‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 93 sur 134 · ROIS SÉLEUCIDES DE SYRIE · texte numérisé non relu

ROIS SÉLEUCIDES DE SYRIE

CHRON. HIST. DES ROIS SÉLEUCIDES DE STRIE. 3oi

étant resté jusqu'alors (3aa) à Babylone , l'un des premiers soins de Perdiccas fut de le faire transporter en Egypte , où ses cendres furent enfermées dans une urne d'or dans la ville d'Alexandrie.

Les co-partageants de la succession d'Alexandre étant au nombre de trente-trois, la concorde ne pouvait pas régner long-tems entre eux. Après deux années de guerre , les plus puissants , ayant exterminé les plus faibles, réduisirent les gouvernements à quatre principaux, dont le premier, composé de la Macédoine et de la Grèce , resta au pouvoir de Cassandre , fils d'Antinater ; le second, qui comprenait la Thrace avec la partie de l'Asie qui s'étend le long du Bosphore et de l'Hellespont , fut le partage de Lysimaque • le troisième , qui embrassait le reste de l'Asie avec la Babylonie et la Mésopotamie , devint le département de Séleucus , et le quatrième qui renfermait l'Egypte, la Lybie, l'Arabie, la Palestine et la Célésyrie, fut abandonné àPtolémée, fils de I.agus. Perdiccas, néanmoins, en qualité de tuteur des deux rois et de régent de leurs états , conserva la prééminence sur ces gouverneurs. Mais la hauteur avec laquelle il exerça son autorité, les souleva contre lui. Etant passé en Egypte pour faire la guerre à Ptolémée , il engagea témérairement son armée dans un endroit du Nil, qu'il croyait guéable et où il perdit deux mille hommes qui se noyèrent. Le revers excita contre lui une révolte générale. Il fut investi dans sa tente et massacré avec une partie des officiers qui lui étaient le plus attachés (32 1).

Pyton , commandant des troupes de Perdiccas, lui fut donné pour successeur dans la tutèle des deux rois et la régence de leurs états. Mais Euridicc , femme de Philippe Aridée, l'ayant pris en aversion, l'obligea en peu dtftems d'abdiquer. Les troupes nommèrent en sa place Antipater, à qui elles déférèrent un pouvoir sans limites. Dès qu'il en fut revêtu , il fit des provinces un nouveau partage dont il exclut les partisans de Perdiccas et d'Eumènes qui avait secondé le premier dans ses expéditions. La Babylonie fut alors donnée à Séleucus , fils u'Antiochus , qui avait servi sous Philippe, père d'Alexandre, avec la plus grande distinction. Ce fut à la recommandation de Ptolémée, autant qu'à son mérite personnel et aux services de son père, que Séleucus fut redevable de cette province ; et telle est l'origine de la haute fortune à laquelle il parvint depuis. Eumënes , chef des argyraspides ( c'est ainsi qu'on nommait une troupt

Soa CHRONOLOGIE HISTORIQUE

de soldats qui avaient obtenu , sous Alexandre, des boucliers d'argent ), étant en marche contre Antigone , essuya 'de la part de Sélcucus le refus d'un secours qu'il lui avait demandé. Pour se venger il tourna ses armes contre Séleucus. Mais étant entré dans la Babylonie en 3iy , il courut risque d'y

Eerdre son armée par une manœuvre de Séleucus qui , ayant lit couper les digues de l'Euphrate, inonda son cairp et laissa à peine le tems à ses troupes de gagner les hauteurs. Àntigone, Tétant venu trouver à Babylone , voulut, comme supérieur, l'obliger à lui rendre compte de sa conduite et de l'emploi qu'il avait fait des finances depuis qu'il gouvernait la provinpe. Sur son refus il se prépare à lui faire la guerre. Séleucus, n'étant pas en forces pour lui résister, se retire en» Egypte auprès de Ptolémée , son ancien ami (Diodore, l, xix). Ils députent ensemble à Cassandre, gouverneur de Macédoine, et à Lysimaque, qui commandait en Thrace,

