XCI, MICHEL III
1169. Michel, évêque crAnchialf , devint, en 1169, le successeur du patriarche Luc 11 portait le litre de prince des philosophes: espèce de prééminence, dit M. le Beau inconnue à la bonne antiquité, et aussi chimérique que la philosophie même, telle qu'elle était alors, même dans l'empire grec, '^e patriarche fut un des plus furieux adversaires de l'église ro-« raaine. Dans une conférence qu'il eut avec l'empereur ^lanuel , louchant la reunion des deux églises , il ne rougit pas d'avancer qu'il aimerait mieux obéir au calife que de faire la paix avec les Komains. Michel mourut Tan 117b, après avoir tenu le siège de Constant inople sept ans et deux mois.
XCIL CHÂRITON.
1176. CfiAPiiTOX, moine de Mangane, succéda, l'an 1176 , à Michel. Il occupa le siège de Conslantinople onze mois , et mourut vers le mois de juillet 1177. ( Mansi , Suppl. Ccjw. tom. IL)
XCIIL THÉODOSE, bit BORRADIOTE.
1177. Thèodose , surnommé Borradiote , natif d'Antioche , et moine de Saint-Auxence , fut élu patriarche de Conslantinople Tan 1177. La même année il tint un concile à Conslantinople , le 3o juillet; ce qui prouve que les EoUandisles et le V. le Quien relardent trop son intronisation , en la rapportant, celui ci à l'an 117'^, celui-ld à l'an 1 179. ( Mansi , ihid. ^ pag. 683. ) L'an de l'-^re de Conslantinople bG(S8 , indiction XIII ( 1180 de Jésus-Christ ) , suivant Codin , il fiança le jeune empereur Alexis Comnène avec Agnès de France. Théodose fut témoin , l'an 1 182 , mais sans y prendre part qu'^ par sa douleur, d'une sédition que le césar Jean et sa femme Marie^ fille de l'empereur Manuel , excitèrent , à linstigation du vieux Andronic , contre l'impératrice m.ère et le protosébaste Alexis , son amant. L'église de Sainte-Sophie étant dev.^nue la place d'amies des rebelles, le patriarche ne put s'empêcher de faire des remontrances et des plaintes sur les profanations que les hostilités réciproques occasionnaient dans c»^ lieu saint. Le calme succéda la même année à ces mouvements. Mais le protosébaste ne put pardonner au patriarche l'impartialité qu'il avait piontrée dans une occasion où il avait espéré de l'avoir tout à lui. Après avoir tenté vainement de le faire condamner parune commission , il lui fit signifier un ordre secret de l'empereur d'all"r se renfermer dans un n"ion3Sière-hors de la ville. Mais à
DES PATRIARCHEÇ DE CONSTANTIKOPLE. lO.Î
j^eine ful-il parti, que les cris el les menaces de tous les ordres de l'état obligèrent de le rappeler. Son retour fui un vrai triomphe. L'empressement de le revoir et de le féliciter fut si général , qu'étant entré le matin dans Constanlinople , il ne pat, arrêté par la foule qui baisait à l'envi le bas de sa robe, arriver que le soir à Sainte-Sophie. Mais Andronlc s'étant rendu maître, peu de jours après , du gonvernemenL , le patriarche se vit presque aussitôt exposé à de nouveaux assauts. L'usurpateur, dès [3 première entrevue cju'il eut avec lui, s'étant aperçu qu'il aurait un ennemi dans sa personne , ne chercha qu'à lui iaire perdre la haute estime dont il jouissait dans le public. Iheodose acheva de l'irriter par le refus qu il fit, l'an ii83 , d approuver le mariage qu'il projetait entre Irène, sa fille na-turelle , et le bâtard de son cousin : alliance contraire aux lois tie l'église d'Orient. Un synode ^ assemblé sur ce sujet par Andronic, lui ayant marqué plus de complaisance, le patriarche aima mieux se retirer que de prostituer son minislère. Ayant donc quitté la ville , il se retira dans l'ile de Térébinthe, ou il selait bàli un hospice et un tombeau. Charmé de celte démission volontaire , Andronic fit célébrer le mariage par l'archevêque de Bulgarie, qui se trouvait à la cour.
XCIY. BASILE, DIT CAMATERE.
ii83. Basile, dit Camatère, diacre et garde des archives de Sainte-Sophie , obtint le siège de Constanlinople en protnctfaut par écrit de se conformer en tout aux volontés d'Andronic, et de ne rejeter comme illégal que ce qui pourrait lui déplaire. Une des premières opérations de son épiscopat fut d'assembler, à la demande de ce piince, un synode, où il le releva du serment qu'il avait fait à l'empereur Manuel et à son fils Alexis, et accorda une absaltïtion g-nérale à tous ceux qui avaient contribué à son élévation. Andronic ayant été renversé du trône, l'an ii.SS, par Isdac 1 Arige,' qui lui succéda, la foriune du patriarche se ressentit de cette révolution. Isaac,^ se défiant de lui et redoutant son crédit, le. fit déposer l'année suivante, S'ius prétexte qu'il avait sécularisé des veuves et des vierges qu'Andronic avait contraintes de prendre le voile.
XCT. NICETAS II, dit MUNTANÈS.
, 1186. NicÉTAS II, surnommé MuntanÈs , diacre et sacell^ire de l'église de Constanlinople , fut élu patriarche , l'an ii86, sur la désignation d'Isaac l'Ange. L'an 1 190, ce prince le chassa, à raison, disait-il, de son extrême vieillesse et de sa trop graijde simplicité*
io4 tHRONOLOGlE HISTORIQUE