‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 176 sur 437 · LXXXVI. COSME II, DIT L'ATTIQUE · texte numérisé non relu

LXXXVI. COSME II, DIT L'ATTIQUE

ii46. CosME II, surnommé I'Attique , natif de l'ile d'Eglne , diacre de l'église de Constaniinople , fut substitué, l'am 1 14'' 7 au patriarche Michel. C'était un prélat , suivant Nicétas^ également rccommandable par sa science etsavertu; Il portait , dit cet écrivain, la charité pour les pauvres, jusqu'à se dépouiller de ses habits pour les vêtir. Mais il fut la dupe du moine Niphon. qui, s'étant insinué dans .sa familiarité, répandait, à son insu , l'hérésie des Bogomiles dont il était int"ccLé , et séduisait un grand nombre de personnes. On fit d'inutiles elTorts pour faire ouvrir les yeux au' patriarche sur les sentiments et la conduite de cet hypocrite. Jamais il ne voulut rien croire du mal qu'on lui en rapportait. L'empereur Manuel, bien.con^ vaincu de la perversité de î^'iphon j qui avait déj^ été précé-'

XOO CIIRQÎÎOLOGIE HISTORIQUE

dcinmept condamné, comnie on l'a dit, par le patriarche Michel dans un synode , et mis en prison , donna ordre de l'arrêter de jiouveau. Cosme , n'ayant pu l'arracher des mains des gardes , l'accompagna jusqu'à la prison, et fit instance pour y être enfermé avec lui. Un zèle si outré révolta le cierge. On assembla dans le palais de Hlaqucrnes un concile nombreux , ou l'on dit anathèmeà ISiplion , malgré la réclamation du patriarche. Ou procéda ensuite contre ce prélat comme fauteur d héréiiques ; cl toute l'assemblée le déclara décnu de son siège. Il sortit en maudissant le synode, la cour et rimpératrice. Ceci arriva le :36 février ii^y- Cosme, peu de jours apiès, quitta la ville et. disparut. Pendant la vacance qui suivit sa retraite , arrivèrent successivement devant Constantinople les deux armées de croisés , conduites , l'une par l'empereur Conrad et l'autre par le 3oi Louis le Jeune. Ce dernier y était encore le g octobre, jour de la fêle de Saint-Denis. Odon de Deuil raconte que le monarque français voulant célébrer cette solennité , comme on £'iisait en France, l'tmpereur grec, qui en fut informé, lui envoya une troupe choisie de clercs, portant chacun à la main un gros cierge peint en or et en différentes couleurs. C'étaient tous des chantres, et parnii eux il y avait des eunuques dont les feu.sscts mêlés , dit Odon , aux voix fortes et moelleuses des autres , formaient un concert qui charma les oreilles des Frantjais , pour qui cette sorte de mélodie était entièrement nouvelle.On voit par là, que l'admission des eunuques dans la musique ecclésiastique, est plusancienne chez les Grecs que chez Icb Latins.

LXXXVIL NICOLAS IV , dit MUZALON,

T i4'7. Nicolas IV , surnommé Muzalon, fut mis au commencement de décembre ii^j sur le siège de Consl^^ntinople. par l'empereur Tilanuel , après une vacance d'environ dix mois. Il avait été aupara\ant archevêque de Chypre , et avait quitté ce siège pour se retirer djns un monastère. Son gouvernement à Constantinople fut orageux. L'an ii5i , il fut obligé, vers la fin de mars , d'abdiquer, ayant indisposé tous les esprits contre

LXXXVIII. THEODOTE IL

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