Sour les engager à se joindre à eux contre les entreprises 'Antigone. Celui-ci, dès qu'il apprit cette quadruple alliance, s'efforça de la rompré, en proposant aux chefs de renouer leur ancienne amitié. Mais les conditions qu'il mit à ses offres ayant été rejetées, il fallut en venir aux armes. Celles de Séleucus ayant prévalu après quelques années de guerre (3 12), il revint triomphant à Babylone , où il fut reçu avec de grands applaudissements. Les peuples des environs, enchantes de sa valeur, de sa modération et de son équité, vinrent en foule se ranger sous ses lois, et ce fut alors qu'il prit le titre de roi de Syrie , nom presque inconnu jusqu'alors et sous lequel furent comprises l'ancienne Assyrie , la Mésopotamie, la Médie, la Bactriane, avec une grande partie de l'Asie mineure. Le commencement de son règne donna aussi le nom à l'ère fameuse des Séleucides, dont nous traitons dans nos préliminaires. Mais ce qui servit le plus à immortaliser ce prince, ce fut la fondation d'une nouvelle ville sur I Oronte , qui fut nommée Antioche , soit du nom de son père , soit du nom de son fils , appelés l'un et 1 autre Antiochus. « Cette ville succéda bientôt a Babylone pour » être'le siège de l'empire des Syriens et la reine ae l'Orient. » Mais Séleucus ne lui donna ni assez d'étendue ni assez de » magnificence pour mériter ce titre. Antioche , dans sa » splendeur , était enfermée dans une enceinte d'environ » dix mille pas , qui comprenait quatre villes séparées l'une » de l'autre par quatre murailles et leurs fortifications parti— * culières. La première fut bâtie par Séleucus; la seconde

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» par ceux qui s'y jetèrent quand elle devint capitale de w l'empire et qui y furent attirés par les privilèges que Ton >» accorda aux citoyens; la troisième par Séleucus Callini- » eus ; la quatrième par Antiochus Epiphanes.... A deux *» lieues de la ville, au midi de l'Oronte, étaient un petit » village et un bois arrosé par un grand nombre d'agréables » ruisseaux. Séleucus consacra cet endroit de délices à w Apollon et à Diane. 11 leur fît bâtir un temple; bientôt il •* y eut un oracle d'Apollon , et ce village , si connu sous le »» nom de Daphné, devint un des lieux les plus célèbres du » paganisme. » (L'abbé Guyon , Histoire des Sèleucides , tome VU , pp. 35-36. )

JSicanor, gouverneur de Médie, ne vit poin# d'un œil tranquille la prospérité de Séleucus. Résolu de la traverser, il marcha contre lui à la tête de dix mille hommes de pied et de sept mille chevaux , qu'il avait tirés de la Médie et de la Perse. Séleucus, qui n'avait avec lui que trois mille fantassins et quatre cents cavaliers , fresa le Tigre avec sa petite troupe, et s'étant caché dans*les marais, attendit l'occasion de surprendre l'ennemi, qu'il savait n'être pas éloigné. Ce qu'il avait prévu ne tarda pas d'arriver. Dès la nuit suivante ^apprenant que Nicanor ne veillait

Î>oint dans son camp, il y fait une irruption subite, oui e remplit d'épouvante et de tumulte. Car tandis que les Perses se défendaient avec courage, il arriva qu'Kvagre , leur satrape, et d'autres de leurs chefs les plus braves, succombèrent dans la mêlée ; après quoi la plus grande partie de leur armée , effrayée par le danger qui la menaçait , et non moins irritée de la dureté du gouvernement d'Antigone, passa sous les drapeaux de Séleucus. Nicanor, alors craignant de tomber entre les mains du vainqueur, prit la fuite à travers les déserts, avec un petit nombre des siens. (^Appian inSyr.) Cette victoire fut prompt ement suivie de la conquête de la Médie , de la §usiane et des pays voisins , où Séleucus n'eut qu'à se présenter pour soumettre ces provinces, tant les peuples étaient prévenus en sa faveur. Cette prospérité si grande et si rapide , encouragea Séleucus à prendre le titre de roi, qui ne lui fut contesté, ni par Ptolémée , ni par ses autres amis.

Antigone , à la nouvelle de ces suces, fit partir en diligence Démétrius, son fils, avec environ vingt mille Macédoniens, pour se remettre en possession de la Babylonie. Celui-ci ne négligea rien pour exécuter les ordres de son

Ïière. Patrocle, nommé gouverneur de Babylonie par Se^eucus , ne se trouvant pas en forces pour résister à Démétrius, n'attendit point son arrivée, et conseilla aux Babyloniens d'abandonner leur ville, tandis qu'il se retirait avec une faible troupe dans les lieux, de sa province les moins exposés aux courses de l'ennemi. Arrivé à Babylone, Dé— métrius , la trouvant déserte , assiégea l'une des deux forteresses , et éprouvant trop de résistance , l'abandonna pour s'avancer dans le pays, qu'il ravagea.

