‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 18 sur 102 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

De quelques Èrês, qui ne sont point comprises dans notre Table chronologique.

De l'Ère d'Abraham.

L'ère d'Abraham , qui commence à la vocation de ce patriarche, précède l'Incarnation de 2oi5 ans, et commence au i er . octobre; de manière que le i er . octobre, qui devance immédiatement notre ère vulgaire, est le commencement de Tan 2016 d'Abraham. C'est l'ère d'où part JEusèbe dans sa Chronique , et que suit Idacius dans 4 la sienne.

De l'Ère dé Nabonassar.

Rien n'est plus fameux, dans les Tables des anciens astronomes, que l'ère de Nabonassar , fondateur du royaume des Babyloniens*

Ptolémée est celui qui en a fait le plus d'usage. Ses observations sont appuyées , pour la plupart , sur cette époque ; et ceux qui l'ont bien examinée , remarquent qu'elle a dû commencer un mercredi (ou férié 4)» 26 février de l'an 747 avant Jésus-Christ. Les années, dont elle est composée, sont des années vagues de 365 jours, sans intcrcalation à la quatrième année , de même que celles des anciens Egyptiens; ce qui produit, comme on l'a dit ailleurs, une année de plus sur 1460 années juliennes. Delà vient que Censorin , dans le passage qu'on a rapporté de lui , p»£ 44 * compte, à l'an 238 de l'ère chrétienne, 986 ans Nabonassar , quoiqu'il n'y ait que 985 années juliennes. Nous n'en dirons pas davantage sur cette époque, parce qu'elle est moins d'usage, en chronologie, pour les années tpii ont suivi Jésus-Christ , que pour celles qui l'ont précédé.

§. III

De l'Ère de Tyr.

L'ère de Tyr commence, 125 ans avant Jésus-Christ, Tan de Borne 628, et 186 de l'ère des Séleucides, dont les Tyriens s'étaient servis jusqu'alors. Ce qui les engagea à établir une nouvelle époque en cette année ', fut la reconnaissance envers Bala, roi de Syrie, qui . à son avènement au trône, leur accorda l'autonomie , ou la, liberté de se gouvernef par leurs propres lois. Le 19 octobre était le premier jour de l'année tyrienne, qui s'ouvrait par le mois hyperbérétaeus. Ainsi , la première Sri née de notre ère vulgaire tombe en l'an 126 de l'ère tyrienne, commencée le 19 octobre, deux mois et treize jours avant notre i er .

Janvier. On voit plusieurs médailles , sur lesquelles est marquée 'ère de Tyr. Le cardinal Noris {de Epocha Syro-Maced. , diss. 4» c. 3 ), en rapporte six : Tune, de l'an 219 de Tyr, qui concourt avec Tan 94 de Jésus-Christ ; une autre, de l'an 237, qui tombe en notre année 112; une troisième, de l'an 256, qui répond à l'an i3i de l'Incarnation; une quatrième, de l'an 279, qui est notre année 1 53 ; deux autres, de l'an 263 $ qui revien t a Tan de Jésus-Christ i38. Quelques conciles sont aussi datés de la même ère. Nous aurons soin de les marquer dans la Chronologie des Conciles. M. l'abbé Bellei prétend, que Tyr reprit l'ère des Séleucides, sous Elagabale. Mais, il faut qu'elle l'ait ensuite abandonnée de nouveau; puisque les conciles, où cette ère de Tyr, proprement dite, est employée, sont postérieurs au règne de ce prince.

DES CHARTES ET DES CHRONIQUES. lo3

§. iv.

