‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 75 sur 134 · IO · texte numérisé non relu

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19 oct.

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TABLE ÔES CYCLFS

Jéius-Christ.

Jours de l'année julienne où a commencé

Tannée égyptienne.

Jours de Tannée julienne où a commencé

Tannée égyptienne

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SOTHIAQUES OU C ATfICULAIEIS.

Années

avant

Je$us~Christ.

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Jours de l'année julienne où a commence'

1 année égyptienne.

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Jésus-Christ.

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TABLE DES CYCLES

Années avant Jésus-Christ.

Jours de Tannée julienne où a commencé

Tannée égyptienne

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Cycle sothiaque , ou caniculaire.

Jours de Tannée julienne où a commencé

Tannée égyptienne

1 sept.

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18 août.

18 août.

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SOTHIAQUES OU CATUtTJLAIRO.'

Jours de l'année julienne où a commence'

Tannée égyptienne

Jours de Tannée

julienne où a commencé

Tannée égyptienne

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août, août, août, août, août.

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août, août, août, août, août.

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TABLE DES CYCLKS SOTKIAQUES.

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èfafa. Les chiffres mis en parenthèses, dans le courant du discours, sont les années avant Jésus-Christ.

I/Égypte, la dernière province et la plus septentrionale *le l'Afrique, traversée du sud au nord dans toute sa longueur, qui est d'environ deux cents lieues, par le Nil, le seul fleuve qui l'arrose, bornée à l'orient par la Troglodite ou l'isthme de Suez et la mer Bouge, et a l'occident par la Libye, porte le nom de Chain dans l'Ecriture (PsaL io4 et io5) et s'appelle encore aujourd'hui dans le pays la terre de Chemia. Ce fut Mesraïm, appelé aussi Menés, lils de Cham , «roi s'y «établit le (premier avec sa famille , après la dispersion de la postérité de Noé. L'Egypte se divise en trois parties, la haute, qui commence aux cataractes du Nil, et se termine à l'extrémité de la Thébaïde (i) ; la moyenne,

(x) Thèbes, capitale de la Thébaïde ou Egypte méridionale, et la plus grande ville de l'univers, était si peuplée, suivant Homère, que par chacune des cent portes qu'elle comprenait , die pouvait faire sortir dix mille combattant , ce qui porterait sa population à cinq ou six millions d'habitants. Sa surface, qui subsiate encore aujourd'hui sous le nom de Derah , était d'environ deux millions neuf cent quatre-vingt -dix-sept mille toises carrées. Celle de Paris en contient, selon M. de Lisle, quatre millions dix mille trois cent trente-sept , 'd'où il résulte que Thèbes ne faisait pas , à beaucoup près-, les tijôis quarts die Paris, où l'on ne compté néanmoins que six cent cinquante mille habitant ( Gogunt. , t. 2 t p. 338.) Diodore nous apprend que c'est aux environs de Thèbes qu'avaient été élevés ces tombeaux célèbres des cois d'Ejrypte dont rien a'éaalait la magnificence. - v

qui aboutit de là au Delta , c'est-à-dire à L'endroit où le Nil commence à se diviser en plusieurs bras pour aller se jeter par diverses embouchures dans la Méditerranée, et l'inférieure, qui est tout l'espace renfermé dans le Delta avec les terres adjacentes ; savoir, à l'orient, l'Augustamnique^ ainsi nommée par les Romains après la conquête qu'Auguste fit de l'Egypte sur la reine Cléopâtre, et à l'occident, la Ma- . réotide , dont la capitale était Alexandrie et la Libye.

C'est aux inondations du Nil que l'Egypte doit sa fertilité. Chaque année ses eaux commencent à s élever au solstice d'été; leur accroissement dure jusque vers l'équinoxe d'automne, et leur décaissement jusque -vers le solstice d'hiver. Lorsque la plaine en est couverte, les villes et les villages ne communiquant plus entre eux que par des chaussées, semblent autant d'îles au milieu d'une mer. Seize coudées de hauteur dans les débordemens de ce fleuve au-dessus du Delta, déterminent la fécondité du sol. Une plus grande ou une moindre élévation décide également de la stérilité.

