IV. Pour ne pas donner trop d'étendue à notre suite chror
suppose toujours qu'elle sera visible dans quelques parties de l'Asie , limitrophes de l'Europe et de l'Afrique , si le soleil y est encore assez éloigné de son coucher pour que l'éclipsé y soit possible. Qu'une éclipse soit marquée, pour Paris, à neuf ou dix heures du matin en mars , on dira souvent qu'elle est visible en Europe , en Afrique et en Asie ; cependant , cela n'est pcs vrai de l'Asie entière : dans la partie orientale de 1 Asie , le soleil, au moment de la conjonction vraie, est, ou déjà couché 9 ou au moins trop peu élevé sur l'horizon , pour què la conjonction apparente soit visible.
Toutes les abréviations en lettres italiques sont relatives k l'éclipsé même , et non aux pays où l'éclipsé est visible : pet. ir. pet. gr. plus gr. signifient que l'éclipsé était petite , ou trèspetite ; grande , ou plus grande ; et ces circonstances ne regardent que le pays immédiatement lié avec l'abréviation : lors* Qu'une même circonstance convenait également à deux parties au monde 4 on n'a jamais omis de joindre ces deux parties paf la conjonction , et. Ainsi dans l'abréviation Eur. pet. en Afr.
visible au Nord de l'Asie, diminuait ou augmentait en grandeur, en allant de l'Ouest à l'Est , qu'elle était plus petite ou plus grande sous la même latitude , et par une conséquence nécessaire, que les pays où elle était visible, s'étendaient plus ou moins vers le Sud.
Comme ces circonstances ne suffisent pas pour décider de la grandeur d'une érlipse , et qu'on a cependant souvent besoin d'en connaître les phases avec quelque exactitude , nous ajoutons des chiffres à ces circonstances, et ces chiffres indiquent la latitude des lieux où l'éclipsé a été centrale. S'ils sont suivis de la lettre S. la latitude de ces lieux est vers le Sud , ou méridio-» nale ; elle est vers le Nord , ou septentrionale , si le chiffre est
û58 DISCOURS PRÉLIMINAIRE
suivi de la lettre N. Cette lettre N. est cependant presque torf»
{"ours omise : ainsi , un chiffre qui n'est accompagné d'aucune ettre , désigne , par cela seul , une latitude septentrionale on boréale.
La trace d'une éclipse centrale est souvent désignée par trois chiffres , dont le second est enfermé entre deux crochets. Le premier chiffre marque la latitude sous laquelle l'éclipsé est centrale dans le plan du cinquième méridien ; le second détermine la latitude sous laquelle l'éclipsé est centrale à midi ; enfin, le troisième fait connaître par quelle latitude l'éclipsé est centrale sous le cent cinquante - cinquième méridien : nous avons dit plus haut , que telles étaient les limites que nous nous étions prescrites, en longitude. Ainsi, sur l'an 261 , on trouve pour l'éclipsé dé soleil du i5 juin , la conjonction vraie , à sept heures et oemie du matin , avw l'expression cenfr. (c'est-à-dire centrale) , 4$ » (74) 1 44- Cette expression désigne que , sous le cinquième méridien, l'éclipsé a été centrale, par quarante-cinq degrés de latitude boréale ; par quarante - quatre degrés de pareille latitude , sous le cent cinquante-cinquième méridien ; et enfin , par soixante-quatorze degrés de latitude , toujours boréale , au lieu où l'écfipse a été centrale à midi. On peut trouver assez facilement le lieu où l'éclipsé a dû être centrale à midi ; il suffit , pour cela , de remarquer qu'à sept heures et demie du matin, moment de la vraie conjonction à Paris, il faut ajouter quatre heures et demie, pour avoir midi ; ainsi, le méridien cherché doit êlre de quatre heures et demie, plus oriental» que celui de Paris.ll faut observer, cependant, que cette méthode n'est rigoureusement précise que dans deux cas : i°. lorsque le soleil est au Zénith , ou près du Zénith du lieu où l'éclipsé est centrale à midi ; 2 9 . au tems des deux solstices. Autrement , le lieu où l'éclipsé est centrale à midi , sera ou plus ou moins oriental qu'on ne l'aura trouvé par la règle précédente ; plus oriental depuis le solstice d'hiver, jusqu'à celui d'été; moins oriental depuis le solstice d'été, jusqu'à celui d'hiver : les plus grandes différences seront au tems des équinoxes ; elles seront alors d'un quart d'heure par vingt degrés, d'une demi heure par quarante degrés, et de trois quarts d'heure par soixante-dix nègres de latitude, et au-delà, jusqu'au pôle.
