‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 74 sur 146 · VI. • M · texte numérisé non relu

VI. • M

CHR. HIST, DES ROIS VIStGOTHS d'àQCITÀINE ,

» étaient dun caractère trop dur et trop violent pour s'accou^ » tumer à porter le joug des lois civiles, et après avoir du» » autre côté fait réflexion au un état où les lois civiles ne sont p pas respectées par tous les sujets ne peut subsister , j a*. 9 senti que mon salut et ma gloire consistaient à employer » les armes des Goths pour rétablir et même augmenter encore) » V empire Romain. Dès que je ne saurais venir à bout d'en)

• changer la constitution , je veux en être le restaurateur , et » que V avenir me célèbre en cette qualité. Voilà , poursuit

* Orosc , ce qui fit suspendre au roi Ataulphe toutes sortes » d'hostilités, et rechercher la paix. Son épouse Placidie , qui » joignait un esprit perçant à beaucoup de religion , n'avait pas W peu contribué à le faire entrer dans ces sentiments pacifi- » ques ». (Hist., /. 7, c. 29). Le général Constance, le voyant si bien disposé, n'eut pas de peine à lui persuader d'abandonner la Narboiuiaise, et d'aller s'établir en Espagne, où les dissensions qui régnaieut entre le< Barbares , maîtres du pays , lui promeltaient des conquêtes faciles. La princesse Placidie, en arrivant ■avec lui à Barcelonue sur la fin de l'an 4' 4» accoucha d'un fils qui fut nommé Théodose. Ce jeune prince mourut peu de teins après , et fut enterre dans un cercueil d'arpent. Ataulphe ne lui survécut pas long-tems, ayant clé assassiné sur la fin d'août ou au commencement de septembre de l'an 41 5, par un de ses domestiques qui voulait venger la mort d'un seigneur goth , sou ancien maître, tué par Ataulphe.

Les Visigoths en Rétablissant dans les Gaules prirent les deux tiers des terres. La loi chez eux admettait les biles à succéder aux terres avec leurs frères : les femmes furent capables de suo» jeeder à la couronne.

SIGÉRIC.

4 1 5. Sig£ric , frère du général Sa ru s , monta par brigue et par îfiolence sur le trône vacant des Visigoths. Comme il était ennemi mortel d' Ataulphe, il fit mourir les six enfants que ce prince avait eus de sa première femme » et maltraita fort Placidie , qu'il eut l'indignité de faire marcher à pied avec les autres captif devant son cheval , l'espace de douze milles. Sa cruauté ne fut pas long-tems impunie, et les Visigoths se défirent de ce tyrau le septième jour de son règne.

VALLIA rkcne a Toulouse.

4i5. VAtâLtA , beau-frère d' Ataulphe, fut élu roi des Visigoths après la mort de Sigéric, et lit la paix avec les Romains au

vBB EÀT GAULE NARfiONNA-IHt ET D'fifPÀGNE. 44$

commencement de l'an 41 6. H remit à l'empereur Honorius la princesse Placidie , qu'il avait toujours traitée *avec beaucoup d'honneur. Valha après avoir combattu en Espagne en faveur des Romains , contre les Vandales , les Suèves et les Alains , repasse les Pyrénées sur la fin de Tan 4'8, ou plutôt au commencement de l'an 419, en verlu d'un traite par lequel l'empereur Honorius céda aux Visigoths l'Aquitaine , depuis Toulouse jusqu'à l'Océan. Jl paraît que le Toulousain, l'Agénois , le Bordelais, le Périgord, la Satntongc, l'Aunis, l'Angoumois et le Poitou , tombèrent sous leur pouvoir. La ville de Toolouse devint alors la capitale de l'empire des Visigoths , et le fut sans interruption pendant quatre- vîngt-neuf ans. Valha mourut peu de teins après son établissement dans les Gaules , ne laissant qu'une fille; elle épousa le gémirai Ricimer, Sueve de nation, fameux par la destruction de l'empire d'Occident, dont il fut lai véritable cause.

