‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 314 sur 437 · HONORIUS · texte numérisé non relu

HONORIUS

3^5. rîoNO?itUS, second fils de Théo.dosc, né îe g septembre;

jl5â CHRONOLOGIE HISTORIQUE

384, fait anguste le lo janvier, ou le 20 novembre SgS , fîif déclaré empereur d'Occident par son père, le 17 du mois de janvier 3g5. Honorius fut zélé pour la foi; mais du reste, il n'eut rien des grandes qualités de Théodose , non plus que son frère Arcade. Ces deux princes , dit Muratori , étaient plutôt faits pour êfticp gouvernés que pour gouverner. Honorius mourut d'hydropfeie à Ravenne , le 1 5 août 4^3 , âgé de trente-neuf ans , après avoir régné vingt-huit ans et environ sept mois. Il ne laissa point d'enfants de ses deux femmes. Marie et TherllA:SitTlE ; elles étaient toutes deux fdles de Stilicon , vandale de naissance, ce ministre fameux à qui Honorius fit trancher la tête à Ravenne pour ses perfidies réelles ou supposées par ses ennemis , le 2.6 août 4o8 , et dont le fils Eucher et la femme Hérène, nièce du grand Théodose, subirent, peu de temi après, le même supplice. Honorius avait épousé , l'an 3j^8, la première, décédée en 4o4' ^ donna sa main, l'an 408 , à la seconde, morte en 4iS- I>'empire d'Occident, sous Honorius^ tomba dans Topprobre et la misère. Alaric , roi des Golhs , chassé d'Italie par Stilicon , après la célèbre balaille de Pollentia , donnée le 29 mars 4^3, y rentra lorsqu'il eut appris là mort de ce général avec lequel il était d'intelligence , dit-on , pour mettre Jucher, son fils, sur le trône impérial. Alors il marcha droit à Rome, dont il fit le siège sur la fin de Tan 4o8. Bientôt réduit à l'extrémité faute de vivres , le peuple romain lui fait une députation pour demander la paix à des conditions raisonnables, menaçant de sortir de ses murs en cas de refus, et de lui livrer bataille. Le barbare , instruit de l'état des assiégés et de leurs dispositions , rit de la menace. A la bonne heure , dit-i! , jamais un pré nest plus aisé à faurlier que quand l'herbe est drue. On lui demande ce qu'on peut donc espérer de lui ; la oie, répond-il. Il se radoucit néanmoins, et accepte l'offre qu'on lui fait de cinq mille livres d'or, trente mille d'argent , quatre mille robes de soie et trois mille pièces teintes en écarlale. Rome, cette fois, se garantit par-là du pillage. Pour accorder la paix et faire même alliance avec l'empire , Alaric ne demande , en se retirant , que la charge de maître de la milice romaine ; et Honorius , tout incapable qu'il est de lui résister , est assez mal avisé pour la refuser. Piqué de cet affront , Alaric revient quelque tems après devant Rome, et en forme de nouveau le siège. La famine y devint si affreuse , que le peuple , assemblé dans le cirque , s'éciia , transporté de fureur : Qu 'on mette en vente la chair humaine , et qu 'on en taxe le prix. Honorius se détermine enfin à traiter avec Alaric , malgré le serment qu'il avait fait , par une impression étrangère, de n'en jamais rien faire. Les deux princes s'abouchent à trois

