‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 139 sur 146 · VI · texte numérisé non relu

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6lO CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Forto-Bello , ou ils font un bntin immense, et saccagent d'antre* places sans que l'Espagne ose armer contre ces aventuriers. La paix entre cette puissance et la France était mal cimentée, L'an 1672, elles se déclarent la guerre > et Tannée suivante le princa d'Orange est îiommégénéralissune des armées d'Espagne dans les Pays-Bas. Mais sa valeur ne pût arrêter les progrès «les armes françaises Elles eurent aussi des succès marqués dans la Catalogne. La Franche- Comté retomba, l'an 1674» *°u> I* puissance de Louis XI V. La Sicile depuis long«tems gémissait sons le despotisme de» gouverneurs espagnols. Messine lasse de porter le joug odieux qu'ils lui imposaient, leva à )a fin l'étendard de la révolte en 1674 ; et , s "étant donné pour chef le marquis de Trecastagne f elle se mit soifs la protection de la France. Le vice-roi de Sicile assiège cette place Tannée suivante, et ne put empêcher les Français d'y faire entrer des vivres et du secours. Bientôt après leur fl.itte remporte une victoire sur celle d'Espagne à la hauteur de Messine. Le prince de Montesarcbio et l'amiral Ruyter font sur Àgousta, Tan 1676, une tentative qui ne leur réussit pas. Ruyter est encore plus malheureux dans un combat que Duquestie lui livra, le a5 mars de la même année, dans la rade de Païenne : il y reçut une blessure dont il mourut peu de jours après.

Le roi Charles , depuis qu'en 1675 il s'était fait déclarer majeur, avait pris en main les rênes du gouvernement; mais en laissant toujours à la reine , sa mère , une grande influence dans les affaires. L'an 1677 , voyant qu'elle abusait de son pouvoir, il la relègue dans un couvent de Tolède, et nomme D. Juan d'Autriche son premier ministre. D. Juan dans ce poste réforme plusieurs abus , et fait concevoir de grandes espérances qu'il ne soutient pas. Trop d'obstacles s'opposaient à ses vues , et le roi le gênait souvent dans le bien qu'il voulait faire. La paix était nécessaire pour le rétablissement de la monarchie espagnole qui était sur le penchant de sa ruine. Elle fut signée à Nimègue, entre cette puissance et la Fraucc, le 17 septembre 1678. Pour l'obtenir il fallut que la première cédât è l'autre la Franche- Comté avec plusieurs places des Pays-Bas.

Il était tems de marier le roi d'Espagne. D. Jnan n'ayant pin obtenir pour ce monarque l'infante de Portugal , jette les yeux sur la princesse Louise , fille de Monsieur , frère du roi Louis XIV. La demande qu'il en fît au nom de son maître, au mots d'aont 1679 , mt reçue avec joie de toute la cour, excepté de la jeune princesse. Louis XIV la voyant triste , lui dit : Mais je ne pourrais faire mieux pour ma fille. — Ah l répliqua-t-clle , vous pourriez faire quelque chose de plus pour votre nièce ;

DES ROIS D*CSl>AONS. Ci r

elle aspirait à la main du dauphin. Il fallut partir, et le roi d'Espagne étant venu au devant d'elle jusqu'à rUirgos, ils y reçurent la bénédiction nuptiale (i). La mort ravit à l'Espagne , Je 17 septembre delà même année , D. Juan d'Autriche, dans la cinquantième année de son âge. On le regarde comme le dernier des grands hommes de la maison d'Autriche en Espagne.

Toutes les [difficultés n'étaient pas aplanies entre la France et l'Espagne par le traité defriaoègne. L an 1684, ces deux puissances conviennent à Ratisbonue , le 10 août, d'une trêve de vingt ans, mais elle n'en dura que cinq. {F. Louis XIV.)

La santé chancelante de Charles II et la stérilité de ses mariages (car il en contracta deux) donnèrent occasion , sur ta fin de son règne à plusieurs projets dans les différentes cours, touchant sa succession. L'an 1698, Louis XIV et Guillaume III , roi d'Angleterre , négocient secrètement à la Haye un traité de partage de la monarchie espagnole , qui fut signé , le 1 1 octobre,

5er les plénipotentiaires des deux couronnes , et par huit députés es états-géuéraux. Suivant ce traite' , le prince électoral de 3avibre devaitavoir ITspagneetles Indes ; le dauphin, les royaumes de Naptes et de Sicile , avec le Guipuscoa; et r archiduc, le duché de Milan. Charles 11 , de son côté , lait, sur la lin de la. tnéme année , un testament par lequel il institue le prince électoral son héritier universel. {'Mis t. univ.) Mats le jeune prince étant mort le 6 février suivant , les alliés s'occupèrent d'un nonveau traité de partage, qui fut signé à Londres, le 3 mars 1 700, par la France et l'Angleterre , et le 25 du mois à la Haye par les états- généraux. Le 2 octobre suivant, nouveau testament du roi Charles en faveur de Philippe , duc d'Anjou , deuxième fils du dauphin. Le monarque expire le premier novembre suivant , à 1 ige de 59 ans. La branche ainée de la maison d'Autriche finit en ce prince , la monarchie d'Espagne passe à la maison de Bourbon. Charles II avait épousé , r* , comme oh l'a dit, l'an 1679, Marie d'Orléans , nièce de Louis XIV, morte le 12 février 1689 j 2° , l'an 1690 , Marie- Anne dl Nbu- Bourg, fille de Philippe-Guillaume , duc de Neubourg , nuit électeur palatin , morte le 16 juillet 174°* (^OjT* Louis XIV, roi de France.) Telle était l'ignorance et l'inapplication de Charles qu'il ne connaissait pas la moitié de ses possessions. En 1691 , apprenant la prise de Mons, il s'attendrit sur le

(1) Croira-t-on qu'a Madrid , en r^joaiwaoce de ce mariage, on ordonna nn Stmo-Ja-fé , où aa victimes de l'inquisiuoa iureui brîUcVa, ci Ço «aire* cou- UjUiix-ci à diverses peines corporelle*?

malheur de l'empereur qu'il croyait propriétaire Je cette place. L'année suivante , par une semblable méprise, il nlaiçnit le r.)i Guillaume IIL, roi d'Angleterre, sur la prise de Nainur qu'il croyait lui appartenir. m

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