D'ASSYRIE , DE MÉDIE ET DE PERSE
Le royaume des Babyloniens, si Ton en croit Bçrose, historien de cette nation, n'est pas moins ancien que ie genre humain. Suivant lui , au rapport de Georges le syncelle, Alorus (c'est le nom qu'il donne au premier homme) fonda Babylone, et neuf rois, l'un après l'autre, lui succédèrent pendant l'espace de cent vingt sares ( trois mille six cents ans) jusqu'à Xysuthrus, sous lequel il place le déluge universel. Entreprendre de réfuter une antiquité aussi chimérique, ce serait, au jugement de toutes les personnes judicieuses , se donner une peine inutile. Moïse nous apprend la véritable origine du royamme de Babylone, et c'est d'après lui que nous allons la décrire.
Nemrod, fils de Chus et arrière-petit- fils, par Mesraïm, son aïeul paternel, de Cham, fils de Noé, resta sur les bords de l'Èuphrate , après la dispersion du genre humain , et des matériaux destinés à l'achèvement de la tour de Babel , il fonda autour ou auprès de cet édifice une ville qu'il nomma Babylone. L'Ecriture dit (Gen. X. 8 et 9.) qu'il commença à se rendre puissant sur la terre , et au 'il fut un vaillant chasseur. La plupart des commentateurs lui font un crime de cet exercice. Il semble, au contraire, qu'ils auraient dû lui en faire un mérite. Travailler à détruire les bêtes fauves, était alors un des services les plus importants au genre hu-
CHBOH. HtST. DES ROIS DE BÀBYLONE. 65^
main qui souffrait beaucoup de leur excessive multiplication. Ce fut vraisemblablement ce qui détermina les Babyloniens à lui déférer la royauté , comme à l'homme le plus capable de les défendre et d'assurer leur tranquillité. Vers le même teins, Assur, 61s de Sem f s'étant établi sor les bords du Tigre, y bâtit la ville *jui fut long-tems après nommée Nrnfve , du nom de son restaurateur. C'est le véritable sens de ces paroles de la Genèse (X. 1 1 . ) De terra Ma egressus est Assur , et mdificacit Nirriven. Des modernes prétendent qu'il s'agit ici, non de la personne d'Assur, mais du pays auquel if donna son nom , comme si Moïse eût voulu dire que Nemrotl eut passé dans l'Assyrie pour y bâtir Ninive. Mais toutes les anciennes versions s'opposent à cette explication. Nemrod et Assur sont encore regardés comme les fondateurs , chacun , de trois autres villes i Nemrod de celles d'Arach , d'Achad et de Calamé ,- dans la terre de Sennaar ; et Assur, de cetles de Rohobôth , de Rhesen et de Calé t dans l'Assyrie. On ne sait la durée du règne ni de l'un ni de l'autre, et les successeurs d' Assur sont ignorés jusqu'à Bel, père de Ninus. Nous avons la liste de ceux de Nemrod avec la durée de leur règne ,- et , pour les rapporter de la manière la plus probable aux années qui précédèrent l'ère vulgaire de l'Incarnation, voici ce que nous croyons devoir supposer. La dispersion du genre humain étant arrivée, .comme tous les savants en conviennent, vers le tems de la naissance de Phaleg , c'est-àrdire , vers Tan 2690 , avant Jésus-Christ. On peut mettre dix ans après le commencement du régné de Nemrod. Or, comme il ne faisait que la quatrième génération depuis Noé , au lieu que Phaleg faisait la cinquième , ce ne sera pas beaucoup s'éloigner de la vérité e de lui donner environ cent vingt-cinq ans à la naissance ce dernier , ét cent trente-cinq , lorsqu'il commença de régner. Supposons qu'il ait vécu deux eent quarante ans , comme Phaleg en a vécu deux cent trente-neuf , son règne aura été de cent cinq ans, et par conséquent , aura fini l'an 3575 avant Jésus-Christ.
aS^S. Evechous fut le successeur de Nemrod , son père , avec lequel Georges le syncelle l'identifie sans raison. 11 était , à ce qu'il paraît, dans un âge avancé, lorsqu'il parvint au trône de Babylone. C'est par lui que l'idolâtrie s'introduisit dans le monde. Les grands exploits de Nemrod lavaient fait regarder comme un être élevé au-dessus de l'hu>
34« chronologie historique
manité. Evechoiis profita de ce préjugé pour lui faire rendre les honneurs divins. 11 lui fit construire dans la tour de Babel une espèce de chapelle où il était honoré sous le nom de Bel ou Baal , nom qui veut dire seigneur , et son culte passa dans tous les lieux où les rois de Babyione étendirent dans la suite leur domination. Les anciens ne donnent à Evechoiis que six ans et huit mois de règne. Mais on soupçonne avec assez de fondement qu'il y a ici une erreur de copiste , et qu'on lisait originairement soixante— huit ans- Car on ne voit pas que dans les premiers tems on ait porté la précision jusqu à marquer le nombre des mois qui surpassaient les années complètes des règnes des souverains. Eve— choiis aura donc fini le sien , l'an 2607 avant Jésus-Christ.