De l'Ère Actiaque , et de f Ère des Augustes,

L'ère actiaque tire son origine et son nom de la bataille d'Actium ? qui rendit Auguste maître de l'Egypte et de tout l'empire romain. Cet événement est du 2, ou plutôt du 3 septembre de l'an i5 de l'ère julienne, 72^ de Rome. L'ère actiaque commença, chez les Romains, avec la 16 e a nnée de l'ère julienne, c'està-dire au i er . janvier de l'an 724 de Rome. En Egypte, où elle prit naissance, l'année même de la bataille, et se maintint jusqu'au règne de Dioclétien , elle commença avec le mois thoth . ou le .29 août; et deux jours après, ou le I er . septembre, chez les Grecs d'Antioche. Ceux-ci la nommaient aussi 1ère d' Antioche, et nous voyons qu'elle était encore en usage, parmi eux , au neuvième siècle. C'est à cette ère qu'on doit rapporter les dates de plusieurs médailles que la ville d'Antioche fit frapper en l'honneur d'Auguste.Telle est, entr'autres, celle-ci, rapportée par Morel {Specim. univers, rei num. Tab. JP y n. 1), et mal-à-propos appliquée, par le P. Faure, à l'ère des Augustes, dont nous parlerons à la fin de ce paragraphe. Ce monument porte en face : KAIXATOX 2EBAZTOÏ, Cœsaris Augusti , et au revers : ET0T2 çç K NIKH2 TITA I B, anno XXVI ektorice, cons. XII. Or, le douzième consulat d'Auguste, suivant les fastes consulaires, tombe, l'an 4* de l'ère julienne, qui est précisément le 26 e . depuis la bataille d'Actium. C'est donc à l'ère actiaque que se rapportent les dates exprimées sur cette médaille. En Syrie, on la nommait aussi l'ère d'Antioche. C'est ce qu'atteste le patriarche Nicephore, dans sa Chronographie. Mit* IvAio', dit-il, i£*ri- Mvo-u Kxïrttp Xtfitrroç Oxtuvuç Avyurrtç irij » ç m\ /urit*ç i|. E'trtvhi «j A'tTf%t7ç riç xpt'tff iurmi eipirffvrt.PostJuliufn, Romanis imperaoit Cœsar Octavianus Augustus , annis 5i> et mensibus i>ex. Hinc Antiocheni annos suas numerant. On voit, parla , que le cardinal Noris s'est mépris , lorsqu'il a prétendu, qu'on a cessé de compter par l'ère d'Auguste, peu de tems après la mort de ce prince. Cependant, il est vrai de dire, qu'elle n'éclipsa pas 1ère césaréenne d'Antioche, dont nous avons parlé au paragraphe ▼m*, de la première partie de cette Dissertation.

Outre l'ère actiaque, qui servit d'époque à l'extinction totale du gouvernement républicain à Rome, il faut encore , avec le P. Pétau, reconnaître une ère des Augustes, plus tardive de 4 ans, laquelle commence à l'an 727 de Rome, 27 ans avant l'ère de l'Incarnation , c'est-à-dire, à Tannée , où César Octave, feignant

de vouloir abdiquer la souveraine autorité, dont il s'était emparé de force et contre le gré des citoyens, vint à bout de«se la faire confirmer par le sénat et le peuple romain. Ce fut alors, en effet,

3ue,parun décret public, on lui décerna l'Empire, avec le titre 'Auguste, et qu'il donna, par les arrangements qu'il prit avec le sénat , une vraie consistance à ce nouveau genre de gouvernement.

BeVÈre de V Ascension.

Nous ne connaissons que l'auteur de la Cbronique d'Alexan^ drie, qui ait employé l'ère de l'Ascension. C'est ainsi, par exemple , qu'il date l'année du martyre de «frint Ménas de Cotys : Annu cciFliDominiin cœlos AssumpiioniÇ ac iisdem Coss. (Tusco et Anulino ) martyr ium subiit S. Menas CotyœusPhrygiœ Saluions cwiiate Atyr xr, ex ante diem idus novembris ; ce qui revient à l'an 235 de notre ère vulgaire, le 12 novembre. Le même auteur donne encore cette date'du martyre de S. Gelasin, Bouffon : anno CCLIX Domini in cœlos Assumptwnis, ac iisdem supra nominatis Coss.{Maximiano Herculio, Aug. V, et Galeriano Maximiano 9 Cœsare il), martyrio vitam finirit sanctus Gelasinus , in Heh'opoli— tarum urbe libancnsi : ce qui se rapporte à l'an de notre ère vul-* gaire 297. #

De tÈre des Arménien^.

