‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 15 sur 102 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

Du Cycle Solaire.

Le cycle solaire , ou du soleil , est une révolution de vingthuit années, en commençant par 1 , et finissant par 28 ; après quoi on recommence, et on finit, toujours de même, par une espèce de cercle , d'où vient le nom de cyclç, Pour bien comprendre ceci, il faut se rappeler la distinction des deux sortes, d'années, 1 année commune et l'année bissextile. L'année commune est composée de 365 jours , qui font 52 semaines et un jour ; la bissextile est composée de 306 jours, qui font 52 sc^ mai nés et deux jours : elle est ainsi appelée de deux mots latin*»

bis sexto Ç parce que les Romains , dans leur maniéré de supputer les jours de cette annéc-là , comptaient deux fois sexto ca-* lendas martias , une fois pour le 24 février , ainsi qu'ils le faisaient dans les années communes , et une seconde fois pour \& 20 du même mois, afin de marquer que le mois de février avait vingt-neuf jours dans les années bissextiles , et qu'il n'en avait que vingt-huit dans les années communes.

L'année bissextile , comme on l'a dit ci-devant , a été inventée par jJules-César , pour accorder Tannée civile avec l'année solaire. Le soleil , pour achever son cours annuel , ou pour revenir précisément au même point d'où il est parti , met 365 jours et six heures, ou environ. Ces six heures, répétées quatre fois, font un jour: ainsi, pour accorder l'année civile avec le cours du soleil, Jules-César ordonna que, tous les quatre ans, il

Î r aurait une année de 366 jours , et que cette année serait appe-r ée bissextile, pour la raison que nous avons dite. Les armées communes finissent par le même jour qu'elles commencent, parce qu'elles sont composées de cinquante-deux semaines, et un jour de plus ; les années bissextiles finissent par le lendemain "du jour où elles commencent , parce qu'elles sont composées de cinquante-deux semaines et deux jours de plus. Si donc une année commune a commencé le lundi , elle finira M même; et le mardi sera le i cr . jour de Tannée suivante. Si une année bissextile a commencé le lundi , elle finira le mardi ; et le mercredi sera le premier de Tannée suivante. De-là il s'ensuit que , s'il n'y avait que des années communes , leurs commencements ( il faut en dire autant de chaque quantième de tous les mois), parcourraient successivement tous les jours de la semaine sans inlerruption ; ce qui produirait un cycle de sept ans. Mais comme il. y a des années bissextiles qui déran-rgent cet ordre de quatre ans, il faut que les commencements de celles-ci, de même que chaque quantième de leursTnois* aient aussi passé sur les sept jours de la semaine , ( non pas , a la vérité , de suite ) , pour revenir à un ordre d'années parfai-r tement semblables, pâr le rapport des jours du mois aux jours de la semaine , à celles qui ont précède. Tel est le fondement du cycle solaire , qui est composé de vingt-huit ans , parce que sept fois quatre , ou quatre fois sept , donnent ce produit. C'est ce qu'on peut remarquer dans notre Table chronologique. L'an 20 de Jésus-Christ , qui est bissextii , est le premier du cycle solaire , et se rapporte aux lettres dominicales G F , qui sont dans la colonne suivante. Ces deux lettres , qui marquent les dimanches de cette année, ne se retrouvent qu'après vingt-huit ans écoulés , ainsi qu'on peut le vérifier , en parcourant de fuite ces vingt-huit années du cycle que nous indiquons, et \t\

lettres dominicales nui leur répondent : mais ceci ne regarde que l'ancien calendrier. Passons au nouveau.

Depuis la réformation du calendrier , faite en i58a , le cycle tolaire devrait être de 400 ans , parce qu'il faut que ce nombre d'années s'écoule, avant que la lettre dominicale qui marque les dimanches, revienne précisément au même point où elle était t la première année de ce cycle , pour procéder de nouveau , pendant 400 ans , dans le même ordre que les lettres dominicales ont procédé pendant les 400 ans qu'on suppose écoulés. Ce cycle de 400 ans commence en 1601 , et finit l'an 2000. Entre ces deux termes, les années 1700, 1800 et 1900, n'étant point bissextiles, comme l'ont été toutes les centièmes années précédentes , elles dérangent l'ordre ancien des lettres dominicales ; et par conséquent , l'ordre du cycle solaire , auquel ces lettres répondent , aoit être dérangé. C'est ce qu'on peut remarquer dans notre Table chronologique, en jetant les yeux sur les années 1700, 1800 et 1900 , où il n'y a qu'une lettre dominicale (i). 11 y en aurait deux, comme nous le verrons plus bas, si ces années étaient bissextiles , et si le cycle de vingt-huit ans n'était point dérangé (2).

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