, jusqu es et par l'espace de trente ans, à compter du jour et datte de ces présentes, ou autrement jusques d nostre bon plaisir, en paiant les drois et devoirs des dictes rentes, comme ils ont acoustumé. Si vous mandons et à chascun de vous, si comme â lui appartiendra, expressément enjoiynons, par ces dictes présentes, que de nostre présent don et octroys faictes souffres et laisses les dessus dits verriers et chascun d’eulx et leurs successeurs joir et user, durant ledit terme ou autrement, jusques d nostre bon plaisir, comme dit
est, piaulement et paisiblement , sans en ce leur donner ou souffrir estre fait . nus ou donné auscun arrest, destourbier ou empesckement du contraire, durant ledit terme de trente ans , pourveu toutes fois qu’ils seront tenus paier , par chascun an, le droit et devoir des dictes ventes, comme dit est. Car ainxi nous plaist-il et voulons estre fait, nonobstant les coustumes et usances de nostre dicte forest et quelconques autres choses à ce contraires. Donné ci Beaulieu les Belletille, le ix* jour de novembre, l'an de grâce mil cccc cinquante et six. René.
» Par le roy : Jehan du Plesseys, dit le Bègue, cappitaine dudit lieu de la Roche; maistre Loys de la Croix, procureur d'Anjou; Jehan Breslay, maistre des requestes dudit seigneur , présens (1). J. Alardeau. »
12. Courlac (lien indéterminé). — « Item le 2 B jour de septembre 1463, bailla led. receveur à Jandet Bourreau x deners, pour payer ung panier à la voyrric de Courlac, onquel il porta à madame, à Poictiers, quatre douanes de voyres et sept acueres que Musset, maistre de lad. voyrrie, envoya â madame, sur ce qu'il luy puet devoir pour raison des fougères, qu'il avoit fait cueillir environ Vasles, en la terre de madame. » (Comptes de la seigneurie de Vasles; Archives de la Vienne.)
13. La Ferrière (nrrond. de Parlhenay). — « Acliaplé ung paumer pour porter à l'abbe&se de Sainte-Croix, à Poictiers, six douzaines de voyrresetune douzaine de acuéres, que devoyent les voyrrés de la Ferrière à mad. dame, pour avoir cucillé des fougères en sa terre de Vasles, xti d. » 1466. (Compte de recette et dépense de la seigneurie de Vasles, abbaye de Sainte-Croix ; Arch. de la Vienne.)
14. La Puyï (arrond. de Chàtellerault). — « Recopie de gros verre. De Philippon et Jehan Boyssière, verroiers, lesqueulx tiennent la verrerie de mond. $ r (l’évéque de Poitiers), assise en la fourest de Gastine, à dix livres de rente, xxim xii** de gallées garnies d'aigueres, et lxiiii I. de gros verre aussi de rente par chascun an. » 1468. (Compte de recette et dépense de la baronnie de Chauvigny. Evêché de Poitiers. /</.)
François Galliot, écuyer, seigneur de Vangueillc, dirigeait à la verrerie de la Puye en 1562. (Seigneurie de Touffon : Marsigeau. Id.)
15. Le Rorteau {commune de Dompierre, arrond. de Napoléon-Vendée). — « Arrentemenl d’un terrain, situé dans le bois du Rorteau, consenti, le 19 mai 1486, par Guy on de Rezé, seigneur de la Merlatière, à Jacques Bertrand, seigneur de la Yrignonnière, et à Jean Bertrand, son frère, pour y construire une verrerie, moyennant soixante sols tournois de cens et devoir noble, et un certain nombre de verres, aiguières et godofles, « pour mettre l'eau d distiller d lachambre. » (Document communiqué par.M. Gourraud, ancien notaire à Chavagnes-en-Paillers.)
La verrerie du Rorteau était exploitée, en 1696, par Jeanne Racquet, veuve de
(I) O document a été publié par M. P. Marcbegay dans l'.innuatre de ta Société d'emulaU-m <U la Vendee. vol. de 1H37, p. 210.
Frédéric de Roussy, écuyer. (Antre document communiqué par M. Gourraud.) Les Roussy restèrent verriers en ce lieu jusqu'à la Révolution.
Les godofles ou guédoufles, mentionnés plus hant, étaient des vases bibursiîormes, destinés soit à contenir l'huile et le vinaigre, soit à filtrer les liquides, lorsque leurs deux parties communiquaient entre elles par un petit tube. (PI. des Verreries poitevines n° 16.) Il en est question dans le chapitre xvi, liv, 11 du Pantagruel de Rabelais.
Quoique les Poitevins eussent à leur disposition les produits de cos nombreuses fabriques, cela ne les empêchait pas d’avoir de temps en temps recours à ceux des verreries renommées des autres parties de la France. C’est ainsi que nous voyons Guillaume de Chnrpaignes, évêque de Poitiers, représenté par Jean Rousseau, son fondé de pouvoir; charger, le 9 février 1444 (45), Denis Lasne, verrier de Bourges, de garnir de vitres blanches les fenêtres de la grande salle de son évêché (1), et demander à Jaquin de Besinghetl, demeurant à Boulogne, et à Jean Le Pelletier, de Paris, d’autres vitres pour sa chapelle particulière (2). Le bon évêque s’adressait aux meilleures manufactures du royaume. Celle de Bourges était célèbre entre toutes pour Pcxccllence de sa vitrerie. Voici ce qu’en dit Jonatbas Petit dans Y Antihermaphrodite (3) : « L’injustice que fit le procès de Jacques Cœur fut cause, que nous avons perdu le beau secret du terre clair, qui résisté aux rayons du soleil, sans empescher la clarté, dont le beau temple de Saint-Esticnne de Bourges et le riche logis du dict Jacques Cœur, maintenant possédé par le sieur de l'Aubespine, sont de fidèles tesmoings • Les verres de Boulogne, où la fabrication datait de l’époque romaine, étaient célèbres, à la lin du xv* siècle, jusqu’en Italie, puisque le Songe de Polyphile en fait mention, à propos de la description d'un édifice où étaient accumulées toutes les merveilles naturelles, artistiques et industrielles du monde, a Entre deux piliers y avait une fenestre vitrée de lames de Bologne en France (4). » Quant aux fabriques de Paris, je n'ai aucun renseignement snr elles antérieur à Louis XI ; mais il doit en exister au fond de quelques archives.