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222. Alexandre et Mol on étant arrivés dans leurs gouverne-* ment s, s'y comportèrent en souverains, sans vouloir reconnaître l'autorité d'Antîochus. Plusieurs gouverneurs particuliers qu'ils avaient séduits, entèrent dans leur révolte, dont le prétexte était la dureté avec laquelle Hermias le carien , exerçait le ministère. Antiochus fait partir une armée pour réduire Molon. Celui-ci , préparé à la bien recevoir, vint au devant d'elle, et l'ayant mis en fuite, s'avance jusque sur les bords du Tigre où >l se rend maître de Ctésiphon, près de Séleucie. De nouvelles troupes envoyées par le conseil d'Hermès, sous la conduite de Xenète, s'avançent jusqu'à Séleucie. Molon, feignant vouloir regagner la Médie, abandonne son camp à l'ennemi, après s'être éloigné d'une journée de cher min. Mais tandis que l'armée de Xenète se livre à sa joie et à la débauche, Molon survient de nuit (221), et en fait un affreux carnage. Ayant ensuite passé le Tigre , il prend Séleucie, et de là va se rendre maître de toute la Babylonie et la Mésopotamie. (Po/yAc, 1. V.)
220. Antiochus, affligé de ces revers, résolut d'aller luimême à la tête de son armée combattre les rebelles. Après avoir pris ses quartiers d'hiver près de l'Euphrate, il passa le Tigre, et campa dans la province d'Apollonie, où l'armée de Molon étant venue à lui, dans le plus bel ordre, semblait menacer ce prince d'une nouvelle défaite. Mais après quelques escarmouches, l'action étant devenue générale, on vît 1 aile droite des rebelles passer tout-à-coup sous les enseignes du roi , et livrer ceux qu'elle abandonnait à la vengeance des Syriens, qui les taillèrent en pièces. Molon ne pouvant survivre à ce malheur, qui lui ôtait toute espérance, se perça lui-même de son épée , et les principaux complices de sa fiévolte imitèrent son exemple. Le ministre Hermias n'avait
E prévu que cette guerre dût finir avec un succès si rae. Le prompt retour de son maître dérangea le plan des igeances et des cruautés qu'il prétendait exercer contre ses ennemis. Désabusé par son médecin, Apollophane , qui l'avait acebmpagné, sur le compte de ce dangereux favori, Antiochus revint dans la résolution de se défaire de lui. L'ayant attiré à part dans une promenade, il le Ht assassiner par des gens apostés, au grand contentement du public. Les femmes d' A pâmée, dans la joie que leur causa cet événe— emm% se jetèrent sur sa femme et ses enfants qu'elles tuèrent & coup de pierres. Jusqu'alors Acheus, oncle du roi, l'avait servi avec le zèle et le désintéressement le plus marqué.
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Ayant fait rentrer sous la puissance de son neveu les provincesJqu'Attalus , roi de Pergame, avait envahies, il en avait été nommé gouverneur. Mais Hermias, par ses procédés violents envers lui, l'avait contraint, pour sa sûreté, de se révolter et de prendre le titre de roi d'Asie. Antiochus, alors occupé du projet de recouvrer les provinces que le roi d'Egypte, Ptolémée Philopator , avait envahies sur la Syrie, crut devoir remettre à un autre tems celui de réduire son oncle. Ayant donc porté vers ces provinces toutes ses forces, il emporta d'assaut Séleucie , et péuétra dans la Célésyrie où Théodote, qui en était gouverneur, lui remit les villes de Ptolémaïde et de Tyr, dont il s'était rendu maître. Une trêve de quatre mois ayant interrompu les hostilités , elles lecommencèrent avec une nouvelle fureur à l'expiration de ce terme. Les deux rois en vinrent à une bataille à Raphia, près de Gaza, où Antiochus fut défait avec uneperte considérable, l'an 217 avant l'ère vulgaire.
216. De retour en Syrie, après avoir abandonné ses conquêtes au vainqueur, il dispose tout pour marcher contre Acheus. Etant entré dans l'Asie mineure , il se ligue avec Attalus, roi de Pergame , et presse tellement Acheus, qu'H l'oblige à se renfermer dans Sardes (21 5). Ce rebelle après un an de siège , s r étant renfermé dans la citadelle , s'y défendait avec Valeur, lorsque * trahi par deux Cretois, il tomba entre les mains d' Antiochus qui lui fit trancher la tête.
