DEUX EMPEREURS POUR LA PREMIÈRE FOIS
i.«> MARC AURELE.
i6i. M. AuRELiUS Antonintjs de l'ancienne maison des Annius, né le :>6 avril 121, élevé par le philosophe Diognète, fut adopté par x\ntonin le même jour qu'Antonin le fut par Adrien, déclaré césar l'année suivante, et proclamé empereur le 7 mars 161. Près de monter sur le trône, il montra de la tristesse. Sa mère lui en ayant demandé la raison, vous ne i^uulez pas ^ lui dit-il, que je sois triste ; je vais répner. Ce prince fit la guerre , par ses généraux, contre les Parthes. Il la fit en personne contre les Suéves, les Quades et les Marcomans ; peuples qui donnèrent beaucoup d'exercice à sa valeur. M. Aurèle mourut à Sirmich le 17 mars 180, âgé de 58 ans, dix mois et vingt-deux jours ,'- après avoir régné 19 ans et dix jours depuis la mort d'Antonin. Ce prince commença, l'an iB3, la quatrième persécution contre les Chrétiens. Elle fut longue et cruelle. X'apologie du Christianisme, que le phdosophe Athénagore présenta , l'an 166 , aux deux empereurs , ne la fit point cesser. 11 y a bien d'autres taches dans la vie de M. Aurèle, dont la conduite fut souvent en contradiction avec les belles maximes de morale qu'il débite dans ses Réflexions. Négligent à punir les crimes, surtout dans les sénateurs, il en vint au pointue s'imaginer qu'il ne devait pas même s'en informer. Tandis qu'il s'amusait à disputer sur des matières de philosophie , ou à disserter sur l'art de gouverner les hommes, il laissait les gouverneurs piller impunément les proyinces, dans la crainte de passer pour sévère, s'il punissait leurs rapines. Il canonisa le crime en faisant mettre au rang des Dieux son infâme collègue, et sa propre femme qui ne vallait pas mieux. Il faut néanmoins avouer que ce prince eut de grandes qualités de cœur et d'esprit , et qu'à certains égards il fut vraiment digne d'adaiiration. Il ménageait tellement les peuples, que dans un besoin pressant, plutôt que de les charger de nouveaux impôts , il vendit les meubles du palais impérial. ( Aurel. Victor. ) Il avait épousé , vers l'an i4o, A>'MA FAUSTI^"A , fille d'Antonin, femme débauchée, qui mourut l'an 175 , laissant de son mariage ComïTiode , qui succéda à son père, et trois filles, Lucille, femme de l'empereur Lucius Verus, Fadille et Vibia Aurélia.