De tous les peuples , les Egyptiens paraissent avoir été les premiers qui aient cultivé les sciences. Le débordement annuel du Nil dont les eaux couvrent* la plaine pendant l'espace d'environ six mois, les mit dans la nécessité de s'adonner à la géométrie pour reconnaître les terres <jûi appartenaient à chaque particulier. La pureté et la sérénité du ciel presque toujours dégagé de nuages, les invitait à cultiver l'astronomie. Ces deux sciences en amenèrent d'autres qu'elles entraînaient avec elles , et Grent regarder les Egyptiens comme la nation la plus éclairée de l'Univers. L'Ecriture elle-même rend témoignage à Moïse, en disant qu'il était versé dans toute la sagesse des Egyptiens (Avt. , c. 7.) Ce fut parmi eux que les savans de la Grèce allèrent puiser les connaissances delà philosophie. Les Egyptiens ne cultivaient pas avec moins de succès les arts que les sciences proprement dites. Sans avoir aucun modèle sous les yeux, ils ont porté l'architecture à un degré de perfection qui étonne. On ne cessera d'admirer ces masses énormes , connues sous le nom de pyramides, que leurs rois firent élever pour y déposer leurs dépouilles mortelles ; monumens de leur orgueil et en même tems de la persuasion où ils étaient qu'il y a dans l'homme un principe , un être qui survit au^corps. Les palais qu'ils hanitaient en ce monde, étaient appelés , dit le grand Bossuet , des hôtelleries où l'on n'était qu'en passant, et pendant une vie trop courte t pour terminer nos desseins^

»W ROIS d'égypt*. a25

Mais convaincus de l'immortalité de l'âme , ajoute- t-il, ils - envisageaient les tombeaux comme la véritable demeure que nous devions habiter pour des siècles inGnis. Ces sortes d'ouvrages, que nul autre peuple ne s'est avisé d'imiter, se rencontraient dans les différentes parties de l'Egvpte; mais ils n'égalaient point , à beaucoup près en nombre , les obélisques dont l'Egypte était pour ainsi dire parsemée, fêtaient de grandes colonnes toutes d'une pierre , tantôt rondes , tantôt carrées, que les princes faisaient placer dans les villes pour éterniser la mémoire de leurs hauts faits. Parlons aussi du fameux labyrinthe. « J'ai vu ce bâtiment , dit Hérodote, » 1. Il , et je l'ai trouvé au-dessus de toute expression. Tous » les ouvrages, tous les édifices des Grecs ne peuvent lui » être comparés ni du côté du travail ni du côlé de la déjà pense ; ils lui sont de beaucoup inférieurs» Les temples » d'Ephèse et de Samos méritent sans doute d^être admirés ; » mais les pyramides sont au-dessus de tout ce qu'on peut » en dire , et chacune en particulier peut entrer en parallèle n avec plusieurs des plus grands édifices de la Grèce. Le m labyrinthe l'emporte même sur les pyramides. Il est com- » posé de douze cours couvertes, dont les portes sont à » {'opposite l'une de l'autre, six au nord, six au sud, toutes » continues; une même enceinte de murailles qui règne » en iors les renferme; les appartenions en sont doubles; » il y en.a quinze cents sous terre, quinze cents au-dessus,

» trois mille en tout On ne peut se lasser d'admirer la

» variété des issues des différens corps- de-logis et des dé- » tours par lesquels on se rend aux cours , après avoir passé » par une multitude de chambres qui aboutissent à des por^ » tiques. Ceux-ci conduisent à d'autres corps-de-logis dont » il faut traverser les chambres pour entrer dans d'autres. » Le toit de toutes ces pièces est de pierre, ainsi que les » murs qui sont partout décorés de figures en bas-relief» » Autour de chaque cour règne une colonnade de pierres » blanches parfaitement jointes ensemble. A l'angle où finit » le labyrinthe , s'élève une pyramide de quarante orgyes, » sur laquelle on a sculpté en grand nombre des figures » d'animaux. » (Trad. de M* Larcher. ) Telle était l'habileté des Egyptiens dans les sciences et les arts. Cette nation toutefois qui semblait éclipser toutes les autres par ses lumières , tomba dans les erreurs les plus grossières et les plus opposées à la saine raison. Non contente de diviniser ceux de ses rois

qui s'étaient les plus distingués, elle prostitua son culte aux plus vils animaux et même aux légumes de ses jardins.

