JAYME II
1 291. Jayme IIf ayant appris la mort du roi Alfonse, son frère, quitte la Sicile dont il laisse le gouvernement à Constance, sa mère , et à Frédéric , son frère , se rend à Barcelonne et delà à Saragosse où il est couronné le 6 septembre. Jayme, l'an 1295, épouse , le premier novembre , Blanche , fille de Charles , roi de Naples, en vertu d'un traité conclu au. mois de juin précédent, par lequel il s'engageait à épouser cette princesse, à restituer U Sicile à Cbarles , et à rendre les étages. L'an 1297, Jayme se rend à Rome, et v est bien reçu du pape Boniface VI U, qui célèbre le mariage de Robert, fils de Charles, avec Yolande, sœur de Jayme. Jayme , pour remplir l'engagement contracté par It
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traite île Tan I2g5, équipe, Tan 1298, une grande (lotte, et fait une descente en Sicile, dont il tâche» mais en vaiu , de dépouiller Frédéric. L'an i3oi , Janine tient les états à Sar3gosset et y fait déclarer pour héritier de la couronne l'infant D. Jayme , son (ils. La mort ayant enlevé' la reine Blanche, le 12 novembre i3io, à Barcelontie, le roi Javme II épouse en secondt s noces Maiue, fille de Hugues III, roi de Chypre. Il avait arrêté, l'an i^oc), le mariage de Javme, son fils, avec Eléonore de Caslille. Le jeune prince différait toujours d'accomplir cette alliance. Presse par son père, il cousent enfin, Tau i5ti},*à recevoir la bénédiction nuptiale. Mais il se retire après la messe , laissant sa femme, sous prétexte qu'il était lié par le vœu de religion : il renonce à tous ses droits de succession au trône dan* les états tenus à Tarragoncj et Alfonse , son frère, est reconnu héritier présomp\if de la couronne. L'an i32i , le roi Jayme petd, sur la fin d'avril, la reine Marie, et épouse, eu troisième! noces, le jour de Noël suivant, Elisendp. oe Monc.ada. La noblesse de Sardaignc, mécontente du gouvernement des Pisans , ses maîtres, invita, l'an i~>.n , le roi d'Aragon à venir la délivrer d'un joug qu'elle ne pouvait plus supporter. Javme en avant confère avec les états tenus à Lérida , prit des mesures pour se rendre aux désirs des Sardes. L'an 1325, il leur envoie son fils Alfonse, avec une llotte. Le jeune prince répondit aux vues de sou père. L'année suivante il s'empare d'Iglesias et de Cagliari, après avoir battu les Pisans devant cette dernière place , dont la réduction entraîna celle de l'île. X.es Pisans , affaiblis par leur défaite , consentirent à tenir d* Alfonse la Sardaigne à foi et hommage , pans préjudice de la suzeraineté que le pape prétendait avoir sur cette île. C'était un usage dès-lors établi dans tous les tribunaux de l'Europe , d'appliquer à la question les accusés de crimes dont on ne pouvait avoir autrement la conviction. L'an 1325, les Cortès abolirent ce supplice en Aragon, persuades qu'il était également propre à innocenter un coupable vigoureux , et à faire déclarer coupable un innocent de faible coraplexion. La même année, nouvelle révolte en Sardaigne, contre les Pisans. Les Aragouais viennent au secours des rebelles, et remportent une victoire navale sur les Pisans. La Sardaigne est entièrement soumise aux vainqueurs r.uitiéc suivante. L'an i32~, Javme meurt à Barcclonne , le 3i octobre, extrêmement regretté de tous ses sujets. De Blanchi , Bâ première épouse , il laissa Javme, qui, ayant reuoncé à la couronne, fut grand maître de l'ordre de Calatrava , ensuite de celui de Montèse; et Alfonse, qui lui succéda. Jayme II eut encore deux princes: lJierrc-Raimond et Jean, avec plusieurs princesses : Constance, Marie, Blanche, Yolande et Isabelle,
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toutes marines à de grands princes, excepté Blanche, qui fut religieuse. ( Voy. Jayme I€r, roi de Majorque.)