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lieues Je Ravenne. Mais tandis qu'on négocie, Sarus , capitaine goth , qui avait quitté Alaric pour s'attacher aux Romains, sort inopinément de Ravenne avec sa troupe , vient fondre sur un quartier du camp d'Alaric, et taille en pièces un grand nombre de ses gens. Cette perfidie rompit les conférences. Alaric , furieux , reprend la route de Rome qu'il assiège pour la troisième fois , et dont il se rend maître le 24 août. Le feu , l'épée , les chaînes , partagèrent le sort de cette superbe maîtresse du monde , qui avait résisté à tant d'ennemis depuis onze cent soixante-deux ans qu'elle subsistait. Dieu fit voir néanmolnsen cette occasion combien il est le maître des volontés des hommes , même les plus féroces. Alaric , prince arien , en permettant le pillage aux soldats, avait défendu de toucher aux églises ; et si quelques-unes furent la proie des flammes , ce fut par la communication de celles qui consumaient les maisons voisines. Un grand nombre de ceux qui s'étaient réfugiés dans «es asiles mirent par-là en sûreté leur vie. Le respect d'Alaric pour la religion s étendit même aux effets mobiliers qui lui étaient consacrés. Un officier goth étant entré chez une diaconesse qui avait en dépôt ceux de l'église de Saint-Pierre , lui demande si elle a de l'or et de l'argent. J'en ai beaucoup , répondit-elle , et je i>ais les exposer à i^os yeux. En même-tems elle

Tyrans qui s'élevèrent dans l'empire, sous le règne d'Honort'us.

407. Cl. Constantinus , simple soldat , proclamé empereur l'an 407, par l'armée de la Grande Bretagne, puis reconnu dans les Gaules , d'où il passa ensuite en Espagne, et enfin , l'an 4091 p3r Honorius lui-même, fut pris, l'an 4^^» dans Arles avec Julien, son fils, par le général Constance, qui les envoya à Honorius, après les avoir tirés d'une église , où Constantin s'était fait ordonner prêtre. Ce prince les fit décapiter au mois de septembre de la même année, à douze lieues de Ravenne , contre la promesse que Constance leur avait faite de la vie sauve lorsqu'ils se rendirent à lui. Honorius se crut moins obligé à tenir l'engagement de son général , qu'à venger ses cousins Didyme et Verinien, que ces deux tyrans avaient fait mourir. Constantin avait un autie fils, nommé Constant, qu'il avait fait césar, de moine qu'il était auparavant, et que Géronce, son général, qui l'avait abandonné dès l'an 4^'9 1 ^^^ assassiner à Vienne, au commencement de l'an 41 1 1 mais Géronce, battu peu de tems après devant Arles, dont il faisait le siège; par Constance, général d'Honorius, fut réduit à se sauver en Espagne, où ses propre soldats le tuèrent l'an l^m , suivant

etaia un grand nombre de vases précieux. Ce que cous i<oyez^ dîtelle , appartient à l'apôtre saint Pierre ; prenez-le , si i>ous l'usez ; mais pensez au compte ijue vous eii rendrez à Dieu. Pour moi j'en serai décharj^èe ^ n'étant pas en état de vous résister. Le barbare n'osant toucher à ce dépôt , envoie demander au roi ses ordres, -^laric ordonne que ces vases soient reportés à la basilique de Saint-Pierre, et qu'on y conduise, sous une sauve-garde, cette vierge si généreuse , avec tous ceu>; qui pourraient se joindre à elle. (Orose. ) M. de Tilleraont place la prise de Rome en 410. Mais Pagi emploie divers argumenls pour montrer que cet événement est de 4f>9- Il y il des autorités pour et contre. Si d'un coté saint Isidore rapporte le sâc de Piome , par Alaric , à 1 ère «l'Espagne 447 1 f|"' répond à l'an 4^9 de Jésus-Christ , de l'autre , Prospère Tiro et Cassîodorele mettent sous le consulat de TertuUé et de Yarane , qui appartient à Tannée suivante.

Orose. Oljiripiodore et Sozomène disent qu'il se tua lui-même après avoir égorgé sa femme Nonniquie , comme elle l'en avait prié.

409. Maxime , homme de basse naissance , officier dans les troupes de la maison impériale, prit la pourpre en Espagne, Tan 40g, à ta sôtticitaîimî de Gértince, après que celui ci eut abandonné le parti de Constant, fds de Constantin. Avant été chassé de ce pavs, il y rentra Tan 4^9 i et s'y maintint l'espace d'environ trois ans, après quoi il fut pris et amené à Ravenne , oVi il fut mis à mort en 422 (Ttllemont. ) M. Hardion se trompe en disant qu'on le laissa vivre par pitié.