11 n'est point d'histoire chronologique dans l'antiquité plus difficile à débrouiller que celle de 1 Egypte. Des dieux , ensuite des demi-dieux, puis des hommes mortels régnèrent dans ce pays l'espace de trente-six mille cinq cent vingt-cinq ans jusqu'au troisième siècle avant Jésus-Christ , si l'on en croit l'historien Manéthon , qui vivait à cette époque.

Menés , suivant Diodore de Sicile , qui le compte pour le premier roi d'Egypte, vivait mille quatre cent quatrevingt-quatorze ans avant Jésus—Christ. Mais pour avoir une suite non interrompue de ses successeurs, il faut descendre jusqu'à MoERlS , à qui l'Egypte fut redevable du fameux lac qui porte son nom, creuse de main d'homme dans l'Heptanomis, et différent par conséquent du lac de même nom dont parlent Strabon et Ptolémée qui le donnent pour l'ouvrage de la nature (d'Anville , Géogr. anc. % p iq5 ). Plusieurs monumens ont illustré son règne. « Il bâtit, dit Hérodote, » 1. II , le vestibule du temple de Vulcain, qui regarde le » nord, creusa le lac qui porte son nom, et y fit élever des pyramides. » M. Larcher met la mort de Mœris à l'an 335Ô de la période julienne ( x356 avant J.-C.)

i356.'SKSOSTRi«èst donné par Hérodote pour le successeur immédiat de Mœris. Ce fut le plus grand conquérant que la terre eût en jusqu'alors. « Il tut le premier, dit cet his- » torien , 1. Il , d'après les prêtres qu'il interrogea , qui , » étant parti du golfe Arabique avec des vaisseaux longs , » subjugua les peuples qui habitaient les bords de la mer m Erythrée : il fit voile encore plus loin, jusqu'à une mer » qui n'était plus navigable à cause des bas fonds. Quand il » rencontrait des nations courageuses et jalouses de leur u liberté , il érigeait dans le pays des colonnes sur lesquelles » il faisait graver une inscription qui indiquait son nom -, » celui de sa patrie, et qu'il avait, vaincu ces peuples par » la force de ses armes. Én parcourant ainsi le continent , a> il passa d'Asie en Europe , et subjugua les Scythes et les

» Thraces 11 retourna ensuite sur ses pas , quand il fut

» arrivé sur les bords du Phare ; je ne puis assurer , pour- » suit Hérodote , s'il y laissa une partie de son armée pour » cultiver le pays, ou bien, si quelques-uns de ses soldats,

DES ROIS D'EGYPTB. 337

•» ennuyés de la longueur de ces voyages, ne s'établirent » point sur les bords de ce fleuve. »

» Sésostris I , revenant de sa grande expédition en Egypte, » dit Diodore de Sicile , 1. 1 , séjourna près de Peluse. ?» Tandis qu'il était en cet endroit, son frère lui tendit des » embûches dans un repas où il l'avait invité avec sa femme » et ses enfans. Lorsqu'ils se furent endormis après s'être *» enivrés , il fit porter pendant la nuit , autour de la tente » du roi , une grande quantité de roseaux secs , auxquels il » fit mettre le feu. La flamme ayant paru tout-à coup, les » gardes du roi , qui étaient pris de vin , ne lui donnèrent m que de faibles secours. Ce prince , levant les' mains au » ciel et faisant des vœux aux dieux pour son salut et celui m de sa femme et de ses enfans, se sauva par les intervalles » de la flamme, m Sésostris , après un règne de quarante-* quatre ans, mourut l'an 34oa » de la période julienne, suivant le traducteur moderne d'Hérodote.