Le chiffre renfermé entre deux parenthèses signifie toujours, sans exception, la latitude par laquelle l'éclipsé a dû être centrale â midi : il n'en est pas de même des deux autres chiffres; ceux-ci tie dénotent pas toujours la latitude sous le cinquième et sous le cent cinquante-cinquième méridiens. Et comment la dénoteraient-ils toujours? L'éclipsé commence quelque fois avant quele soleil éclaire le cinquième méridien ; il a cessé d'éclairer le cent
SUR LES ÉCLIPSES. a5n
cinquante-cinquième , lorsque l'éclipsé finit. En c*s deux cas, nous n'avons pas dû marquer la trace de l'éclipsé centrale sous un> méridien sous lequel il n'y a pas d'éclipsé. Le premier chiffre détermine alors la latitude par laquelle réclipse est centrale, au lever du soleil ; et le dernier, celle où l'on voit la .même phase > au coucher du soleil. Ainsi, dès la première année de Père chrétienne , on trouve une éclipse , pour le 10 juin , a quatre heures et demie du matin ; il n'était que trois heures et demie , sous le cinquième méridien : on lit ensuite les {rois nombres, 18 (43) 4i. Par dix huit degrés de latitude, à trois heures et demie* du matin , le soleil n'était pas levé : a plus forte raison était-il éloigné d'avoir atteint les limites d'une éclipse visible. Cette limite , par la latitude de dix - huit degrés, est environ sept heures et un quart, selon la Table proposée ci-dessus. Ainsi, le chiffre 18 ne dénote point ici la latitude sous le cinquième méridien , mais sous un méridien sous lequel on comptait alors sept heures et un quart du matin , c'est-à-dire , sous un méridien éloigné de celui de Paris , de deux heures trois quarts , ou de quarante-et-un degrés, vers l'Orient Les chiffres (43) et 4» marquent , comme auparavant , la latitude à midi , et sous le cent cinquante-cinquième méridien.
Le chiffre renfermé entre deux parenthèses manque quelquefois : c'est qu'alors il n'y a, dans nos limites, aucun méridien sous> lequel l'heure de midi concourt avec le milieu de l'éclipsé. L'an 2 , pour l'éclipsé du a3 novembré, à deux heures et demie du matin, on ne trouve que les deux chiffres 46 , 20. Le premier désigne la latitude sous laquelle l'éclipsé a été centrale au lever du soleil; le second, détermine par quelle latitude elle a été centrale sous le cent cinquante-cinquième méridien : il est alors onze heures et demie du matin sous ce méridien : pour atteindre midi , il faudrait encore ajouter une demi-heure, ou sept degrés et demi ; ce qui nous mettrait au-delà du cent soixante- deuxième méridien 9 c'est-à-dire au-delà de nos limites.
Quelquefois la latitude par laquelle une éclipse est centrale f après avoir augmenté, commence à diminuer ; ou, au contraire ? elle augmente après avoir diminué. Lorsque le terme de ce rebroussement ne s'est pas trouvé le même que celui de réclipse centrale à midi , nous l'avons exprimé par un troisième , ou un quatrième chiffre. L'an 6, le u septembre, réclipse du soleil est caractérisée par les nombres 66 , 70 , (5i) 37. La trace de l'éclipsé centrale passe d'abord, sous le cinquième méridien, par soixante-six degrés de latitude ; elle monte de-là, vers le .Nord* -usqulà soixante-dix degrés; et c'est là le ferme de son, accrois-
>Ê<* , MSCOURS PRÉLIMINAIRE
sèment : elle* commence ensuite à descendre vers le Sud ^ pour n'être plus, à midi,<que de cinquante-et-un degrés , et de vinçt- Sept, seulement, au coucher du soleil, pas bien loin du cent cinquante-cinquième méridien.
Lorsque l'éclipsé n'est visible que vers le coucher du soleil, en Europe et en Afrique , ou vers le lever de cet astre, en Asie, on s'est contenté de marquer un seul chiffre ; c'est celui qui désigne la latitude sous laquelle l'éclipsé est centrale vers l'Europe , ou vers l'Afrique , au coucher du soleil , ou à son lever, Vers l'extrémité orientale de l'Asie.
Une étoile * , mise au lieu d'un chiffre , dénote , en général, aue la trace' de l'éclipsé centrale passe plusieurs degrés au-delà de l'équateur. La croix f, au contraire, désigne que cette trace est au delà du pôle. On a quelquefois calculé ces excès de la trace de l'ombre , au-delà du pôle , et on les a exprimés en les ajoutant à quatre-vingt-dix degrés : par exemple , le nombre quatre-vingt-quatorze désigne que l'éclipsé est centrale quatre degrés au-delà du pôle ; car on sait d'ailleurs que les plus fortes latitudes ne peuvent excéder quatre-vingt-dix degrés.
On suppose facilement que ces chiffres n'ont pas été déter-. minés par un calcul direct et rigoureux î nous les croyons cepen-» dant exacts , à deux ou trois degrés près : si ce n'est peut-être dans les plus hautes latitudes , au-delà de soixante^dix degrés* Pour les rendre aussi précis que le tems et les circonstances le
5 endettaient, nous avons eu égard, dans le calcul, au changement e la latitude delà lune pendant, la durée totale de l'éclipsé sur la terre.
Ces chiffres peuvent servir à marquer sur un globe , ou mêmft sur une mappemonde , la trace de l'éclipsé centrale; d'autant plus que les points, qu'on aura placés sur le globe, conformément a ces nombres, seront presque toujours dans la circonférence d'un petit cercle de 4a sphère, rarement dans celle d'un grand cercle : le centre de ce cercle est toujours en dedans du cercle
Solaire. Cette trace déterminée , on conclura que l'éclipsé a été 'autant plus grande, dans un lieu proposé, que ce lieu, sur le globe, se trouvera plus voisin de la trace.
Une éclipse est visible au moins trente-deux ou trente-trois degrés au Nord , et autant au Sud, du lieu où elle es< centrale ; mais il est des occasions où l'éclipsé peut être observée jusqu'à, soixante-quatre degrés , au Nord ou au Sud de ce même lieu. Il est difficile de donner là-dessus des règles bien décisives : voici ce que nous pouvons proposer de plus clair et de plus certain. Pour être plus précis, sans préjudice de la clarté, nous appelle-» rons ombre , la trace de l'éclipsé centrale , et pénombre > tout