Séleucus, de retour de la Médie où il était alors, eut bientôt ebassé le peu de troupes que le vainqueur avait laissées a Babylone, et la mit en état de ne plus céder à de nouvelles attaques. C'est de celte époque que les Babyloniens comptaient la fondation de leur royaume , que toutes les nations de l'Asie ont placée six mois plutôt.

Pendant cju'Àntigone , Cassandre, Lysimaque etPtolémée s entredétruisaient par des guerres cruelles, Séleucus pensait à reculer Illimités de son empire. Non-seulement il s'affermit dansla possession de la Médie , de l'Assyrie et de Babylone , mais portant ses armes plus loin , il réduisit la Perse , la Bactriane t l'Hircanie et toutes les provinces endeça de l'Inde, dont Alexandre avait fait la conquête. Ayant ensuite déclaré la guerre à Àhdrocote ou Sandrocote, satrape de l'Inde, il mena contre lui une armée considérable, à laquelle celui-ci opposa six cent mille hommes , et un nombre prodigieux d'éléphans. Séleucus voyant qu'il ne pourrait triompher par les armes d'un ennemi si redoutable, prit le parti de composer et de faire la paix avec lui , moyennant cinq cents éléphans que le satrape lui donna (Vaillant, Seleucid. imp. p. i5. ) Cassandre , Lysimaque et Ptolémée, ayant pris, à l'exemple de Séleucus, le titre et les ornemens de la royauté dans leurs départemens ($07), secouèrent le joug de la dépendance où les tenait Antigonc , et assemblèrent des troupes considérables pour lui faire face. On en vint, près d'ipsus, ville de Phrygie, à une grande bataille des quatre rois contre Antigone et Démétrius son fils. Celui-ci , à la tête de sa cavalerie , étant tombé sur Antiochus, fils de Séleucus, le mit en fuite. Mais en le poursuivant avec plus d'ardeur que de prudence , il laissa échapper la victoire, qu'il tenait, pour ainsi dire , entre ses mains. Car , en s'en revenant , il ne put rejoindre son infanterie, devant laquelle Séleucus, pendant son absence, avait fait placer quatre cents éléphans y qui l'empêchaient

DES hÔIS SÉLEUCIDES DK SYME. 3oS

J'y pénétrer. Séleucus,, feignant de vouloir attaquer cette infanterie abandonnée à eîle-nvme , y répandit une telle épouvante, qu'une grande partie se rendit àMui sans combattre, et le reste prit la fuite, Anligone, cependant, attendait le retour de son fils ; mais accablé par une grêle de traits, il tomba mort sur le champ de bataille. Demétrius ayant reparu , ne trouva , au lieu d'une pleine victoire qu'il se flattait d'avoir remportée, que les traces d'uné ' entière défaite. ( Plularrh. in uemttrio.) Séleucus , dans l'endroit même où l'imprudence de son ennemi l'avait rendu vainqueur , fit bâtir une ville nommée de son nom, pour consacrer la mémoire de cet événement ; après quoi , poursuivant ses conquêtes dans la haute Syrie, il fonda, $ur l'Oronte , la célèbre ville d'Antioche , du nom de son père ou de" son fils.

3oo. La concorde ne régna pas longtems entre les rois confédérés. S'étant séparés en deux factions , Séleucus s'attacha à Démétrius , et Ptolémée à Lvsimaque. Le premier, voulant s'allier à Démétrius par les liens du sang, lui députa son fils Antiochus pour demander en mariage sa tille Stratonice. Démétrius, ravi de cette demande inattendue, fit voile d'Athènes sur une flotte, avec sa fille . pour se rendre en Syrie. Sur sa route , il rencontra en Cilicie, Philé, sa femme , qui revenait de Chypre. Séleucus étant venu de Babylone au-devant d'eux, les atteignit à Orossus , ville maritime a l'entrée de la Syrie. Plusieurs jours de divertissemens s'étant écotftés, Séleucus s'avise de demander à Démétrius, pour une somme d'argent, la Cilicie, que les rois, après l'avoir enlevée à Antigone , avaient cédée à Plislàrque , frère de Cassandre. Cette demande choqua Denté— trius , ^lont la réponse fut qu'il ne démembrerait pas ses états pour en faire part à son gendre. Pour mettre en sûreté cette province contre les entreprises de Séleucus, il prit soin d'en munir toutes les places par de bonnes fortifications;