THÉODORIC ou THÉODORET règne a Toulouse.

419 ou 420. Th£odoric T, appelé par les anciens Theuoo 9 Théodore, Throdorit et Throdoridf , succède à Vallia par le choix des Goths. L'an 425 . les Visigoths rompent la paix avec les Romains et assiègent Arles. Mais Aëce étant accouru au secours de la place , ils lèvent le siège et sont battus dans leur retraite. L'an 429 ou 43° * les Visigoths font une nouvelle tentative sur Arles, qui ne réussit pas mieux que la première; Théo* donc est obligé de faire la paix avec Valentinien Ifl. Elle ne fut pas durable. Théodoric, l'an 456, profitant de Téloigncment du général Aëce, recommence la guerre. Après s'être rendu maître des places qui sont entre Toulouse et Narbonne, il assiège celle dernière avec toutes ses forces et toutes ses machines de guerre. Les assiégés firent la plus constante et la plus» vigoureuse défense. Mais pressés par la faim , ils étaient sur le point de se rendre, lorsque Litorius, commandant des troupes romaines sous Aëce , arrive à la tête d'un corps de cavalerie , passe sur le ventre aux assiégeants , entre dans la place et la ravitaille avec des sacs de blé que ses cavaliers avaient apportés. Les Visigoths continuèrent cependant lo siège; mais ils le levèrent enfin à là persuasion d'Avitus. L'an 4^0, les Romains les attaquent à leuf tour. Litorius , à la tête des Huns , que le général Aëce avait retenus au service de l'empire, fait le siège de Toulouse. Théodoric, ne pouvant obtenir la paix , qu'il demande a Litorius , et s* voyant réduit à la nécessité de vaincre ou de mourir, implore le secours du ciel , taille en pièces l'armée de Litorius , et le fait prisonnier lui-môme. Cette victoire , oktenue l'an 439, par les

444 CHR« H,ST' DKS noIS VISIGOTHS D'AQUITAINE,

prières de saint Orcns, évêque d'Auch, fut suivie d'un nouveau traité de paix entre Valentinien II! et Tliéodoric, traité par lequel il y a apparence que la Novempopulanie demeura aux Visigolhs. Ivan 45i , Théodoric, avec ses deux fils aînés, Thorismond et * Théodoric , joint au général Aëce , attaque les Huns, qui assiégeaient Orléans , les défait, et oblige Attila de prendre la fuite. Ayant suivi le général romain à la poursuite de ces barbares , il eut grande part à la célèbre bataille donnée contre eux la même année , près de Méri-sur-Seine , bourg à quatre lieues au-dessous de Troycs : mais il y perdit la vie. « Ce prince , avancé eu âge, » mais plein de feu et de vigueur, couraut de rang en rang pour » animer les soldats, fut abattu de cheval et foulé aux pieds de 5) ses cavaliers. Ce fut un omeier ostrogoth nommé Aadge , de la » rare des Amales, qui le perça d'un dard » (Le Beau.) Tliéodoric laissa en mourant, outre les deux fils qu'où vient de nommer* , fjuatre autres fils , Frédéric, Euric , Rotemer et Hirnmeric, avec deux filles , dont Tune était mariée à Récbiairc, roi desSuèves de Galice, l'autre avec llunéric, fils aîné de Genséric, roi des Vandales , qui, après lui avoir fait couper le nez , l'avait renvoyée à 'l'héodoric.

THORISMOND regxe a Toulouse.

45 1 . Thorismond, fils aîné de Théodoric, fut élu roi, par l'année des Visigoths, le lendemain de la bataille de Méri, après que la cérémonie des funérailles de son père fut achevée. Aussitôt il marcha vers Toulouse par le conseil d'Aécc qui voulait se défaire de lui et s'emparer seul des riches dépouilles des Huns. Aece , pour arrêter les plaintes du roi visigoth sur le partage des dépouilles, lui envoya un bassin d'or, garni de pierreries , qui fut conservé dans le trésor des successeurs de Thorismond. Sisenaud, seigneur .visigoth , offrit ce bassin au rot X)agobert , Tau G^o , pour obtenir de lui du secours contre Stiui'iU, qu'il voulait détrôner. Thorismond fut assassiné , Tan 457>, sous le consulat d'Opilion, par deux de ses frères , Théodoric et Frédéric.

