LICINIUS
807. C. FlA-V. YaLF.RIAÎ^US LiCINIUS ou LîCINIANUS , né l'an 263, d'une famille obscure, en Dace , fut fait auguste, à Carnunte , par Galère et Dioclétien ( sans passer par le rang intermédiaire de césar ), le 11 novembre 007. Après la mort de Galère, il s'empara de la partie de ses états située en Europe , tandis que Maximin se mettait en possession de celle qu'il avait en Asie. La même année, pour s'assurer la jouissance paisible de ses domaines , il fait alliance avec Constantin , dont il épousa la sœur en 3i3, à Milan. Mais s'éfant brouillés ensuite, ils en vinrent à une guerre ouverte. Licinius, battu par Constantin, le 8 octobre 3i4, près de Cibales , en Pannonie , lui demanda la paix ; et , pour l'obtenir, il lui céda l'illyrie et la Grèce. Le cœur, d'un côté ni de l'autre , n'eut guère de part à cette réconciliation ; et il resta toujours, entre ces deux collègues, un levcin de jalousie, qui les disposait à une nouvelle rupture. Ce fut de la part de Licinius qu'elle éclata. Ce prince, l'an 3i8, commence à persécuter les Chrétiens en haine de (onslantin, leur protecteur. (Assem. ) Cette conduite équivalant une déclaration de guerre , les deux princes reprirent les armes; Licinius, ayant perdu plusieurs bat;*iiles en 3^3, remit la pourpre à Constantin, qui le relégua à Thessalonique. Mais accusé, sans preuve légale, de cabalcr pour rennonter sur le trône, il fut étranglé dans cette ville l'an 024, avant le i(3 mai. I icinius était aussi ignorant que cruel. Il ne savait ni lire ni écrire. Ennemi déclaré des gens de lettres, il en fit mettre à mort plusieurs sous divers prétextes. U avait épousé, en mars 3i3 , Consta>;tia , sœur de Constantin, morte, vers 33o, dans l'Arianisrae. Cette princesse lui donna un fils, nommé comme lui, qu'il fit césar en Sijj^ et que Constantin fît mourir en 326.
DES EMPEREURS ROMAINS. 23g
CONSTANTIN II, dit le Jeune, CONSTx\NCE ET CONSTANT.
Deux ans avant sa mort, l'an 335, Constantin le Grand avait partagé l'empire entre ses trois fils: disposition qu'il confirma par son testament. Constantin le jeune eut les Gaules , l'Espagne et l'Angleterre; Constance, l'Asie, la Syrie et l'Egypte; Constant, nilyrie, l'Italie et TAfrique. Les neveux de Constantin, Delmace, créé césar en septembre 3^5 et Hannibalien , son frère , mari de Constantine, étaient aussi compris dans le partage qu'il avait fait, et devaient régner sur des provinces qu'il avait distraites des lots de ses enfants ; mais les armées les rejetèrent , et ne Voulurent point d'autres maîtres que les enfants de ce prince. En conséquence les trois frères furent proclamés seuls empereurs et augustes par le sénat, ils ne prirent néanmoins ces titres que plus de trois mois après, savoir le c) septembre 33y. Les soldats, pour écarter tout ce qui pourrait faire ombrage à ces princes, firent main-basse, par l'ordre, dit-on, de Constance, sur presque toute la famille impériale ; Jules Constance , oncle paternel des trois empereurs, un autre frère du grand Constantin, cinq neveux du même empereur, furent massacrés , avec Delmace et Hannibalien , l'an 33^, ou 338. Gallus et Julien n'échappèrent qu'avec peine à ce massacre; le premier , parce qu'il était dangereusement malade , et qu'on ne croyait pas qu'il en dût revenir ; le second , parce qu il était enfant , et qu'on eut pitié de son âge.
Tyrans qui s 'élevèrent sous l'empire de Constance et de Constant.
35o. Magnence , né au-delà du Rhin, transporté dans les Gaules après avoir été fait captif, devenu , avec beaucoup de vices et point de vertus, le favori de Constantin le Grand, créé capitaine des gardes de Tempereur Constant, fut proclamé aur guste, le i('S janvier 35o, à Autun. Il envoie aussitôt un officier, nommé Gaïson , pour assassiner Constant. Ce prince s'échappe et se sauve à Elne , dans les Pyrennées ; il y est atteint et mis à mort. Magnence nomme césars ses deux frères, Decentius et Desiderius. Constance marche contre le tyran , et le défait près de Murse, sur la Drave, le a8 septembre 35 1, non par lui-même, mais par ses généraux; car dans le feu de l'action il s'était retiré dans une église. Battu une seconde fois près du mont Séleuque, en Dauphiné , Magnence se réfugie à Lyon, où , voyant ses affaires désespérées, il se donna la mort, le lo où le ii août 353-
24o CHRONOLOGIE HISTORIQUE