294. Antiochus , fils aîné de Séleucus, fut enflammé d'une si violente passion pour Stratohice, sa belle-mère, qu'il en tomba dangereusement malade , dans l'impuissance où il croyait être de l'épouser, parce qu'elle avait déjà un fruit de son mariage. Le médecin Erasistrate ayant découvert la cause de son mal, en avertit le père, qui, dans la crainte de perdre ce fils qu'il chérissait , se mit au - dessus des règles, et lui fit épouser sa femme, après avoir obtenu le

3o6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

consentement de son année, qu'il avait assemblée pour ht, consulter sur ce sujet. À cette grâce, il ajouta le don de tous ses états , n*en retenant pour soi que la partie qui était située entre l'Euphrate et la Méditerranée»

^85. Ptolémée Ceraunus , ou le Foudre , fils aîné de Pto-. lémée Philadelphe, irrité de la préférence que son père avait donnée à Ptolémée, surnommé depuis E vergeté, son. fils puîné , pour lui succéder , abandonna l'Egypte , et se. retira d'abord auprès de Lysimaque, roi de Thrace, dont le fils, Agathocle, avait épousé Lysandra, sa sœur. Lysimaque étant mort à Cyropédion , dans une bataille donnée contre. Séleucus , (282) il se rendit à la cour de ce dernier, qui le reçut avec de grandes démonstration* d'amitié. Mais il paya ce bienfaiteur de la .nlus noire ingratitude. Séleucus ayant résolu d'allor passer le reste de ses jours eu Macédoine ? sa patrie, d'où il était parti pour accompaguer Alexandre le Grand dans ses expéditions militaires , abandonna ses états d'Asie à son fils Antiochus. Etant arrivé près de Lysimachie en Thrace , il y aperçut de loin , sur une éminence , un autel dont il demanda le nom, qu'on lui dit être Argos.. C'était un nom que l'oracle avait prédit devoir lui être fataL Ceraunus, qui raccompagnait , vérifia l'oracle en lui enfonçant, par derrière, un poignard dont il mourut sur-lechamp, sept mois ou environ après Lysima^ue,. la soixantetreizième année de son âge et la trente -deuxième de son

règne. L'assassin s'étant sauvé à Lysimachie?, gagna les soldats de Séleucus en leur distribuant les trésors de ce prince , et les engagea par là et par la crainte qu'il leur inspira, à le reconnaître pour roi de Syrie, Séleucus , dit Vaillant , fut le plus grand de tous les successeurs d'Alexandre, et par; l'étendue de ses états et par la sagesse avec laquelle il les. administra* H fut la terreur de ses ennemis par sa valeur et. le père de ses sujets par son humanité. Il posséda jusqu'à snixante-douze satrapies ou grandes provinces , qui toutes, s'accordèrent à célébrer ses vertus. On compte jusqu'à trentequatre villes qu'il fonda, et auxquelles il donna des noms grecs» après y avoir appelé des colonies de Macédoniens. Il était ami des lettres et mérita la reconnaissance des Athéniens , en leur renvoyant de Perse la bibliothèque que Xercès leur avait enlevée ; ce qui lui mérita une statue d'airain qu'ils lui érigèrent dans un de leurs portiques. (Arrian, de Ttb. AUxand.u VU, Pau sa nias in Attkh* ) Nullement épri*

DES BOIS SÉLEL'CtDES DE 6YRIE. SoÇ

de sa grandeur ^ il avait coutume de dire 9 que si l'on savait combien il en coûte de peines pour vaquer aux affaires du gouvernement , à écrire des lettres et a répondre à celles qu'il recevait, on ne daignerait pas ramasser le diadème, s'il était tombé à terre. Une preuve de sa force prodigieuse, c'est que dans un sacrifice que faisait Alexandre , k taureau, aur le point d'être immolé s'étant échappé , il le retint avec ses mains par les cornes, et le ramena. C'est la raison qui le fit nommer le Biscornu. H passait aussi pour constant qu'ApoMon avait eu part à sa naissance et ou'il avait remis à Laodicée , sa mère , une bague sur laquelle il y avait une ancre gravée, dont tous ses déscendans portèrent, dit-on, l'empreinte sur la cuisse en naissant*

La mémoire de sa force et de sa valeur s'est perpétuée jusqua nos jours dans les anciens monumens. On voit encore aujourd'hui des médailles où il est représenté la tête couverte d'une peau de lion, et sur le revers avec l'emblème d'un taureau furieux.

