L'art de tromper, d'intimider et de corrompre l'électeur
Je dédie cet ouvrage au peuple français, à la classe dirigeante d'aT^ord que la peur et l'inertie ont rendue une classe dormante, puis aux ouvriers des villes et des campagnes, qui, trompés par des 'bergers hypocrites, donnent leur confiance à des candidats qui Içur promettent le hien-être matériel, et qui, une fois nommés, ne travaillent qu'à la confection de lois tyranniques et antireligieuses.
Les anticléricaux disent bien haut qu'à chaque consultation nationale le peuple ratifie leurs décisions législatives. Rien n' est plus faux . Le peuple n'est pas l'ennemi de la religion. Des faits irréfutables le prouvent. Mais il est trom,pé par la mauvaise presse, les manuels scolaires et les meneurs anticléricaux , qui lui font croire qu'il serait victime de la misère la plus affreuse s'il nommait des députés libéraux. Là où le peuple est trop droit ou trop religieux pour adopter sa politique sectaire, l'anticléricalisme recourt à V intimidation pour capter les suffrages des faibles et à la fraude pour changer les bulletins de ses adversaires. Il ne peut pratiquer celle-ci qu'autant qu'il est le maître du bureau de vote ou de la mairie. Aussi cherche-t-il par tous les moyens à s'emparer de l'un ou de l'autre. Comme les mu7iicipalités ont la mission de surveiller les élections, il a dirigé ses efforts vers la conquête de celles-ci. Dès qu'il les eut acquises, il commença aussitôt la persécution religieuse, siir qu'il était de fabriquer à l'avenir les élections législatives et séiiatoriales au moyen de la fraude en possédant les urnes, par ses meneurs et sa presse en trompant les esprits.
Voilà comment se conduisent à l'égard du peuple ces prétendus démocrates anticléricaux, qui proclament avec tant d'émotion leur amour pour lui! Un père ne serait-il pas indigne de son titre, s'il abusait de la confiance de ses enfants? Ne se croirait-il pas déshonoré à ses propres yeux, s'il avait la lâcheté de tromper ceux quil a le devoir de guider?
Tel est le cas des anticléricaux. Ils se sont emparés du pouvoir par la tmse et la violence. Ils se servent de la puissance qui leur a été conférée pour détruire la religion catholique, combattre la vérité et pervertir les cœurs. En vérité, on se demande quel intérêt ils 'peuvent avoir à cela? Quelle satisfaction peut donc leur procurer la démoralisation et la déchristianisation du peuple français ?
J'ai recueilli des documents partout où feu ai trouvé. Que les anticléricaux dont je citerai les paroles ou les actes soient persuadés qu'à leur égard je 7ie professe aucu7ie mésestime. En tant qu'hommes politiques, leurs paroles et leurs actes tombent dans le domaine public. Tout citoyen a le droit de les apprécier en pleine liberté. Il est surtout autorisé à le faire, quand V intérêt supérieur de la patrie est en jeu. Mais je respecte leurs personnes et n'ai qu'uyi désir, c'est qu'ils reconnaissent leurs erreurs et recherchent les intérêts de la France au lieu de prendre exclusivement ceux de la franc-maçonnerie.
Cepeyidant je ne pids oublier qu'ils travaillent à la destruction de la foi et de la morale. Ne se flattent -ils pas de lutter ouvertement contre Dieu? Quand il s'agit d'intérêts aussi graves que ceux qui sont en cause, le devoir de tout catholique français est de leur barrer la route, coûte que coûte. Ce devoir , je l'ai rempli sans faiblesse. Que tous les amis de l'Église en fassent autant. Qu'ils réforment la mentalité populaire en éclairant leurs concitoyens par une propagande inlassable de la vérité, au moyen soit de la presse, soit de la parole.
Enfin, qu'ils s'unissent fortement sous la direction des évêques ; qu'ils s'efforcent de conquérir les municipalités, la Chambre et le Sénat, et avant dix ans l' anticléricalisme sera vaincu en France.
Charles MARCAULT.