TRAJAN
98. Ulpius TRAJA^x^s Crinitus, né le 18 septembre de l'an IJ2, à Italira, en Espagne, adopté et fait césar à Co'ogue vers le 28 octobre 97, par Nerva , lui succéda le 27 janvier de l'année suivante. Il était pour lors à Cologne, où il prit l'empire et le titre d'uguste dès qu'il apprit, par Adrien, la nouvelle de la mort de Nerva. ( Tillcmont. ) En investissant le
DES EMPEREURS DOMAINS.
préfet du prétoire par le glaive, (jul elait le symbole de s;i puissance , il lui dit ces paroles remarquables : Recevez ce glaive : si Je gouverne bien , servez-vous-en pour ma défense : si Je gouverne mal, servez-vous-en contre moi. L'an 102 , il porta la guerre en Dace, contre le roi Décébale , qui avait obligé Domitien à lui payer tribut , et le réduisit à venir lui demander la paix à genoux. Décébale, ayant manqué à ses engagements, s'attira de nouveau, 1 an io5, les armes de Trajan. Cette deuxième guerre fmit , l'an 107, par la mort de Décébale qui se tua de désespoir, voyant ses états conquis par les Romains. L'an 1 12, Trajan paît de Rome, au mois d'octobre, pour aller faire la guerre aux Parthes. ( Foy. Chosroès I", roi des Parlhes. ) Ceux qui mettent , en 107, une première expédition de ce prince en Orient, se trompent, au jugement de MM. de Longuerue et Muraîo.i. ( On objecterait en vain contre l'opinion de ces derniers les actes du martyre de saint Ignace, qui portent que Trajan, étant à Àntioche. le fit conduire h Rome pour y ê!re dévoiél par les bétes, et cela sous le consulat de Sura et de Sénécion,' ce qui revient à l'an 107. Tous les savants, dit le P. Saccarelb, conviennent aujourd'hui que cette date est une addition faite k ces actes par un interpolateur. ) En revenant à Rome, Traja j mourut à Sélinunle, en Cilicie , vers le 10 août de l'an 117, après avoir régné dix-neuf ans , six mois et quinze jours. Trajan possédait la plupart des vertus qui font l'excellent prince ; mais il y joignait de grands vices, tels que l'ivrognerie, et d'autres qu'il n'est pas même permis de nommer.Une autre tache à sa mémoire, est la persécution qu'il fit aux Chrétiens, non par aucun écllt donné contre eux, mais en ordonnant ou permettant l'exécution des lois portées contre ceux qui introduisaient de nouvelles religions. On connaît la lettre que Pline le Jeune, étant proconsul de Bithynie, lui écrivit à leur sujet, et la réponse qii'il en reçut. Pline demandait ce qu'il devait faire de ceux qui lui étaient dénoncés comme chrétiens, s'il devait punir les accuse:^ qui abjuraient le Christianisme après l'avoir professé, de même que; ceux qui persistaient dans cette profession ; ce qui l'embarrassait d'autant plus qu'après d'exactes recherches 11 n'avait rien trouvé de répréhensible dans les mœurs et la conduite des Chrétiens. Cependant il ne laissait pas de condamner à mort ceux qui refusaient de sacrifier aux idoles. La réponse de Tiajan fut qu'il fallait punir ceux qu'on accusait , s'ils s'avouaient chrétiens , et renvoyer comme innocents, ceux qui sacrifiaient auv: Dieux, quelque suspects qu'ils fussent d'ailleurs. Il défendait en même tems de les rechercher et d'avoir aucun égard aux accusations , si c'étaient des libelles sans nom d'auteurs. Mais s'ils étaient coupables, dit-on , pourquoi ne les pas recherchej',
iga CHFxONOLOGIE HISTORIQUE
et s'ils ne relaient pas, pourquoi les punir? Du reste cet empereur traita ses peuples avec une extrt-me douceur. Ennemi des exactions outrées , il comparait le fisc impérial à la rate qui , à mesure qu'elle s'enfle, lait dessécher les autres membres du corps. Mon moins ennemis des délations, il déclara infâmes ceux qui en faisaient métier. Une de ses maximes était qu'il calait mieux laisser un crirnincl impuni ^ que condamner' un innocent. On ne peut dénombrer les ponts, les levées , les grands chemins qu'il fit construire pour arrêter les inondations et faciliter la communication des gi'andes villes entre elles, il en embellit plusieurs, et Rome sur-tout, de superbes édifices publics. Il fit abattre dans cette capitale du monde, l'an 1 14 7 une montagne de ceni quarante-quatre pieds de haut pour faire une place unie, au milieu de laquelle on éleva une colonne de même hauteur : c'est la fameuse colonne Trajane. Mais il se payait piar ses mains , en quelque sorte , de ces louables entre- , prises , par le soin qu'il avait de faire mettre son nom sur tous ses ouvrages, jusque-là que sur le seul pont d'Alcautara, qui n'a que six arches , il se trouve répété en six inscriptions. C'est ce qui le fit appeller Vherhe pariétaire. Il avait aussi la vanité de vouloir passer pour éloquent; et comme il ne l'était pas, il faisait composer ses harangues par Licinius Sura. Ce prince avait épousé Plotitse, morte l'an 129, sans enfants. ( Vuy. Chosroès, roi des Partîtes. )
Suivant Pline le Jeune ( L. "K^Ep. 53, 54), on renouvelait tous les ans , au 27 janvier , par des réjouissances publiques, la mémoire du jour où Trajan prit l'empire et le titre d'auguste. C'est le jour auquel on voit que l'on commençait son règne.