‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 95 sur 134 · II · texte numérisé non relu

II

3aa CHRONOLOGIE HISTORIQUE

de ce dernier, qu'il fit prisonnier, il entra dans la Perse (if)6. ), où il se (latait de trouver des richesses capables de réparer le désordre que ses prodigalités avaient mis dans ses finances. Il comptait surtout faire un riche butin dans la ville d'Elymaïde, capitale, suivant dom Calmet, du pays d'fclam. Elle était fameuse par son temple de Diane, où l'on prétendait qu'il y avait des richesses immenses. Mais les habitants de la campagne et les bourgeois de la ville, prévenus de son dessein , s armèrent pour la défense de leur temple, et repoussèrent honteusement Antiochus. (164.) Outré de cette disgrâce, il se rendit à Ecbatane, où il apprit , pour surcroit de douleur , les grandes victoires que les Juifs avaient remportées sur ses Généraux Nicanor et Timothée. Transporté de rage à cette nouvelle, il se mit aussitôt en marche pour aller effacer dans le sang de toute la nation juive l'affront qu'il en avait reçu. La diligence que fit son cucher fut telle, que la voiture versa , et de sa chute, le prince eut le corps entièrement froissé. Pour continuer la route, on fut obligé de le mettre sur une litière, dont il ne put supporter long-tems le mouvement, parce qu'à ces maux extérieurs se joignaient des douleurs d entrailles que rien ne pouvait adoucir. Il s'arrête à Tabès sur les frontières de la Perse et de la Babylonie, où il meurt rongé de vers, au commencement du printems, après avoir reconnu , mais par une fausse pénitence , la main de Dieu qui le frappait. (Voy. la ChronoL histor. de Vllist. Ste.) Les historiens profanes s'accordent avec les livres sacrés pour faire de ce prince le portrait lé plus affreux. Sa conduite fut si extravagante, qu'au lieu du nom d'Epiphanes (l'illustre)* on lui donna celui d'il pimanes , qui veut dire l'insensé. Il n'y eut en effet aucun genre de folie auquel il ne s'aban-. donnât.

ANTIOCHUS V, surnommé. EUPATOR.

164. Antiochus V, filsd'Antiochus Epiphanes, devint son successeur à l'âge de neuf ans. Son père, dans sa dernière maladie, l'avait recommandé à Philippe, son ami, dès l'enfance , en le nommant régent de ses états et lui remettant les habits royaux pour les porter à son fils. Mais tandis que Philippe fait transporter à Antioche le corps du roi défunt, Lysias s'empare de la tutèledu jeune prince, qu'il surnomma Eupator , et du gouvernement de la monarchie. Philippe

DES ROIS SÉLEUCIDES DE SYRIE. 3a5

se voyant supplanté , se retire en Egypte, l'asile ordinaire des mécontents de Syrie , comme la Syrie Tétait des mécontents d'Egypte.

j Judas Machabée faisait cependant des progrès en Judée, contre les Syriens et les peûples voisins qui leur étaient alliés. Ptoiémée Macron, gouverneur de la Célésyric et de la Palestine, voyant le succès de ses armes, prit le parli de se réconcilier avec lui. Ce fut un crime impardonnable aux yeux de Lysias. Macron, auparavant, pourvu du gouvernement de l'île de Chypre par le roi d'Egypte , l'avait livrée , par mécontentement, au roi de Syrie. Lvsias se prévalut de sa réconciliation avec Judas pour l'accuser auprès du jeune monarque d'une trahison semblable à celle qu'il avait faite à son premier maître. Dépouillé, en conséquence, de ses emplois, il ne put survivre à sa disgrâce et se donna la mort par le poison. Délivré de cet objet de sa haine, Lysias , à la sollicitation des Juifs apostats , assemble une armée prodigieuse qu'il emmène en Judée pour délivrer la forteresse d'Acra , que Judas assiégeait , et reprendre la place de Bethsura qu'il avait recouvrée. Judas , n'étant point en forces pour faire face à cette multitude , se contenta de la harceler et remporta, sur plusieurs de ses détachements, divers avantages très-considérables. Aux perles qu'il faisait essuyer aux Syriens, se joignit la famine causée par l'année sabbatique où la terre, suivant la loi demeurant inculte, ne produisait rien. Philippe, de sa retraite en Egypte, observant l'embarras où se trouvait Lysias , profita île la conjoncture pour rétablir ses affaires et dépouiller son rival à son tour de Vaulorité qu'il avait usurpée. Etant passé en Perse et en Médie, il y rassembla un corps de volontaires avec lequel il s'empara du palais d'Antioche , où il prit le titre de premier ministre, et s'empara de l'administration du royaume. A la nouvelle de cette révolution , Lysias se hâta de faire la paix avec les Juifs , et ayant emmené Eupator en Syrie , il réussit à dissiper la faction de Philippe. (Mâchai. , 1. 1, c. 6.)

