‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 330 sur 437 · THEODOSE III · texte numérisé non relu

THEODOSE III

716. TîlÉOBOSE III fut proclamé empereur au mois de janvier , ou de fevîicr 71(3. Léon , général des troupes orientales , refusa de le reconnaître. Theodose, se sentant trop faible contre ce rival , lui céda l'empire , vers le mois de mai 717 , après un règne d'environ quatorze mois. 11 fut ordonné clerc avec son fils, et passa le reste de ses jours en paix dans un monastère d'Epiièse.

LLON ÏÎI, riT l'Isaurien.

'717. LÉON III , fils d'un cordonnier de Séleucie, en Isaurie ^ et petit mercier dans sa jeunesse , puis soldat, et ensuite général des armées d'Orient , fut reconnu empereur le 2.'J mars

Des EMPtREtrns d'orii]sï. 28-/

71'^. Durant les neuf premières années de son rè^ne , Léon se lit eslimcr par son courage , par son liabllelé dans l'arl de la eiicrre , et par sa capacité pour le gouvernement. Mais toutes ces qualités commencèrent à disparaître lorsqu'd se fut déclaré contre les saintes Images, et eut enfanté l'hérésie des Iconoclastes. « On avait vu sur le tione , dit M. le Ijeau, plu- » sieurs princes hérélif|ues; Léon fut le premier empereur héi> résiarque. » Entêté de son erreur et déterminé à la faire prévaloir , le fanatisme le rendit imprudent, fourbe et cruel. L'an 726 , avant le mois de septembre , il donna un édit pour supprimer le culte des saintes Images et les détruire. Par ce nom d'Images, il entendait des peintures et des figures plates ; car l'église grecque n'honora jamais et n'honore point encore aujouid'hui de statues ni de figures en bosse. Le scandale qu'ex-> cila dans tout l'empire cette ordormance fut extrême , et lit regarder Léon comme un impie qui ne méritait pas de régner. J^es peuples des Cyclades et de la Grèce en prirent occasion de se révolter; et, ayant élu pour empereur un noîiiaié Cosme , ils vinrent se présenter, le i8 octobre, devant Censtantinople avec une puissante Hotte. Mais elle fut défaite et consumée par les flammes au moyen du feu grégeois. Cosme, ayant été pris , fut amené à l'empereur qui lui fit trancher la tc'te. {Theuphan. Chronogr.) Léon, après ce succès, croyant pouvoir tout oser, envoie des officiers pour abattre les Images dans les places publiques. Mais ils sont mis en pièces par le peuple , et Léon tire de cette sédition une vengeance affreuse. Pour donner plus de relief à son parti, ce prince A'oulut y en- 1 rainer les gens de lettres préposés à la bibliothèque publique. ]Ne pouvant y réussir, il les fait enfermer dans ce bâtiment auquel il fait mettre ensuite le feu. ils périrent dans cet incendie avec trente mille volumes , et un nombre très considérable de tableaux et de médailles qui furent réduits en cendres. L'édit de Léon ne fut pas mieux accueilli à Pvome qu'à Constantinople, Le pape Grégoire 11 lui écrivit , pour le faire re\enir de son erreur, deux lettres très-pressantes , que Pagi rapporte à l'an 7^0 , et Muratori , avec plus de vraisemblance, à i an 729. Mais elles neservirent qu'à l'irriter davantage. Depuis ce tems , il ne cessa de tendre des embûches à ce pontife, et de chercher l'occasion d'aile.iter à sa vie. Les Romains, instruits de son dessein, veillèrent sur les jours de leur pasteur, et mirent en défaut les émissaires envoyés pour le mettre à mort. Le patriarche Germain ne s'opposa pas avec moins de fermeté que Grégoire à l'impiété de l'empereur. La déposition et l'exil furent ie prix de sa généreuse résistance. L'an 782 , I^con apprenant que Grégoire lll, successeur de Grégoire II j^