ALFONSE IV
1527. Alfonse IV, fils puîné de Jayme II, est proclamé roi après les fuue'raîlles du roi, son père, et se fait couronner solennellement à Saragosse , le jour de la Pentecôte 1328. L'an i33i, il fait la guerre aux Génois, dont ses flottes désolent toutes les côtes. Ceux-ci, l'année suivante, ravagent à leur tour les côtes de Catalogne. Le pape se rend, Tan i355, médiateur entre Gènes et l'Aragon ; mais sa médiation ne peut réconcilier ces deux puissances. L'an i556, le 7 janvier, selon Kaynaldi , ou plutôt le 24» selon les autres historiens, Alfouse meurt à Barcclonnc, à l'âge de trente-sept ans, étant né au mois de février 1299. Il avait épousé en premières noces , l'an i3i4# Thérèse d'Enteça. (morte en 1529), nièce du comte d'Lrgel , dont il laissa D. Fcdre, son successeur; D. Jaymc, comte d'Urgcl ; et Constance, mariée à Jayme 11, roi de Majorque £ il épousa en secondes noces, le G février i32g, Eleonore, fille de Ferdinand IV, roi de Castille, dont il laissa D. Ferdinand et D. Juan : Paine fut, à sa naissance, créé marquis de Tortosc. C'est le premier, à ce qu'il parait, qui ait porté le litre de marquis en Espagne; O. Fedre, son cousin, roi de Castille, le lit mourir l'an i358, et traita de même, l'année suivante, la reine Eleonore, sa taule. (Voy. les comtes d'Lrgel.)
DON PEDRE IV, dit LE CÉRÉMONIEUX.
i336- D. Probe IV , fils d'Alfonse IV et de Thérèse, sa première femme, né le i5 septembre i3itj, est proclamé roi dans le mois de janvier, après la mort de son père. Dès qu'il fut sur le trône, il se saisit des terres qu'Alfonse avait données à la reine Eléonore , se fondant sur le serment que ce prince avait fait de ne rien démembrer de ses états. Guerre civile à ce sujet. Le roi de Castille, frère d'Eléonore , lui envoie des troupes sous la conduite de D. Pcdre d'Excrica. Autre contestation qui s'élève au couronnement du roi d'Aragon le jour de la Pentecôte i336. L'archevêque de Saragosse prétend avoir le droit de mettre la couronne sur la tête de ce prince. La plupart des grands s'y opposent. D. Pedre se couronne lui-même, pour ne pas donner lieu de croire qu'il tenait son royaume de l'église. Le pape Benoit XII ne laissa pas de se rendre médiateur entre D. Pcdre et la reine Eléonore, et réussit, l'an i338, à les accommoder. D. Pedre, l'an i33*), reç, oit l'hommage du roi de Majorque ! et va rendre le sien au pape à Avignon, pour la
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Sardaigne. L'entrée solennelle que D. Pedre fit dans Avignon , fut sur le point d'être ensanglantée. L'c'cuyer de D. Jayme , roi de Majorque, ayant donné, par manière d'insulte, un coup de fouet au cheval sur lequel était monté le roi , ce prince mit l'épée à la main , prêt à se venger , et l'on eut bien de la peine à retenir l'effet de sa colère; mais il conserva toujours depuis un vif ressentiment contre le roi de Majorque. Il lui en donna des marques, l'an i543 , par la conquête qu'il fit sur lui des îles de Majorque, de Minorque et d'Ivica, qu'il réunit, le 29 mars de l'année suivante, à sa couronne. Bientôt après, il achève de dépouiller le roi de Majorque, en lui enlevant ses domaines situés au-delà des Pyrénées. D. Jayme fît, l'an i349> une tentative pour recouvrer ses états , et y périt le 25 octobre , laissant nu fils, nommé Jayme, qui fut fait prisonnier. On suivait toujours en Aragon l'ancien calcul a'Es pagne pour les dates* L'an i55o, D. Pedre rend, le 17 décembre, à Perpignan, «me ordonnance par laquelle il défend de compter désormais . les années par l'ère de César , et veut qu'on se serve de l'époque de la naissance de Jésus-Christ. La même année, il fait alliance avec les Pisans contre les Génois, et la suivante, il renouvelle celles qu'il avait faites avec la France, Venise et Ja Navarre. Les Génois ne sont point effrayés de ces traités. L'an i352, ils remportent une victoire sur les flottes combinées d' Aragon et de Venise. Les Aragonais , l'année suivante , prennent leur revanche. Toujours joints aux Vénitiens , ils battent à leur tour les Génois sur mer. Le roi passe en Sardaigne l'an i354 > et soumet les places de cette île, qui s'étaient révoltées. Une prise faite , l'an i356 , sur les Génois , par la flotte aragonaise , sous les yeux du roi de Caslillc, dans un de ses ports, occasionne une rupture suivie d'hostilités entre les deux couronnes. Cette guerre , sans être civile , en eut toutes les horreurs. D'un côté l'on vit les deux frères utérins du roi d'Aragon, D. Ferdinand et D. Juan, qui, depuis long-tems, s'étaient retirés, par mécontentement, en Caslillc , commander les troupes castillanes; de