LIEUX DE FABRICATION
poteries noiGEs. — On n’a rencontré, jusqu’ici, qu’en haut Poitou des vestiges de fabriques de poteries rouges. Je crois cependant qu’il en a été fait dans les autrse parties de la province ; car les noms de potiers, inscrits sur les vases découverts dans les régions voisines du Clin cl de la Vienne, ne sont presque jamais les mêmes que ceux qui nous viennent de la portion du territoire située entre le Thouet, la Sèvre-Niortaise et la mer. Les points, qui ont possédé des manufactures, dont l’emplacement a été reconnu, sont : Vouillé (Vienne), oû M. Laurenceau, ancien député au Corps législatif, a recueilli une foule d'objet* intéressants et quelques vases entiers, et Béruges, autre localité du même département, placée à peu de distance de la précédente. Le voisinage de Poitiers a dû donner û ces fabriques une certaine importance. La découverte de celle de Béruges est duc A M. Meillet, qui a également constaté, sur les lieux, la présence de dépôts considérables d’argile marneuse de lias, dont on s’est servi dans toute la f.aule pour fabriquer la poterie rouge. Il en a trouvé aussi à Mézaux.
L'analyse qu’a fai J M. Mcillet «le «-s diverses argiles , dont il a réuni un très grand nombre d’échantillons, lui a démontré que les potiers romano-paulois les avaient employées dans leurs ateliers de fabrication. Le mémo chimiste a constaté, en outre, l'existence, dans le sol de Bérugcs. d’une terre propre à produire les glaçures, si minces qui couvrent extérieurement ces poteries, et qu’on n’eût pu obtenir avec des vernis pulvérulents. Afin de si» rendre un compte exact des procédés, il a fabriqué lui-méme un certain nombre de vases avec ces matières premières, et est arrivé aux résultats les plus satisfaisants. J’y reviendrai dans le dernier chapitre.
fours s imiter ils COMMUNES et Tüu.ERiRS. — M. Grellier du Fougeroux a trouvé, de son cAlé, les ruines d’une manufacture de poteries communes A Braignart, près de Saint- Martin-l’Ars (Vendée), découverte qu’il a bien voulu me signaler. Le 7 septembre 18f>3, il nous conduisait, MM. Bngast-Matifeux. A. de Montaiglon, O. de Roclicbrune et moi, sur le terrain, qui est jonché d’une couche de débris de fragments de vases, de tuiles et de briques f d’environ on mètre d’épaisseur, sur une étendue de près d’un hectare. La distribution du travail, dans ce grand atelier, était encore facile A reconnaître. A l’extrémité ouest de ('établissement se faisait la poterie de cuisine : plus loin, les amphores; A l’autre bout, situé A l’est, se fabriquaient des briques carrées, d’autres en forme de parallélogrammes, d’autres enfin, en très-grande quantité, destinées à faire des fûts de colonnes ou de piliers. Tantét deux de celles-ci suffisaient pour former une assise ronde; tantôt il en fallait quatre. Le versant du coteau, sur lequel s'élevaient les séchoirs, construits en bois (puisque nous n’avons pas rencontré de traces de murs), étant tourné vers le midi, l'exposition était des plus favorables. Les fours étaient A l’ouest et engagés en terre. Une fouille, bien dirigée, permettrait d’en reconnaître la forme et l’économie intérieure. Un petit ruisseau coule au bas, et la terre employée par les potiers glt dans le champ voisin . où la culture a fait récemment disparaître les anciennes fosses.
A quelque distance de IA, toujours sur le territoire de la commune de Saint-Martin l’Ara, sont les ruines d'une grande exploitation agricole, ort nous avons trouvé, il y a déjà bien des années, de nombreuses bases de piliers ronds, formés avec les briques de Braignart.
Deux autres fabriques de même nature ont été découvertes par M. Dugast-Matifcux près de la Templcrie, sur l’ancien chemin de Saint-Georges de Montaigu à Benaston. Le sol de ce quartier étant demeuré longtemps en friche, l'emplacement des fosses où se tirait la terre est très visible. Quelques maisons du village voisin ont encore, sur leur faîtage, des tuiles à rebords provenant de là, et, pendant longtemps, les chemins du pays ont été pavés avec les briques qu’on venait y chercher par charretées.
L’existence à Trixay (Vendée) d’un quatrième four à tuiles et à briques m’a été signalée par M. Hannaël Joussaume, propriétaire de l’ancieune abbaye du lieu, établie, comme tant d’autres, sur un point romano-gaulois. Celui-ci, d'une conservation parfaite, est
aussi expose au midi, et engagé dans un coteau très rapide, descendant à la rivière du Lay . La gravure que j’en donne dispense d'une description plus détaillée.
Il rappelle exactement celui découvert, en 1859. par M. Fortuné Parenteau, à la Roche du Teil, à quelques kilomètres de Redon, dont il m’a communiqué le plan, qui m’a permis de compléter celui du four de Trixay,
On m'a parlé, de plus, de restes d’une poterie antique, visibles à Heur de terre . dans la commune de Yen an. nui It : mais j’ui négligé, jusqu’ici, de vérifier le fait.
POTIERS ROMANO-C.AULOIS
Touvre ce paragraphe par la liste des noms de potiers, que portent les vaisseaux de terre trouvés sur le territoire des Piclons. Quelques-uns do ces noms ont peut-être été altérés en les transcrivant; ce dont je ne puis répondre, la plupart n’avant pas été tclevé-s par moi. Commençons par Poitiers (Vienne).
POITIERS ( Limonum ) .
Quand on n’aurait pas d’autres preuves de la haute antiquité de Poitiers et de son importance, depuis au moins trente siècles, quo la masse de débris enfouis dans son sol, il serait impossible de les méconnaître. Pour peu qu'on y fasse une tranchée peu profonde, les débris romains surgissent de toute part. Si l’on creuse plus avant, ceux de la période celtique se montrent à leur tour. Plus bas encore, reposent les vestiges des premiers Ages
du monde. Peu de Tilles de l’Ouest ont fourni, par exemple, autant de noms de potiers romano-gaulois.
abiilio fe.