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a tenu un concile à Rome , où l'on a prononcé anatlièiric contre tous ceux qui s'opposeront à la vénération des (mages , fait équiper une flotte pour passer en Italie et se venger des Romains. IMais une tempête dissipe et submerge ses vaisseaux, et fait manquer l'expédition. Autre malheur bien plus terrible. L'an 740 (et non pas 74-» comme le marque un moderne), le 2G octobre, un grand tremblement de terre renverse les murs de Constantinople avec quantité d'édifices de cette ville, couvre de ruines la Thra e, et culbute les villes de Nicée, de Prenète Lt de Nicomédie. Ce fléau se fit sentir à diverses reprises pendant le cours d une année . et s'.^tcndit dans l'Egypte et tout l'Orient , où plusieurs villes furent abîmées avec leurs habitants. ( JSiréph. BreQ.^ p. 'd'c'y . Cedren. - p. 4-^~-) L'empereur augmenta d'un douzième la capiîatiun du peuple de Consîantinople poui' la réparation des murailles, et l'impôt subsista toujours . lors même qu'elles furent réparées. Léon mourut le 18 juin 741 » après avoir régné vingt-quatre ans , deux mois et vingt-cinq jours. Il eut de Marie, sa femme, Constantin ijui suit, et Anne , épouse d'\riabasde ou Artavasde, ou même Artabase , gouveineur d'Arménie,

COINSTANTIN IV, dit COPRONYME.

74i- CONSTANT'.?? IV, fils de Léon et de Marie, né en 719^ surnommé CoPRoNYJlE, parce qu'il avait souille les fonts sacrés a son baptême, qu'il reçut ie 25 octobre de la même année , fait auguste le .">i mars 720 , succéda, le i8 juin -l^i ^ à son père. Jl marche presqu'aussitôl contre les Musulmans qui faisaient des courses enx\sie. Pend.uit sort absence, Artabasde, son beau-frère, se fait proclamer empereur à Constantinople,où l'on fit accroire au peuple que Constantin élait mort en Phrygie. Constanlin , élantrentré à Cowstanlinople le 2 novembre 74-^1 s'^ saisit d' Artabasde et de ses deux fils, ISicéphore et iNicéfas, leur fit crever les veux, et les envova en exil i.'an 782 , il commen(;a une nouvelle persécution contre bs défenseurs des saintes images, surtout contre les Moines, qu'il délestait à cause de leur zèje pour la vérité. Il leur fit soufiiir divers tourments ; et lorsqu'il fit mettre l'abbé saint Etienne en prison , ce saint homme y trouva trois cent quarante-deux moines de divers pays dont les uns avaient les mains coupées, d autres le nez mutilé , d'autres les yeux crevés, pour avoir refusé de souscrire aux edits contre les saintes Images. Cette prison devint un monastère, ou l'office se faisait régulièrement. Constantin eut avec les Bulgares de fréquentes guerres, dont les succès furent variés. Dans la dernière expédition qu'il entreprit contre eux, se voyant attaqué d'un charbon pestilentiel , il s'embarqua pour revenir à Cous-

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tantlnople ; mais dans la route il expira au pied du château de Strongyle, le 14 septembre de Tan 776, après avoir régné trente-quatre ans deux mois et vingt-huit jours depuis la mort de son père. « Les écrivains contemporains, dit M. le Beau , » dépeignent Constantin Copronyme comme un prince livré » aux plus sales voluptés, puni de ses débauches même pendant w sa vie par des infirmités honteuses, par des ulcères qui lui « firent perdre plusieurs de ses membres ; troublé sans cesse de » terreurs qui lui ôtaient le sommeil ; brutal à l'égard de ses " domestiques, qu'il faisait déchirer à coup de fouet, degra- » dant la majesté impériale jusqu'à les frapper lui-même , in- " humain autant qu'injuste , se faisant apporter les mernbres » sanglants des martyrs et se repaissant de leurs supplices ;' » cruel persécuteur , ennemi de Dieu et des hommes , digne » d'être loué par ceux qui lui ressemblent. » Il avait épouse ,. 1°. , l'an 782 , Irène , qui lui donna Léon . son successeur ; 2°. Marie , dont on ne sait que le nom ; S"". EuDOXiE , dont il eut quatre fils , Nicéphore , Christophe, Nicétas et Eudoxe y avec une fille nommée Anthuse, que ses vertus éminentes , surtout sa grande charité envers les pauvres, a fait mettre au' rang des saints.

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