2507. Chomàs-Bel devint roi de Babyione , après Evechoiis. S'il est le même, comme il y a de l'apparence, que Bel-Chamos , c'est le second roi qui aura obtenu les honneurs de l'apothéose. H les aura mérités sans doute par un . gouvernement équitable , et par une longue suite d'actions éclatantes. Car les hommes ne se portent pas à invoquer après leur mort des princes qu'ils ont méprisés et détestés pendant leur vie. On ne donne que sept ans et six mois de règne à Chomas-Bel. C'est ici la mêm* erreur que pour le règne précédent, et le plus probable est de compter de soixante-seize ans. La mort de ce prince tombe par conséquent en l'an 243 1 avant Jésus-Christ.
s43i. PûR ou Pong , remplaça Chomas-Bel sur le trône de Babyione. Quelques savants l'identifient avec Bel-Peor ou BeUPhegor, troisième divinité des Babyloniens. Quoi qu'il en soit , on lui donne trente-cinq ans de règne , qui durent finir en l'an 23o,6 avant Jésus-Christ.
2396. NECHUBÈS roi de Babyione , après Por, tint le sceptre l'espace de quarante-cinq ans, et mourut l'an 235 1 avant Jésus-Christ.
235 1. Abo ou Abius, successeur de Nechubès , régna quarante-huit ans , qui finirent en Tan 23o3 avant J.-C.
23o3. Anibal, vient, après Abo, dans la liste des rois de Babyione. IL mourut après quarante ans de règne , l'an *263 avant Jésus-Christ.
BE3 BOIS DE BABYLOHE, 34 1
2263. Chinzir , dont le règne suivit celui d'Anibal , fut renversé du trône, après en avoir joui quarante-cinq ans* ar les Arabes qui s'emparèrent de ses états. Il paraît qu'il se t alors plusieurs démembrements de la monarcnie de Babylone. L état d'affaiblissement où nous la voyons réduite depuis ce tems-là , doit prendre son origne dans cette révolution ; car il n'est guère croyable que les chefs d'une si importante conquête , n'aient travaillé que pour le compte d'un seul. Disons donc plutôt, qu'il voulurent en avoir chacun leur part, et queiîee fut alors qu'il se forma, des débris de l'empire de liabylone, un royaume de Mésopotamie, un royaume de Sennaar, un royaume d'Elam , un royaume d'Ellazar , et d'autres moindres souverainetés ; ensorte que celle de Babylohe , proprement dite, fût restreinte à des limites fort étroites , du moins en comparaison de son remier état. Ce fut sous le règne de Chinzir que les Chai— éens , occupés depuis long-tems a la contemplation des' astres, commencèrent à mettre en ordre leurs observations astronomiques. Elles remontaient à 1903 ans lors de la
Ïnrise de Babylone (33i ans avant Jésus-Christ), par Alexandre e Grand, comme ils le firent voir au philosophe Callisthène, suivant le témoignage de Simplicius. ( Comment. XL VI , 1 m-L, H , Aristot. deCœlo.) Ainsi elles partaient de l'an 2354 avant Jésus-Christ. Il est cependant bien étonnant que ni Aristoteà qui Callisthène, son neveu, fit part de ses observations, ni aucun autre astronome ne les ait citées ou paraisse en avoir fait usage.
2218. MardocentÈS, qui avait conduit l'expédition des Arabes contre les Babyloniens, eut pour son lot, dans le partage de la conquête, Babylone et ta Chaldée. Ce prince * est, au jugement d'habiles critiques , le même que le Mardocempau de Ptolémée l'Astronome , et le Merodac-Baladan du prophète lsaïe. On voit, par un passage du prophète Jérémie ( L , 2 ) , qu'il reçut les honneurs divins après sa mort. Publiez, dit-il, que Merodac a été vaincu, que toutes les idoles de cette vUlc ( Babylone ) ont été assujéties et coueertes de confusion. Mardocentès mourut l'an 21 63 avant Jésus-Christ, après un règne de cinquante-cinq ans.
2i63. Le nom de son successeur, dont le règne fut de quarante ans, est resté dans l'oubli. ♦
S^â CHRONOLOGIE HISTORIQUE
2ia3. Sisymor-dac, troisième souverain arabe, régna vingt- huit ans , et mourut fon *o$5 avant Jésus-Christ.
209.9. N a Brus ou Naio, successeur de Sisymordac, finit ses jours après un règne de trente-sept ans. Sa mémoire fut chère à ses peuples, qui lui? décernèrent les honneurs divins. C'est lui dont he prophète haïe parle en ces ternies (XLVI, 1): NéÊ&o a été brUé, les idoles des Chalàétns ont été emmenées sur des betes de chargé.
ao58. Paraitous, successeur & Nabius, occupa le trône quarante ans.
2018. Nabonad, vient à la suite de Parannus, dans la hstc des rois arabes de Babylone, dont il fut le dernier. La vingt -cinquième année de son règne, il/ut attaqué par Bel t roi d'Assyrie, qui, l'ayant vaincu, le fit mourir ou l'em-» mena prisonnier, et réunit l'empire de Babylone à celui d'Assyrie.