‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 344 sur 437 · CONSTANTIN X , DUCAS · texte numérisé non relu

CONSTANTIN X , DUCAS

loSg. Constantin X, Ducas, né, l'an 1007, ^^ l'illustre famille des Du<as, au moins parles femmes, couronné empereur le a5 décembre loSg , ne justifia pas le choix qu'Isaac (.omnène avait fait de lui pour le remplacer. Il avait, à la vérité, du goût pour les lettres ; mais il manquait des qualités essen-

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tielles pour le gouvernement. La réforme qu'il fit clans sc§ troupes, par esprit de lésine, enhardit les Turcs à faire des incursions sur les terres de l'empire. Sans la peste et les Bulgares qui les exterminèrent , ils eussent envahi l'Asie et la Thrace. Constantinople, pendant son règne, fut agitée violemment par des tremblements de terre, qui en renversèrent les plus beaux édifices. Ce prince mourut âgé de soixante ans, au mois de mai 1067, après sept ans cinq mois de règne. De l'impératrice EUDOCIE, son épouse , fille de Constantin Dalassène , princesse célèbre par ses talents, ses vertus et ses ouvrages, il laissa trois fils, Michel, Andronic et Constantin, avec trois fdles , Anne, Théodora et Zoé , dont la deuxième épousa Dominique Silvio , qui fut doge de Venise.

Constantin étant au lit de la mort , fit promettre , par écrit , aux sénateurs , de ne point reconnaître après lui d'autres souverains que ses fils, et à sa femme de ne point se remarier.

EUDOCIE AVEC MICHEL VII, dit PARAPINACE, AN- DRONIC ^^ ET CONSTANTIN XI, ses fils, et RO- MAIN IV, SURNOMMÉ DIOGÈNE.

1067. Eudocie, après la mort de l'empereur Ducas, son époux , prit en main les rênes de l'empire avec ses trois fils , Michel , Andronic et Constantin. Romain Diogène , dont le père avait fini ses jours dans l'exil pour avoir usurpé la pourpre sous Romain Argyre, veut imiter son ambition , sans craindre le châtiment qu'elle lui avait attiré. Instruite de son dessein , Eudocie s'assure de sa personne , et le condamne à mort. Mais avant l'exécution , elle est curieuse de le voir. La bonne roiine du coupable , et les grandes qualités qu'elle aperçoit en lui, charment l'impératrice, au point que, non contente de lui accorder sa grâce, elle pense à l'épouser. Un seul obstacle l'arrêtait ; c'était la promesse que Constantin Uucas en mourant l'avait obligée de signer. Pour la retirer des mains du patriarche, et l'engager à la déclarer nulle, elle lui fait espérer qu'elle choisira Bardas, son frère, ou son neveu , pour époux. Le prélat, séduit par cet appât, donne dans le piège. L'écrit rendu et annulé du consentement des sénateurs (|u'il avait gagnés, l'impératrice fait aussitôt venir au palais Romain Diogène , lui donne sa main et l'associe au trône. Ceci est du I*'. janvier 1068. Mais Eudocie ne fit une dupe que pour fairt; un ingrat. Diogène n'eut pas plutôt l'autorité suuveraine en main , qu'il commença par exclure de fadminist ration des affaires l'impératrice et ses enfants. Eudocie profita du repos auquel son époux l'avait condamnée , pour mettre la dernière

DES EMPEREURS D'ORIENT. SoJ

rnaln à une espèce de dictionnaire qu'elle intitula : lonia , Violarîum ; ouvrage grammatical , mythologique et historique , qu'elle eut la générosité de dédier à Romain Diogène lui-même, et que M. d'Ansse de Villoison a donné au public , avec des dissertations et des notes qui en lèvent toutes les difficultés et en font sentir tout le mérite. Piomain Diogène fit contre les Turcs trois campagnes, dont les deux premières furent heureuses. La dernière l'eût également été, si, content d'avoir chassé les Turcs hors des limites de l'empire , il ne les eût point

foursuivis jusqu'en Perse , et ne leur eût livré bataille contre avis de ses généraux. Il fut pris au mois d'août loyi , et conduit au sultan Asan , qui lui rendit, peu de tems après, sa liberté. Mais au moment qu'on eut appris à Constantinople sa captivité , le césar Jean Ducas , oncle des jeunes princes , fit reléguer Eudocie dans un couvent , et déclarer seul empereur Michel, fils aîné de cette princesse. Diogène, revenant à Constantinople , fut arrêté sur la route par le gouverneur d'Arménie, qui lui fit crever les yeux avec tant de violence, qu'il en mourut au mois d'octobre de la même année loyi , dans l'île du Prince, où on l'avait confiné. Il laissa d'Eudocie, Constantin , qui épousa Théodora Comnène , Nicéphore , qui fut privé de la vue sous Alexis Comnène pour cause de révolte ; privation malgré laquelle il devint un célèbre mathématicien; et Léon, qui périt dans un combat contre les Scythes. Romain avait eu d'une première femme un fils, qui passa au service des Turcs, et fut tué en combattant sous leurs drapeaux. A l'égard de l'in^pératrice Eudocie, elle vécut au-delà de l'an 1096.

