‹ L'art de tromper, d'intimider et de corrompre l'électeurChapitre 44 sur 79 · UN APPEL DES SÉNATEURS D'INDRE-ET-LOIRE · texte numérisé non relu

UN APPEL DES SÉNATEURS D'INDRE-ET-LOIRE

(( Électeurs !

(( Fiers et forts tout à la fois de l'éclatante victoire républicaine remportée sur nos noms, le 7 janvier dernier, nous faisons un chaleureux et pressant appel au suffrage universel, pour le supplier de la ratifier d'une façon plus éclatante encore, le 6 mai prochain, de la sanctionner à nouveau, de la rendre décisive, et de doter enfin notre département d'une représentation politique homogène, animée d'un même esprit de dévouement aux intérêts particuliers de notre Touraine, comme aux intérêts généraux de la République et du pays entier.

(( L'heure est grave, c'est la lutte finale contre la réaction aux abois et la démocratie triomphante.

ce Or, nous voulons croire que tous les républicains dignes de ce nom, modérés, radicaux ou socialistes, confiants en notre parole, ne voudront ne laisser en suspens, — ajournées peut-être à tout jamais, — toutes les réformes fiscales, administratives, économiques ou sociales que le pays attend encore, ni surtout laisser remettre en question toutes les conquêtes de ces trentecinq dernières années :

a Liberté de la presse, liberté de réunion et d' association ; réduction à deux ans et égalité pour tous du service m,ilitaire ; assistance obligatoire aux vieillards ; gratuité et laïcisation de toutes nos écoles; enfin toute Vœuvre de la laïcité que vient de couronner la grande loi de la séparation des Églises et de VÉtat, loi libératrice de la conscience humaine,

(( Aussi, entre ceux qui persistent à nier, contre toute évidence, que la République, appuyée sur une alliée fidèle et de précieuses amitiés, a fait la France plus grande, plus forte et plus respectée que jamais; entre ceux-là et ceux (jui rendent hommage à sa politique extérieure ;

(( Entre ceux également qui dénigrent toute l'œuvre républicaine et critiquent sans plus de raison sa politique intérieure, grâce à laquelle cependant notre pays a pu jouir de trente-cinq anï< de paix et de tranquillité ; entre ceux-là et ceux qui la défendent ;

a Entre ceux enfin qui déclarent vouloir continuer à prendre le mot d'ordre au Vatican et subordonner l'application d'une loi française à la volonté du pape, cette autorité étrangère ; entre ceux-là et ceux qui veulent au contraire affranchir à jamais notre pays du joug romain,

(( Nulle hésitation n'est possible !

« Électeurs républicains ! Électeurs français ! vous voterez pour MM. Leffet, Chautemps, René Besnard et Foy.

« Vive la République I

(( Belle, sénateur, président du conseil général.

(( Bidault, sénateur, maire de Bléré, conseiller général.

(( Pic-Paris, sénateur, maire de Tours. »

L'anticléricalisme parle beaucoup d'affranchissement, on le voit. De fait, il a affranchi le peuple français de sa souveraineté constitutionnelle en votant des lois sans son autorisation et en les appliquant contre sa volonté. Il n'a libéré les Français que de leurs droits politiques et s'est affranchi des devoirs de soumission et de déférence que la forme constitutionnelle lui imposait à l'égard du peuple, seul maître dans la nation.

Il a affranchi aussi sa conscience du respect de la propriété et de l'honnêteté en volant les biens des congréganistes , et en libérant le portefeuille de l'Église de ses fondations. Cet affranchissement est cher aux anticléricaux, on le comprend facilement. Il leur rapporte des bénéfices si faciles 1 II a procuré une belle fortune aux liquidateurs et à leurs complices.

Voyant le succès du candidat blocard compromis dans la première circonscription de Tours, en 1910, les sénateurs et députés d'Indre-et-Loire le recommandèrent à la sympathie des électeurs, en faisant paraître le manifeste suivant :

c( AUX RÉPUBLICAINS DE LA PREMIÈRE CIRCONSCRIPTION

(( Citoyens,

ce Une lutte ardente est engagée dans la première circonscription de Tours entre les réactionnaires et les républicains.

(( Jamais le problème posé aux électeurs ne fut plus net et plus précis : d'un côté, toutes les forces du cléricalisme et de la conservation sociale se groupant autour du candidat progressiste ; de l'autre , le bloc des républicains résolus à défendre l'œuvre de laïcité et à poursuivre la réalisation d'un idéal de justice et de progrès social.

a Dans cette bataille des idées, qui met en présence l'esprit romain et l'esprit laïque, le passé et l'avenir, la victoire sera aux républicains s'ils savent accomplir leur devoir de discipline et d'union.

« Il appartient aux sénateurs et députés républicains du département de prendre leur place aux côtés du candidat de la démocratie, et de montrer aux électeurs qu'ils sont tous unis, quelle que soit leur nuance personnelle, dans un même amour de la République démocratique.

(( C'est pourquoi nous adressons un chaleureux appel à tous les républicains radicaux et socialistes, pour signifier à la réaction un congé définitif et affirmer sur le nom du citoyen René BESNARD, député sortant, leur inébranlable attachement à la République laïque, démocratique et sociale.

« Belle,|Bidault, Pic-Paris, « Sénateurs. y>

d A. Chautemps, Emile Faure, docteur Foucher, (( Députés. »

Pauvre peuple souverain, quelle servitude on t'impose !

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