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ft6G CHRONOLOGIE HISTORIQUE
céda, le 17 janvier 3ij5, à son pire, et eut. TOrient en partage. 11 mourut, le premier mai l^oS , âgé de trente et un ans, après avoir régné douze ans avec son père , et treize ans , trois mois . quatorze jours depuis la mort de Théodose. Ce prince était mal fait, d'une figure désagréable et d'une foil)le complexion. » Une i) humeur douce, tianquille et pacifique, était en lui l'effet » d'une stupidité naturelle qu'annonçaient un parler lent , M des yeux morts et languissants; et, tes soins que Théodose }> avait pris de son éducation , en le confiant aux maîtres les » plus capables de le former, n'avaient pu lui procurer ce que » la nature lui avait absolument refusé. » ( Hardion. ) Deux hommes, également méchants , s'emparèrent successivement des affaires au commencement de son règne, ilufin et l'eunuque Eutrope. Le premier, gaulois de naissance , originaire d'Eause, s'étant élevé, sous Théodose, par un mélange de services importants et de fourberies adroites , en 386 , à la préfecture d'Orient, en 390, à la charge de grand-maître des officiers; et , en 3c)2 , au consulat , crut , après la mort de ce prince , pouvoir aspirer à l'empire; et, dans cette vue, il introduisit les Huns en Asie, et les Goths en Thrace : trahison que les soldats, excités par Stilicon, lui firent expier en le massacrant, le 27 novembre 3cj5, à la vue de l'empereur. Le second, non moins insolent ni moins ambitieux que Rufin , après avoir été fait patrice en 3c)8 , désigné consul pour l'an 399, fut dépouillé de tous ses emplois cette dernière année , à la sollicitation du général Gainas, et à la demande de l'impératrice, qu'il avait osé menacer de la faire chasser du palais, banni en Chypre et décapité à Calcédoine. Gainas , qui avait également contribué à la perte de Rufin , voulut ensuite remplacer ceux qu'il avait détruits. Sa conduite les fit regretter. Il débuta par exiger qu'on lui livrât trois des principaux ministres de l'empereur, qui se livrèrent d'eux-mêmes et furent exilés en Epiie. A'^oulant ensuite se rendre maître de Cousîantinople, il y fit entrer secrètement un grand nombre de Goths, ses compatriotes. Mais, voyant que le peuple se tenait sur ses gardes, il sortit de cette ville sous prétexte d'aller rétablir sa santé à la campagne. Pendant son absence . le peuple s'étant ému, fit main-basse sur les Goths qu'il avait laisses dans la ville , et en massacra un grand nombre. Gainas fit de vains efforts pour y rentrer. Après avoir ravagé tout le pays, il passa dans la Chersonèse pour aller en Asie. Mais Fravlta , goth comme lui, général delà flolle impériale, l'ayant attaqué dans le trajet, fit périr, dans ia mer, une grande partie de ses troupes. Gainas, éîant retourné dans la Thrace , passa le Danube , et se relira chez Cl'J'm , chef des liuns. Mais ce prince, redoutant
DES EMPEREURS d'ORIENT. S?!/
tin Vîôle si dangereux, lui lit couper la têle, qu'il envoya aussilôt à Conslantinople, l'an 4oo ou J^oï. L'impératrire /EnA. EuDOXiA, fille de Éaulon , seigneur franc, et femme d'Arcade, qui lui avait donné sa main le 27 avril 390, gouvernail alors à son tour Tesprll de son folble époux. Mais -, toute impérieuse qu'elle était, elle se laissait elle-même gouverner par une l'oule de femmes et d'eunuques qui ne travaillaient qu'à s'enrichir aux dépens du peuple. Elle ne leur c(*da!t point en ava^ rice , et partageait , avec les officiers préposés au recouvrement des deniers publics, le produit de leurs extorsions. Egalement vindicative, elle ne pardonna point à saint Jean Chrisoslôme les invectives qu'il faisait en chaire contre le luxe et l'avidité des femmes, s'imaginant qu'elle y était notée. Ce fut la première cause de la violente persécution qu'elle lui suscita , et. dont elle ne vit pas la fm , étant morte le 6 octobre 4o4- ^^^^ laissa un fils (]ui suit,, et quatre fdles , Faccille, Pulclierie, Arcadie et Marine.