Ce prince avait divisé l'Egypte en trente-six nomes ou préfectures, à la tête desquelles il avait mis pareil nombre de ses officiers les plus expérimentés, et les plus dignes de sa confiance. Leurs fonctions étaient de lever les deniers du prince et de régler toutes les affaires qui se présentaient dans l'étendue de leur département. Sésostris partagea encore , suivant Hérodote , tout le territoire de l'Egypte en autant de portions qu'il y avait d'habitans, à la charge de payer par an une certaine redevance. « De toutes les instituât lions, dit M. Goguet, attribuées à Sésostris, la plus » remarquable, à mon avis, est la distribution qu'il fit de » tous ses sujets en différentes classes ou états. On comptait » en Egypte sept ordres différens qui tiraient leurs noms » de la profession que chaque ordre exerçait. Par cet éta* *» b lisse ment , les différentes professions de chaque membre » de l'état étaient séparées et distinguées les unes des autres. » 11 n'était pas permis aux Egyptiens de s'adonner indiffé^ » remment à la profession pour laquelle ils se sentaient le » plus de penchant. Les enfans étaient obligés d'embrasser » la profession de leurs pères. On punissait même griève- *> ment quiconque la quittait pour en embrasser une autre. » lies Egyptiens attribuaient à ce prince la plupart des » ordonnances concernant les troupes et la discipline des .» armées. »

Si l'on en croit Hérodote , Sésostris rendit l'Egypte absolument impraticable aux chevaux, par la multiplicité des

canaux qu'il y fit creuser ; mais ce sentiment est démenti par divers passages de l'Ecriture , qui attestent que sous les rois des Juifs, il y avait une quantité prodigieuse de chevaux en Egypte , et qu'ils étaient même alors très-estimés. ( l'oy. Reg. Iil , c. 10 vv. 28 29, Paralip. II, c. 12, v. 3. Iéaic, c. 36 , v. 9. Cantic. Cantic. c. 1. , v. 8. ) Il vaut donc mieux dire , avec Diodore , que ce nombre prodigieux de canaux est postérieur au règne de Sésostris.

i3i2. Pheron ou Pharaon , surnommé Sésostris II , du nom de son père , fut son successeur suivantHérodotç. D'après le récit des prêtres égyptiens, cet historien raconte que ce prince perdit la vue par une espèce de miracle , et la recouvra six ans après , par un autre encore plus absurde. On évalue à dix-huit ans la durée de son règne, dont le terme arriva par conséquent l'an 3420 de la période julienne ( 1294 avant J.-C.)

1294. Protée , ainsi appelé parles Grecs, et CÉTOS par les Egyptiens, succéda immédiatement, suivant la chronologie d'Hérodote , à Phéron. La fable le donne vont un pasteur des troupeaux de Neptune, et lui attribue le pouvoir de se métamorphoser de toutes les manières qu'il lui plaisait, en bête, en ruisseau, etc. Son règne, fixé à cinquante ans

Î>ar Hérodote, finit avec sa vie l'an 3470 de la période juienne ( 1244 avant J.-C. )

1244- Rhampsinite, appelé Ramphis par Diodore de Sicile , succéda , suivant Manéthon , à Protée. « Il fit beaucoup » de mal à ses sujets par son avarice et ses extorsions. Il amassa a» en or et argent quatre cent mille talents, ce qui, à mille . » écus le talent, comme on l'évalue ordinairement, fait » un milliard deux cent millions, somme incroyable, » dit M. Larcher. « Pour mettre ces richesses en sûreté , » dit Hérodote , L II , il fit élever un édifice en pierres , » dont les murs étaient hors de l'enceinte du palais. L'ar- » chitecte qui avait de mauvais desseins , arrangea une des » pierres avec tant d'art , que deux hommes ou même » un seul, pouvaient facilement l'ôter. L'édifice achevé, » Rhampsinite y fit porter ses richesses. Quelque tems » après , l'architecte sentant approcher sa fin , manda ses » fils, il en avait deux : il leur dit, qu'en faisant le bâtiment » ou étaient les trésors du roi , il avait usé d'artifice afin