21 4- Les perles qu'Antiochus avait faites et celles qu'il était menacé, de faire en Orient , devinrent alors les objets de son attention. Tiridate, fils d'Arsace 1, roi des Parthes , s'était rendu maître de la Médie, royaume le plus puissant de La haute Asie par son étendue et par ses richesses. Antiochus ayant rassemblé toutes ses forces pour en faire le recouvrement , vint à bout d'en chasser les Parthes malgré \ts efforts aue fît Tiridate pour s'y maintenir. Il passa ensuite dans 1 Hyrcanie qu'il réduisit toute entière sous ses lois ; mais il avait affaire à un ennemi qui trouvait dans son génie îles ressources pour se relever Je ses pertes. Antiochus, après lui avoir Jivré divers combats, voyant que la guerre traînait en longueur sans lui assurer de succès décisif, prit.jp parti d'entrer en négociation avec lui. Par accommodement fait entre eux le pays des Parthes et l'Ilyrcanie restèrent
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tenait le plus.au cœur était la Bactriane usurpée par Théodote qui , de gouverneur, s'en était fait souverain , et dont le fils en avait été dépouillé par un autre rebelle nommé Euthydèmc qui s'y maintenait avec valeur et habileté. Antioclius l'ayant attaqué avec une armée formidable, remporta sur lui une victoire complète qui lui mérita le surnom de* Grand» 11 ne put néanmoinschasserde la Bactriane Eothydème avec lequel , après divers autres combats moins heureux, Àntiochus fut obligé de faire un traité de paix dont la principale condition fut qu'Euthydème resterait maître de la Bactriane avec le titre de roi. Euthydèmc ayant présenté son fils Déméirius au roi de Syrie , ce prince le prit dans une telle affection , qu'il lui promit sa fille en mariage. Par reconnaissance le pcre'fit présent à Antiochus de tous ses éléphans, et lui ouvrit la route pour pénétrer dans les provinces d'Orient qui lui restaient a subjuguer. Ta victoire Payant accompagné partout où il se présenta, Antiochus, après une absence de sept ans, revint par l'Arachosie, la Drangiane el la Perse dans sa capitale , où il fit une entrée triomphante.
204. Enorgueilli par ses succès, Antiochus fit une ligue avec Philippe, roi de Macédoine, pour enlever l'Egypte à Ptolémée Epiphanes , jeune prince âgé seulement de cinq ans. Parle traité fait entre eux, Philippe devait avoir l'Egypte avec la Carie, et la Phénicie avec la Cclésyrie devait faire la part d'Antiochus. Ce dernier s'étaot jeté sur les deux provinces qui devaient lui revenir, les attaqua si vivement, qu'en deux campagnes il en fit la conquête (ao3). Tandis que Philippe faisait des progrès à peu près semblables de son côté, Aristomène , régent de l'Egypte , eut recours aux Romains pour leur offrir la tutelle du roi Ptolémée. Le sénat l'ayant acceptée, envoya des ambassadeurs au roi de Syrie et au roi de Macédoine pour les inviter à laisser l'Egypte en, repos (3102). Ces ambassadeurs ayant été mal reçus , Scopas, général des Egyptiens, est etivoyé pour travailler au recouvrement delà Palestine et de la Célésyrie. Les progrès rapides qu'il fait dans ces deux provinces y rappellent le roi de Syrie , occupé alors contre Attalus , roi de Pergame , avec lequel il se hâta de faire la paix a la sollicitation des Romains. S'étant remis en possession de la Célésyrie et de la Palestine, il repasse dans l'Asie mineure avec la résolution de faire rentrer sous ses lois tout ce qui avait appartenu à Séleucus Niuator. Monté sur sa flotte, il te rend maître de plusieurs
