‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 20 sur 146 · VI. m · texte numérisé non relu

VI. m

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rendu en Picardie , fit son entrée à Boulogne le i5 mai «ni* vaut.

On a vu ci-devant que Jacques de Vervins avait subi par arrêt la peine de mort en i549 > pour avoir livré cette place aux Anglais* en 1 547» maréchal de Biez , son beau-père , arrêté avec lui en 1548 » comme complice du même crime , ne fut pas aussi prompt tement juge. Ce ne fut que le 5 août i55i qu'il fut condamué a. perdre la lêtecomme son gendre. Mais le roi suspendit Te* écutioa du jugement et fit conduire le maréchal au château de Loche». Ayant obtenu , quelque tems après , sa liberté , le maréchal vint mourir de chagrin à Paris vers le mois de juin i553 , laissant une mémoire flétrie qui fut réhabilitée , ainsi que celle de Vervins , par lettres-patentes du roi Henri III , données au mois de septembre \5j5.

L'année i55a (N. S.) s'ouvrit par deux édits, l'un pour l'établissement des sièges présidiaux, et l'autre pour l'érection de la chambre des monnaies en cour souveraine. Le roi , ligué avec les princes d'Allemagne par traité fait le 5 octobre de l'année précédente , et ratifié le 5 janvier suivant à Chanibord, déclare la guerre à l'empereur , et fait frapper des médailles sur lesquelles il se donne le titre de vengeur de la liberté germanique. Après avoir laissé la régence à la reine son épouse, il se met en marche le i5 mars, précédé parle connétable, pour aller joindre les princes de la ligue en Allemagne , et sur sa route il s'assure de la Lorraine , dont le jeune duc fut amené en France. Il se rend maître ensuite de Metz,IToul et Verdun. Ces villes faisaient alors partie de l'empire ; mais la France avait sur elles des droits très-anciens et très-bien établis* Arrivé en Alsace f le rot y apprend d'une part que les princes se sont accommodes avec l'empereur par la pacification de Passaw ; de l'autre que la gouvernante des Pays-Bas ravage les frontières de la Picardie. A ces nouvelles il revient sur ses pas vers la fin de juillet. La désertion de ses alliés faisait retomber sur lui seul tout le poids de la guerre avec l'empereur. Pour être en état de le soutenir , il aliène une partie de son domaine, met un impôt de vingt-cinq livres sur chaque clocher , et un autre sur l'argenterie des églises. Le

rement éclairait cependant la conduite des hérétiques. Arrêt 6 août , par lequel il défend les écoles huissonnières > c'étaient des écoles que les Luthériens tenaient daus la campagne, pour n'être pas découverts parle chantre de l'église de Paris, qui présidait aux écoles (lepr. Hénaut). L'empereur avant pacifié l'Allemagne , vient avec une armée de cent mille hommes se présenter devant Metz. Le siège commence le 5i octobre ; mais la ville , quoique mal fortifiée , fut si bien défendue par

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le duc de Guise, que l'empereur, vers la mi -janvier suivant, fut obligé de se retirer avec une perte de plus de trente mille hommes.

Irrite' de PafFront qu'il avait reçu devant Metz , Charles-Quint prend Téroncnnc le 7.0 juin i655 , et fait raser cette ville qui n'a jamais été rebâtie depuis. La prise de Hcsdin suit celle de Térouenne. La guerre, commencée en Piémont dès i55i, continue sans aucun succès de'cisif ; le maréchal de Brissac s'attire l'estime des Pie'montais par l'exacte discipline qu'il fait observer à ses troupes. Paule de Termes se signale contre les Impériaux dans le pays de Sienne, et soumet une partie de la Corse avec le secours du corsaire Dragut-Rais. Mais après le départ des Français, André Doria reprit toutes les places qu'ils avaient conquises dans cette ile , à l'exception de Bonifacio.