THEO DOSE LE Jeune,
4o8. ThÉodose II, fds d'Arcade et d'Eudoxie , né au mois de janvier ou d'avril 401 , déclaré auguste dès le. 1 1 janvier 402 , succéda , je premier mai 4o8 , à son père , et mourut à Coustanlinople, d'une chute de cheval, le 2S juillet 45o , dans la cinquantième année de son âge, après avoir régné quarantedeux ans et près de trois mois depuis la inort de son père, et un peu plus do quarante-huit ans depuis qu'il eut reçu le titre d'auguste. '1 héodost- avait tout ce qu'il faut pour devenir saint dans une vie privée ; mais il manquait de plusieurs qualités essentielles pour le gouvernement. Pulcherie, sa sœur , quoique âgée seulement de deux ans plus que lui, fut d'un grand secours à ce prince, lui servit comme de tutrice, et le corrigea de plusieurs défauts. L'an 421 , il fit preuve de son zèle pour ta religion en ouvrant un asile dans l'empire à des chrétiens de Perse, qui fuyaient la persécution. Le roi Vara «ne les ayant redemandés, Théodose lui répondit que, pour traîner en Perss ceux dont il voulait verser le sang, il faudrait qu il vînt les arracher d'entre ses bras. Sur celte réponse généreuse, la guerre fui déclarée entre l'empire et la Perse. Les généraux de Théodose la soutinrent avec gloire; et, par les avantages qu'ils remportèrent sur les Perses, ils obligèrent Vararanc, l'an 42:i, à faire cesser la persécution par un traité de paix. L'an 4)<S, 1 héodose publia, par une loi du i5 janvier, sou Code, qui est un recueil de toutes \vs constilutluns que les empereurs légitimes avaient faites, (.^est, à proprement parler, le premier corp.s de lois qu'ait, eu l'empire romain. On avait, à la vérité, déjà le -Coda
ii68 CnRONOLOGIE inSTORïQtlÊ
Hermogpnrpn et le Code Grégorien. Mais ils n'étaient munis ni l'un ni l'autre du seeau de l'autorité souveraine, et manquaient par conséquent d'authenticité. Cet ouvrage, dans toutes les éditions, est daté du quinzième consulat de Théodose, qui se rapporte à l'an 4-^5 de Jésus-Christ. Mais on y rencontre des lois qui n'ont été données que l'année suivante ; ce qui prouve qu'au lieu du quinzième consulat, il faut lire le seizième, qui appartient à l'an 4''^^ de l'ère chétienne. Les premières années du règne de Théodose avaient été fort tranquilles; mais les dernières furent troublées par les Inondations des baibares. Attila, roi des Huns, après l'avoir convaincu d'avoir voulu le faire assassiner, le contraignit, en 449i de faire une paix honteuse avec lui. L'aveugle confiance qu'il eut en ses eunuques, le rendit successivement le protecteur des hérésiarques Nestorius et lîutychès, sans adopter leurs erreurs. Le brigandage d'Ephèse, dont les suites furent si déplorables, fut l'effet de l'illusion que lui avait faite, à l'aide de ses ministres, l'hypocrisie du second. Les écrivains grecs, qui ne reconnaissent d'autre talent remarquable en lui que celui de bien écrire, c'est-à-dire , de bien tracer les caractères , l'ont surnommé CaUigraphc : titre plus convenable à un maître d'école qu'à un chef de l'empire. Il cultiva cependant les lettres; et il n'y eut presque point de science dont il n'eût pris quel(]ue teinture, mais si légère, qu'il ne pouvait raisonner sur aucune ave justesse. Ce qu'il savait de la théologie, qu'il avait étudiée avec le plus de soin , fait voir combien ses lumières étaient bornées en tout genre, et son jugement peu solide. Voici un exemple de sa capacité dans les matières de religion. Un moine , ne pouvant obtenir une grâce qu'il lui demandait , eut l'insolence de lui dire qu'il se séparait de sa communion. Ce fut un coup de ioudre pour le prince. Un évêque, qui avait sa confiance, eut beau lui représenter que tout homme n'avait pas le droit d'excommunier; il ne fut rassuré que lorsque le moine lui eût donné l'absolution. Les affaires du gouvernement étaient ce qui l'occupait le moins. Il laissait faire ses ministres ; il approuvait sans examiner ; il signait sans lire. Pulcherie lui fit sentif un jour le danger de celte inapplication, en lui faisant signer un acte , par lequel 11 abandonnait sa femme pour être esclave. La ville de Constantinople lui dut néanmoins de la reconnaissance, h cause des murailles dont il Tenvlronna, et de plusieurs édifices dont il rembellit. Mais s'il orna la capitale de l'empire, dit M. le Beau, il avilit l'empire tout entier par son incapacité. La majesté romaine, flétrie par Attila, perdit, sous son règne, cet éclat qui l'avait jusqu'alors rendue respectable aux barbares. Théodosc avait épousé, le 7 juin ^2.1 ,
DES EMPEREURS d'oRIEKT. 2.£iJ
iEttA EtmoxiA , nommée d'abord AthénaYs , fille du sophiste Léonce, princesse, belle et savante, qui, se voyant dégradée, sur des soupçons, par son époux, se relira. Tan 444» à Jérusalem, où, revenue des erreurs d'Eutychès, qu'elle avait embrassées, elle consacra, à l'étude et aux bonnes œuvres, le reste
<le son mariage Valentinien III.