VALENS
364- Valeks, né vers l'an 328, fait auguste par Valentînîen^ son frère , le 28 mars 064 (i), eut, au mois de juillet suivant^ l'Orient en partage. C'était un homme peu instruit, sans expé-« rience dans la guerre, et un protecteur déclaré des Ariens. Dès la seconde année de son règne , il devint s\ odieux qn^on le comparait à Tibère. Procope , parent de Julien , profitant de cette disposition des esprits , se fit reconnaître auguste à Constantinople, le 28 septembre 365, pendant que Valens était en Cappadoce. Mais peu digne de commander, il fut trahi par ses généraux dans une bataille que Valens lui donna, le 27 mai 366,
f>rès de Nacolie , en Phrygie, pris et livré à ce prince qui , le endemain , lui fit trancher la tête. Au printems de Tanné suivante, Valens, pour se préparer à la guerre contre les Goths , reçoit le baptême de la main d'Eudoxe, chef des Ariens. L'an Syo , au mois de janvier, après avoir accordé la paix aux Goths, sur lesquels il avait remporté divers avantages , il marche en Orient contre les Perses. Les Catholiques de Constantinople luii députèrent quatre-vingts ecclésiastiques , pour redemander Evagre, leur évêque , qu'il avait exilé. Valens, pour réponse, fait noyer ces députés. En passant à Césarée , il veut obliger saint Basile de communiquer avec les Ariens. Le saint résiste,
CO Voyez page z^j.
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et laisse l'empereur dans l'aJmlralU'n ue sa fermeté. L'an .^76 ^ "Valens permet aux Goths , chassés de leur pays par les Huns , d'habiter la Thrace. Ulphilas , leur évêque , en avait fait la demande; et, pour l'obtenir, il avait embrassé l'Arianisme. DleUf par un juste jugement, se sei-vit de ces mêmes barhares pour
fiunir l'impiété et les cruautés de Valens Bientôt ils ravagèrent e pays qu'on leur avait donné pour retraite. Une famine, qui désola cette contrée, jointe aux rapines des commandants impériaux, Maxime et Lupicin, les y contraignit. Les Alains et les Huns, qu'ds appelèrent à leur secours, mirent le comble à la désolation. Valens , qui était pour lors à Antioche , se hâta de faire la paix avec la Perse pour venir les réprimer. Il perd contre eux, le q août .^7^, la fameuse bataille d'Andrinople , où les deux tiers de son armée restèrent sur la place. Blessé lui-même et porté dans une cabane, il y fut brûlé vif , sans être connu , par les vainqueurs, le même jour, à Tàge de cinquante ans, après avoir régné quinze ans, quatre mois et quelques jours. Albia DoMiNiCA, qu'il avait épousée avant d'être empereur, fut celle qui le pervertit et l'engagea dans l'erreur, après s'être montrée zélée catholique. Il laissa d'elle deux filles,
Carausie et Anastasie.
THEODOSE LE Grand.
.379. Théodose, à qui èçs grands exploits, et encore plus sa haute pieté, son zèle pour la foi, son amour pour l'église, ont mérite le surnom de Grakd, était fds du comte Theodose, le plus habile général de son tems , qui , succombant à l'envie des courtisans, fut exécuté à Carthage l'an 3-6. Théodose, soa fils , naquit en Espagne vers Tan 6^6 , et y fut élevé. Il suivit son père h la guerre; et lorsqu'il l'eut perdu, il retourna dans sa patrie. Apros la mort de Valens, Gratien, convaincu de l'injustice que lui-même avait faite au père et du mérite du fils, rappela celui-ci d'Espagne, le choisit pour son collègue, le 19 janvier 379, et lui donna l'Orient en partage. Théodose avait un grand zèle pour la religion catholique. U en fil preuve, l'an 384, par un rescrit qu'il adressa, le 21 janvier, à Cynège , préfet du prétoire, pour chasser les Hérétiques de Constantinople. Plus ennemi encore du Paganisme, il chargea le même préfet d'aller en Egypte et en Syrie fermer les temples des idoles, et d'en adjuger les revenus aux églises catholiques. Quelque désir qu'eut Théodose de venger la mort de Gratien, les conjonctures l'obligèrent à faire la paix, en 38+, avec le tyran >laxime. U la fit sincèrement, quoiqu'en dise Zozime, qui lui reproche, comme une lâcheté , de l'avoir faite, et l ac-
DES EMPEREURS d'oRIENT. 26^
•use, en même tems, (ravoir eu le dessein de la rompre à la première occasion. Maxime, à la vérité, lui en donna sujet par SCS nouvelles entreprises contre le jeune Valentinien. Théodose en profila pour déclarer la guerre au tyran ; qui fut pris , après plusieurs défaites, dans Aquilée, et amené, à trois milles de là,' au vainqueur, dont les soldats lui tranchèrent la tête le 27 août 388. L'année 390 est fameuse par le cruel châtiment que Théodose, à la sollicitation de ses ministres, exerça sur la ville de Thessalonique, pour une sédition qui s'y était élevée : chatitiment dont les exécuteurs outrepassèrent ses ordres; elle l'est encore plus par la manière édifiante dont il expia son crime, et par la conduite sage et prudente de saint Amhroise, qui le sépara de la communion des fidèles, et ïy rétablit solennellement, le jour de Noël , après huit mois de pénitence. Théodose était alors à Milan. Il revit Thessalonique Tannée suivante , en traversant la Macédoine , vers la fin de juillet , et y donna de nouvelles marques de son repentir. La ville de Constantinople, où il rentra, le 10 novembre de la même année , après avoir défailles barbares, s'aperçut que ses dispositions étaient meilleures qu'auparavant. L'an 3g4, il remporta, le 6 de septembre, sur le tyran Eugène, une victoire qui fut jugée miraculeuse, et qui le rendit maître de TOccident. '.^e prince , couvert de gloire et plein de bonnes œuvres, mourut saintement à Milan , le 17 janvier de l'an 396, à Tâge de cinquante ans, après seize ans moins deux jours de règne. Il est le dernier empereur qui ait possédé l'empire romain en entier. En mourant, il le partagea entre ses deux fils. Théodose publia des lois Irès-sévères contre les Idolâtres et les Hérétiques ; mais il eut la prudence de ne point en presser l'exécution. Elles servaient pour retenir les uns et les autres dans la crainte, et l'église quelquefois les employait effectivement pour arrêter leur ardeur. La mort de Théodose le Grand peut être regardée comme l'époque fatale d<*. la décadence des deux empires d'Orient et d'Occident. Ce prince avait épousé, 1°. y^LiA. Flaccilla, fille, à ce qu'on croit , d'Antoine, préfet des Gaules, morte, en odeur de sainteté, le 14 septembre 385, après lui avoir donné Pulcherie , décédée peu de tems avant sa mère, et deux fils. Arcade et Honorius; ^^ l'an 386, Galla , fille de Valentinien I"., morte en couches, l'an 394, dont il eut Placidie, femme d'Ataidphe, roi des Visigoths, puis de Constance III, collègue d'Honorius.