162. Mais une autre révolution plus terrible que celle-ci menaçait en même tems Eupator et Lysias. Démétrius, fils de Séleucus Philopator, et cousin d'Eupator , était en ôtaçe depuis douze ans à Rome, où il sollicitait vainement la liberté de retourner en Syrie. Impatient de ne pouvoir l'obtenir, il s'échappa furtivement de Rome , et reprit la route de son pays. A son arrivée à Tyr, on lit courir le bruit qu'il

était envoyé par le sénat pour prendre possession do royaume de Syrie , qui lui appartenait comme (ils de Séleucus Philopator, frère aîné u'Antiochus Epiphanes. Les troupes, aussi i ô t , se déclarent contre Eu pat or, qu'elles enlèvent da palais avec Lys i as , le régent , et amènent l'un et l'autre à Démet ri us, qui les fit mettre à mort. {Joseph. Aniiq. , 1. XIII, c. 16 ; Justin., I. XXXIV f c. 3.) Eupator n'avait qu'environ onxe ans, et en avait à peine régné deux.

DEMETRIUS, surnomme SOTER.

i6a.nÉMÉTBius, fils de Séleucus Philopator, fut placé sur le trône de Syrie à l'âge d'environ vingt-trois ans. Son règne commença par un acte de justice qu'il exerça contre deux favoris d'Aniiochus Epipbanes, qui vexaient impunément la province de Babylonie. Ayant puni de mort l'un et relégué l'autre , il mérita par-là le titre qu'on lui donna de Soter on tauveur. Le bonheur qu'il eut, peu de tems après, d'enlever a Ptolémée Philometor l'île de Chypre, sembla fortifier cette dénomination. Mais la suite de son règne la démentit. EnHé de ses succès il se plongea dans la débauche , et abandonna le soin de l'état à ses ministres, aussi corrompus que lui. Le mécontentement général qu'excita le désordre des affaires publiques donna lieu à des conspirations qui furent secrètement fomentées par Ptolémée Philometor, auquel se joignirent Atlalus, roi de Pergame, et Ariarathe, roi de Cappadoce. Ces trois princes trouvèrent, dans l'esprit vindicatif et le génie industrieux d'Héraclide, les ressources qu'ils recherchaient pour effectuer leur ressentiment. C'était un homme qui, ayant été favori d'Antiochus Epiphanes, était tombé sous le règne suivant dans la disgrâce, et menait une vie privée dans l'ile de Rhodes, où il s était réfugié. S'étant

Ccertéavec eux, il jeta les yeux sur un jeune rhodien de \e naissance, nommé Rala , pour en faire un personnage capable de détrôner et de supplanter le roi Démélrius. Lui ayant persuadé sans peine de se faire passer pour le fils d'Antiochus Epiphanes , il l'instruisit soigneusement de ce qu'il avait à dire et à faire pour jouer habilement son rôle. Après ravoir ainsi dressé, il le conduisit à Rome avec Laodice*, fille véritable d'Antiochus Epiphanes, qu'il avait mise du complot. Les largesses qu'il fit aux grands à son arrivée , les disposèrent en faveur ae son élève, qu'il présenta au sénat sous le nom d'Alexandre, Il y fut d'autant mieux accueilli,

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