‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 294 sur 437 · CLAUDE II , DIT LE GOTHIQUE · texte numérisé non relu

CLAUDE II , DIT LE GOTHIQUE

268. M. AUR. Claudius, né dans TlUyrie, le 10 mai ai4 ou 2i5, gênerai de l'armée d'iilyrie, dune famille obscure, fut

» perdu un commandant utile, et vous avez fait un bien mal- » heureux empereur. » Ce qu'il prévoyait arriva. Il fut tué l'année suivante , ou l'an 267,81 les médailles qui lui donnent 4 ans de règne, sont véritables.

264. C. Ann. Trebellianus , fameux pirate , proclamé empereur en Isaurie, au commencement de l'an 264 , fut tué, l'année suivante, dans une bataille contre ( ausisolée , frère de Theodote , vainqueur d'Emilien.

264. M. Aurel. Piauvonius VicTORiNUS , choisit pour collègue par Posthume en 264, hii succéda Tan 267. Le dérèglement de ses mœurs ternit ses qualités brillantes. Des maris jaloux , dont il avait séduit pu violé les femmes , vengèrent l'outrage fait à leur honneur en l'assassinant , dans les premiers mois de l'année suivante à Cologne. Avant d'expirer, il désigna pour son successeur , C. Plauvonius Viclorinus ^ son fils, qui eut, peu de tems après , le même sort que lui. Une pierre , - découverte près de Cologne , porte dans l'inscription : hic sùi sunt Jjrfvrini duo. Après la mort du père , Aurélia Vicfurina ( ou Victoria ) , mère de Victorin le Vieux , prit le titre d'auguste. Elle fut en Occident ce que Zénubie était en Oiienl.

pr<5clamé empereur après la mort de Gallien , et reconnu avec joie par le sénat , le s+niars 268. Il porta sur le trône le inodèle de toutes les vertus, dont l'âme d'un païen est susceptible- Avant cjue d'y parvenir , il avait commandé les armées avec gloire. En continuant de marcher à leur tète, il triompha de quelques tyrans , et défit entièrement, l'an 269, près de JXaïsse ^ les Goths, qui étaient venus, au nombre de trois cent vingt •mille, piller la Thrace , l'Asie et la Grèce ; ce qui lui mérita le surnom de Gothique. Il mourut de la peste à Sirmich , vers le mois de mai 270, dans la troisième année de son règne. Les ilomains , après sa mort, pour consacrer sa mémoire, lui érigèrent dans le Capitole une statue d'or ( c'est-à-dire dorée ) , haute de dix pieds.

Depuis Claude jusqu'à Dioclétien , qui rétablit la monnaie d'argent pur, il n'y a plus d'argent du tout dans les médailles , ou s'il s'en trouve, elles sont si rares que l'exception confirme la

S'étant mise à la tête d'un certain nombre de légions , elle leur inspira tant de confiance , qu'elles l'appelaient la mère des armées. Elle les conduisait elle-mexTie, avec cette fierté tranqudle qui annonce autant de courage que d intelligence. Son autorité n'expira qu'avec sa vie vers le milieu de l'an 268.

265. T. Corn. Celsus, proclamé empereur à Carthage l'an aB5, fut tué six jours après par ses troupes.

266. Ulp. Corn. L>elianus (ou L. ySilLiANUs)sefit proclamer empereur à Mayence vers la fin de s.'^^'o. Il perdit la vie près de cette ville, au commencement de l'année suivante, dans une bataille contre Posthume. M. Muratori le confond avec Lollianus qui suit ; mais les médailles les distinguent.

267. Sp. Servil. Lollianus, reconnu empereur dans une partie des Gaules , après la mort de Posthume , contre lequel il avait soulevé l'armée, fut défait par les Victorins, et massacré, la même année , par les soldats.

267. Septimia Zénobia , femme d'Odenat , qu'elle accompagna toujours dans ses expéditions militaires, prit le titre de reine d'Orient après la mort de son époux, et donna la pourpre à ses trois fils , Hérennien , Timolaiis et Valbalathe. Cette princesse , issue des Ptolémees d'Egypte, réunissait en sa personne le savoir et l'héroïsme. Elle résista aux forces que Gallien et Claude , son successeur , envoyèrent contre elle, et étendit ses conquêtes en Egypte et jusque dans la Galatie. Mais elle trouva IV. u^

SI s CHRONOtOGlE HISTOniQUË

règle. On a frappé pour lors sur le cuivre seul , mais après Va-^ voir couvert d'une feuille d'étain. C'est ce qui donne cet œil si Liane aux médailles que nous appelons saucées. Les espèces d'or ont toujours été néanmoins battues sur le fin , parce que les tributs ne se payaient qu'en or. ( La Bastie. )

QUINTILLE.

