CXL JEAN XI , DIT VECCUS
layS, Jean XI, surnommé Veccus ou Biiccus , diacre et cartophylax , ou garde des archives de l'église de Sainte-Sophie , fut substitué, le 26 mai layS , au patriarche Joseph, et sacré le 2 juin suivant , jour de la Pentecôte. Revenu, comme on l'a vu , de son attachement au schisme , il ne négligea rien pour maintenir la réunion des deux églises, arrêtée et consentie de part et d'autre avec une parfaite unanimité au concile de Lyon. L'an 1277 , il tint à ce sujet deux conciles , dans le second desquels il publia, le 16 juillet, une excommunication contre les Schismatlques. Ceux-ci lui rendirent la pareille , et enveloppèrent dans leurs anathèmcs l'empereur et le pape. Les attaques qu'ils livrèrent au patriarche ne se bornèrent pas à sa doctrine ; ils forgèrent des accusations calomnieuses pour rendre sa fidélité suspecte à l'empereur. \ oyant qu'elles avaient pris faveur et changé les dispositions de ce prince à son égard , il prit le parti de donner sa démission au mois de mars isyç), et se retira dans un monastère. Mais, le G août suivant , il fut rappelé avec honneur. L'an 1280, le 3 mai, Veccus assembla un nouveau concile, où il convainquit le grand référendaire Escam— matismène , schismatique des plus ardents , d'avoir altéré , dans un exemplaire de saint Grégoire de iSysse , un passage décisif sur la procession du Saint-Esprit. L'empereur Michel étant mort l'an 1282 ,• ce prélat se vit exposé à de nouvelles persécutions .sous le gouvernement de son successeur And rouie II. Ce jeune prince, se laissant conduire par Eulogic , sa tante, chassa Veccus de son siège le 26 décembre de la même
JOSEPH , rêhM:
1282. JoSErH , après l'expulsion de Veccus, remonta sur
"DES Ï»ATÏIIA&CHÈS DE CONSTAÎSTINnPLË. SI*
ïon sîêge le 3o décembre 12S2. Au mois de janvier suivani , il assembla un concile où Veccus fut cité pour repdre raison de sa ïloctrine et donner la formule de sa démission. Après s'être victorieusement justifié sur le premier point, il donna l'acte -qu'on lui demandait, en protestant de la violence qui lui était faite. Etant ensuite retourné dans le monastère de Panachrante^ ■qu'il avait choisi pour sa retraite , il en fut tiré pour être enfermé dans la citadelle dite de Grégoire, où il finit ses jours , à t:e qu'on croit ,, au mois de mars 1288. Oh a les ouvrages que ce prélat composa soit sur son siège, soit dans sa prison, pour la défense de l'église latine. Ils ne démentent point l'idée que donnent de son éloquence et de son savoir Pachymère et Grégoras , tout schismaliques qu'ils sont. Les mêmes écrivains font l'éloge de sa charité compatissante envers les malheureux ; vertu qu'il poussa quelquefois jusqu'à l'indiscrétion , en inter* cédant pour eux à contre-tems auprès de l'empereur : ce qui contribua à refroidir ce prince à son égard. Le P. Goar , dans son Euchologe des Grecs (p. i56), a fait graver le portrait de ce prélat sans avertir d'où il l'a tiré. Nous le jugeons néanmoins fidèle , puisqu'il est tel que les historiens du lems représentent Veccus, d'une taille avantageuse, d'un port majestueux , d'un %'isage vénérable et serein. Revenons au patriarche Joseph. Il était cassé de vieillesse lorsqu'il remonta sur son siège, et ma* ïade lorsqu'il tint le concile dont on vient de parler. Il y survé=» eut à peine deux mois, étant mort en mars ja83.