Michel VII, fils de Constantin Ducas et d'Eudocie, sur^

rapacité lurent tres-tunestes a l emp scldgioucides d'un côté , les Sclaves et les Scytes de l'autre, firent de grands progrès en Asie et en Thrace sous son règne. L'an 1078, le peuple de Constantinople, partagé entre deux concurrents qui s'étaient élevés contre lui, l'obligea de descenîlre du trône le '61 mars. Il se retira au monastère de Stude, d'où il fut tiré dans la suite pour être fait archevêque d'Ephèse. Mais il n'alla qu'une seule fois dans son église , d'où , étant revenu aussitôt , il acheva sa vie dans son monastère , travaillant de ses propres mains. Michel avait régné six ans et enviroa six mois. Il eut de Marie , son épouse , un fils, nommé Constantin , qui mourut, sous le règne d'Alexis Comnène, ayec le titre d'auguste.

Michel j au commencement de son règne , avait envoyé deux.

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moines à Rome avec des lettres , où il témoignait son respect pour le pape , et son attachement à l'église romaine. Grégoire Vil profita de cette ouverture pour travailler à la réunion des deux églises. Il chargea , l'an loyS , Dominique , patriarche de Yeiiise , d'aller négocier cette importante affaire à Constantinople ; et l'année suivante il adressa à tous les fidèles , une lettre clatéc du 1*^ mars . pour les engager à réunir leurs forces contre les Turcs en faveur des Grecs. On peut regarder cette lettre , dit ÎVI. le Beau , comme le premier son de trompette qui réveilla l'Occident , et commença d'allumer dans les cœurs le feu des croisades.

NICÉPHORE BOTONIATE et NICÉPHORE BRYENNE.

1078. NiCÉPHORE BOTONIATE et NlCÉPHORE BuYENNE

furent déclarés tous deux empereurs l'an 1077; le premier en Orient , le 10 octobre , par l'armée qu'il commandait ; le second en Occident , aussi par ses troupes , le S du même mois. Bo-» toniate , appuyé des Turcs, marche à Constantinople , où il fit son entré le 2.0 mars 1078. Il y fut couronné , le 3 avril suivant, parle patriarche Cosme , et non par Emilien , patriarche d'Antioche , comme le prétendent des modernes. Maître de la capitale, il fit la guerre à Bryenne qui, ayant été fait prisonnier par Alexis Comnène, fut amené à Constantinople, et eut les yeux crevés. Alexis délivra ensuite Botoniate d'un autre rival, nommé Basilace, qui avait pris la pourpre à Thessalonique. Mais s'étant depuis brouillé avec Botoniate , il se révolta luimême , et se fit proclamer empereur dans la Thrace au mois de mars 1081. Il s'achemine aussitôt vers Constantinople qu'il prend le i^^ avril suivant. Le faible Botoniate, se voyant abandonné, s'enfuit dans un monastère, où il mourut peu de tems après. Il avait épousé, 1*^. Verdine ; 2". Marie, femme de Parapinace , du vivant de ce prince. Il paraît qu'il ne laissa point d'enfants. A l'égard de Nicéphore Bryenne , il eut un fils , nommé comme lui , qui devint l'épuux d'Anne , fille d'Alexis Comnène , et composa l'histoire grecque de son tems.

ALEXIS 1". , COMNENE.

1081. Alexis P"^: , Comnène, fils de Jean Comnène, né l'an io4'^', proclamé empereur au mois de mars 1081 , fut couronné le i*'". avril suivant. Le 18 octobre de la même année , il fut battu, près de Duras, en Dalmatie, avec une armée de cent soixante-dix mille hommes, par Robert Guiscard , duc <)«" Calabre , qui n'en avait que quinze mille. Il le fut encore d'eu*