270. M. AuR. Claud. Quintillus, prit , après la mort de Claude , son frère, le titre d'empereur, qui lui fut déféré pai' le sénat et les soldats en Italie. Mais en même tems Aurelien fut proclamé par l'armée qui se trouvait à Sirmich. Quintille, desespérant de pouvoir se soutenir en concurrence avec ce rival , se donna la mort , après dix-sept ou vingt jours de règne.

AURELIEN.

270. L. Valerius Dûmitius Aurelianus , né, à ce qu'on croit , dans la Dace , Tan 212 , d'une famille abjecte , surnommé

un vainqueur dans la personne d' Aurelien. L'an 272, ce prince après deux batailles gagnées sur elle, l'une à Daphné, près d'Antioche , l'autre sous les murs d'Emèse , vint l'assiéger dans Paljnyre. Elle s'y défendit en nouvelle Sémlramis. Mais après avoir épuisé toutes les ressources du génie et de la valeur, elle fut prise. Tannée suivante, en se retirant vers l'Orient, et conduite à Rome , où elle servit avec Tetricus à orner le triomphe d'Aurélicn. Zénobie passa le reste de ses jours à 11— voli. On ignore le sort de ses fds, à l'exception de Valbalathe, nue l'empereur combla de faveurs. Les filles de Zénobie épousèrent d'illustres personnages.

26". Man. Acilius Aureolus , général de l'armée d'Illyrie, avec laquelle il avait défait , en 262 , le tyran Macrien , ayant été envové , l'an 267, par Gallien à Milan pour défendre le passage des Alpes contre le tyran Posthume , prit la pourpre en cette ville , où Gallien vint , l'année suivante , l'assiéger. Ce prince ayant été tué durant cette ex-pédltion, Aureolus essaya de proposera Claude, son successeur, un traité d'alliance et cle partage , « Dites lui , répliqua Tintrépide empereur, que de >. pareilles offres pouvaient être faites à Gallien; Gallien les » aurait peut-être écoutées patiemment , il aurait pu accepter j. un collègue aussi méprisable que lui ». Ce dur refus ayant intimidé les assiégés, Aureolus tenta le sort d'une bataille, qui ïut livrée dans le mois d'avril 268, près de l'Adda, entre Milan

TëPEE a la IttAl^ , manu ad jerruni^ à cause de son inclination pour les armes et Je sa valeur , général des armées dJllyrie et de Tlirace , fut proclamé empereur dans le mois de mai 270 , à Slrmich , en même tems que Quintille le fut en Italie. Il régna cinq ans commencés, et fut assassiné en Thrace, entre Hera— clée et Bysance, au mois de janvier :27 5, par la trahison de Mneslhée , son secrétaire, qui avait soulevé ses généraux contre lui sur un faux mémoire. Ce prince, le plus grand capitaine de son siècle y rétablit l'empire dans ses limites , et le rendit formidable à ses ennemis, li rechassa les Goths , après plusieurs victoires remportées sur eux , au-delà du Danube. Il repoussa les Allemands qui , vainqueurs dans une première bataille donnée près de Plaisance , avalent pénétré jusqu'en Ombrie , et les obligea de retourner en Germanie. Mais ses plus brillants exploits furent contre Zénobie , veuve d'Odenat et reine de Palmyre y qui, après lui avoir donné beaucoup d'exercice, fut prise l'aa 273 , et emmenée captive à Rome. Le vainqueur fit mourir les partisans les plus distingués de cette princesse , et n'épargna pas même le philosophe Longin , son secrétaire , que son savoir et sa vertu firent extrêmement regretter. Son dessein était néan~ moins de conserver Palmyre. Mais ayant appris, la même année en Thrace, qu'elle s'était révoltée, il y revint en diligence y passa tous les habitants au fd de l'épée, et détruisit de fond en comble cette superbe ville, dont il reste encore des monuments

et Bergame. Il la perdit avec la vie, suivanteTrehellius Pollion.. Zozime dit au contraire qu'il se rendit au vainqueur qui voulait lui épargner la vie ; mais que les soldats, s'en étant saisis^ le' mirent à mort. Quoiqu'il en soit , le lieu où se donna. îa bataille fut nommé ¥ons Aureoli , aujourd'hui Pontirole.