La destruction de Térouenne , opération plus digne d'un despote ottoman que d'un empereur chrétien , affectait vivement le roi de France. Résolu d'en tirer vengeance ,* il partage son armi'c en trois corps, qu'il fait entrer, l'an i554 , par trois différents endroits dans les Pays-Bas. Le Cambresis, le Hainaut et le Brabant , sont ravagés en même tems par les Français. Le roi vient lui-même , accompagné du duc de Guise, se mettre à la tète de son armée , et assiège le château de Rcnti , qui incommodait le Boulonnais. L'empereur vole au secours de la place. Gaspard de Tavanncs va au devant de son prince , le i5 août, lui taille en pièces deux mille hommes, et revient triomphant au camp. Le roi l'embrasse, et s'ôte du cou le collier de l'ordre, pour en honorer ce brave homme. Henri, malgré cette victoire, fut obligé le lever le siège de Renti faute de vivres. Nous essuyâmes cette année 1 554 quelques revers en Italie. Le maréchal Strozzi , commandant les troupes françaises , fut défait le 3 août à Marciano, dans la Toscane, par le marquis de Marignan , général des Espagnols, qui fit ensuite le siège de Sienne : la place ne se rendit que le 9.1 avril de l'année suivante, et coûta aux ennemis plus do la moitiéde leurarmée, par la brave défense de Montluc. Le roi créa cette année le parlement de Bretagne, parédit du mois de mars,<W7/if Pdques. Les é'ats de la province tenaient auparavant lieu de parlement, en portaient le nom et en faisaient les fonctions.

Le maréchal de Brissac , quoique négligé et contredit par la cour, uc laissait pas d'avancer en Piémont, et d'y prendre des places. On pensait à transporter le théâtre de la guerre plus foin. Le i5 décembre 1 555 , les cardinaux de Lorraine et de Tournon , s'étant rendus à Rome , y conclurent , avec le pape Paul IV , au nom du roi de France , une ligue offensive et dé-

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fensive contre les Espagnols. L'objet de cette alliance , formée par les intrigues des princes lorrains et des Caratfe , neveux du pape , était la conquête du royaume de Naples , que le pape et le loi devaient partager, lorsqu'ils l'auraient faite en commun. Les plus sages du conseil de Henri désapprouvèrent ce projet ; mais le créait de ceux qui Pavaient suggéré au monarque, étouffa leur voix , et ne leur permit pas de dire librement leur avis. Peu s'en fallut que cette année, ou la précédente, Metz ne retombât sous les lois de l'empire, à la faveur d'un stratagème. Des soldats impériaux , déguisés en cordeliers , entrèrent en grand nombre dans la ville , sous prétexte d'un ebapitre général que ces religieux devaient y tenir. Mais avant qu'ils pussent mettre le feu à la ville , la vigilance du gouverneur découvrit la fraude, et en empêcha l'effet.

L'an i556, le roi, malgré la ligue qu'il venait de faire avec le pape, convient avec l'empereur, le 5 février , d'une trêve de 5 aus , à Vaucelles. Le pape s'en plaint ; et le cardinal Ca rafle, s'étant fait nommer légat en France , vient à bout de la faire rompre. Mais Charles-Quint , dès le lendemain de la signature du traité, s'était démis de ses royaumes en faveur de Philippe , son fils, et le 7 septembre suivant, il abdiqua l'empire en faveur de Ferdinand , son frère. Ce fut donc contre Philippe II , roi d'Espagne, marié dès l'an i554» avec Marie , reine d'Angleterre, que la guerre continua. L'an i55y , le duc de Guise part pour l'Italie au mois de janvier , avec l'élite des troupes et de la noblesse française. Il y lit peu de progrès. Le duc d'Albe , s'étant jeté sur l'état ecclésiastique , il fut obligé de venir au secours du pape , cl bientôt après il fut rappelé en France. La guerre est déclarée vers le même tems à la France par la reine d'Angleterre, femme de Philippe II. Siège de S. Quentin en Picardie, par Emmanuel Philibert, duc de Savoie , à la tête de l'armée espagnole. L'amiral de Coligni s'y était renfermé avec d'Andelot, son frère. Les Frauçais , commandés par le counétable, tentent de jeter du secours dans la place : ils réussissent à y introduire quelques troupes ; mais ils sont tellement défaits en se retirant, qu'il ne reste rien de l'infanterie que quatre - vingts hommes. Le counétable. et presque tous les oiti— ciers-géuéraux , furent faits prisonniers , le duc d'Enghien blessé à mort , la fleur de la noblesse détruite. Au bruit de ce funeste événement, arrivé le 10 août, Paris tremble, et la France se croit à la veille de sa perte. Charles-Quint, en ayant appris la nouvelle dans sa retraite , demanda si son fils était à Paris. Le duc de Savoie et tous les cbefs de l'armée ennemie» e'taicnt effectivement d'avis de marcher droit à cette capitale ;