Outre la fameuse Antioche, sur l'Oronre, Séleucus avait 'fait bâtir seize autres villes de même nom, neuf Séleucies, dont une située sur le bord occidental du Tigre, vis-à-vis de l'endroit où est aujourd'hui Bagdad * trois Apamées et une Stratonice. ,

ANTIOCHUS I f dit SOTER.

282. Antlocbus , fils aîné de Séleucus et d'Apamée , succéda à son père avec Stratonice safemme et belle-mère , dans tous les états dont il avait déjà possédé de son vivant une partie, il y avait lieu de s'attendre qu'ayant en main les forces nécessaires pour venger la mort de son père , il commence-» jrait par les employer contre le meurtrier de ce prince. Mais par une faiblesse inconcevable, il se laissa gagner par les «fausses excuses et les basses flateries de Ceraunus, jusqu'à Éaire non-seulement la paix avec lui, mais à donner en ma- 'nage sa fille à Pyrrhus, beau- frère de ce meurtrier. Plusieurs villes de l'Asie mineure qui, après la mort de Lysimaque , s'étaient données à Séleucus , indignées de cette -lâcheté, secouèrent le joug que celui-^i leur avait imposé, ' et refusèrent d'obéir à son. fils. (Justin, 1. 17.) 11 en coûta bien des combats à ce dernier pour se mettre en possession de toute la succession de son père. Tandis qu'il était occupé 'à réduire ses sujets rebelles, Anti^one-Gonatas £t une expé-

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dit ion en Macédoine avec ses forces de terrç et de mer, dans le dessein de prévenir Ceraunus, qui se disposait à envahir ce royaume. Mais celui ci , avec les vaisseaux de Lysimaque, donl il s'était emparé, lui livra un combat sur mer, dont il sortit victorieux, et de là lit voile vers la Macédoine, dont il se rendit maître, tandis qu'Anligone fuyait en Béotie. Les Gaulois chassés de leur pays par la famine , ne souffrirent pas iju'il jouît paisiblement de sa conquête.

278. Ceraunus les voyant arriver en Macédoine sous ta conduite de Brennus, marcha contr'eux et leur livra un combat qu'il perdit avec la liberté. Ces barbares l'ayant en leur pouvoir, lui coupèrent la tête comme à un brigand, et la présentèrent au bout d'une lance à l'ennemi. Sosthène, l'un des princes macédoniens, ne les laissa pas jouir long- 1ems du fruit de leur victoire. Ayant rassemblé la jeunesse de Macédoine, il les contraignit de vider le pays qu'ils désolaient ; par reconnaissance de ce grand service , il mérita d'être salué roi par son armée. (Justin., I. 24. ) La mort ne lui permit de jouir de ce royaume que l'espace d'environ trois ans ('jrjï>). Après qu'il eût cessé de vivre r la Macédoine devint l'objet de l'ambition d'Antiochus et d'Antigone - Gonatas, qui la réclamaient l'un et l'autre comme un bien paternel. Ces deux concurrens s'étant accommodés après quelques débats , le premier céda la Macédoine à l'autre, et lui donna de plus en mariage Phila , que Séleucus 1 er . , son père , avait eue de Stralonice, nièce du même Antigone.

274. Les Gaulois, après la défaite de Brennus, passèrent au secours de Nicomède , roi de Bithynie, contre Ztpète, son frère puîné, qui lui disputait ses états. Rétabli parleur valeur, Nicomède les envoya sur les terres d Antiochus , où ils envahirent tout ce qui s'étendait depuis la mer jusqu'au mont Taurus, et ce fut de leur nom.que ce pays fut appelé la Gallogrèce-Galatie. Animés par ce succès , ils travaillèrent à s'étendre du côté de l'Orient. Vaincu dans une bataille qu'il leur livra aux environs du mont Taurus, Antipchus feignit , pour relever le courage de ses troupes, une apparition d'Alexandre le Grand, qui lui ordonnait, pour gage de la victoire , de donner à chacun de ses soldats un mot de ralliement pour l'écrire sur leurs habits. Pleins dé conâance eq ce signe, ils fondirent sur lçs barbares, qu'il* mirent au.

