‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 85 sur 102 · SUR LES ÉCLIPSES · texte numérisé non relu

SUR LES ÉCLIPSES

l'espace compris entre l'ombre et les lieux où l'éclipsé cesse d'être visible , ou , ce qui revient au même , tout Vespace , toute la zone terrestre, en dedans de laquelle il y a éclipse.

An mois de juin, c'est-à-dire, vers le solstice d'été, à midi , si l'ombre n'a pas plus de vingt - cinq degrés de latitude, la pénombre n'aura que 3a, 33, 34 ou 3 S degrés au plus de largeur du côté du Nord ; elle aura quarante- et-un degrés de largeur du même côté, si l'ombre a quarante degrés de latitude ; enfin, si la latitude de l'ombre est de cinquante degrés, la lar- 1 geur de la pénombre n'aura plus de bornes ; elle s'étendra jusqu'où le soleil cesse d'éclairer. Du côté du Sud , la pénombre ne sera large que de trente-deux, trente- trois, trente-quatre ou trente-cinq degrés , tant que la latitude de l'ombre n'excédera

Point soixante degrés. À soixante - dix degrés de latitude de ombre , la largeur de la pénombre sera de trente-huit degrés ; à quatre-vingts degrés, de quarante-deux; à quatre-vingt-dix degrés, de quarante- sept ; à cent degrés , de cinquante-trois. On voit que dans ce dernier cas , la pénombre s'étendra encore jusqu'en ïrance : en effet , puisque la trace de l'ombre , ou de J'éclipse centrale , est par cent degrés de latitude (ou dix degrés au-delà du pôle) , et mie la largeur de la pénombre est de cinquante-trois degrés; si de cent degrés, on ôte cinquante-trois, il reste quarante - sept degrés de latitude pour terme de la pénombre; ainsi, l'éclipsé est visible dans toute la partie de la France , dont la latitude excède cjuarante-sept degrés. Ce que nous venons de dire du mois de juin, à midi, doit être entendu de celui de mars , ou de l'équinoxe du printems , au coucher du soleil , et du mois de septembre , ou de l'équinoxe de l'automne , au lever du soleil.

Aux équinoxes, à midi , la largeur de la pénombre n'est que de trente-deux ou trente-trois degrés au Nord, si l'ombre est sous l'équateur , ou au-delà ; l'ombre étant par dix ou vingt degrés de latitude au Nord, la pénombre aura, du côté du Nord, trente-sept, ou quarante-quatre degrés de largeur; enfin, si l'ombre a vingt - six degrés de latitude , la pénombre sera large de soixante quatre degrés, c'est-à-dire, qu'elle s'étendra jusqu'au pôle. Du côté du Sud , la pénombre n'excède pas trente-cinq degrés, tant que la latitude de l'ombre n'est que de trente-cinq degrés , ou qu'elle est moindre. A cinquante degrés de latitude de l'ombre , la largeur de la pénombre est de trente-huit degrés ; à soixante degrés , de quarante-deux ; à soixante - dix degrés, de quarante - huit ; à quatre - vingts degrés, de cinquante - cinq ; à quatre-vingt-dix degrés, de soixante- quatre. Il faut en dire à-peu-près autant du tems des §pl^Hces , tant au lever qu'au coucher du soleil , avec cette dif-

$Ga DISCOURS PRÉLIMINAIRE

férence qu'au tems des solstices , le soleil étant dans l'horizon, îâ> largeur de la pénombre est un peu moins du côté du Nord * et un peu plus grande , du côté du Sud , qu'à midi , au tems des équinoxes : la différence, cependant, n'est bien sensible, quedans les hautes latitudes.

Au mois de décembre , ou au solstice d'hiver, à midi , ar trois degrés et demi de latituJe australe de l'ombre , la argeur de la pénombre est de quarante-quatre degrés, au Nord ;

pénombre

rante-et-un, cinquante, ou soixante-quatre degrés , selon que la latitude de l'ombre est de vingt, de trente - cinq, de cra-

rnte , ou de soixante-six degrés et demi. Il en est de même éclipses qui arrivent en mars au lever, ou en septembre au coucher du soleil.