ThorisMinnd et ses frères eurent pour maître de grammaire et d'éloquence le rhéteur Avitus, que les Goths élevèrent dans la suite à l'empire.

THÉODORIC II nèo ne a Toulouse.

4T». Théodoric II, frère et meurtrier de Thorismond , loi succède et vit en paix avec les Romains. L'an 4^5 , il reçoit le célèbre Avitus , envoyé par l'empereur Maxime pour lui demander

DE LA GAULE NARBONNAISE ET d'kSPAGIn'E. 44^

c!u secours y il lui donne audience le 10 juillet , lui fait prendre la pourpre , le déclare empereur romain , sur la nouvelle que 3Yîaximc avait été tué , et lui promet de l'aider de toutes ses forces. L'an 456 , Théodoric fait la guerre aux Suèves d'Espagne , en faveur d'Avitus, et gagne , le <> octobre , une grande bataille contre Kéchiaire. Au retour de cette expédition, Theodoric, pique de la déposition de l'empereur - Avitus , auquel il était attache , pense à profiler des troubles de l'empire, et à faire des conquêtes à son profit ; ce qu'il exécute tant au-delà qu'en-deçà des Pyrénées. II en l'ait d'assez rapides; mais elles sont arrêtées , l'an /jOi), devant Arles , où Théodoric est défait , et oblige' de lever le siège. L'an 462, la ville de Naibonnc, qui depuis près de six siècles servait de boulevard aux Romains dans les Gaules contre leurs ennemis , est livrée aux Visigolhs par le comte Agrippin , avec une grande partie de la Narbonnaisc. Le succès de celle trahison donna lieu à Theodoric d'étendre ses conquêtes et de les pousser jusque vers la Loire. Biais le comte Gilles , maître de la milice dans les Gaules , étant venu l'attaquer eu 465, près d'Orléans, entre la Loire et le Loiret , gagna sur lui une grande bataille où il perdit Frédéric , son frère , on son proche parent, avec un grand nombre des siens. Le vainqueur se préparait à de nouvelles expéditions contre les Yisigolhs, lorsque ceux-ci désespérant de lui résister , le tirent périr en 4^4 par le poisoti à l'irisu de leur maître. Alors tout plia devant eux dans les lieux où ils se présentèrent. Theodoric n'eut pas une /in moins Iragique , «pic le gênerai romain, dont ses sujets l'avaient si lâchement < défait. Ce prince fut assassiné , l'an 4*>6 , au mois d'août, par son frère Furie, dans la quarantième année de son âge, après un règne de treize ans. Sidoine Apollinaire fait un éloge magnifique de la puissance et de la politique de ce prince. Voici ce qu'il écrivait de Bordeaux , où Theodoric tenait alors sa cour : <« Je suis , dit- il p (Liv. vin, ch. ?.), depuis deux mois à Bordeaux, où je n'ai » encore eu qu'une audience de Theodoric ; mais s'il me donne » si peu de tems , c'est qu'il ne lui en reste pas beaucoup à Im- » même , au milieu des occupations sans nombre que lui donne v l'univers subjugue ( par son vaste génie On voit ici les Sa*ons » et les Sicambres qui s3v rendent en foule pur recevoir ses » ordres. On voit se promener dans cette ville les Hérulcs, qui » habitent à l'autre extrémité de l'Océan : les Bourguignons fléî) dussent le genou devant Theodoric, pour qu'il leur permette » de vivre eu paix. Les Oslrogolhs , fiers de sa protection, » prennent des forces, pressent les Huns, leurs voisins, et » achètent le droit de se révolter contre eux par les hommages » qu'ils rendent aux Visigoths. Les Romains eux-mêmes atlen- « dcul de lui leur salut; et si l'on entend gronder quelque orage

44^ CH*. HIST. DE5 ROIS YISIGOTHS D^AQtJltÀTKk ,

» «ans le Nord, c'est la protection de Théodoric quel'on implore?