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mais ils manquèrent l'occasion. Philippe, <jui avait été occupé à orier Dieu dans sa tente avec deux cordehers pendant la bataille , n'ayant pas voulu laisser S. Quentin derrière lui. Coligni continua de s'y défendre , et la place ne fut emportée qu'au onzième assaut donné le 37 août. Après cette expédition , les Espagnols prennent le Catelet , Noyon par surprise, et Chauni, tandis que les Anglais se rendent maîtres de Ham. Le duc de Guise , rappelé d'Italie, chasse de Bresse le baron de Polleville, campé auprès de Bourg avec plus de vingt mille hommes, et fait échouer ses desseins sur Lyon. Il semble que la France attendait le retour de ce prince pour réparer ses pertes. A son arrivée à la cour, il fut créé lieutenant-général des armées > titre équivalent alors à celui de généralissime ; il ne tarda pas à s'en montrer digne par un exploit éclatant. L'an i558 , étant venu camper inopinément le 1 janvier devant Calais , il emporte d'assaut la citadelle, et oblige le gouverneur à rendre la ville par capitulation le 8 ou le 10 du même mois. C'est le plus bel exemple de surprise de place qu'il y ait eu dans tout le cours du seizième siècle. Guines , peu de jours après, subit le mémo sort avec tout le pays d'Oie, par la>alcur de Gaspard de Tavannes. Tous les bourgeois de même que la garnison furent mis hors de l'une et de l'autre places. C'est ainsi que les Anglais maîtres de Calais depuis 1 547» f(ircnt entièrement chassés de la France , sans qu'il leur y restât un seul pouce de terre. La jeune reine d'Ecosse et le dauphin étaient parvenus alors l'un et l'autre à l'âge d'accomplir leur mariage. Il fût célébré le 24 avril i558, et c'est à raison de cette alliance que le prince fut appelé, du vivant de son père , le roi dauphin. Le a5 juin , le duc de Guise prend Thionville après dix-sept jours d'uu siège qui coûta la vie au maréchal Strozzi. Lorsque le courrier, chargé d'apporter au roi la nouvelle de cette prise , arriva , « sa majesté se » faisait lire les présages de Nostradamus , et en était à ceux a du jour de devant : il y avait pour le lendemain ville rendue. » On dira (avec raison) que se sont des rêveries, dit Montluc ; » mais si ay-je vu plusieurs telles choses de cet homme ». Le bâton de Strozzi fut donné, quatre jours après T à Paule de Termes. Le nouveau maréchal investit Dunkerquc le 1 juillet , et l'emporte d'assaut le quatrième jour. Il se rend maître ensuite de Bcrghes-Saini-Vinox , et court jusqu'à Nicuport. Le comte d'Egmontlui livre bataille , prés de Gravclines , le i3 Juillet. Un événement imprévu décida du sort de cette journée. Tandis ([ne les deux armées combattaient avec un courage et uu avan* tage égal , douze navires anglais croisaient sur la côte. Au bruit du canon et à la faveur de la marée , ils entrent dans la rivière , et canotaient aussitôt les Français : les rangs Couvrent, tout plie,