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villes maritimes de ce pays et des isles voisines. Il n'épargne pas plus les villes grecques de l'Asie qui étaient dans la jouissance de leur liberté. Nouvelle ambassade de Rome, dont celles-ci avaient imploré la protection , pour sommer Antiochus de rendre la liberté à ces villes, et au roi d'Egypte ce qu'il avait usurpé sur lui. Il consent au premier, de ces articles, et promet de s'accommoder avec le roi d'Egypte. Un faux bruit de la mort de ce dernier s'étant répandu , il se hâla pour aller lui succéder. Désabusé sur la route, il fait voile vers Antioche. Tandis qu'il s'y occupe à délibérer s'il s'engagera dans une guerre contre les Romains , arrive à sa cour le fameux A nui bal , après s'être échappé de Carlhage où ses compatriotes étaient près de le livrer aux Romains (195); il détermine le roi de Syrie à prendre le parti sur lequel il hésitait , et l'exhorte à porter la guerre droit en Italie. Antiochus, néanmoins, préfère de marcher en Grèce, et fait pour cela ses préparatifs. Lorsqu'ils sont achevés , Annibal revient à la charge, et propose d'envoyer au moins une partie de la flotte syrienne sur les côtes d'Italie , pour occuper les Romains chez eux, et les empêcher de transporter toutes leurs forces en Grèce , mais les courtisans s'opposent à ce conseil. Antiochus et les Romains se mettent en route , chacun de son côté , pour se rendre en Thessalie. Les Romains , auxquels se joignit Philippe , roi de Macédoine , attaquent , sous les ordres du consul M. Acilius , les Syriens au détroit des Thermopyles ( 191 ) , et dès le premier choc , les ayant mis en fuite , ils jonchent la terre de leurs corps en les poursuivant. Antiochus s'étant sauvé à Chalcis, dans l'Ëubée, se rend ensuite à Ephèse (190), d'où il mande à ses troupes d'orient de venir incessamment le joindre dans la Chersonèse de Thrace. ( Tite jLive , liv. XXXVI. ) Battu sur mer par C. Livius , il passe en Asie , où l'année suivante il est de nouveau défait par le consul L. C. Scipion et Scipion l'Africain , son frère , a Magnésie , au pied du mont Sipyle , le i5 décembre (190.) Obligé de demander la paix , ses ambassadeurs sont renvoyés à Rome , où l'on confirme les conditions du traité que les vainqueurs lui avaient dicté. (Tite Live, liv. XXXVII. ) Par ce traité , Antiochus renonce à toute prétention sur aucune ville de l'Europe , évacue toute» celles d'Asie, en deçà du mont Taurus, donne pour ôtage son fils Antiochus , et consent à payer les frais; de la guerre. L'auteur du livre des Machabées, I er . livre, chap. VIII, v. 7 et 8 , ajoute que le roi des Syriens tomba entre les mains.
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des vainqueurs , et qu'il ne recouvra la liberté qu'en letir cédant le pays des Mèdes, des Indes et leurs plus belles provinces. Mais les historiens prophanes ne disent rien de ces circonstance.
Dépouillé de l'Asie mineure qui devint le partage d'Eumenés , roi de Pergame , et le prix de son alliance avec les Romains , Antiochus repasse , couvert de honte , en Syrie* 11 s'y occupait à réparer ses finances délabrées , lorsque la manie lui prit d'aller , pour faire ressource , piller le temple de Jupiter Belus , à Elymaïs , où il y avait de grandes richesses* Cette entreprise sacrilège lui coûta la vie ( 16*7. ) Le peuple qu'elle mit en fureur s'étant jeté sur lut , le mit à mort dans m trente - sixième année de son règne , et la cinquantième de son âge. {Strabo* liv. XVI.)
• Antiochus mourut six ans trop tard pour sa gloire. Avant qu'il se fiU compromis avec les Romains , il était regardé comme le monarque de son tems le plus distingué par se* vertus politiques et guerrières. Mais depuis qu'il les eût pro-* voqués, elles s'éclipsèrent et le précipitèrent dans un enchaî* nement de malheurs qui lui firent perdre la plus florissante portion de ses états. Il conserva , néanmoins , au milieu de ses disgrâces 9 le fond de son caractère humain , généreux 9 bienfaisant.
SÉLEUCUS IV , surnom né PHILOPATOR.