* coutre les bandes scythiques* C'est la' Garonne qui défend 1er

9 faible Ti^re. Le Partne lui-même, le fier Arsacide, sollicite et

» achète son alliance. Il oublie ici qu'il est parent du* soleil et

» des étoiles, et joue le rôle d'un mortel ordinaire, lorsqu'effrayé

» des préparatifs qui se font sur le Bosphore , il s'attend à chaque

» instant d'être forcé derrière les bords escarpés de PEupbratc.

» Voilà de (H1oi Théodoric est occupé, et ce qui l'empêche de

» me donner audience ».

EURIC REGNE A ToiTLOFSE.

465. Euric ou Everic , succède à son frère Théodoric IT , après l'avoir assassiné. Le royaume des Visigoths était alors trèspuissaot et très-étendu , par les conquêtes de Théodoric , et par l'acquisition de la première Narbounaise , qai commença alors è être appelée Septimanie , parce qu'elle renfermait sept cités ou diocèses (comme on appelait Novcmpopularaie la troisième Aquitaine , parce qu'elle contenait neuf peuples dans son étendue ) r elle fut aussi appelée Gotbie , et eut encore divers autres noms. Euric éleudit lui-même beaucoup la domination des Visigoths par ses exploits, tant au-delà qu'en-deçà des Pyrénées. L'an 470. il cotre dans le Berrt, menace Bourses, et défait Riolhimc, qui était venu au secours de cette ville a la tête de douze mille Jîretons. Euric ne se rendit cependant pas alors le maître du licrri. L'an* 472 > il se soumit les peuples de la première Aquitaine, se rendit maître du Vêlai , du Gévaudnn , de l'Albigeois , et conquit avec la même facilité le Rooergue , le Qoerci et lé Umosiu. L'an 47*5 , il poussa ses conquêtes d'un cSté jusqu'au Rhône et de l'autre jusqu'à la Loire , asservit à ses» lois le Berri et même la Touraine. Enfin il porta ses armes en Auvergne, et assiégea Clermont , mais inutilement. Ce fut Ecditius , fils de Vempereur Avitus, qui délivra la place avec le secours des Bourguignons. (Bouquet, T. I, p. 790.) Ce général s'était déjà signalé en d'autres occasions contre les Visigoths. Sidoine Apollinaire, son beau-frère, lui écrivant a lui-même dans le tems de oe siège, témoigne qu'il avait mis une fois en fuite avec 18 hommes seulement un corps assez considérable de leurs troupesi Il vint même à bout de les chasser de l'Auvergne. Mais sa valeur ne rendit pas la supériorité aux armes romaines sur ces barbares. Ils se maintinrent malgré ses eflbrtà dans les conquêtes qu'ils •avaient faites. L'an 475, l'empereur Julins Népos , après avoir envoyé sans succès à Euric deux ambassadeurs, pour lui proposer lapais, lui députe saint Epipbane , évêquedePavie, qui l'obtient. La cession de l'Auvergne parait a voir été une des conditions de

DE LA GAULE NABBOKNAISE W d'êSPACKE. 447 '

cette paix , aussi avantageuse aux Visigoths , que préjudiciable à la religion , et honteuse à l'empire. Euric envoya ausilôt le duc Victorius prendre possession oe l'Auvergne. Victorius la gou-

