CIX. GERMAIN ill
1267. Germain, métropolitain d'Andrinople , fut élu, malgré lui, à la sollicitation de l'empereur Michel Paléologue, par une assemhlée d'évêques tenue dans l'église de Blaquernes le 5 juin 1267. C'était un homme poli, instruit dans les lettres, d'un commerce facile et agréable , plus porté à la douceur qu'à la sévérité , d'ailleurs Irréprochable dans ses mœurs. L'empereur , zélé pour le rétablissement des lettres extrêmement déchues en Orient, fonda deux écoles à Constantinople ; l'une pour la grammaire , et l'autre pour des sciences plus relevées. Germain donna ses soins pour y entretenir l'émulation parmi les élèves. Mais le penchant qu'il marqua pour la réunion des deux éi^llses, lui fit tort dans l'esprit des fanatiques et grossit ie parti des Arsenltes. On lui fit un crime de sa translation d'un siège à un autre , quoique autorisée par plusieurs exemples ; et on persuada à l'empereur que la paix ne pourrait se rétablir que par sa déposition. L'abbé Joseph, confesseur, ou, comme on parlait en Orient, père spirituel de ce prince, fomenta ces dispositions dans l'âme de son pénitent. E,tant aller trouver le patriarche de sa part , il l'ébranla tellement par la crainte d'une destitution non moins Ignominieuse qu'inévitable, qu'il le lit consentir à donner son abdication: ce qu'il exécuta le i5 septembre 1267. Dans la suite ( l'an 1274 ) H fut mis à la tête des ambassadeurs envoyés par l'empereur au concile générol de Lyon , et y embrassa solennellement avec eux le parti de la réunion,
ex. JOSEPH.
1267. Joseph, dont on vient de parler, abbé du monastère de Gales, fut donné, comme il l'avait désiré, pour successeur au patriarche Germain le 28 décembre , et ordonné le l^^ janvier 1268. Le 2 février suivant, il donna l'absolution à l'empereur Michel, qne Germain avait laissé dans les liens de l'excommunication. Mais l'empereur, ayant assemblé les évèques , Fan 127.^ , dans son palais , pour leur proposer la réunion avec l'église latine , éprouva une résistance invincible à ses volonté; de la part du patriarche soutenu par l'éloquence du cartophylax Jean Veccus. La liberté que prit celui-ci fut punie par la prison ; châtiment qui lui devint salutaire par le loisir qu il lui donna d'approfondir la cause dont il était la victime et d'en reconnaître le vice à la lumière des preuves qu'on lui fournit. Sa conversion, fruit d'un examen impartial, n'ébranla pas le
lia CHRONOLOGIE HISTORIQUE
patriarche. Il publia même une lettre pastorale dans laquelle il s'engageait par serment à ne jamais consentir à la réunion. L'heureuse issue du concile de Lyon , où la concorde fut rétablie entre les deux églises, aurait peut-être fait plus d'effet sur son esprit, s'il n'eût été retenu par son serment. Pressé d'ailleurs par la promesse qu'il avait faite à l'empereur d'abdiquer au cas que la réunion fût acceptée , il se trouvait dans un défdé d'où l'empereur le tira en faisant déclarer, par une assemblée d'évêques, qu'il était déposé en vertu de cette promesse. Le 3 janvier i^yS, Joseph se retira hors de la ville, dans un monastère sur les bords du Bosphore, d'où l'empereur, quelque tems après , le ht transférer au château de Chelé.