187. Séleucus IV, à qui son attachement pour Antiochus le Grand son père, fit donner le surnom de PHILOPATOR, lui soccéda , comme son fils aîné au trône de Syrie. H avait on frère puîné , nommé Antiochus , qui était en ôtage 4 Rome, depuis la paix conclue par son père avec les Romains. 8éleucus , sous ce dernier , avait fait preuve de valeur dans la guerre d'Asie , et avait fait prisonnier sur mer le fils du consul Scipion. Il s'était rendu maître du territoire de Per*^ «ame, dbnt il avait assiégé la capitale. Il avait commandé l'aile gauche ôSe l'armée de son père à la bataille donnée près du mont Sipyte. ( Diodori siculi excerpta. ) Peu de tems après la mort de son père, il maria Laôdice, sa fille, à Persée, fils naturel de Phibppe, roi de Macédoine. Monté sur des vaisseaux rhodiens avec son cortège , la princesse descendit dans l'île de Délos, fameuse par un temple d'Apollon , on elle se distingua par de magnifiques présents qu'elle fit à ta divinité ainsi <iuW habitant*, ôai» la chronologie faku*
DES ROTS SÉLEUCIDES DE STRIE; 3iq.
rtque des Juife , on a parlé de l'ordre qu'il avait donné à Héliodore , surintendant de ses finances , d'aller piller le temple de Jérusalem (176), et de la vengeance miraculeuse que la justice divine exerça sur cet officier. Par le traité de paix conclu entre Antiochus le Grand et les Romains , il avait été dit qu'il paierait chaque année douze mille talents atliques, et donnerait vingt otages qui se relèveraient tous les trois ans , excepté son frère Antiochus 9 qui resterait entre les mains des vainqueurs , tant qu'il leur plairait.
Le roi de Syrie ayant obtenu , vers la fin de son règne f le renvoi de son frère , mit en sa place Démétrius , son tils , âgé de douze ans. Mais il n'eut pas la satisfaction de revoir ce dernier ( 176.) Pendant le voyage que faisaient le premier y pour se rendre à Home , et l'autre, pour revenir en> Syrie, Héliodore profita de l'absence de ces deux héritier* ^ de la couronne pour l'envahir. Il fit périr Séleucus par 1$ poison , après le commencement de l'automne de cette année f la cent trente -septième de l'ère des Séleucides. Il ne régna que onze ans.
* ANTIOCHUS IV, surhommé EPIPHANES.
Antiochus, fils puîné d'Aniiochus le Grand, était k Athènes , lorsqu'il apprit la mort du roi Séleucus, son frère f et l'usurpation qu'Héliodore avait faite de la couronne de Syrie , sans opposition de la part des grands. Pour déposséder ce ravisseur , il eut recours à deux princes étrangers à sa maison, Eumenes, roi de Pergame et Attalus, son frère. Avec leur secours, il vint à bout de chasser Héliodore, et se mit en possession du trône, au préjudice d'Antiochus, son neveu , fils de Séleucus IV. Mais a peine était-il en jouis?sance paisible , qu'il reprit la guerre, suspendue sous le cègne de son prédécesseur , contre l Egypte qui lui redemandait la Phéniciè et la Célésyrie , dont il était en possession.
Les conjectures où il se trouvait semblaient l'inviter à cette expédition. Ptolémée Philometor , roi d'Egypte , était alors en minorité , et (es Romains qui l'avaient pris sous leur pro* tection , étaient trop occupés dans la guerre qu'ils faisaient à Persée , roi de Macédoine , pour faire une*diversion en sa faveur. Ayant donc levé une armée considérable , il entra dans l'Egypte, et rencontra l'ennemi entre Je mont Cas! us et Péluse. Bientôt on en vint aux mains, et la victoire s$ déclara pour le roi de Syrie (17*). Encouragé par ce succès *
ri
il réunit l'année suivante toutes ses forces de terre et de mer, avec lesquelles il revint une seconde fois en Egypte (171). Une nouvelle victoire qu'il remporta plus complète que la précédente , et la modération dont il affecta d user, engagèrent les Égyptiens a venir en foule se ranger sous ses lois. Ce qui donna le plus d'éclat à son triomphe , ce fut l'humanité qu'il exerça envers le roi Ptolémée, qui était tombé entre ses mains. (Mach. liv. I , c. 1. v. 17-10, T. Iw. XLH. Diodor. Légal. Joseph, liv. XII , chap. VI. ) Il se flaiait de n'avoir plus qu'à parcourir toute l'Egypte, d'un bout à l'autre ,