L'ère «les Arméniens, appelée , dans quelques titres français j VEtreure des Ermines , commença, l'an de Jésus-Christ 552 , un mardi 9 de juillet. C'est l'époque du concile de Tiben , où les Arméniens confirmèrent la condamnation du concile de Calcédoine, qu'ils avaient prononcée, l'an 536, au concile de Thévis ; et, par là, consommèrent leur schisme. « Les Arméniens, dit » M. Fréret (Mém. de l'Acad. des Belles-Lettres, tom. XIX, » pag. 85), se servent aujourd'hui d'une année, composée , a» comme celle des anciens Persans, de 12 mois, de 3o jours » chacun, et de 5 épagomènes. Cette année est absolument va- » gue, sans aucune intercalai ion ; et elle remonte, tous les quatre » ans, d'un jour, dans l'année julienne. Elle sert, dans le pays, » pour le* actes, et pour la date des lettres; mais, en même

* tems, on emploie une autre année, qui est proprement Tannée » ecclésiastique, et qui sert, dans la Liturgie, nour régler la célé- » bration de la Pâque et des fêtes, le teins des jeûnes, et tout » ce qui a rapport à la religion : cette année est fixe, au moyen » d'un sixième épagomène, qu'on ajoute tous les quatre ans; » mais le nourous , ou le premier jour de Tannée , qui com- » mence avec le mois navazardi, est fixé, depuis long-tems, au 1 1 » du mois d'août de Tannée julienne, et il ne s'en écarte plus.

» Dans la suite, ajoute le même auteur, lorsque les Armé* » niens se réconcilièrent avec l'église latine, et qu'une partie » d'entr'eux reconnut les papes de Rome, dans une espèce de » concile, tenu à Kherna, au i4 f * siècle, (c'est le concile, dit » Charnense , tenu l'an de Jésus-Christ i33o, ) ils admirent la » forme de l'année julienne , que le commerce avec les Francs » leur avait rendue familière. Les actes du concile de Sis joi- » gnent l'an 766 de l'ère arménienne avec l'an iSoj de l'ère » vulgaire, et datent, dans Tune et l'autre années, par le 19 mars. » Dans le concile d'Adéna, tenu en i3i6, où il fut question « du calendrier , on ne se sert que des mois juliens et de l'ère

» vulgaire ; et encore aujourd'hui , lorsque les Arméniens trai- « tent avec les Occidentaux , ils emploient les mois juliens ». Dans une Réponse de M. Arnaud, au ministre Claude, sur la Perpétuité de la Foi, imprimée en 1671 , on voit une lettre de Jacques, catholique des Arméniens, datée du 12 avril de Tan 1 120 de l'ère des Arméniens , ce qui revient à notre année 167 1. Nous ajouterons , que les Arméniens datent aussi, par les années du monde , suivant l'ère de Constantinople ; et qu ils joignent , quelquefois , dans leurs actes , cette façon de supputer les tems i telle qui leur est propre.

Mois Romains. Mois Arméniens.

11 août^ Navazàrdu

10 septembre j Hori.

20 octobre, Sahomi.

q novembre i Dre Thari.

q décembre * Kagotns.

o janvier, Aracz.

7 février, Malégi.

9 mars, Arcki.

8 avril, An Ç\ 8 mai^ Mariri.

7 juin, Marcaczi 7 juillet , Hérodiez;

Acéliacz, ou les cinq épagomènes; et les six, dans les apnées abondantes.

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