‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 136 sur 146 · DES ROIS D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

DES ROIS D'ESPAGNE

édit , contraire à toute idée de gouvernement , fut étendue , lo 10 janvier suivant , à tous les Maures d'Espagne : plus d'un million de sujets laborieux , commerçants et industrieux , quittèrent l'Espagne à cette occasion , laissant des provinces entières de'peu> plées.Xa plupart de ces malheureux fugitifs se retirèrent en Asie et en Afrique. Ils avaient offert à la France de venir habiter les landes de Gascogne ; mais ils furent repoussés par la condition qu'on leur imposa de professer la religion chrétienne. Le duc de Lerme, ministre et favori du roi , s'était fait beaucoup d'ennemis par sa hauteur. L'an 1618 , par leurs manœuvres , il tombo dans la disgrâce et se retire de la cour le 4 octobre. Peu de tems après il reçoit le chapeau de cardinal , qu'il s'était ménagé , pour se mettre à l'abri des poursuites de ses ennemis. Le duc a'Uzéda» son fils et son plus cruel antagoniste , le remplace dans le ministère, et l'état n'en est pas mieux gouverné. Ce qu'il fit de plus, mémorable , ce fut l'achèvement de la grande place de Madrid, commencée en 1617.

La Valteline , soumise aux Grisons , faisait depuis long- tems l'objet de la convoitise du ministère espagnol, parce qu'elle interceptait la communication des deux branches de la maison d'Autriche, située, comme elle l'était, entre le duché de Milan K appartenant à la première, et celui de TyroJ possédé parla seconde. Le duc Je Feria , gouverneur du Milanais, entreprit % l'an 1620, de lever cet obstacle en soulevant les peuples de la Valteline contre les Grisons. Mais il ne le fit pas impunément. La France et Venise * également alarmées de cette révolte par les mêmes intérêts de politique , prennent le parti des Grisons. Dans ces entrefaites Pnilippe meurt le 3i mars 1621, âgé de quarante-trois ans moins quatorze jours , dans la vingt-troisième année de son régne. Ce prince fut la victime de l'étiquette. Etant au conseil , il se plaignit de la vapeur d'un brasier qui l'incommodait d'autant plus qu'il relevait d'une grande maladie. L'officier, chargé du soin d'entretenir le feu , étant absent , personnen'osa remplir son emploi. Cette délicatesse coûta la vie au monarque. A sa mort , il ne se trouva pas un sou dans l'épargne » tant les finances avaient été infidèlement administrées sous son régne qui fut celui de l'indolence» Ce prince donnait à peine une

le roi loi-même, lorsque ce prince spectateur d'un Aulp-àa-fé , plaignit et

Îileura le sort des malheureux livrés au feu par rinqmsiiion. On rapporte, mais e fait n'est p*s certain , que le grand inquisiteur exigea de Ce prince que pour expier xc sentiment d'humanité , qu'il appelait un crime, il <ui en coûtât

Îiuclqacs gouttes de son sang , et que cet homme barbare eut l'andace de U aire taigner , ei de faire couler le sang de son souverain çar la main du bourrcan.

6o$ CnttONOLOCîE HISTORIQUE

heure par jour aux affaires, ce qui laissait aux ministres ou k leurs commis rentière liberté de piller l'état irapunémeut. Philippe III était d'ailleurs de mœurs pures et observateur des pratiques de la religion jusqu'au scrupule. Il avait épousé, le 18 avril i Ikjç), Makgueiute d'Autriche , fille de Charles, archiduc de Oral/ (inorle le 5 octobre 1G11 ), dont il eut plusieurs enfants ; savoir , i° Philippe , son successeur j a° D. Carlos , ne' le 14 septembre 1607 , mort en 1(02 j 5° Ferdinand , né le 17 mai

de son fils qui n'en avait que sept ) j 6* Marie-Anne, qui épousa l'empereur Ferdinand III ; 70 Marguerite , qui mourut à l'âge de sept ans.

Ce fut sous le règne de Philippe III que fleurit Michel Cervantes Saavedra , auteur , eutr'autres productions , du roman de Don Quichotte , qui fit tomber , eu la tournaut finement en ridicule , la fausse chevalerie dont les Espaguols étaient alors en-* télés. (Vojr. Henri IV et Louis XIII, rois de France.)

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