DES RÔTS SÉLEUC1DFS DE SYRTE^ 3oo,

fuite. Leur défaite commença par les éléphans de l'armée syrienne , qui mirent le désordre dans celle des Gaulois. Ce fut en mémoire de cet événement qu'on lui donna le surnom de *SoT£R ou Sauveur. ^

264. Antiocbûs n'eut pas le même avantage dans la guerre qu'il entreprit contre l'Egypte. Aussi était- elle manifestement injuste. Magas, prince de Cyrène', époux de sa sœur Apamée, était en guerre avec Ptolémée-Philadelphe , roi d'fcgypte, qu'il voulait détrôner, il l'engagea, pour faire diversion, à faire une descente du côté ne Peluse, tandis qu'il attaquerait ce pays par la Lybie. Antiochûs par- là s obligeait à rompre sans raison le traité que Séleucus, son père, avait conclu avec Ptolémée 1. Mais Philadelphie avait si bien muni ses frontières, que l'armée syrienne ne pût les forcer. Contraint de la rappeler par les ravages que celle de Ptolémée faisait par représailles en Syrie, il ne remporta de son expédition que la honte d'avoir fait une entreprise humiliante et injuste. (Pausanias , in Atticis. )

•a6t. Ce prince mourut dans une heureuse vieillesse, après avoir régné dix-neuf ans depuis la mort de son père. Deux , villes célèbres le reconnaissent pour leur fondateur, l'une située dans la Margiane , contrée des Parthes , à laquelle il donna le nom d'Antioche , l'autre en Phrygie, qu'il nomma Apamée*

ANTIOCHUS II, surnommé lb DIEU.

261. Antiochûs, fils d'Antiochus Soteretde Stratonice, monta sur le trône de Syrie après la mort de son père. Le surnom de Theos ou Dieu, lui fut donné par les Milésiens pour les avoir délivrés de Timarque, leur tyran. Il fut en guerre pendant la plus grande partie de son règne avec Ptolémée-Philadelphe, qui, la* d avoir les armes à la main contre un ennemi qui ne lui laissait point de repos, lui donna pour épouse Bérénice, sa fille, quoique Antiochûs fut déjà marié avec Laodice , dont il avait deux fils , Séleucus et A nt iochus# L attention de Philadelphe pour Bérénice, sa fille, fut portée au palvqu'il lui faisait porter continuellement de l eau du Nil pour sa boisson. Mai^ ensuite dégoûté de cette seconde épouse, Antiochûs reprit, après la mort de Philadelphe, Laodice, sa première femme. Celle ci se défiant de l'inconstance de son mari , le fit secrètement empoisonner après quinze ans de règne. Pour dérober au

3tà CHRONOLOGIE HISTORIQUE

public la connaissance de son crime, elle fit mettre dans Fe lit d'Antiochus un homme du peuple, nommé Artemon , ui lui ressemblait parfaitement, le donnant pour ce prince angereusement malade* (Plia. , 1. VII, c. 12.) Ayant fait ensuite publier la mort du roi , elle lui fit donner pour suc* cesseur son fils aîné , du premier lit. {Valer. Max , 1. IX , c. i4>) Bérose, prêtre de Bélus, et historien de Babylone, vivait au commencement du règne de ce prince;*car il lui dédia son histoire de la Caldée et de ses rois, dont Josephe et Eusèbe nous ont consent d'excellents morceaux, sans lesquels il serait impossible d'avoir une suite exacte des rois de iBabylonc. Ce fut sous le règne d'Antiochus le Dieu que les Parthes , Tan 2S6 avant Jésus-Christ , excités par Arsace, secouèrent le joug de la Syrie, à laquelle ils étaient soumis depuis la mort d'Alexandre le Grand , et formèrent un état particulier et indépendant , dont le chef de la révolution fui le premier roi. ( V. la Chronol. histor. des Arsacides. )

A-neu-près dans le même tems , Théodote se révolta aussi dans la Ikctriane , et de gouverneur qu'il était , se fit roi de cette province. Cet exemple fut bientôt suivi par les autres nations de ce côté- là , qui toutes secouèrent le joug en même tems, de sorte qu'Antiochus perdit toutes les provinces orientales de son empire qui étaient au-delà du Tigre, ( Appian. in Parthïas apud Photium , cod. 58. )

SÉLEUCUS II, surnommé CALL1NICUS.