» de pourvoir à leurs besoins , et de leur procurer le moyen » de vivre dans l'abondance ; il leur expliqua clairement » la manière de tirer la pierre , ses dimensions et ses » bornes ; enfin il ajouta que , s'ils observaient exactement » ce qu'il leur avait dit, ils se verraient les dispensateurs » de l'argentdu roi. L'architecte mort , ses fils se mirent » bientôt après à l'ouvrage. Us allèrent de nuit au palais, » trouvèrent la pierre désignée , l'ôtèrent facilement et » emportèrent de grosses sommes. Le roi étant un jour » entré dans son trésor, fut fort étonné en visitant les » vases où était son argent , de les trouver considérable- » ment diminués : il ne savait qui en accuser, parce que « les sceaux étaient entiers et que tout était bien fermé. » Y étant revenu deux ou s trois fois , et s'étant toujours » aperçu que l'argent diminuait (car les voleurs ne ces— » saient point de piller ) , il fit faire des pièges qu'on plaça » par ses ordres autour des vases où étaient ses trésors. Les » voleurs vinrent , comme auparavant : un d'entre eux va » droit au vase , donne dans le piège et s'y prend. Dès qu'il » vit où il en était réduit, il appela son frère, lui dit *> l'état où il se trouvait , le conjurant d'entrer au plusvîte * et de lui couper la tête , de crainte qu'on ne le reconnût » et qu'il ne fut la cause de sa perte. Celui-ci voyant qu'il » avait raison, obéit, remit la pierre et s'en retourna chez » lui avec la tête de son frère. A peine le roi fut-il entré, » qu'il fut frappé d'étonnement à la vue du corps du voleur, » sans tête , pris et arrêté dans le piège; il ne le fut pas » moins , en remarquant que l'édifice n'était point endom- » magé , de n'apercevoir ni entrée , ni sortie. Dans cet *> embarras , voici le parti qu'il prit : il fit pendre sur la >» muraille le cadavre , et plaça des gardes auprès , avec » ordre de lui amener celui qu'ils verraient pleurer a ce » spectacle, ou en être touché de commisération. La mère m du Voleur, indignée de ce traitement, s'adressant au fils » qui lui restait, lui enjoignit de mettre tout en œuvre » pour détacher le corps de son frère, et de le lui apporter , » le menaçant, s'il négligeait de lui donner cette satisfac- » lion , d'aller elle-même le dénoncer au roi. Ce jeune » homme ne pouvant fléchir sa mère , quelque chose qu'il » pût lui dire, et craignant l'effet de ses menaces, imagina » cet artifice. 11 chargea sur des ânes quelques outres rem- » plies de vin, les chassa devant lui, et lorsqu'il fut près » de ceux qui gardaient le corps de son frère, il <lélia le

*3o CHROWOLOGIE HISTORIQUE

» col de Jeux ou trot6 de ces outres. Le vîn s 'étant mis » aussitôt à couler, il se frappa la tête, en jetant de grands » cris, comme un homme au désespoir, et qui ne savait » auquel de ces ânes il devait aller le premier. Les gardes * voyant le vin couler en abondance , accoururent pour le » recueillir , comptant que c'était autant de gagné pour » eux. Le jeune homme, feignant d'être en colère, leur » dit beaucoup d'injures. Mais comme ils cherchaient à le » consoler, il cessa ses. emportements, et faisant semblant » de s'appaiser , il détourne ses ânes du chemin , et se met » en devoir de refermer ses outres. Us s'entretint ensuite » avec les gardes.... , et leur donna une de ses outres. Il» » s'assirent dans le lieu où ils se trouvaient , et ne pensant » plus qu'à boire , ils pressèrent le jeune homme de rester » et de leur tenir compagnie. Il se laissa persuader et de- » meura avec eux.... , et leur donna encore une outre.» Hérodote ajoute que, lorsqu'il vit les gardes enivrés et vaincus par le sommeil , il détacha le corps de son frère * le chargea sur un de ses ânes , et retourna chez lui aprèsavoir exécuté les ordres de sa mère. « Le roi , continue » Hérodote, informé de ce qui s'était passé .... , conçut,. » pour cet homme , une si grande admiration , qu'il lut » donna sa fille en mariage. »

On attribue aussi , suivant le même auteur , à Rharapsinite , le vestibule du temple de Vulcain , à Memphis * que différents rois ornèrent à l'envie l'un de l'autre. Son règne r suivant Manéhton , fut de soixante-six ans , et finit , par conséquent, Tan de la période julienne 3536. ( 1 178 avant J.-C.)