Si la largeur de la pénombre n'est que de trente-deux , trentetrois , trente-quatre , ou trente-cinq degrés , on peut la diviser en douze parties sensiblement égales, et Ton aura , à très-peu^

Srès les lieux où l'éclipsé a dû paraître de onze doigts , de dix oigts, de neuf, etc. Si la pénombre est plus large, la distance des doigts sera plus sensiblement inégale : généralement parlant , cette distance est moindre vers l'équateur, plus grande vers les pôles. £n juin à midi , en mars au coucher , et en. septembre au lever du soleil , la largeur d'un doigt est de deux, degrés trois quarts sous le tropique , de trois degrés sous le quarante-cinquième parallèle , et de quatre degrés presque sous le cercle polaire. Au tems des équinoxes a midi , et au tems des. solstices , tant au lever qu'au coucher du soleil , pour la différence d'un doigt , on a trois degrés sous le tropique , quatre degrés sous le quarante - cinquième parallèle , et huit degrés sous le cercle polaire. Au solstice d'huer à midi, ainsi qu'en mars au lever , et en septembre au coucher du soleil , la distance d'un doigt à l'autre, est de quatre degrés sous le tropique* de huit degrés sous le quarante - cinquième parallèle, et de quinze degrés et demi vers le cercle polaire.

Ces largeurs de la pénombre , et ces distances des doigts ^ sont sujettes à mille variations relatives aux distances respectives du soleil , de la terre et de la lune : dans les calculs que nous avons faits, pour déterminer ces largeurs, nous avons toujours supposé le soleil et la lune dans leurs moyennes distances.

11 y a des éclipses dont nous n'avons pas déterminé la route centrale : c'est que ces éclipses n'ont été centrales nulle

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part; la ligne qui joignait les centres du soleil et de la lune, ne tombait pas sur la terre ; elle en passait à quelque distance. Nous avons aussi négligé de désigner la trace de l'ombre de quelques éclipses , lorsque cette trace était , par rapport * nous , de quelques degrés au-delà de l'équateur. U sera facile de distinguer ces deux sortes d'éclipsés : les premières ont été visibles au Nord , et les secondes au Sud seulement de l'ancien monde : il y a toujours d'ailleurs , une éclipse totale de lune , marquée quinze jours avant , au quinze jours après les premières ; ce qui ne peut jamais arriver par rapport aux secondes.

Nous ajoutons ordinairement un T ou un A à la fin de chaque article des éclipses du soleil. Le T signifie qu'aux lieux où 1 é— clipse a été centrale , elle a été en même teins totale ; et l'A désigne qu'elle a été seulement annulaire. Lorsque l'éclipsé n'a été centrale nulle part, elle n'a pu être ni annulaire, ni totale ; le T et l'A sont omis. Nqus avons négligé cette circonstance par rapporta quelques éclipses qtii n'ont pu être centrales, ni , par conséquent, totales ou annulaires , que bien au-delà de l'équateur. Enfin , il y a quelques éclipses dont nous avons déterminé la route centrale, même à travers l'Europe et l'Asie , sans que nous avertissions si elles ont été annulaires ou totales : c'est aue, dans la réalité , ces éclipses ont pu être et annulaires et totales ; annulaires , si elles ont été observées près de l'horizon ; totales , si on les a observées à une plus grande hauteur du soleil ; telle était l'éclipsé du afi octobre 1753. Nous avons même étendu cette omission à quelques éclipses que nos calculs nous donnaient comme totales, de manière, cependant, que le diamètre apparent de la lune excédait de très-peu celui du soleil. Outre que les tables et les méthodes dont nous nous servions , pouvaient être susceptibles de quelques secondes d'erreur, l'inflexion des rayons du soleil a pu rendre ces éclipses annulaires , de totales qu'elles devaient naturellement être. . .

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