409, ou f^\a. Priscus Attalus , préfet de Rome , fut un fantôme d'empereur, qu'Alaric , assiégeant Rome pour la deuxième fois, fit couronner par les Romains. Après avoir été pendant (juelques mois le jouet de ce roi barbare , Attalus, suivit la cour d'Ataulphe, qui tantôt Tappuya , tantôt l'abandonna. Enfin, Tan 4'6, ayant été livré à Honorius, il marcha devant le char de ce prince à l'entrée solennelle qu'il fit à Rome , après quoi il eut la main coupée , et fut exilé dansTile de Lipari.

4ii. Jovix , l'un des principaux seigneurs d'Auvergne, s'étant fait proclamer empereur à Slayence , vers le mois d'août ^.1 1 , fit alliance avec Alaulphe , beau-frère J'Alarlc , qu'il invita à passer dans les Gaules , où il fonda le royaume des Visij2;oths. Mais, ayant associé depuis Sébastien, son frère, à Ternpire, il se brouilla , à cette occasion, avec Ataulphe , lequel ayant surpris Sébastien dans ISarbonne, lui fit trancher la tête. Ataulphe libnrsalvit c-Asuiti Jovj:! , l,e fur'-a d:ius la yiUc de Valci.cc,

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* C'est une chose étrange, dit Muratori, que lo îems précis » d'une si horrible tragédie demeure encore incertain. » Àlaric survécut très-peu de toms à celte expédition. Une apoplexie l'emporta tandis qu'il faisait le siège de Reggio, en Calabre. Les Go! lis Tenlerrèrent au milieu d'une rivière , près de Coscnce, eu Calabre Constance, général (i'Honorius, empêcha la ruine totale de l'empire d'Occident , et le délivra de plusieurs tyrans qui avaient pris le litre d'empereur. Pour récompense de ses services, Honorius , qui l'avait déjà fait son beau-frorc , l'éleva, le S février 42 i , à la dignité d'augu<ite et d'empereur; mais il n'en jouit que jusqu'au 2 de septembre suivant , époque de sa mort, selon Muratori. On montre son tombeau, ainsi que ceux de plusieurs princes et princesses de sa farndle , dans une vieille chapelle de l'abbaye de Salnl-Yital à llavenne. Il avait épousé ,

l'envoya à Dardanus, préfet des Gaules, qui le décapita de sa propre main , à Narboirne , l'an ^là.

4i3. Le comte Héraclien, après avoir courageusement dé^ fendu l'Afrique contre les entreprises d'Attalus, forma le dessein d'en usurper la souveraineté. Ayant été nommé consul en 4i3, il fit éclater ses vues ambitieuses , et déclara hautement sa révolte, en retenant les convois de blé destinés pour Home. Dans le même tems , il faisait équiper en diligence une flotte considérable avec laquelle il se mit en mer pour aller attaquer cette ville qu'il avait affamée d'avance. Mais le comte Marin étant venu à sa rencontre , il y eut une grande bataille près d'Otricoli, dans la()uelle Uéraclien fut entièrement défait. De toute sa flotte , il n'en revint à Carthage que le seul vaisseau qui le ramenait vaincu et couvert de honte. Ce rebelle y eut presqu'aussitôt la tète tranchée dans le temple de la déesse Mémoire, où il fut découvert par des soldats que l'empereur avait envoyés avec ordre de lui ôter la vie. Tout cela est de la même année ^i?). Saint Jérôme fait une terrible peinture des mœurs d'Héraclien.

