‹ L'art de terre chez les PoitevinsChapitre 46 sur 57 · PÉRIODE MÉROVINGIENNE · texte numérisé non relu

PÉRIODE MÉROVINGIENNE

La fabrication du verre, comme toutes les autres industries, perdit beaucoup de son activité à partir de la seconde moitié du iv" siècle. Elle semble pourtant s'ôlre relevée au vi" et au vu" , car les cimetières mérovingiens du Poitou renferment une certaine quantité de vas es , dont quelques-uns accusent même une assez grande habileté chez les ouvriers qui les ont faits. Le plus remarquable est la coupe gravée au n° 12 de la planche. Elle est de couleur vert foncé transparent, avec filets et dentelures jaune intense. Le nom d’EvrvcHiA , inscrit en relief sur la panse, est formé de baguettes d’émail blanc appliquées après coup (1) ; diamètre : 0" 087 ; hauteur : 0™ 065. Le cercueil oïl cette coupe avait été déposée contenait aussi un flacon bleu de 0" 06 de hauteur ; — une bouteille de verre blanc très léger, avec filet rouge pèle enroulé autour du col; hauteur: 0* 14; — un plat de verre jaune pâle, avec filet en relief de même couleur, formant dentelures autour de la hase; diamètre: 0® 21 ; — un plat plus petit, de même forme et matière, mais sans dentelures; diamètre: 0® 08; — et un flacon de verre blanc uni. Ces divers objets ont été trouvés, en 1862, à Grues (Vendée), bourg voisin de l’Océan, situé dans une ancienne île, appelée jadis 6Vaciw<î,qui fut la patrie du comte Leudaste, l’ennemi personnel de Grégoire de Tours. La sépulture qui les renfermait était celle d’une femme, enterrée avec tous ses bijoux. J'ai donné la description et la gravure de divers objets composant cette importante découverte dans Poitou et Vendée , article de Grues , pp. 4-10. Selon toute probabilité, ils datent en général de la seconde moitié du vi* siècle.

Les autres points de la province qui ont fourni des verres mérovingiens sont Poitiers, Lusignan, J avarzay. près de Chcf-Boutonne , Rrioux, Fontenay et Rczé. Ce sont, pour

(1) O nom d'Eutucliia fui assez commun en Gaule au* époques romaine et mérovingienne. C'élait celui de la more do saint Taurin. Une bague do mariage en or du siècle, (routée près d'Angers, porte, gravé sur son chaton de cornaline : avuco. — Kvtvxia*.

Une dame de Saiiil-Poinnaiu, eu Poitou, qui virait au xiir siècle, avait reçu au baptême cc même nom porté encore au xvi* siècle par une habitante de Luçon, qui avait fait mettre sur la cheminée de sa demeure celte inscription fort significative :

£> t venir, covaïuv.

VOt. VOTAS t VT venir. COMU. 15815.

copiée évidemment sur celle d'une cheminée de Du Cerceau.

la plupart, dos coupes ou vases à boire, et des flacons de formes variées. Le n° 13 de la planche représente l'un de ces vases venant de Brioux. Le verre en est verdâtre et grossier. Quelques perles d'émail bleu , trouvées à Sain t-Maîxent , m’ont également semblé de cette époque ; car elles ont les plus grands rapports de ressemblance avec celles que M. l’abbé Cochet a recueillies dans les sépultures franques de lu Normandie.

PÉRIODE CAltLOV INDIENNE

Il faut croire que les verreries poitevines furent bien peu actives sous les Carlovingiens, puisqu’il y a pénurie presque absolue de leurs produits. Pour mon compte, je ne connais que les débris d’une aiguière, découverte dans un cercueil de pierre à Mervent, qu’on puisse attribuer avec certitude au ix p siècle. (PI. des Verreries poitevines n“ 14.) La hauteur de cette aiguière intacte était de O" 1 195. Son verre est blanc, mince et assez transparent, mais rempli de petits bouillons. Trois filets, appliqués après coup, entourent la panse. Les rangées de perles, qui servent à la décoration de la partie supérieure, ont été fixées par le même procédé.

Mais, si les monuments font défaut, les documents écrits commencent à nous venir en aide. Un diplôme de l’an 825, donné par Louis le Débonnaire, à Aix-la-Chapelle, en faveur de l’abbaye de Sainl-Mesmin , près d’Orléans , mentionne un lieu appelé le Port de la Verrerie, sur la rivière du Tenu, dans le pays d’Herbauges (Port us Viiraritt . in pago Hcrbadilteo , super fîutium Tannaeum (J), port qui occupait peut-être l’emplacement actuel du bourg de Sainl-Mesme (canton de Machecoul), propriété des moines de Saint-Mesmin , comme le suppose M. Mourain de Sourdevai dans un mémoire manuscrit que j’ai en ce moment sous les yeux.

J’avais songé, de mon côté, à la Voirie en Frossay, autre domaine du monastère de Sainl-Mesmin, situé non loin du point de jonction du Tenu et de la Loire (2).

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