1 178. Cheofs monta sur le trône après Rhampsinite. » Jusqu'à celui-ci , dirent les prêtres à Hérodote , on avait » vu fleurir la justice et régner l'abondance dans toute » l'Egypte. Mais il n'y eut point de méchanceté où ne se » porta Cheops , son successeur. Il ferma d'abord tous les » temples et interdit les sacrifices aux Egyptiens : il les » fit , après cela , travailler tous pour lui. Les uns furent » occupés à fouiller les carrières de la montagne d'Arabie t » traîner de là jusqu'au Nil les pierres qu'on en tirait , et » à porter ces pierres sur les bateaux de l'autre côté du » fleuve; d'autres les recevaient et les traînaient jusqu'à la » montagne de Libye. On employait, tous les trois mois , * cent mille hommes à ce travail. Quant au tems pendant » lequel le peuple fut ainsi tourmenté , on passa dix années

DES ROÏS d'ÉGYPTT. *3f

m à construire la chausée par où on devait traîner les pierres. m Cette chaussée est un ouvrage qui n'est guère moins *» considérable, à mon avis, que la pyramide même; car » elle a cinq stades de long ( 4^8 toises environ ) sur dix » orgyes (5 1 pieds 3 pouces ) de large, et huit orgyes ( 4* m pieds ) de haut dans sa plus grande hauteur ; elle est de » pierres polies. et ornées de figures d'animaux. Il se passa m dix années à celte chaussée , sans compter le tems qu'on » employa aux ouvrages de la colline sur laquelle sont » élevées les pyramides , et aux édifices souterrains qu'il » fit faire pour lui servir de sépulture , dans une île for-

* mée par les eaux du Nil , qu'il y introduisit par un ca- *» nal. La pyramide même coûta vingt années de travail ; *» elle est quarrée ; chacune de ses faces a huit plcthres »» (8do pieds) de large, sur autant de hauteur ; elle est

* en grande partie de pierres polies, parfaitement bien m jointes ensemble, et aont il n'y en a pas une qui ait » moins de trente pieds. Cette pyramide fut bâtie en forme » de degrés. Quand on eut commencé à la construire de » cette manière, on éleva de même les autres pierres , et » à l'aide de machines faites de courtes pièces de bois , on » les monta sur le premier rang d'assises. Quand une

* pierre y était parvenue , on la mettait dans une autre » machine qui était sur cette première assise.... Peut-être » aussi n'avaient-ils qu'une seule et même machine facile à

* transporter d'une assise à l'autre. » Le règne de Chéops fut de cinquante ans et finit l'an de la période julienne 3586. ( i i2Ô avant Jésus- Christ. )

1128. ChÉPHBEN ou Chamliem , frère de Cheops et son sucçesseur, régna cinquante-six ans. « Ainsi, dit Hérodote, » les Egyptiens furent accablés cent six ans de toutes sortes » de maux , et pendant tout ce tems , les temples restèrent » fermés. (1072 avant J.-C. ) » L'an 3642 de la période julienne doit être l'époque de la mort de Chéphren.

107a. Mycerinus , fils de Chéops , étant monté sur le trône d'Egypte après la mort de Chéphren, fit respirer les Egyptiens excédés par les vexations qu'ils avaient essuyées sous les deux règnes précédents. H mérita leur affection par la sagesse de son gouvernement. H fit rouvrir les temples et rendre à ses sujets la liberté d'offrir des sacrifices et de vaquer à leurs affaires. La mort lui ayaot ravi sa fille unique, il fnt

a'ia CHRONOLOGIE HISTORIQUE

extrêmement affligé de cette perte, et pour soulager sa douleur, il fit enfermer le corps de la princesse dans une génisse île bois doré, qu'Hérodote (1. II) dit avoir vue exposée aux regards de tout le monde, dans la villé de Sais. Quelque tems après, l'oracle de la ville de Buto, lui annonça qu'il n'avait plus que six ans à vivre. Après s'être inutilement plaint de cet arrêt, il prit le parti de passer ses jours dans les festins et les autres plaisirs des sens. La mort arriva dans le tems qui lui avait été prédit : vingtième année de son règne. Il laissa en mourant, l'an de la période julienne 3662 (io5a avant J. C.) une pyramiJe quarrée, en pierres d'Ethiopie jusqu'à la moitié de sa hauteur, mais plus petite de vingt pieds , que celle de son père.