CHRONOLOGIE HISTORIQUE le maréchal est fait prisonnier. ( Pinard. Chr. Mil. ) Au mois d août , les deux armées de France et d'Espague étant campées dans le voisinage lune de l'autre, le duc de Nemours, qui était loSé àPéquigni avec la cavalerie légère, part de nuit, s'avance en silence yexs le camp de eunemis , tue les sentinelles , pe'netre jusqu'au parc de rartillerie, renverse les tentes , après eu avoir coupé les cordes , et ayant mis le désordre et jeté l'épouvaute dans toute l'avant-garde il revient heureusement à sou quartier.

Le connétable était toujours retenu prisonnier chez les Espagnols. Au commencement d octobre i558, il est remis en liberté «ur sa parole, et vient trouver le roi , qu'il dispose à la paix après en avoir concerté les principaux articles avec l'Espagne. Marie, reine d'Angleterre, îa désirait aussi. Les conférences sur cet objet, s'ouvrent le i5 du même mois, à l'abbaye de Gercamp, près de Hesdin. Les plénipotentiaires des puissances belligérantes se rassemblent, sur la. fin de janvier i55q, à Cateau- Cambrésis. La paix y est signe© le a avril , avec l'Angleterre , et le lendemain avec l'Espagne , aux coudrions suivantes : la reine d Angleterre cède, pour huit ans, Calais à la France, qui la toujours gardé ; Henri et Philippe se rendent mutuellement toutes les villes prises de part et d autre. Les Guises, ennemis du connétable, lui reprochèrent, non sans fondement, d'avoir lait perdre au roi, par ce dernier traité, ce que les armes espagnoles n'auraient pu lui enlever après trente ans de succès. Ou rendit aussi au duc de Savoie une partie de ses états. Par le même traité de paix , furent conclus les mariages d'Elisabeth , fille du roi de France , avec Philippe II , et de Marguerite , sœur du premier, avec le duc de Savoie. Les fetes que Henri donna a 1 occasion du premier de ces deux mariages , qui fut cé-

1 l'îi? J'Um par Ie ,1,luislerc J* cardinal de Bourbon, le duc dAlbe représentant le roi d'Espagne, devinrent funestes a la Frauce. Le 29 du même mois , à l'issue d'un magnifique tournoi dressé par son ordre dans la rue de Saint-Autoine, et dans lequel il l'emporta , par sou habileté , sûr les autres tenants* il voulut rompre encore une lance avccMontgommeri, capitaine des gardes écossais. Cet officier , forcé d'accepter le combat > cul le malheur de blesser le roi un peu au dessus de l'œil gauche. Henri mourut de cette blessure , le 10 juillet, au palais des lournclles, à l'âge de quarante ans, trois mois et onze jours , après un règne de douze ans , trois mois et onze jours ( 1).

«vL'\ ?r,,nt.ôme (Vjc «fc* Hommes ///., T. 7, p. 57 ), rapporte que ce prince « tuai un mer »oa horoscope co preseneç du coonciable Anne de Monunorenci,