près d'un siècle, et de la Navarre. L'an 480, après la mort de Népos, il prend Arles et Marseille , et toute la Provence. Curie, au milieu de tant de prospérités , mourut à Arles dans la dix-neuvième année de son règne , sur la fin de l'an 4^4 ; ou avant le mois de février de l'an 4^5, laissant de Ragnahildf. , son épouse, un fils nommé Alaric, qui lui succéda. Grégoire de Tours se trompe en donnant à Euric vingt- sept ans de règne. Sidoine Apollinaire ne présente pas une idée moins avantageuse de la politique de ce prince, que de celle de Théodoric, son frère. « Aucune partie, dit-il , de l'univers n'échappe à ses soins. Toutes m les affaires, tous les droits, toutes les alliances, toutes les guerres, » tous les espaces , la conduite de tous les hommes , sont la » matière de ses délibérations. C'est dans son conseil que l'on » apprend à connaître les mouvements des nations , toutes les )> ambassades *, toutes les actions des généraux , tous les traités » que les rois font entre eux, tous les secrets de toutes les aflaires* p publiques ». Malgré ce bel éloge , il faut dire que le zèle fanatique de ce prince fut très-funeste à la religion catholique dans ses états. 11 ne fit pas à la vérité mourir les évêques orthodoxes , comme le marque Grégoire de Tours ; mais il défendit qu'on, en substituât d'autres à ceux qui mouraient; de sorte que faute ds pasteurs et de prêtres, les temples demeurèrent fermés, et les peuples privés de sacrements.

Ce fut Euric qui donna le premier des lois écrites aux Visigoths. Auparavant ils se gouvernaient par leurs usages et par leurs coutumes.

ALARIC II règne a Toulouse.

484» ou au commencement de 485, Alaric II, fils d'Euric, est reconnu, quoique fort jeune, roi des Visigoths. Ce prince, Fan 490 * donne du secours à Théodoric , chef des Oslrogoths , contre Odoacre , roi des Hérules. L'an 4<)3 , il éponse Theudicote, ou Theodogotos, fille naturelle de Théocloric. L'an 498 , Alaric exile S. Volusicn , évêque de Tours ; le motif de cet exil, était le désir que témoignait ce prélat de se voir sous la domination de Clovis , qui faisait profession de la vraie foi, au lieu qu'Alaric, ainsi que ses prédécesseurs, était arien; le S. éveque fut mis à mort, deux ans après , dans le pays de Foix. Le traite-

• 44$ CHIU HIST. DES KOIS VlSICOTHS o'AQlMf AtNfc ,

ment fait à S. Volusicn et sa mort peuvent bien avoir occasionne* les différents qui s'élevèrent depuis entre Clovis et Alaric. Théodoric emploie ses soins pour réconcilier les deux rois ; ils ont une entrevue sur les frontières de leurs états , dans une ile de la Loire proche d'Amboisc, et font la paix Tan 504. Alaric, cette même année , exile à Bordeaux S Césaire qu'on lui avait rendu suspect. Ces sortes de soupçons d'Alaric, joints à sa sévérité à l'égard de quelques évéques catholiques , le rendirent odieux , et contribuèrent beaucoup à sa ruine. Lan 5o7, Clovis entre sur les •terres d'Alaric , s'empare de la Touraine , et marche vers Poitiers. Alaric, retranché sous les murs de cette ville, voulait attendre le secours des' Ostrogotes; mais ses soldats l'ayant obligé de donner bataille , il la livra vers le milieu de l'été, les blés étant près d'être coupés , à Champagné-S.-Hilaire, village sur la petite rivière de Clain , à dix milles de Poitiers , et la perd avee la vie , après vingt-trois ans de règne. Cette bataille est plus connue dans nos historiens modernes sous le nom de bataille de Vouillé ou Vouglé. Les Auvergnats s'y distinguèrent sous la conduite du célèbre Sidoiuc Apollinaire, depuis évêque de Clcrmont. (V. Clovis). Alaric ne laissa deThéodogothe qu'un fils nommé Amalaric, âgé seulement de quatre ou cinq ans : ce qui engagea les Visigoths à choisir pour roi un fils naturel d'Alaric , nommé Gésalic, que son âge rendait capable de gouverner. L'an5o8 , Clovis part de Bordeaux, et se met en campagne au printems. Tout se soumet à lui ; il se voit maître sans peine de l'Aquitaine première , composée de trois grandes provinces , et vient à Toulouse, où il etitre sans trouver de résistance. Ainsi finit le royaume de Toulouse, après avoir subsisté quatre-vingt-neuf ans, à compter depuis Tau 4»<), que Valliay établit le siège de son empire, jusqu'en 5o8 , que Clovis entra victorieux dans cette ville.

