‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 290 sur 437 · PHILIPPE · texte numérisé non relu

PHILIPPE

244. M. JULIUS Philippus , né d'un chef de voleurs , l'an 204 , à Bostres, dans l'Arabie, préfet du prétoire , engagea lés soldats, après avoir fait assassiner Gordien, à l'élire empereur le 10 mars 244- Philippe était chrétien, selon tusèbe , suivi par saint Jérôme , saint Chrvsostôme , Paul Orose , et d'autres. Cet écrivain rapporte qu'en passant à Antioche , après avoir fait la paix avec les Perses, pour se rendre à Rome , il voulut assister aux prières qui se faisaient dans l'église, la veille de Pâques ; mais que l'évèque , saint Rabylas , sachant qu'il était coupable de la mort de Gordien , l'arrêta et Tempècha d'y entrer. Philippe, ajoute-t-il, se soumit humblement à la rénrimande de l'évèque , fit la confession de ses crimes , et accepta la pénitence. Mais Eusèbe ne rapporte cette histoire que d'après un bruit qu'il ne garantit pas. Fama est ^ dit- 11. D'ailleurs le même Eusèbe, Laclance, saint Ambroise , Paul Orose, ïhéodoret, Sulpice Sévère, et presque tous les anciens, attestent que Constantin fut le premier empereur chrétien. De plus , il y a preuve , ainsi que le fait voirie P. Saccarelli , que Philippe, pendant son règne , fit plusieurs actes d'idolâtrie. Ainsi rien de plus douteux que son prétendu Christianisme. Ce prince avant envoyé Dèce pour châtier les auteurs d'une révolte dans la Mésie , les troupes du pays , pour éviter la punition qu'elles méritaient, proclamèrent \}ece^ empereur. Philippe, l'ayant appris, marcha ■contre Dèce , lui livra bataille près de Vérone , fut vaincu et tué vers la mi-octobre 249. Philippe, son fils et son collègue, fju'il avait eu de Marcia Octacilla , sa femme, fut misa mort, peu du jours après, à Rome. Le P. Hardouin donne à Philippe une origine bien différente de celle que nous lui attribuons d'après les historiens qui approchent le plus de son tems. <( Les médailles de l'empereur Philippe, dit-il , maruuciit IV. .- '

aïO CHRONOLOGIE HISTORIQUE

» qu'il descendait d'Antoine et d'Auguste , de Pompée qni des- *» cendait de Numa Pompilius, second roi des Romains et M gendre de Romulus ; et enfin de Marcius Phillppus, issu » d'Ancus Martius, troisième roi des Romains. Les médailles , I) dit-il, démontrent tout cela visiblement, » Oui, les médailles expliquées à la manière du P. Hardouin.

L'an 248, la millième année de la fondation de Rome fut célébrée par des jeux séculaires , qui furent peut-être les plus magnifiques qu'on eût vus jusqu'alors. On y vit, suivant Capitolin , combattre dans l'amphitbéatre trente-deux éléphants , dix ours , dix tigres, soixante lions apprivoisés , un cheval marin, un rhinocéros, dix lions blancs , dix ânes sauvages , quarante chevaux sauvages, dix caméléopards, et une infinité d'autres animaux de différentes espèces , sans parler de deux mille gladiateurs, entretenus par le fisc, qui se battirent dans le cirque, et des jeux de théâtre qui durèrent trois jours et trois nuits.

Jotapien , en Syrie ; Pacatien, vers le midi des Gaules ; et Carville Marin , en Mésie , prirent la pourpre sur la fin du règne de Philippe, et en furent bientôt dépouillés, avec perte «e la vie.

DECE.

249- Cn. Messius Quinttts Trajanus Decius , né , l'an aoi , d'une famille ancienne , suivant Zozime , à Buballe, village près de Sirmlch , succéda , l'an 24g , au mois d'octobre , à Philippe. L'an 261 , il marche en Mésie avec Hérennlus Dèce , son fils aîné , contre les Goths, fait le ravage dans leur pays , et les réduit au point que , pour se délivrer, il ne leur reste plus d'espérance que dans une bataille. Elle s'engage ; le jeune Dèce, au premier choc, est tué d'un coup de flèche. I,e père, sans paraître trouble , s'écrie que le salut de l'empire n'est pas attaché à la vie d'un seul homme. Il poursuit l'ennemi avec tant d'ardeur que , s'étant engagé dans un marais qu'il voidait traverser, il enfonce, sur son cheval, dans le limon sans pouvoir s'en tirer. Il y périt des traits dont les barbares le percèrent, sur la fin de novembre. Ce prince méritait un pareil sort pour la cruelle persécution qu il fit aux Chrétiens. ( Elle es! comptée pour la septième. ) On doit néanmoins dire à sa louange que, pendant son règne , il s'occupa sérieusement de la réforme des mœurs publiques , et que dans cette vue il rétablit la charge de censeur. Dèce avait épousé Herennia Cupiennia Etruscilla , dont il laissa Hostllien, dont il sera parlé ci-après, et peut-être deux autres fils.

•ES EMPI.REURS ROMAINS. 211

GALLUS ET VOLUSIEN.

liSi. C. ViBius Trebonianus Gallus , après la mort de Dèce , à laquelle on croit qu'il eu part, fut proclamé empereur par les troupes de Mésie et de Thrace. 11 donna les titres d'auguste et d'empereur à Hostilien, fils de Dèce, qui mourut peu de tems après, il fit en même tems césar VoLUSiEN , son fils , et le déclara auguste avant la lin de juillet aSa. (iallus et Volusien furent tués, vers la fin de mai 268, à Terni, par leurs ioldats , lorsqu'ils marchaient contre Rmilien , qui s'était révolté. Gallus, selon Dexippe , historien du tems, n'a régné que dix huit mois. Son règne n'est presque connu que par la paix honteuse qu'il fit avec les Golhs, par la persécution qu'il fit aux Chrétiens ( c'est la huitième ), et par la peste et les autres fléaux qui furent la punition de sa cruauté.

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