246. Seleucus, (ils d'Antiochus le Dieu, lui succéda en bas âge, sous la tutèle de Laodice , sa mère. Cette princesse ayant tout le pouvoir en main , crut devoir . pour sa sûreté, l'employer à se défaire de Bérénice , sa rivale. Bérénice informée de son dessein , se sauva avec son fils dans le bourg de Daphné, où des troupes envoyées par Laodice ne tardèrent pas à venir l'assiéger. Les villes d'Asie instruites de son malheur,, firent partir des troupes pour aller à son secours. I,e roi Ptolémée-Evergète , frère de Bérénice , accourut de son côté à sa délivrance. Mais la princesse et son fils étaient déjà immolés à la fureur o^Jrlaodice avant l'arrivée des uns et des autres. Ptolémée , pour satisfaire sa vengeance, parcourut , le fer et la flamme à la main , la Syrie , /sans y rencontrer d'obstacle. Laodice étant tombée entre ses mains, il assouvit sur elle sa vengeance , après quoi il passa FEuphrate, «n soumettant tout à ses lois jusqu'au Tigre. Bieù

DES HOIS S^LEUCiDES Dfi SYRIE. 3ti

ne Veut empêché de se rendre entièrement maître du trône de Syrie*, sans une sédition qui le rappela en Egypte. En partant , il partagea le gouvernement de ses conquêtes entre deux de ses généraux; Antiochus, qu'il mit à la tête des provinces, situées en-deçà du mont Taurus, et Xantippe, qui commanda celles qui étaient au-delà de cette montagne. Il s'en retourna chargé d'un butin immense, consistant en quarante mille talents d'argent avec une quantité prodigieuse de vases d'or et d'argent et des statues , montant au nombre de deux mille cinq cents , dont une partie étaient les idoles d'Egypte, que Cambyse, lorsqu'il fit la conquête de ce pays, avait emportées en Perse. Les Egyptiens, ravis de recouvrer les objets de leur culte , donnèrent par reconnaissance à Ptolémée le surnom d'Evergète ou de Bienfaisant.

. a44 • Séleucus voyant Ptolémée de retour en Egypte , se hâta de faire équipper une flotte sur les côtes de Syrte pour' aller réduire les villes de la Haute-Asie, qui s'étaient révoltées. Mais une violente tempête l'ayant presque entièrement détruite, ce malheur émut de compassion les rebelles, qui, le croyant assez puni , rentrèrent Je plein gré sous ses lois. Il lui restait encore à subjuguer les villes dé l'Asie mineure, qui persistaient dans leur rébellion. L'armée qu'il fît marcher contre elles ayant été battue par Ptolémée , il eut recours à son frère Antiochus, jeune prince de quatorze ans, a qui son avidité féroce avait déjà fait donner le surnom tfHieran ou d'Epervier. Ptolémée voyant qu'il aurait à la fois deux ennemis puissans sur les bras, s'empressa de faire la paix avec Séleucus.

Les villes de Smyrneet de Magnésie , dans l'Asie mineure , conservaient cependant un gran a attachement pour Séleucus. S'étant liguées , elles s'obligèrent à réunir leurs forces pour le soutenir , et firent graver leur traité sur une grande colonne de marbre qui subsiste encore , et qu'on voit à présent dans la cour au théâtre d'Oxford. Les caractères, qui sont des lettres capitales grecques , en sont encore assez lisibles. Ce précieux monument fut apporté d'Asie en Angleterre , au commencement du dix-septième siècle , par Thomas , comte d'Arundel , et donné avec d'autres marbres antiques à l'université d'Oxford, par Henri de Norfolk, son petit-fils. On connaît les savans commentaires qu'en ont fait Selden et Prideaux. Antiochus-Hierax , malgré la paix que Séleucus avait conclue avec le roi d'Egypte , con-

3i* CHRONOLOGIE HlStORlOUS

tinuait ses préparatifs pour faire la guerre au premier t prétért*' dant ne l'avoir entreprise que sous la promesse que Mm' frère lui avait faite de la- souveraineté des provinces de l'Asie mineure. Pour terminer la querelle, on en vinl à une bataille > près d'Ancyre, dans l'Asie mineure. Séleueus y lut défait et n'échappa qu'avec peine du combat. Mais Anti<>chus bientôt après courut un égal danger. Les Gaulois qu'il avait en grand nombre dans son armée, ayant ouï dire que Séleueus était mort dans le combat, s'imaginèrent qu'en se defesant d'Antiochus, ils se rendraient facilement maîtres de l'Asie mineure. Celui-ci averti de leurdessein, vida sa caisse militaire pour les regagner. Kumenes de Pergame (341) profita de la conjoncture pour fondre avec toutes ses forces sur Antiochus et sur les Gaulois. Il le fit avec tant d'impétuosité , qu'il remporta une pleine victoire , qui lui ouvrit toute l'Asie mineure ; mais il ne survécut pas long tems à ce succès, étant mort l'année suivante d'un excès d'intempérance.