Alaric, T an 5o6, fit publier dans ses éUts le code théodosien , rédigé et expliqué pur le jurisconsulte Anien, qu'il avait charge de ce travail sous la direction du comte Goiaric, qu'on croit avoir été son chancelier. « Mais je crains fort , dit Cujas {Epist. ad » Emer. Franconet.) , qu'il n'en ail imposé aux Romains, en » leur donnant pour lois romaines des interprétations gothiques » qui en étaient entièrement différentes; car il donna à celles-ci ». la même force qu'aux lois tirées des livres romains , et réduisit » en quelque sorte les lois sous sa puissance, d'où il arriva que » les seules interprétations d'Anien , sans égard pour le texte pn- » mitif, servirent de règle dans les tribunaux , et qu'au code » théodosien on substitua le code de Théodoric , beau-père d'A- » laric , qui recouvra le royaume que les Francs avaient eui» levé à «ou gcndf« ».

DE LA GAULE NARB0NNA1SE ET d'eSPAGNE. 449

GÉSALIC.

507. G^salic , fils naturel d'Alaric II , fut élu roi des Visigoths après la mort de son père, par les seigneurs de cette nation assembles à Narbonne. Théodoric, roi d'Italie, trouva fort mauvais qu'on l'eût préféré à son petit-fils Amalaric. L'an 5o8, Gésalic, apprenant la victoire remportée sur les Français et sur les Bourguignons devant Arles, par Ibbas, gèuéral de Théodoric, abandonne Carcassonue où il venait de soutenir un siège contre Clovis, et se retire à Barcelonne. 11 paraît qu'il prit ce parti de concert avec Clovis dans l'espérance que ce prince le maintiendrait sur le trône d'Espagne. L'an 5oq , il est défait par Ibbas , qui était venu à sa poursuite , et passe en Afrique à la cour de Trasamond. Mais Théodoric ayant porté des plaintes à Trasamond de ce qu'il donnait retraite à Gésalic , celui-ci quitte l'Afrique, revient en Espagne , ensuite en Aquitaine , où il séjourne une année. L'an 5 1 1 , étant rentré en Espagne, pour tenter sou rétablissement sur le trône, il est défait par Ibbas à quatre lieues de Barcelonne, repasse les Pyrénées , cherche un asile chez les Bourguignons , et tombe entre les mains des soldats de Théodoric , qui lui oient la vie vers le mois de mai , au plus tard , de l'an 5 u .

THÉODORIC LE GRAND , roi des Ostrogoths en Italie ,

règne a Narbonne.

507. Amalaric, fils d'Alaric II et de Théodogothe, âgé de quatre ou cinq ans, comme on l'a dit, lorsque son père périt dans la bataille de Champagné S. Hilaire ou de Vouillé , fut emmené en Espagne , après ce triste événement. Théodoric , son aïeul maternel, roi des Ostrogoths, envoya le général Ibbas au secours des Visigoths. Ce général arrêta les conquêtes des Français et des Bourguignons, reprit une partie de ce qu'ils avaient conquis sur les Visigoths , et remit sous l'obéissance de ces derniers la plus grande partie de la Narbonnaise, etNarboune même, qui devint alors (l'an 609) le siège de leur empire. Théodoric prit lui-même le gouvernement des états des Visigoths, tant en Espagne que dans les Gaules , non pas sous le titre de tuteur d'Amalaric , comme Pagi le prétend d'après Procope, mais en son propre nom et avec la qualité de roi . tant des Visigoths que des Ostrogoths, ainsi que le prouve Muratori , par le témoignage de S. Isidore de Séville et des conciles d'Espagne tenus du vivant de ce prince. L'an 5i 1 , Théodoric rétablit à Arles le siège de la préfecture des Gaules , ce qui flatta beaucoup les Provençaux , qui regrettaient le gouvernement romain. Libérius , qu'il nomma

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