DES EMPEREURS d'ORIENT. Sog

fols, l'an ioS3, par Boémond , fils de Giiiscard , qui mit fusuite le slfge devant Larisse , eu ïhessalic. Mais Alexis , avec le secours des Turcs , l'obligea de se retirer avec perte. L'an 1084, les Vénilieus , s'étant allies avec Alexis, remportèrent deux victoires sur Guiscard , qui eut sa revanche dans un troisième combat. Les Turcs cependant poussaient leurs conquêtes en Asie. L'an 1092, Alexis, pressé de toutes parts, envoya demander du secours en Occident. Le pape Urbain II lui promit trois cent mille hommes. La croisade, publiée en logS, tripla ce nombre et au-delà. L'an 1096 , Alexis vit arriver une partie île la première division des croisés , conduite par Gautier, dit Suns-Avoir^ lieutenant de l'ermite Pierre, auteur de la croisade, qui le suivait de près avec l'autre. Le tout n'était (lu'un ramas de brigands. Les désordres cju'ils commirent sur les terres de l'empire , et sur-tout aux environs de Conslantinople , firent regarder à l'empereur cette milice comme des ennemi^ non moins dangereux que les Turcs. Pour s'en délivrer, il se hâta de leur faire passer le Bosphore. La deuxième division , qui parut ensuite, ne lui inspira pas plus de confiance. Elle était, à la vérité , mieux disciplinée; mais il y voyait, entre les chefs , Boémond , son ennemi capital. Alexis fit néanmoins un traité avec eux ; après quoi ils passèrent en Asie , et commencèrent leurs conquêtes par la prise de Nicée. Depuis ce terns , si l'on en croit les historiens latins, Alexis n'oublia rien pour faire périr les croisés en Asie. On cite même une lettre des chefs de la croisade au p3pe Urbain, où ils disent que l'empereur grec leur fit tout le mal qui fut en son pouvoir. Ce qui est certain, c'est que, départ et d'autre, on se manqua de parole. Alexis avait promis un corps de troupes aux croisés, et ne le fournit pas. Le.^ croisés , par représailles, manquèrent à la promesse qu'ils lui avaient faite de restituer à l'empire les conquêtes qu'ils feraient sur les Turcs. Delà vint la mésintelligence qui régna perpétueilement entre les croisés et les Grecs. Alexis mourut le i5 août ni8 , âgé d'environ soixante-dix ans, après un règne de trente-sept ans, quatre mois et demi. On ne peut refuser à ce prince de la valeur, de l'équité envers se^ sujets, du savoir et du zèle pour la conversion des Hérétiques. 11 paraît qu'il fut toujours en communion avec leglise romaine, Il laissa d'iREME DuCAS, son épouse, qui lui survécut et finit ses jours dans un monastère , Jean . son successeur ; Isaac Comnène, tige des empereurs de Trébisondc ; Anne, mariée à Mcephore Ëiyennc , le fils, et auteur d'une vie de son père en quinze livres; Thécdora , femme de Constantin l'Ange, souche des l'Ange, qui parvinrent à l'empiie , etc. L'empereur Alexis Comnène ï\i\. surnomme Bambacurax , Ti.-)rcc nu'il était

5io c^RO^"o:.OGlE kistouique

Lègue et qu'il avait la voix rauque : défaut dont Anne, sa fille, convient. (Liv. i, p. 19. )

JEAN COMNÉNE.

1118. Jea>' Comnè>;e, né Fan 101S8, déclaré auguste par Tempereur Alexis , son père , à Tago de quatre ans, lui succéda le i5 août 1 1 18. On a donné à ce prince deux surnoms qui semse contredire. Les uns l'ont surnommé le Maure, à cause de îa couleur de ses cheveux et de sa peau : carne et capillo nîger , dit Guillaume de Tyr ; les autres Pont appelle Calojean , ou ie Beaujean , à cause de ses talents et de ses vertus ; et c'est la dénomination sous laquelle il est le plus connu. Irène, sa mère, et Anne , sa sœur, après la mort d'Alexis, firent leurs efforts pour faire tomber l'empire à ÎNicépbore Bryenne , époux de la dernière, et mirent un grand nombre d'ofticiers du palais dans leur parti; maisîa prudence de Jean dissipa cette conjuration. Anne, dans l'impuissance de sa fureur, se plaignit de n'être pas homme pour avoir la force de tuer son frère. Les Turcs seldgioucides ayant rompu la paix qu'ils avaient faite avec Alexis , Jfean marcha contre eux l'an 1120, et reprit plusieurs places qu'ilsavaient enlevées à l'empire. Ses armes ne furent pas moins heureuses en Thrace contreles Turcs patzinaces, qui avaient passé le Danube. Ilvainquit aussi les Triballes, appelles dès-lors Ser— viens. L'an 1 14'^, s'ctant fait une blessure à la chasse avec une flèche empoisonnée , il en meurt, en Cilicle, le 8 avril, à l'âge de cinquante-cinq ans, après un règne de vingt-quatre ans, sept mois et vingt-quatre jours. (F. Piaimond , prince d'Antioche.) De Pyrisca , dite InÈNE , son épouse, fille de Geisa 1 , roi diî Hongrie, qu'il avait épousée avant l'an iio5, morte en 1124, il laissa Isaac et Manuel, son successeur, avec trois filles. « Ce » prince, héritier, dit M. le Beau , du courage, de la prudence M et des autres grandes qualités de son père, le surpassa encore *> par une vertu sans mélange d'aucun vice. H eut été digne de » naître dans les beaux jours de l'empire Romain; c'est le Marc- « Aurèle deConstanlinople ». Son corps fut rapporté dans cette ville et inhumé dans la grande église.

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