Î>our s'en rendre maître. Mais la vigoureuse résistance que ui opposa la ville de Memphis , dont il fit le siège, changea sa douceur feinte, en violenceouverte. S'étant jeté surles villes d'Egypte qui s'étaient soumises a lui , il les pilla cpmme des. villes rebelles , et en partagea les dépouilles avec ses troupes. Le traitement qu'il lit Tannée suivante à la ville de Jérusalem , après l'avoir emportée d'assaut , surpassa toutes les horreurs qu'il avait commises jusqu'alors (170). {Voyez la chronologie historique de V Histoire- Sainte, )
Ptolémée Philométor restait toujours captif entre les mains d' Antiochus ; les habitants d Alexandrie le croyant perdu pour eux , ou n'espérant pas le revoir de long-tems, le déclarèrent déchu du trône, et mirent en sa place Ptolémée f son frère puîné, qui eut d'abord le surnom d'JI vergeté, et ensuite celui de Physcon, à cause de la grosseur de son ventre. Antiochus feignant de prendre les intérêts du premier, rentre en Egypte, et après un combat naval, où il fut vainqueur, bloque Alexandrie, dont il forme ensuite le siège. Les ambassadeurs de différentes villes de Grèce, s'étant entremis pour négocier un accommodement , il ne leur donna qu'une réponse vague et continua son entreprise. Mais bientôt désespérant de prendre la place, il changea: de dessein et jugea plus à propos de laisser les deux frères épuiser leurs forces l'un contre l'autre, pour se rendre maître ensuite du royaume qu'ils se disputaient. Ce fut dans cette vue , que s'étant retiré à Memphis , il rendit la liberté à Philométor, et fit semblant de le remettre eu possession de l'Egypte , en se réservant Péluse , comme une clé qui lui ouvrait à volonté l'entrée de l'Eçypte. Les deux frères s'apercevant du piège qu'il leur tendait , prirent le parti de se réconcilier , et de s'asseoir ensemble sur le même trône. Antiochus les voyant par là disposés à réunir leurs forces contre lui, rentre plein de fureur en Egypte,
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et commence d'y répandre la désolation ; mais il fut arrête par des ambassadeurs romains, qui , étant arrivés à son camp devant Alexandrie, le somment de se retirer. Sur le délai qu'il demanda pour délibérer, Popilius Lenas , l'un d'entre • eux, avec une baguette qu'il tenait à la main, décrivit autour de lui sur le sable un cercle , exigeant , qu'avant d'en sortir, il rendit une réponse positive. Déconcerté par ce coup d'autorité , il se soumit aux conditions qu'on lui imposa et consentit à évacuer entièrement l'Egypte. On n'en demeura poin^ là ; il fallut encore quelque teins après qu'il rappelât ses troupes de l'île de Chypre , dont les Egyptiens étaient possesseurs depuis un grand nombre d'années.
La fureur que ces humiliations allumèrent dans le cœur d'Antiochus , étant impuissante contre les Komains , il l'exhala, en s'en retournant, sur les Juifs, qui ne lui avaient donné aucun sujet de plainte. Rien n'approche de la persécution qu'il leur suscita pour les contraindre d'abjurer là loi de Moïse et d'embrasser le culte des idoles. Mais tandis qu'il sévissait contre eux par les plus horriblés tourments, il se plongeait lui même dans les plus sales voluptés, et s'attirait également par-là le mépris et la haine du public. Il ne se deshonorait pas moins par ses folles profusions, cjui tournaient à la ruine de ses peuples. Sa cruauté surpassait encore sa passion pour les plaisirs.
Tandis qu'il travaillait à détruire la" religion des Juifs par les supplices les plus cruels , Dieu suscita un vengeur à cette nation , dans la personne de Matathias, prêtre de Modin, vénérable par son âge, sa valeur et sa vertu. Tous ceux qui avaient le zèle de la loi étant venus se joindre à lui , il fondit avec eux sur les Syriens , qu'il mit en fuite, et punit de mort ceux qu'ils avaient obligés d'apostasier. En mourant il laissa cinq fils, tous gens de cœur , surnommés Machabées, dont le troisième, appelé Judas, se signala par un grand nombre de victoires qu'il remporta sur les généraux d'Antiochus ( Voy. la ChronoL histor. de f Hist. Ste.)
Tandis que ce prince s'acharnait à vouloir détruire la nation juive , malgré les pertes au'elle lui faisait essuyer , il reçut d'Orient des nouvelles qui le jetèrent dans le plus grand embarras. Artaxias , roi d'Arménie, s'était révolté contre lui , et la Perse refusait de lui payer les tributs ordinaires. Obligé de partager ses forces, il chargea Lysias , son parent, du soin de réduire, avec une partie de ses troupes, fa Judée, et marcha , avee l'autre , contre le roi d'Arménie. Vainqueur