267. Meonius, cousin et meurtrier d'Odenat^ se fit proclam.eo empereur, après la mort de ce prince en Syrie. Ses soldats , au bout de quelques jours, le mirent à mort.

268. M. AuREL. Marius,. armurier, fut proclamé empereur dans une partie des Gaules, par les soiiis de Yictoj'lne. Mais, sept jours après son élection , il fut assassiné , dans les premiers mois de Tan 2,68 , par un soldat qui avait travaille dans sa boutique et avec une epée faite par Marius même. Ce tyran s'était distingué par rinlrépidlté de sou courage, par une force de corps extraordinaire et par l'honnêteté de ses mœurs grossières.

268. P. PiVESUVius Tetricus , sénateur et gouverneur d^Aquîtaine, fut proclamé empereur dans la ville de Bordeaux, après

qui font Tadmiration des connaisseurs. Aurélien était nalureïfement porté à la cruauté Ce funeste penchant se manifestaii jusques dans l'exactitude avec laquelle il faisait observer la discipline militaire ; ce qui lui attira , de la part des soldats, cette raillerie piquante : // a plus versé de sang que personne n'a bu de <>m. Sur la fin de sa vie, il persécuta les Chrétiens, qu'il avait jusqu'alors traités favorablement. Dodwell prétend qu'il se contenta de les menact r sans en venir aux effets ; mais Eusèbe ( Hi'st, EccL , L. VII , c. 3o ) dit formellement le contraire , qui d'ailleurs est prouvé par les actes des martyrs qu'il fit. Il aimait la modestie dans les habits, et ne voulut point permettre à sa femme et à sa fille de porter des robes de soie, disant qu'une étolfe est trop chère lorsqu'elle se vend au poids de 1 or : Absît -ut aura fila peiLS ntur. Cependant il est le premier empereur , suivant Jornandès , qui ceignit le diadème en public. ( Voyez. du Cange sur Joinville , dissert. XXIV, page 290. ) Le nom

3a mort de Marins , à la recommandation de Victorine , qui voulait l'associer à son fils Victorin. Ce ivran se maintint avec gloire l'espace de six ans commencés. Mais las des fréquentes mutineries de ses troupes, il se détermina, l'an 27.^, à se rendre à l'empereur Aurélien. La manière dont il s'y prit ne lui fait pas honneur, Aurélien l'ayant atteint dans les plaines de Chalons, les deux armées en vinrent aux mains. Tandis qu'elles se battent avec tout l'acharnement imaginable, Teiricus, avec son fils, passe du côté de l'ennemi, laissant ses troupes répandre en vain leur sang pour un chef qui les a lâchement îbandonnées- EUes furent presque entièrement taillées en pièces. Aurélien donna à Tetricus un gouvernement en Italie où il mourut, entre septembre 276 et mars 276. Son fils, C. PlA^ESUVlUS , qu'il avait fait césar, fut, par Aurélien, après l'avoir gagné, comblé de biens et d'honneurs.

273. Marcus FiRMïUS , natif de Séleucîe, en Syrie, transporté dès sa jeunesse en Egypte , où le commerce le rendit fort opulent, osa s'y faire proclamer empereur, vers le milieu de l'an 273 , après la chute de Zénobie , dont il était ami. C'était un homme d'une taille de géant et d'une force surpi^nante ; ou l'appelait le ( yclope. S'étant rendu maître d'Alexandrie et du reste de l'Egypte , il défendit de transporter à Rome le blé qu'on avait coutume d'y envoyer. Aurélien , dès qu'il eut ap-

Î)ris sa révolte à Carrhes, en Mésopotamie, marcha contre lui, et 'ayant pris dans une bataille, il lui fit expier son crime la mômç an née j dans des supplices affreux.

DES E5IPEREURS ROMAINS. 221

ôe sa femme était Ulpi\ Severinà; celui de la fille qu'il eut d'elle est inconnu, Rome fut redevable à ce prince d'une nouvelle enceinte , beaucoup plus étendue que la première , et de nouvelles fortifications qui la mirent à Tabri des insultes de» barbares. On évalua son circuit à quarante mUle pas ou environ.

Page 1