io5a. Aaychis , successeur de Mycerinus , fît bâtir dans le temple de Vulcain , le vestibule qui était à l'orient. C'est, dit Hérodote , le plus grand et le plus magnifique. Ce prince voulant surpasser tous les rois qui avaient régné en Egypte avant lui, laissa, de plus, pour monument une pyramide de briques, dont l'inscription marquait qu'elle était en tout au-dessus des autres pyramides, comme Jupiter l'est au-dessus de tous les autres dieux. Sa mort se rapporte à l'an 370a , de la période julienne^ (1012 avant J. C. )

ioi2. Anysis fut placé dans un âge tendre sur le trône d'Egypte, après la mort d'Asychis. Un roi d'Ethiopie se prévalut de son extrême jeunesse, pour lui enlever le trône dans la deuxièmeannée de son rèçne. Anysis s'étant sauvé dansTîle d'Elbo, que l'opinion la plus vraisemblable met dans la basse- Egypte, y passa cinquante ans , pendant lesquels l'usurpateur gouverna 1 Egypte avec beaucoup de sagesse, et tant d'humanité , qu'il ne fit mourir aucun criminel. 11 ne laissa pas cependant les coupables impunis ; mais , selon la qualité du crime, il les condamnait chacun, dit Hérodote, à travailler aux levées et aux chaussées près de la ville où il était né* » Par ce moyen l'assiette des villes devint encore plus haute j» qu'elle ne l'était auparavant : elles avaient été déjà re- » haussées sous le règne de Sésostris, par ceux qui avaient a creusé les canaux; mais elles le furent beaucoup plus sous » la domination de l'éthiopien. » Comme elle devait expirer au bout de cinquante ans, suivant l'oracle qu'il avait consulté, il prit , ce tems expiré, le parti de quitter l'Egypte. Anysis, informé de sa retraite , sortit des marais, où il s'était ren-

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fermé, revint dans ses états et les gouverna encore sept ans , au bout desquels il mourut paisiblement l'anode la période julienne 3760. (954.)

763. Après la mort d'Anysis il y eut un intervalle de deux cent quarante -un ans, pendant lequel Sabacos , rot d'Ethiopie fit la conquête de l'Egypte et la gouverna cinquante ans.

7i3. SÉthos, prêtre de Vulcain, devint le successeur d'Anysis. Ennemi, par caractère ou par caprice, de l'ordre militaire, il le traita avec mépris , comme s'il nVût dû jamais en avoir besoin. Les rois ses prédécesseurs avaient accordé par distinction à chaque soldat douze arures de terre, estimées chacune, suivant M. d'Anville , à vingt toises, dix pieds et dix pouces en quarré. Séthos ayant supprimé cette gratification, se trouva fort embarrassé, lorsque Sennacherib, roi d'Assyrie vint attaquer l'Egypte , avec une armée nombreuse. Les gens de guerre ne voulant point marcher au secours de la patrie, Séthos prit avec lui tous les gens de bonne volonté, se mit à leur tête, et alla camper à Pélusc, qui est la clé de l'Egypte. Cette armée n'était composée cjue de marchands, d'artisans et de gens de la lie du peuple t aucun homme de guerre ne l'accompagna. Hérodote dit que ces troupes étant arrivées à Péluse , une multitude prodigieuse de rats de campagne se répandit la nuit dans le camp de l'ennemi , rongea les carquois , les arcs et les courroies

3ui servaient à manier les boucliers , de sorte que le lenemain les Assyriens étant sans armes, la plupart périrent dans la fuite. Il y a bien de l'apparence que cet événement n'est autre chose que la perte de cent quatre-vingt-cinq mille hommes , qu'essuya Sennacherib , par la main de l'ange exterminateur, devant Jérusalem, dont il se disposait à faire le siège. Mais il est si peu vraisemblable que le roi d'Assyrie , après avoir assiégé Péluse , ait été contraint de prendre la fuite , qu'on voit par Isaïe (ch. XX) , qu'il em* ploya trois années à faire la conquête de l'Egypte , d'où il emmena un très-grand nombre ae prisonniers.

707. Sennacherib ayant été tué nar deux de ses fils, l'an 4007 de la période julienne , Séthos recouvre ses états, dont ce prince l'avait dépouillé. Depuis ce tems il vécut en paix. Sa mort arriva dans la quarantième année de son règne, 4o4i de la période julienne. (6 7 3.)

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