Antiochus-Hicrax ayant repris les armes contre le roi son frère, fut si mal mené, que ne trouvant plus de retraite en Syrie, il se vit obligé de se réfugier chez Ariarathe, roi de Cappadoce, dont il avait épousé la fille. Son caractère inquiet et turbulent ne tarda pas à le brouiller avec son beaupère , qui résolut de .s'en défaire. Instruit de ce dessein , le gendre se sauva en Egypte, aup^s de Ptolémée-Evergète , aimant mieux se. remettre à la discrétion d'un prince ennemi de sa maison , que de se fier à un frère dont il avait avec tant d'obstination provoqué le ressentiment. Ptolémée n'en usa pas à son égard avec ^la générosité qu'il avait espérée* L'ayant fait arrêter, il le retint dans une étroite prison durant plusieurs années, au bout desquelles Hierax s'élant évadé par l'adresse d'une courtisane qui le voyait , il tomba entre les mains d'une troupe de voleurs qui l'assassinèrent. C'est aux avantages, quoique peu éclatans qu'avait remportés sur lui Séleueus, que celui-ci fut redevable du litre decalliniqucou de victorieux qu'il se (il donner. (Justin*, l XXY11.)

Arsace, roi des Parthes , avait proûté des troubles qui s'étaient élevés entre les deux frères pour étendre sa domination dans l'Orient. Séleueus, n'ayant plus de frère à redouter, entreprit de réduire les provinces qu' Arsace avait soulevées contre lui (236). Une première expédition lui ayant mal réussi, il en fit une seconde qui fut encore plus malheureuse que la première : car Arsace l'ayant battu, le fil prisonnier, Les Gaulois qui , depuis environ trente ans,

DES ROIS SÉ^EUCIDES DE SYftlft. 3|3

taraient passé THellespont, profitèrent de la captivité de Séleucus pour envahir plusieurs contrées de la Syrie. Arsace cependant traitait ce prince avec beaucoup de générosité. Il semblait disposé à lui rendre la liberté (225), lorsqu'un» chûte de cheval le précipita au tombeau après un règne de vingt ans. (Justin, ihid.) De sa femme Laodice T Séleucus laissa trois enfants, deux fils, Séleucus et Antiochus, avec une fille mariée à Mithridate IV, roi de Pont, auquel elle apporta la Phrygie en dot. ( Voyez Arsace II, roi des Part fies. )

SÉLEUCUS III , surnommé CERAUN US.

225. Séleucus, fils aîné de Séleucus Callinique, lui succéda le titre très— peu mérité de Cerau nus ou le Foudre qu'il s'était donné lui-même. On ignore comment le roi des Parthes lui permit de monter sur le trône. 11 y porta une sauté faible avec un génie très-borné. Heureusement pour lui , Acheus, son oncle maternel , homme de cœur ei de tête . ayant pris en main le maniement des affaires, soutint l'état sur le penchant de sa ruine. Attale, roi de Pergame, s'étant saisi de l'Asie mineure jusqu'au mont Taurus , Séleucus fut obligé de marcher contre lui, accompagné d'Acheus, son oncle, après avoir laissé la régence de la Syrie à un carien , nommé Hcrmias. Mais comme il était en Phrygie , deux de ses premiers officiers se prévalant de la disète qui régnait dans far-? mée , conspirèrent contre lui , et l'empoisonnèrent dans lar troisième année de son règne (223).

ANTIOCHUS III, surnommé LE GRAND.

2^3. Antiochus , frère de Cerau nus . mort sans enfants , fut élu par l'armée, pour lui succéder à l'âge d'environ dix- neuf ans, au refus d'Acheus à qui elle avait offert le trône. Ce prince était alors en Babylonie, où son père l'avait envoyé pour y recevoir son éducation. Le nouveau monarque, après avoir pris possession de la couronne , nomma pour son premier ministre, Hermias le carien , et fit partir pour l'Orient deux frères , appelés Molon et Alexandre , après avoir revêtu le premier du gouvernement de la Médie , et le second de celui de la Perse. Acheus chargé des provinces de l'Asie mineure, continua la guerre contre le roi de Pergame, sur lequel il reprit tout ce qu'il avait usurpé sur l'empire do Syrie.

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