l'autre, Henri de Transtamare, frère naturel du roi de Castille, combattre dans l'armée aragonaise. L'ère vulgaire de l'Incarnation n'était pas encore adoptée dans le royaume de Valence. Elle le fut par les états du pays, assemblés l'an i358. La guerre continue entre la Castille et l'Aragon. L'an \35g , victoire des Aragonais sur les Castillans. On traite inutilement de la paix , entre les deux couronnes , l'année suivaute , dans le congres deTndèle. Elle se conclut enfin Tan i3f)2; mais à peine dura-t-elle l'espace d'un an. Le roi de Castille, excité par le roi de Navarre, avec lequel il s'était ligué, reprend les armes en t563, et tait plusieurs coii«|uêtç$ en Aragon. Son frère,
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Henri de Transtamare , arrête ses progrès dans ce royaume» par ceux qu'il fait eo Castille. L'an 1569, le roi d'Aragon» après la mort de ce monarque, justement nomme Pierre lé Cruel, se met en possession de quelques place» en Castille. H avait dans le même tems une querelle arec le clergé de se* étals, touchant les immunités et privilèges de ce corps. Elle fut apaisée, l'an 13721, par un traité où chacun se relâcha de ses prétentions. La même année, l'infant D. Jean, que le roi , son père, avait créé duc de Gironne, titre qui, depuis, lut affecté aux fils aines des rois d'Aragon, épouse, le 6 juin, Jeanne , dite aussi Marthe, fille de Jean I, comte d'Armagnac, et Martin 9 son frère puîné , donne sa main à Marie Lopez de Lune< L'an 1387, le roi D. Pedre IV meurt, le 5 janvier, dans U soixante -huitième année de son âge, et dans la cinquanteunième de son règne. Son exactitude pointilleuse à faire observer l'étiquette à sa cour , l'a fait nommer Pierre le Cérémonieux. Les Espagnols le regardent comme le Tibère de leur nation, Ambitieux, dissimulé, cruel, il joignait à ces vices du courage , de la fermeté , des connaissances et de l'activité. H avait épousé, i° le 21 juillet i558, Mamk, Mlle de Philippe d'Évreux, roi de Navarre , morte en 1 346 (V. S.) ; 2° l'an i347» Eléonof.e , fille d'/Vlfonse IV, roi de Portugal, morte sur la fin d'octobre 1348 ; 3° Ltonore » fille de Pierre 11 , roi de Sicile., décédée l'an >374» 4° Màrthé , suivant Zu ri ta , qui ne marque point son origiue , morte l'an 1378; 5* Fan i58o ( selon Ferreras) , Sibylle ob Forcia , qui survécut à son époux. Du premier lit , il eut Pierre , mort le jour de sa naissance j Constance , femme de Frédéric II , roi de Sicile $ Jeanne , mariée à Jean d'Aragon, comte d'Ampurias ; Marie, morte jeune : du troisième ht sortirent Jean , qui suit ; Martin , qui viendra après sou ainé ; Alfonse , mort jeune j et Eléonore , née le 20 février i358, mariée à Jean I , roi de Castille : do qna«* trîème, vinrent deux fils, morts jeunes, et Isabelle, femme dé Jacques II , comte d'Urgel.
JEAN I"
i3$7- Jean Itr, fils de D. Pedre et de Léonorc de Sicile, né le 17 décembre 1 j5o , succède à la couronne le 5 janvier. Dès qu'il fut sur le trône, il fit arrêter Sibylle, sa belle-mère, qu'il ;iccusa d'avoir usé de maléfices pour avancer les jours de son époux , et fit mourir plusieurs de ses partisans , qu'il appelait ses complices. On fit grâce de la vie à Sibylle, parce qu'on n'en voulait qu'à ses biens , qui furent, donnés à la nouvelle reine. Jean reconnut le pape Clemeitt VU* en cela moins poli-
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tique que son père , qui avait tonjours flotté enln- les deux cootendauts à la papauté, pour se réserver la liberté d'embrasser l'obédience de celui qui favoriserait ses prétentions sur la Sicile. L'an le roi d'Aragon, ayant la paix chez lui et avec ses voisins, employa ses troupes à réduire la Sardaigne, que les Génois avaient l'ait soulever , et à soumettre la Sicile. Ce prince, Tan i3o,5, poursuivant une louve d'une grandeur extraordinaire, tombe de cheval, et meurt le 19 mai, dans la quarante-cinquième année de son âge, et la neuvième de son règne, sans laisser d'enfauts malcs. Le roi Jean I fut aimé de ses sujets , quoique trop adonné aux plaisirs. Par complaisance pour sa femme , il avait établi à sa cour une école de troubadours, qui versifiaient eu langue limosine Marthe, ou Jeanni , sa première femme, fille de Jean I, comte d'Armagnac , qu'il avait épousée en i3y2, lui donna Jeanne, mariée, en 1591, avec Mathieu, comte de Foix, et Yolande, deuxième femme de Louis II, roi de Naples , duc d'Anjou et comte de Provence. Jean épousa , en secondes noces , Yolande , fille de Robert , duc de Bar , dont il eut un fils , mort en bas âge, La reine Yolande de Bar mourut à Barcelonne, le i3 juillet i4"5i.