Son corps fut porté à Saint-Denis. Un> mois avant sa mort, il avait donné un édit à Ecouan contre les Luthériens , qui fut enregistre, sans délai, dans les sept parlements; (il n'y en avait pas alors davantage ) . S'étant ensuite transporté luimême au parlement de Paris , il avait fait arrêter cinq conseillers suspects a hérésie , et ordonné qu'on instruisit leur procès. Sa mort suspendit le jugement. Ce prince avait une force et une adresse merveilleuses pour les exercices du corps ; il était doué pareillement d'excellentes qualités de cœur et d'esprit ; mais elles furent obscurcies par l'ascendant que prit sur lui Diane de Poitiers, duchesse oc Valentinois, sous laquelle tout était obligé de plier. Les dépenses excessives que cette favorite , et ceux qu'elle protégeait, lui firent faire, l'obligèrent à surcharger le royaume d'impôts qui ne servirent qu'a les enrichir. Sa prodigalité fut telle, qu'à sa mort, la couronne se trouva endettée de quarante-deux millions. Le goût de la bonne littérature se perdit sous son règne , et fit place à l'esprit de galanterie , qui ne produisit que des romans et des poésies lascives. Henri laissa de Catherine de Médicis , qu'il avait épousée , comme on l'a dit, en 1 533, François qui suit; Charles-Maximilien ( depuis Charles IX ) ; Edouard-Alexandre , qui fut Henri III; Hercule (nommé depuis François), doc d'Alençon, né le 18 mars 1 554 j Elisabeth , née le i5 avril i545, et mariée à Philippe II , roi d'Espagne ; Claude , née le 1 a novembre i547> mariée à Charles II , duc de Lorraine ; et Marguerite, duchesse de Valentinois , née le 14 mai i55a , mariée à Henri, roi de Navarre, depuis Henri IV, roi de France. Henri eut encore deux enfants naturels , Diane d'Angoulême > mariée à Horace Farnèse, duc de Castro , puis à François de Montmorenci , fils du connétable ; et Henri , grand-prieur de France , gouverneur de Provence, et amiral , tué par le comte Àltoviti , le a juin i586.

Henri II réduisit à quatre les secrétaires d'état , qui étaient an nombre de douze depuis le règne de Charles VI , et leur attribua séparément un certain nombre de provinces , dont chacun en

on lui prédit qu'il serait tuc en duel; il ajoute que le roi se tournant vers Montmorenci, lui dit: voy'es mon compère , quelle mort ni 'est présagée. ... Ah sire! lui répondit le connétable d'un esprit mâle et solide, votdes-vous croire ces marauds qui ne sont que menteurs et bavards ? Faites-moi jeter cela au feu... Pourquoi , reprit le roi, ils disent quelque fois vrai; d'ailleurs , y aimerais autant mourir de ce genre de mort que d'un autre , pourvu que je mettre de la main d'un brave homme. En même lente, sans avoir égard au rnoteil du connétable , il ordonna a M. de l'Aubépine, secrétaire d'état, de conserver cet horoscope. Le counciable en rentrant chez lut après le funeste tournoi dont il avait clé témoin , envoya prier l'Aubépine de lui apporter cette prédiction. Hélas , dit-il fondant en larmes après 1 avoir lue , voilà le duel •4 1/ devait mourir { c'en est fait , il tst mort*.

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particulierexpédiait toutes les affaires. Ce règlement , qui est du i«r avril 1 547 > leur donne le titre de secrétaires des commandements et finances.

Le 8 août i548, Henri II donna un e'dit portant que l'effigie du roi sera désormais empreinte sur la monnaie , au lieu de la croix, trop facile à contrefaire par les faux monnaveurs. Ce fut sous le même règne que Nicolas Bliot, tailleur géne'ral des monnaies, inventa le balancier pour la perfection de son art ; mais cette invention ne prit pas faveur en France , et l'Angleterre seule en profita. Les Français demeurèrent attachés à l'ancienne manière de frapper la monnaie jusqu'au commencement du règne de Louis XIV, et le chancelier Séguier eut alors besoin de toute son autorité pour faire recevoir la pratique du balancier. Un autre usage relatif à la monnaie s'introduisit plus facilement sous le règne de Henri H : ce fut celui de mettre sur chaque pièce Tannée de sa fabrication, et le rang que le roi , dont elle portait l'image, tenait parmi ceux de son nom. On voit cependant, sous les deux règnes précédents , quelques monnaies où le millésime est marqué. Le marc d'or valait 172 livres , et le marc d'argent j 5 livres , du tems d'Henri IL