42.3, Jean , secrétaire d'Honorius, appuyé de Castln , général de la milice, et d'Aëtius , se fit reconnaître empereur à r>ome , après la mort de son maître. Théodose envoie contre lui Artlaburc avec Aspar , son fils. Ardabure est pris sur mer et conduit à Ravenne ; où Jean s'était retiré. Il gagne les officiers du tyran , qui l'avait reçu avec bonté , tt dont 11 avait feint, suivant Olympiodore, d'embrasser le parti , appelle son fils Aspar , qu'il introduit dans Pvavenne , se saisit de Jean , et l'envoyé à l'impératrice Placidie, qui lui fit trancher la tète à Aquilée , vers la mi-juillet 420.

malgré elle , le i'^. janvier 417 , G alla Placidia, sœurd'Honorius et veuve d'Ataulphe , dont il eut Yalentinien qui suit et Justa Grata Ilonoria , qui fit venir les Huns en Occident. Honorius fit, avec succès, un coup d'autorité que Constantin et Théodose le Grand avaient tenté sans pouvoir y réussir; il abolit les combats des gladiateurs par un édit de l'an 40^» ou de l'an 404 , qui était une année séculaire de Rome.

YALENTINIEN III.

424. Valentinien III , fils du général Constance et de Placidia , fille du grand Tliéodose , ne le 3 juillet /^ii^ , déclaré césar l'an 4^4 j à Thessaloniquc , re(5Ut les ornements impériaux à Kavenne le 2H octobre 4^5 , après la défaite et la mort du secrétaire Jean , qui avait usurpé la pourpre. L'an 4^9 , il perdit l'Afrique par la révolte du comte Boniface, qui livra cette partie de Templre aux Vandales. Ce fat la jalousie du général Aëtius qui causa la trahison de Boniface , contre lequel il ne cessait d'aigrir l'esprit de Placidia et celui de son fils. La princesse reconnut son erreur et Boniface son crime , lorsqu'il n'était plus tems de les reparer. Aëtius devint alors ce 'qu'd voulait être , un homme néces.>jire à l'état. On le connut mieux lorsqu'on voulut essayer de s'en passer. Valentinien en effet, pressé par sa mt^re , l'ayant dépouillé, l'an 4^^ ■> de ses dignités , sentit bientôt le besoin qu'il avait de lui pour arrêter les progrès des barbares dans l'empire. Aëtius, rétabli la même année, continua de justifier, par de nouveaux exploits, la haute idée qu'on avait de s >n habileté. L'un des derniers traits de sa valeur fut le plus brillant: il réussit , l'an /^?>i , à chasser Attila des Gaules. Placidia, mère de Valentinien, n'était plus alors. Elle avait terminé .ses jours le 27 novembre 4^0' Quoiqu'elle eût toujours élevé sou fils dans la mollesse, elle sut toutefois modérer l'impétuosité de ses passions. Après sa mort^ il s'y livra sans retenue. On vit dès lors l'empire se précipiter \ers sa ruine, sur-tout depuis la mort d' Aëtius, que Valentinien , à qui l'eunuque Héracluis l'avait rendu suspect, poignarda de sa propre main , l'an 454- Il succomba lui-même sous le fer de deux assassins, le i6 mars 4-^^i dans la trente-sixième année de son âge , après un règne de viugt-neul ans et près de cinq mois , à compter du 2..i octobre n:iS. Ce prince avait épousé , le 29 octobre 4.S7 , LiciNlA EuDOXiA , fille de Theodose II , et pour parvenir à ce mariage il avait cédé à Théodose , suivant Cassiodore , cette partie de l'iUvrie qui appartenait à l'empire d'Occident , c'est-à-dire les deux Pannonies. Son épouse lui donna deux filles, Eudoxie et Placidie , qui furent emmenées captives , avec leur mère, en Afrique, par Genséric.

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ïliicîoxïn épousa Kuneric, el Placldi^, ronvoyée av^ sa mère à Conslanliiiople Tau 4^^- i '^' mariéct à Olybrius , depuis empereur (I Ucculent. I.e t-mbeau u(; Valcntinien III csl avec ceux cl'iiorionus , de Constance et de sa femme, dans l'église *le Sainl-Vilal de iiaveune.

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