En i555, l'évêque de Paris, autorisé par une bulle de Jules III, ayant voulu permettre l'usage des œufs en carême, le parlement s'en scandalisa , et , sur le réquisitoire des gens du roi , empêcha l'exécution de la bulle du pape et du mandement de l'évêque. ( Le et. des Liv. Fr. de M. le marq. de Paulrai. )

Cette même année est l'époque de la formation des églises prétendues réformées en France , et ce fut à Paris que la première fut établie. Sur le modèle de celle-ci , il s'en forma d'autres presque incontinent, à Mcaux , à Poitiers , à Angers et à l'île d'Alvert, en Saintonge. La contagion gagna si rapidement qu'au bout de deux ans on comptait déjà cinq ou six de ces églises dans l'Orléanais.

Deux edits , qui font encore aujourd'hui loi dans l'état , datent de l'an i556 j le premier est contre les mariages clandestins , qu'il déclare nuls -, le second contre les filles et les femmes qui détruisent leur fruit : la peine de mort est décernée contre ces mères dénaturées.

La magistrature entra pour la première fois dans l'assemblée des états-généraux , à l'occasion de ceux qui se tinrent en i558 , au parlement , afin d'obtenir un subside extraordinaire. Elle n'y a jamais reparu depuis.

Ce fut Henri II qui se réserva le privilège exclusif de la vente du sel, qu'il mit eu ferme. ,

L'université de Reiras rapporte à la deuxième année du règne de ce prince sa fondation, dont elle est redevable au zèle du cardinal de Lorraine.

L'établissement des banquiers expéditionnaires en cour de Rome, remonte à Tan i55o. Il est énoncé dans l'édit que le roi donna cette année contre les petites dates.

« La communauté des clercs du parlement de Paris , établie *» en i5o5, et connue sous le nom de Basoche, s'étant offerte »» au roi Henri II, en 1548, au nombre de six mille , pour ser- » vir dans l'armée qu'il envoyait contre les révoltés de Guienne, » sous les ordres du connétable de Montmorenci , ce seigneur, » pour la récompenser de sa fidélité , obtint du monarque , pour a la Basoche, le droit de faire couper dans les bois du roi tels »» arbres qu'elle voudrait, pour servir à la cérémonie du plant de » mai dans la grande cour du Palais.» La Basoche jouit encore » de ce privilège », (M. le marquis de Paulmi , Vie privée des Français. )

FRANÇOIS II , not dé France et d'Écosse.

i55g. Fbançois II, né, le 19 ou 20 janvier 1 544 («N. S. }, au château de Fontainebleau , succéda , le 10 juillet i55q , à Henri II, son père, et fut sacre, le 18 septembre suivant, à Reims. Il était déjà roi d'Ecosse, comme on l'a dit, par son mariage avec Marie, fille de Jacques V, roi d'Ecosse , et de Marie de Lorraine, sœur des Guise. Dès les premiers jours de son règne, le jeune monarque se décharge du gouvernement sur la reine sa mère et les Guise ; il donne au duc de Guise le commandement des armées , et fait le cardinal de Lorraine premier ministre d'état. Le connétable de Montmorenci fut laissé à l'écart. Les princes du sang furent pareillement exclus de l'administration des affaires , à laquelle ils n'avaient dans le fond aucun droit; mais. ils continuèrent d'être admis au conseil, suivant le privilège qu'alors on croyait attaché à leur naissance. Nul d'entre eux ne fit d'abord éclater son mécontentement , et les Guise , au commencement , n'éprouvèrent de leur part aucune contradiction. Le cardinal, en entrant dans le ministère, trouva l'état chargé de quarante-deux millions de dettes, somme* exorbitante pour ce tems là. Dans le dessein de l'acquitter, l'une de ses premières opérations fut de suspendre le paiement des pensions ; et comme il se vit bientôt obsédé d'une foule de solliciteurs, pour s'en défaire, il fit publier, à son de trompe, un ordre du roi qui leur enjoignait de s'éloiguer de la cour dans vingt-quatre heures, sous peine de la vie : expédient ridicule,

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